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ISBN : 2752905777
Éditeur : Libretto (2012)


Note moyenne : 3.73/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Nous sommes à Rathmoye, petite ville d'Irlande, dans les années 1950. Lors des obsèques de la vieille et riche Mrs Connulty, Ellie, seconde épouse du fermier Dillahan, rencontre Florian Kilderry. Il photographie les endeuillés, les femmes, le cimetière, la ville.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 07 septembre 2012

    Corboland78
    Sir William Trevor de son vrai nom William Trevor Cox est né le 24 mai 1928 dans le comté de Cork en Irlande. Romancier, nouvelliste, dramaturge et scénariste, lauréat de nombreux prix littéraires aussi bien en Irlande qu'en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, membre de l'Académie irlandaise, il a été anobli par la reine Élisabeth II d'Angleterre. Paru en 2009, Cet été-là est l'un de ses romans les plus célèbres.
    Plantons le décor, une petite ville d'Irlande au début des années 50. Ensuite présentons les personnages : Dillahan, un fermier veuf d'une femme et d'un bébé, tous deux tués dans un accident agricole. Depuis, il s'est remarié sous la pression de ses sœurs avec Ellie, une jeune femme recueillie et élevée par une institution religieuse, qu'il prend d'abord comme gouvernante avant d'en faire son épouse. Au village, Miss Connulty tient un « Bed & Breakfast » réputé et son frère Joseph Paul gère le dépôt de charbon, on peut les considérer comme des notables. Enfin, parmi les ombres familières dans ce petit pays, Orpen Wren, jadis secrétaire il erre misérablement, l'esprit un peu dérangé depuis la déchéance et la mise en liquidation il y a une trentaine d'années, de la riche demeure des St John.
    Un jour, au début de l'été, un jeune inconnu arrive en ville. Avec son vélo, son appareil photographique et son chapeau, il ne passe pas complètement inaperçu, sans que personne ne sache exactement qui il est. Florian Kilderry est orphelin, revenu au pays le temps de vendre la propriété familiale tombée au plus bas, avant d'entreprendre un long voyage à l'étranger où il espère des cieux meilleurs. Ellie va tomber amoureuse de Florian, inutile de le cacher ou de créer un faux suspense. Il rompt la monotonie de sa vie et lui ne réalise pas assez tôt l'importance de sa présence pour elle. Je tairai le dénouement, bien entendu, « Amour d'été, on le sait, ne dure pas toujours » nous chantait l'autre jadis, mais là n'est pas l'essentiel encore qu'il atteigne au sublime par sa simplicité désarmante. le synopsis n'a que peu d'importance, il ne s'agit pas d'un thriller ou d'un polar.
    Si ce roman est remarquable, et il l'est, ô combien ! C'est à l'écriture et au style de William Trevor qu'il le doit. Comment vous décrire ce talent consistant pour l'écrivain à faire ressentir au lecteur, la manière dont s'instille à petites touches, la présence de Florian dans l'esprit d'Ellie ? Comment résumer cette façon d'écrire, où des phrases importantes sont introduites abruptement au milieu de digressions ou descriptions sans importance particulière ? Il faut aussi évoquer la précision du vocabulaire employé par l'écrivain, la densité de son écriture même si paradoxalement elle semble très légère quand on ne s'attarde qu'à une seule phrase.
    La construction du roman est elle aussi un pur chef-d'œuvre, si les deux amants sont le centre du roman, pour autant leur présence physique conjointe n'occupe que peu de pages dans l'ouvrage. Ce sont les autres personnages, traités comme des acteurs principaux qui par leurs actions et interactions créent l'ambiance et le ton général. William Trevor nous donne avec ce livre, le grand roman de la délicatesse des sentiments qui culmine avec un épilogue qui nous évite de tomber dans le nunuche ou l'improbable.
    Un très, très beau livre qui touche le lecteur au cœur de sa sensibilité.
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    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance, le 10 juin 2012

