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ISBN : 9782742799206
Éditeur : Actes Sud (2011)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.88/5 (sur 80 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A bord de la voiture de Thomas, son guide, une jeune occidentale, Anaïse, se dirige vers un petit village côtier d’Haïti où elle espère retrouver les traces d’un père qu’elle a à peine connu et éclaircir l’énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman f... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 06 septembre 2012

    carre
    Après le très réussi « yanvalou pour Charlie », cette deuxième ballade dans l'univers de Lyonel Trouillot est de nouveau bien agréable.
    Thomas vient récupérer Anaise à l'aéroport pour la conduire dans le village ou son père est mort. La jeune femme vient remplit d'interrogations, Thomas va lui servir de guide et amener Anaise sur des rivages insoupçonnés.
    A travers trois chapitres, Trouillot nous enchante par son talent de conteur, nous séduit par une prose d'une grande richesse. Son regard est aiguisé, réaliste, il ne s'y trompe pas, ni sur ces compatriotes, ni sur cet Occident qui peut paraitre arrogant. Quelles traces restent de notre éphémère passage ? Trouillot oppose bonté et bêtise humaine avec un plaisir des mots et une langue chatoyante. Ces phrases envoutent par leur musicalité. Un voyage dans ce bassin caribéen qui se lit d'une traite pour en apprécier toute sa saveur.
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    • Livres 4.00/5
    Par spleen, le 23 septembre 2012

    spleen
    J'avais découvert Lyonel Trouillot , cet écrivain haïtien, en lisant yanvalou pour Charlie.
    Ce roman est assez différent, avec toujours le même talent .
    Nous ne sommes plus dans les bidonvilles de Port au Prince mais nous découvrons comme Anaise un endroit paradisiaque d'Haïti : L'Anse à foleurs, un village perdu où la jeune fille vient à la recherche de souvenirs de l'enfance de son père qu'elle a a peu connu.
    De son père il sera peu question mais son chauffeur, le volubile Thomas va lui faire découvrir dans un long monologue une autre histoire, celle de son Grand-père Robert Montes , un homme d'affaires qui a péri dans l'incendie de sa villa .
    Conte plus que roman où la cupidité , la méchanceté et la bêtise ne font pas le poids face à la candeur ,le naturel et la gentillesse des habitants ,où les touristes passent à coté de l'essentiel ,le bonheur simple mais où la question :quel usage faire de sa présence au monde? est omniprésente.
    Envoutement des mots si bien mis en musique par l'auteur et de ce pays qu'il décrit avec amour , ce livre est un havre de bonheur.
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    • Livres 5.00/5
    Par oops, le 14 janvier 2012

    oops
    Thomas est chauffeur de taxi et guide touristique à Haïti, un pays qu'il aime et dont il évoque avec une certaine philosophie la beauté des âmes. Dans son taxi, il emmène Anaïse, une jeune occidentale qui va au village d'Anse-à-Fôleur à la recherche des traces de son père qui a fuit son propre père l'homme d'affaires Robert Montes et contrebandier notoire grand ami d'une brute épaisse, le colonel Pierre André Pierre. Ces deux derniers ont péri dans l'incendie de leurs maisons jumelles, c'est le lendemain que le père d'Anaïse s'est enfui ! Sous forme de monologue Thomas nous fait découvrir le village d'Anse-à-Fôleur et les habitants qui en font son histoire dont Justin son oncle aveugle et peintre qu'Anaïse va rencontrer en fin d'ouvrage. Quel usage faire de sa présence au monde ?, tel est le thème essentiel de cette fable fort réaliste. L'auteur a le sens du verbe, il parle de sa terre natale avec passion nous en révélant les mystères. Sans complexes il décrit le comportement des nantis et des touristes qui méprisent si ouvertement la pauvreté. Une belle leçon d'humilité que nous donne cet auteur clairvoyant. le bonheur tient à peu de choses qu'on se le dise !

