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Marie-Claire Pasquier (Traducteur)
ISBN : 2226100660
Éditeur : Albin Michel (15/05/1998)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Il y a Jeannette, Duke et Ellis, les jumeaux qui furent ses amants, Stan, le vétéran du Vietnam et sa sœur Violet, Paul le jeune prêtre de l'Iowa et Donovan l'enfant trouvé dans une voiture lors d'une tempête de neige.
Ils vivent à Pauvreté, hameau perdu d'une réserve indienne du Minnesota, au milieu des lacs et des bois. Mettant à nu des secrets familiaux accumulés depuis trois générations, les membres de cette petite communauté racontent leurs histoires qui... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Rebka
24 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Little, c'est la taille de la tombe qui est creusée dès les premières pages de ce livre, et qui restera vide. Vide parce qu'il n'y a pas de corps. Par contre, elle se remplira petit à petit avec les histoires et les souvenirs des habitants de Pauvreté, ce hameau au nom prophétique où une poignée d'indiens survit tant bien que mal, dérivant à travers les hivers interminables et les étés humides du Minnesota. Le nom de cet état vient du mot indien “mnisota” qui peut se traduire par “l'eau de couleur du ciel” (“mni” c'est l'eau en langue Dakota), on y dénombre plus de douze mille lacs, ce n'est donc pas un hasard finalement si, concernant Little, on ne peut pas parler d'enterrement puisque son corps ne sera pas dans la terre mais bel et bien dans l'eau. Je précise que je ne dévoile rien en parlant de la mort de Little puisque c'est indiqué sur la quatrième de couverture. L'eau joue un rôle important, elle recouvre tout, elle peut aussi tout diluer, les souffrances comme les souvenirs, et vous verrez si vous lisez le livre que Little n'est pas le seul à en mourir. Et il faut dire qu'au coeur de cette réserve indienne, des choses à diluer, il y en a ! La vie est rude, les indiens ont été repoussés petit à petit vers les zones les moins hospitalières, on les a forcé à abandonner leurs terres, leurs coutumes et leur mode de vie mais malgré tout il faut survivre et toute la force de ces personnages réside dans leur capacité de résistance, leur ténacité, et surtout leur solidarité à toute épreuve.
Little donc, c'est aussi (et d'abord) le nom d'un petit garçon qui ne parle pas, où plutôt qui dit un seul et unique mot, “Toi”, qui résonne comme une accusation. Une accusation à la fois précise et vague, personnelle et impersonnelle. En effet, ce “Toi” accuse et désigne une personne en particulier, quelqu'un qui a commis un crime (et qui va le payer), mais avec ce mot unique Little accuse et dénonce aussi de manière impersonnelle et devient en quelque sorte le symbole de la résistance de ces indiens. Avec ce “Toi” il dénonce l'homme blanc qui a parqué les indiens dans des réserves, qui a contraint ce peuple à tout changer de sa vie, depuis la religion jusqu'à la manière de se nourrir et qui, par-dessus tout continuera toujours à le traiter comme quantité négligeable. Hélas, ce symbole de résistance finira noyé, ça traduit assez bien la réalité non ?
Enfin c'est comme ça que je vois les choses.
Parce qu'il faut dire que dans le livre règne une sorte de flou artistique et que j'ai parfois eu du mal à m'y retrouver entre les différentes époques, les différents personnages, tout est un peu pèle-mêle et c'est pour ça que cette lecture m'a finalement procuré un plaisir relativement mitigé... Suffisant néanmoins pour me donner envie de poursuivre ma découverte de cet auteur, en lisant par exemple Et la vie nous emportera ou Comme un frère. On verra.
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keisha
29 août 2009
"Little avait passé tellement de temps à la maternelle, sans pouvoir passer à la classe supérieure, qu'on ne voulait plus de lui. Il n'allait pas en classe, il jouait autour de la maison et dans les bois près du lac jusqu'à ce que le car de ramassage scolaire nous dépose au coin de la route. Pendant l'année, on faisait le reste du trajet à pied, et Little arrivait du lac en courant, alerté par le moteur diesel du car. C'était un car qui avait servi pour une école en dehors de la réserve, mais il tombait tellement souvent en panne qu'on l'avait vendu à la réserve."
Little, ses camarades de jeu Jackie et Donovan (trouvé dans une voiture bloquée par une congère) sont les plus jeunes habitants du village indien de Pauvreté.
Pauvreté la bien nommée : deux maisons occupées, qui tiennent à peine debout, sans oublier la vieille Catalina Pontiac qui abrite les jumeaux septuagénaires Duke et Ellis. Ajoutons Jeannette, Celia, Stan et sa soeur Violet. Plus le curé de la paroisse, qui n'est pas indien.
Mais le propos du livre, c'est plutôt l'immersion dans la vie de cette réserve indienne et plus généralement de cette région durant quelques décennies, par des allers retours dans le temps à la fin desquels on a les réponses à presque toutes les questions.
Le climat est dur, chaud et humide l'été, très très froid l'hiver. David Treuer décrit admirablement ces conditions difficiles et la nature environnante. Les habitants vivent des allocations, de petits boulots, de chapardage, jouent au bingo, boivent de la bière, chassent. Une vie très rude mais pas de misérabilisme dans ce roman à la construction très habile et au style remarquable.
L'auteur : Il est né en 1972 dans la réserve indienne de Leech lake dans le Minnesota et appartient à la tribu ojibwé. Il est diplômé en littérature et en anthropologie et Little est son premier roman.
Lien : http://en-lisant-en-voyagean..
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SagnesSy
28 octobre 2015
★★★★★
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Tout commence par l'enterrement de Little. Enfin, enterrement est un grand mot, on creuse un trou, on se recueille comme on peut et on titille surtout la curiosité du lecteur. le tout bien enrobé dans de subtiles et âpres phrases, descriptions poétiques et mise en place des personnages, énigmatiquement.
Puis peu à peu, chacun se raconte, dans un grand mélange des temps, des évènements, aucune chronologie et pas d'ordre d'importance non plus.
Mais pourtant on est scotchés.
Parce que chacun sonne juste, parce que la vie des Indiens ne nous pas souvent été racontée dans les années récentes, les réserves en 1970, 80..
D'un point de vue tout à fait personnel, je regrette presque la trop grande qualité stylistique de David Treuer, il serait un poil plus accessible que je l'adorerais.
Mais encore une fois ici, une sacrée bonne histoire nous est racontée et ça, je n'ai jamais su y résister...
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Citations & extraits (4) Ajouter une citation
RebkaRebka21 janvier 2017
Ils sont tous sortis de la maison et se sont figés, d'un air gêné, mais la gêne n'était pas due à la mort de Little. C'était plutôt une question sur le sens que ça avait, une vie brève et muette comme la sienne.
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RebkaRebka23 janvier 2017
Il est quelquefois difficile de comprendre ce que le monde cherche à vous dire. Ce que vous auriez dû remarquer depuis longtemps, qui est là devant vous, qui murmure votre nom, qui vous avertit.
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RebkaRebka22 janvier 2017
Les gens sont comme les champs et, si on ne s'en occupe pas, ils tombent en friche, c'est à dire qu'ils sont à l'abandon.
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RebkaRebka22 janvier 2017
Ce qu'il voyait n'était pas de la décrépitude, mais plutôt le lent retour des choses à leur état antérieur.
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