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> Katia Holmes (Traducteur)

ISBN : 2859408886
Éditeur : Phébus (2003)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une gamine qui refuse de suivre ses parents à l’heure de s’exiler hors d’Irlande disparaît… puis revient dans la maison vide, désertée par ses habitants d’hier. Elle comprend bientôt qu’elle a voulu cette vie orpheline, que quelque chose en elle refuse ce que les autres... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (2)

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    • Livres 5.00/5
    Par maevedefrance, le 28 octobre 2012

    maevedefrance
    Je confirme la dernière partie de la dernière phrase de la 4e de couverture : du très grand Trevor ! Par contre, je modère la thématique de refus du bonheur par Lucy . Ce n'est d'ailleurs pas le sujet essentiel du roman ou du moins pas que cela !
    Lucy est une petite anglo-irlandaise, qui comme toutes les familles de la "Protestant Ascendancy" d'Irlande, vit dans une belle demeure. Seulement, dans les années 20, les choses sont compliquées en Irlande : la guerre d'indépendance fait rage, puis la guerre civile. Alors, autant dire qu'il ne fait pas bon du tout être anglo-irlandais ! Les parents de Lucy ne se sentant plus en sécurité alors que les belles demeures comme la leur sont incendiées, que le capitaine Gault, le père de Lucy a blessé à l'épaule une activiste nationaliste s'étant introduit sur son domaine, dans le but de faire la même chose que chez ses voisins, ils décident de quitter ce pays qu'il aime tant mais qui leur est si hostile. Mais Lucy, du haut de ses 8 ans en a décidé autrement : elle veut rester. Très attachée à la maison et à ce qui est aussi son pays au même titre que les Irlandais catholiques, elle se cache, ne mesurant pourtant pas toutes les conséquences de son acte. Lorsqu'elle revient dans la demeure de ses parents, ceux-ci sont partis, pensant qu'elle s'est suicidée ! Mais elle retrouve les fidèles domestique, Henry et Bridget, qui lui serviront de parents de substitution et veilleront tendrement sur elle, même adulte, jusqu'à ce que la vieillesse les emporte.
    J'ai absolument adoré ce roman de la veine "Big house", que je mets sur le même pied d'estale que Coup du sort : William Trevor vous emporte dans un univers irlandais sans doute moins connu que celui de l'Irlande catholique et nationaliste. le personnage de Lucy, femme au caractère bien trempé mais d'une extrême douceur est très attachant, même si on peut lui reprocher son inertie et son refus d'épouser celui qu'elle apprécie et inversement : une sorte d'auto-flagelation, de punition en raison de sa mauvaise conscience, qui lui fera rater sa vie sentimentale. Cependant, Lucy n'est pas malheureuse car en dépit d'énormes sacrifices, elle a obtenu ce qu'elle voulait : rester en Irlande, rester sur sa terre et dans sa maison. Elle le fera jusqu'au bout, émouvante dans sa solitude et regrettant d'être, femme vieillissante désignée comme la "dame protestante", parce que dans l'Irlande d'aujourd'hui (le roman se termine à l'ère de l'Internet), "une Protestante, c'est une relique attardée, respectée pour ce quelle était, mais qui n'avait pas sa place".
    Dans ce magnifique roman, William Trevor amène une réflexion sur l'extrêmisme, dépoussiérant l'Histoire de l'île d'émeraude, et amenant sur le devant de la scène une thématique que je ressens comme encore assez taboue : la chasse à l'anglo-irlandais, dans une Irlande nationaliste prise au piège de la violence. Cependant, il est également important de remettre les choses dans leur contexte : celui de la provocation de part et d'autre, ayant eu pour résultats des milliers de morts, dont bons nombre d'innocents, des deux côtés.
    Grâce à William Trevor, je ne regarderai plus jamais les belles demeures irlandaises sauvées du massacre de la même manière !
    Ce roman n'est, hélas ! plus édité ! On le trouve néanmoins dans toutes les bonnes bibliothèques ou en version originale.
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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 23 février 2010

    kathel
    Au cours de l'été 1921, l'Irlande est troublée par des bandes d'activistes ; certains d'entre eux menacent la tranquillité de la famille du Capitaine Gault, en s'attaquant à leur maison. Sa femme et lui décident qu'il vaut mieux pour la famille partir à l'étranger, probablement pour longtemps. Leur fille Lucy, neuf ans, enfant un peu solitaire très attachée à la nature environnante, voudrait obliger ses parents à rester dans ces lieux qu'elle aime. le moyen qu'elle choisit va provoquer un drame qui touchera famille et amis de différentes manières et pour très longtemps. La culpabilité est en effet un mal qui peut gâcher, voire détruire une vie.
    C'est volontairement que je ne vous ai pas dévoilé plus de l'histoire de Lucy, je pense qu'il faut vous la laisser découvrir. J'ai été tout de suite conquise par l'écriture de William Trevor que je lisais pour la première fois : très précisement, sans rechercher le mélodrame, il fait passer l'émotion d'une manière remarquable, très pudique et en faisant confiance dans les capacités d'interprétation du lecteur. Parfois il faut relire un passage pour être sûr de l'avoir correctement compris. Il sait raconter un événement dramatique en deux courtes phrases qui font monter les larmes aux yeux ! Je pense qu'il faut aussi beaucoup de talent pour le traduire.
    Bref, un coup de cœur pour Lucy et toute mon admiration pour William Trevor !

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-17751268.html
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 17 mars 2008

    En passant devant les pêcheurs avec son père, Lucy crut réentendre les pleurs et les lamentations, la plainte déchirante qui s’insinuait dans les cottages par les demi-portes, écho tragique d’un funeste moment revisitant un autre moment funeste. La gaieté qui se manifestait de temps en temps à Lahardane n’était pas réelle et ne durait qu’aussi longtemps qu’ils pensaient à faire semblant.

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