    Lien : http://ma-bouquinerie.blogspot.com
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  • Par constance93, le 02 juin 2012

    constance93
    Un lyrisme philosophique
    A Anse-à-Fôleur, village imaginaire d'Haïti, il fait bon vivre malgré la pauvreté. le seul mal dont semble souffrir les villageois est “la maladie de la mer”, et avec les lois du législateur auto-didacte Justin que personne n'est obligé de respecter mais que tous appliquent, le bonheur commun semble être l'unique objectif. “Tu trouveras là-bas des sourires, une plage sauvage mais gentille, des fruits, du pain doux et beaucoup de chansons de mer, du poisson boucané, des paumes grandes ouvertes, des artistes de grand talent travaillant à la bonne humeur, les plus habiles constructeurs de tonnelles et de bois fouillé, des contes et des légendes pour donner du voyage à la vie quotidienne, mais pas de réponse à tes questions”, dit Thomas à Anaïse dans la grande partie du dernier roman de Lyonel Trouillot.
    Anaïse est venue chercher des réponses sur le passé de son père, parti du village vingt ans auparavant. Thomas est son guide. En sept heures de route, du brouhaha de Port-au-Prince au silence d'Anse-à-Fôleur, le jeune homme raconte. Anse-à-Fôleur, le grand-père d'Anaïse et son ami le colonel Pierre André Pierre, disparus tous les deux une nuit avec les Belles Jumelles, les deux maisons bourgeoises côte-à-côte qui cachaient le paysage, des morceaux épars de sa vie entre Port-au-Prince où il est guide et le village de pêcheurs où il peint en signant du nom de son oncle, sa vision d'Anaïse. Entre la confession, le monologue et le témoignage, les sept heures de route passent vite. Anaïse s'endort parfois : “Dieu, que tu peux parler ! [...] Dans mon demi-sommeil, souvent je n'entendais que la musique des mots”, lui dit-elle dans la deuxième partie, beaucoup plus courte, du livre.
    Comprendra-t-elle que ce sont les questions qui comptent ? Elle ne saura pas ce qui est arrivé cette nuit d'il y a vingt ans, lorsque les deux maisons ont brûlé, l'homme d'affaire Robert Montès et le colonel Pierre André Pierre disparu, et la femme et le fils du premier parti sans un regard en arrière. Un enquêteur était déjà venu. Il n'avait rien trouvé d'autre que le nom de son bar, un lieu unique de rencontre et de bonne humeur à Port-au-Prince. Il était reparti transformé. Elle aussi le sera peut-être aussi. On ne ressort pas d'une utopie sans avoir été touchée un peu par elle. Car la magie du lieu que nous décrit Thomas et que découvre Anaïse est celle d'une utopie créée par les hommes eux-même, dans la simplicité de l'échange, de la solidarité et du bonheur. La belle amour humaine est finalement la réalisation artistique de ce tableau humain gai et généreux. Elle ne pouvait être faite qu'à Anse-à-Fôleur par plusieurs de ses habitants : un peintre aveugle, son amie la belle Solène et Thomas.
    C'est une plume sensible, belle, qui ne pouvait se permettre ses envolées lyriques que dans un monologue, une réponse à celui-ci et une fusion dans “La belle amour humaine”, qui porte ce récit où il ne se passe finalement que peu de choses. Un trajet, la visite d'un village, une journée passée là-bas. Nous ne sommes pas dans un polar exotique dont le projet serait d'élucider un double-meurtre il y a vingt ans, ou même le départ du fils de l'un des disparus. Si Anaïse vient chercher ses origines, ce n'est pas le plus important ici. Ce n'est pas là qu'aboutira sa quête d'elle-même, encore moins là que réside la force du récit. Tout est dans le verbe, la beauté des mots qui réunissent ensemble deux mondes, celui d'une jeune occidentale et celui d'un jeune haïtien, celui du passé et celui du présent, celui d'Anse-à-Fôleur et celui du reste de la planète. La parole réunit les personnages, l'humanité, au plus proche. Les différences sont là, assumées et embellies par le respect de l'autre, de sa parole et de son silence.
    La puissance d'évocation du discours de Thomas, la sensibilité à fleur de peau d'Anaïse, la fusion des points de vue et des ressentis dans La belle amour humaine : tout le récit est porté par cette exaltation de la langue. Aucun ne semble pouvoir s'arrêter. Thomas ne se taira qu'après sept heures de route, sans temps mort. Anaïse laissera place aux évènements. La vie commence tout juste pour nos deux narrateurs.
    Jusque dans son titre, dont l'impossibilité grammaticale n'est qu'une orfèvrerie littéraire incongrue et somptueuse (titre emprunté à un autre écrivain haïtien, Jacques Stephen Alexis) de plus, l'écriture de Lyonel Trouillot est magnifique. La langue y est sublimé, à la fois proche de l'oralité et très littéraire, à la limite de la poésie. Pourtant, cette écriture donne lieu à la critique d'un monde corrompu, à la vision d'un monde idéal où les allégories du pouvoir militaire/étatique (Pierre André Pierre) et du pouvoir économique (Robert Montès) ont disparu. On imagine un moment du récit qu'ils sont partis d'eux-même, conscients de leur cruauté, la seule chose qui pouvait véritablement réunir ses deux êtres. Étrange hypothèse, mais qui montre que la réponse aux questions n'est pas ce qui compte, seulement le cheminement de la raison et des sentiments, les questions qui s'accumulent les unes sur les autres pour ne se réduire qu'à : “dans tous ces mondes qui font le monde, quel usage faire de ma présence ? A quoi vais-je donner l'adhésion de mon rire ?” Une histoire de bonheur reçu et donné, finalement.
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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 13 juin 2012