    maevedefrance
    William Trevor prend le temps de poser le décor de son roman : pendant une centaine de pages, il ne se passe rien, mis à part l'irruption de Florian Kilderry dans la vie monotone des habitants d'un petit village irlandais. Florian n'a rien fait de mal, juste pris des photos lors des obsèques d'une dame bien riche, Mrs Connulty, qui laisse deux orphelins, de grands enfants qui continueront à tenir la pension sans elle. Grâce à Miss Connulty, on sent rapidement que les cancans vont bon train dans ce trou perdu où les villageois ont une vie morne, avec des habitudes bien ancrées. Dès le début je n'ai pas aimé cette Miss Connulty : c'est bien la commère de l'histoire, celle qui brode alors qu'elle n'a pas vu grand chose, si ce n'est Florian marcher à côté d'Ellie Dillahan, une orpheline épousée par un fermier veuf dont elle était la domestique. Pendant tout le roman, on frissone pour cette pauvre Ellie à cause de cette bonne femme...
    Parce qu'effectivement, Ellie aura une aventure, celle d'un été, avec Florian, elle qui a épousé un fermier non pas par amour, mais parce que c'était une opportunité : qui voudrait d'une orpheline ? Cet homme est doux et attentionné, donc Ellie n'est pas malheureuse. Elle a juste la vie très monotone d'une fermière. Florian va bouleverser tout cela .
    Au début, on se méfie aussi de Florian, puisqu'on sait par avance, contrairement à Ellie, qu'il va quitter définitivement l'Irlande. Né d'une mère catholique italienne et d'un père irlandais protestant, on se demande si, finalement Miss Connulty a raison, si c'est un "oiseau de mauvais augure". Mais "comment peut-on traiter quelqu'un d'oiseau de mauvais augure, quand on ne le connaît pas ou qu'on ne sait rien de lui ?".
    William Trevor, après avoir soigneusement planté le décor et brossé un portrait non dégrossi de ses personnages, amène le lecteur à voir au-delà des apparences et laisse le trio amoureux dévoiler ses blessures. Chacun d'entre eux est hanté par les fantômes de leur passé respectif.
    Les personnages sont attachants. Ellie et Florian sont réellement amoureux mais la rupture, cette épée de Damoclès qui pèse sur tout le roman (avec comme pendant le risque du scandale), ne finira pas tout à fait comme on aurait pu s'y attendre au début du roman, même si elle a bien lieu : pas de tragédie déchirante, pas de pathos mais plutôt un sentiment de tranquillité retrouvée.
    J'ai apprécié le style très lent et tranquille de William Trevor, son souci du détail et, surtout, toute la poésie de sa plume.
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    • Livres 4.00/5
    Par liliba, le 27 juin 2012

    liliba
    Voici une histoire de gens ordinaires. Ou qui semblent ordinaires. Car derrière la vie tranquille et presque banale se cachent des blessures, des jalousies et des lâchetés, des secrets jamais avoués. Et aussi des désirs fous, des envies, des folies.

    Ainsi, la vie quotidienne des habitants de Rathmoye peut sembler fade et insipide à celui qui débarquerait dans ces contrées. Mais sous le couvert des habitations, dans le fond des cœurs, à l'abri des volets clos et des murs épais des anciennes bâtisses, rien n'est si calme…

    Ce roman sobre et épuré décrit plusieurs des habitants de la bourgade, et notamment Ellie Dillahan, la seconde épouse d'un fermier des environs, qui a tué accidentellement sa femme et son bébé quelques années plus tôt. Lors de l'enterrement de la riche Mrs Connulty, la jeune femme croise un homme jeune, inconnu, qui photographie l'enterrement. Elle le rencontrera plusieurs fois jusqu'à nouer connaissance, ne pouvant s'empêcher de chercher à le revoir. Elle en tombe amoureuse, ce dont on se doutait, et se met à rêver d'une autre vie, moins monotone que son quotidien à la ferme, avec un autre que ce mari attentionné mais qu'elle n'aime pas vraiment. Ellie pourtant devrait avoir peur de tout perdre, elle qui, enfant trouvée, a été élevée par des sœurs puis placée chez Dillahan pour aider à la ferme. Elle qui n'avait rien, mais qui a maintenant un mari et un foyer. Mais quand l'amour s'en mêle, la raison a-t-elle encore son mot à dire ?

    Quand au jeune Florian, il est sur le départ, ce qu'il n'avoue pas tout de suite à Ellie. Ses parents morts tous les deux, n'ayant plus un sou et pas de profession, il a vendu tout ce qu'il lui restait ainsi que la maison et veut partir loin, quitter l'Irlande pour commencer ailleurs une nouvelle vie, oublier ses souvenirs…

    Mais les uns et les autres, dans cette bourgade de province, même s'ils ne se connaissent pas tous, sont comme liés. Les gens se scrutent, observent les faits et gestes de leurs voisins, croient comprendre leurs pensées et sont prêts à cancaner, histoire d'égayer un peu leur vie morne et monotone. Chacun bien sûr à un secret à cacher, un amour éperdu non avoué, une faute passée, et la mémoire pèse sur tous comme un poids écrasant, les fantômes du passé ressurgissent…

    Cet été-là est un roman lent, tranquille. Il faut prendre son temps, se laisser imprégner des personnages et de l'ambiance de la campagne alentours, découvrir au fil du texte les uns et les autres. Il faut apprendre à les connaître, mais on ne peut ensuite que les aimer, et aimer aussi l'écriture de William Trévor, toute en pudeur et sobriété, simple, poétique bien que presque épurée mais si habile à dévoiler les sentiments.