    MissG
    Parce qu'elle a à peine connu son père et qu'elle voudrait en apprendre plus sur lui et aussi pour comprendre son passé familial, Anaïse se rend dans un petit village côtier d'Haïti.
    C'est Thomas qui sera son guide pendant son voyage, mais il la met tout de suite en garde "Qu'il est des faits sans importance qui ne valent pas le bavardage, et d'autres dont les causes sont d'une telle profondeur qu'elles échappent à toute analyse, et qu'il convient pour être heureux de les laisser à leur mystère."
    Ainsi, sur la mort mystérieuse de son grand-père le même jour que son meilleur ami elle n'apprendra rien et personne ne lui dira quoi que ce soit à ce sujet, parce qu'il y a des choses plus importantes dans la vie que de chercher à éclaircir et comprendre le passé, que cela peut même empêcher de vivre le présent, et puis de toute façon : "Rien, mis à part la cruauté, ne pouvait justifier l'amitié qui lia jusque dans la mort le colonel Pierre André Pierre et l'homme d'affaires Robert Montès."
    Ecrit en quasi totalité sous la forme d'un monologue de Thomas à l'adresse d'Anaïse, "La belle amour humaine" est un livre qui touche et qui remue au plus profond du coeur.
    Il se dégage de chaque ligne une ambiance bien particulière, j'ai eu l'impression tout au long de ma lecture de me trouver en Haïti, j'ai ressenti les émotions, senti les odeurs, vu les paysages, je faisais le voyage en même temps qu'Anaïse et je me suis laissée bercer par la narration de Thomas.
    Ce récit est très humain et prône la fraternité ainsi que la justice.
    Anaïse en repartira changée, et je crois aussi que chaque lecteur l'est à la fin de cette lecture.
    Parce qu'il y a une question récurrente à ce récit, et qui sera abordée de différentes manières par les différents personnages : quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?
    Et sans aucun côté moralisateur, l'auteur pose aussi les questions de pourquoi naît-on dans un endroit et pas dans un autre, en l'occurrence au Nord ou au Sud ? Pourquoi naît-on blanc ou noir ? Riche ou pauvre ? Puissant ou non ?
    Finalement, c'est le personnage de Thomas qui aide à trouver une forme d'équilibre dans la vie, en apportant des clés pour se forger soi-même les réponses à toutes ces questions.
    J'ai également apprécié les deux derniers chapitres, plus courts, écrits pour le premier du point de vue d'Anaïse et pour le deuxième développant la thèse de La belle amour humaine qui donne son titre au livre.
    C'est non seulement très bien écrit, mais il y a une ambiance plaisante qui se dégage de ce livre et l'auteur rappelle au lecteur que le bonheur tient à peu de choses et qu'il ne faut pas s'encombrer du passé pour pouvoir vivre le présent.
    En voilà une belle leçon sur un concept finalement simple et pas aussi complexe que l'on cherche à le rendre.
    "La belle amour humaine" est un formidable moment de lecture, c'est un livre qui prend et avale le lecteur pour le recracher changé, plus humble et plus conscient du bonheur.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/06/la-belle-amour-humaine-de-..
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Critiques presse (7)