    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2012/06/27/24583802.html
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    • Livres 2.00/5
    Par Readingintherain, le 24 juillet 2012

    Readingintherain
    De l'importance du pitch dans la littérature. Vous avez deux heures. Non, je blague, ici, c'est moi qui argumente, explique, défends… Thèse, antithèse, synthèse, tout ça c'est pour ma plume, ou plutôt pour la mine de mon crayon, probablement un HB, comme à l'école. Non pas que je craigne de me tromper, on rature aussi bien au plume qu'au crayon, mais parce que c'est plus pratique pour pattes-de-mouchiser. J'écris tout petit, tout serré, je faisais le malheur de mes profs et je suis capable de recopier la Recherche du temps perdu sur une carte postale. (Bon, OK, cette dernière affirmation est un peu exagérée. Mais que voulez-vous, on ne se refait pas).

    Bref, déjà une ligne de hiéroglyphes pour en revenir au même point : de l'importance du pitch en littérature. Parce qu'un pitch trompeur peut conduire à lire le mauvais livre au mauvais moment, et c'est ce qui m'est arrivé avec Cet été-là. Quand je l'ai acheté, on m'en a dit « une superbe histoire d'amour entre cet homme à bicyclette et cette jeune femme entraperçue à un enterrement ». Avouez que ça, ajouté au titre, on se dit qu'on va lire un roman rafraîchissant, parfait pour l'été, qui va mettre de bonne humeur. Eh bien non. Cet été-là est un roman d'automne. Et de vrai automne, hein, même pas d'été indien. Oui, il y a une saison pour lire les romans, et celui-ci me semble rimer avec cette douce mélancolie de fin d'après-midi au coin du feu, quand il y a encore un peu de lumière et que les feuilles deviennent oranges.

    Tout dans ce roman est triste, amer… Il l'aime, mais pas tant que sa cousine. Elle l'aime, mais c'est un péché. Il l'aimait, mais il les a écrasés, elle et leur enfant. Elle l'aimait, mais il est mort à la guerre.

    Cette haute dose de mélancolie m'a plombée. Ennuyée même. Ce n'était pas ce que j'attendais, pas ce que j'avais envie de lire à ce moment-là. du coup les personnages sont restés lointains. Inaccessible. Dommage.

    Lien : http://www.readingintherain.com/2012/07/cet-ete-la-w-trevor/
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    • Livres 3.00/5
    Par feanora, le 31 octobre 2012

    feanora
    Le regard d'Ellie croise celui de Florian lors d'un enterrement. Ils se rencontreront à nouveau, par hasard. Et la passion va ronger Ellie qui s'ennuie dans la ferme de son mari plus âgé qu'elle, car elle rencontre bien peu de gens dans sa ferme, loin de tout.
    Elle va croire qu'elle a découvert le véritable amour alors que Florian ne pense qu'a fuir l'Irlande dès que sa maison sera vendue.
    C'est avec une grande délicatesse que William Trevor dépeint l'atmosphère de cette époque ainsi que les sentiments qui animent les personnages. On pourrait penser que ce livre a été écrit au XIX ème siècle.
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Critiques presse (5)


  • LaLibreBelgique , le 13 juin 2012
    Tout en subtilité, en dégradés sépias, en délicatesse et sensibilité, "Cet été-là" demeurera inoubliable.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Lexpress , le 31 mai 2012
    Sur cette tragédie silencieuse, l'auteur d'En lisant Tourgueniev dépose le linceul d'une écriture aussi dépouillée que les landes de son pays: une merveille de pudeur et d'émotion retenue. Trevor, ou la littérature au violoncelle.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Telerama , le 16 mai 2012
    C'est toute une communauté humaine qui prend vie et s'anime dans les pages de Cet été-là, une assemblée d'hommes et de femmes sur laquelle le regard de Trevor est d'une justesse et d'une empathie proprement saisissantes.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Liberation , le 02 mai 2012
    Sans jamais s’appesantir, sans prolonger la visite plus qu’il ne faut, [William Trevor] passe d’un personnage à l’autre, adopte donc chaque fois un point de vue différent, revient à Ellie (son héroïne), rejoint Florian, s’en va planter des piquets avec Dillahan.
    Lire la critique sur le site : Liberation
  • LeSoir , le 02 mai 2012
    Lumineux et grave à la fois, le roman raconte un émerveillement provisoire, un engagement qui n'est pas vraiment partagé entre les deux protagonistes.
    Lire la critique sur le site : LeSoir

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Citations et extraits

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  • Par Corboland78, le 07 septembre 2012

    - Pourquoi est-ce que tu pars, d’abord ? – Une fois la maison vendue, je n’aurai nulle part où vivre en Irlande. – Je ne savais pas que ta maison était à vendre. – Il y a des dettes que je dois payer – puis après une courte pause : Cela aurait gâché notre été si je t’en avais parlé avant. – Elle détourna les yeux et il devina qu’elle avait peur de demander combien de temps il leur restait.

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  • Par kiesecomspascal, le 11 février 2013

    Mais on ne rompt pas avec un endroit parce qu'il n'existe plus, on ne rompt pas avec ce que l'on était lorsqu'on ne fait plus partie de cet endroit, avec son enfance, avec la simplicité que l'on avait à cette époque-là.

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