  • Actualitte , le 06 septembre 2012
    C'est une histoire magnifiquement racontée, profondément enracinée dans une culture qui sourd à chaque page. C'est un voyage d'initiation vers une autre façon d'imaginer la mémoire collective et individuelle.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Liberation , le 25 novembre 2011
    La Belle Amour humaine vise la condescendance du monde riche, autant que la cupidité des profiteurs locaux. Au terme du voyage de la jeune fille, il y a une crapule. Est-ce une pierre dans le jardin du roman contemporain, amateur de quêtes familiales ? «Tu viens te construire une famille. Méfie-toi. Les familles, ça ne suit pas toujours les rêves.»
    Lire la critique sur le site : Liberation
  • LaLibreBelgique , le 22 novembre 2011
    Comme souvent chez les écrivains antillais, ce qui fascine d’abord est la volupté de langue, belle, poétique, surprenante et juste. Lire ce roman est déjà voyager et se trouver loin d’ici, près des mers chaudes.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • LePoint , le 24 octobre 2011
    Ce livre profond est un hymne à "l'art de la route et de la rencontre", où naissent les vraies questions. Le titre est emprunté au romancier Jacques Stephen Alexis, maître de l'auteur, et si son décor est haïtien, ce roman s'ouvre vraiment à l'universel. Car la belle amour humaine, comme son contraire, la cruauté prédatrice, est également partagée, partout.
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LeMonde , le 14 octobre 2011
    De l'adversité à l'altérité, de la confrontation au partage, ainsi se déploie cette fable porteuse de vie et d'utopie où revient une interrogation lancinante, entêtante : "Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ?" Lyonel Trouillot y répond, à sa manière, sensible, élégante et quelque peu inquiétante .
    Lire la critique sur le site : LeMonde
  • Bibliobs , le 21 septembre 2011
    En réfutant l’humanisme béat qui prétend gommer les différences entre les êtres, Trouillot utilise la parole pour les rapprocher autant qu’il est possible. Et rend ainsi le lecteur complice de ses personnages en envisageant, à la fois, la cruauté et la bonté des hommes.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 02 septembre 2011
    En compagnie de l'écrivain haïtien Lyonel Trouillot, un voyage aux confins du bien et du mal. Envoûtant.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 26 octobre 2011

    Alors, si c'est pour ça que tu y vas, autant changer d'avis, nous épargner six heures de route, et faire comme une vraie touriste, chercher ici le nirvana et tomber en extase devant la première pacotille qui attire le regard dans une boutique d'artisanat. Si tu préfères la pauvreté comme source d'émerveillement, prépare ta caméra et je te conduirai dans les anciens beaux quartiers aujourd'hui en ruine, ou, mieux encore, les bidonvilles. Tu pourras t'attrister en regardant le linge accroché aux fils et aux murs délabrés, pleurer sur les fillettes enceintes et les vieilles femmes courbées devant les réchauds allumés et préparant la nourriture du jour tout près des monticules d'immondices. Emue par le spectacle, tu pourras verser toutes les larmes de la charité. Après, pour changer, tu pourras passer quelques jours dans un hôtel de plage à manger des fruits frais et à boire du lait de coco.Là, tu mettras la main sur un étalon noir et tu te payeras pas cher une "expérience sexuelle". Ne prends pas offence de ma proposition. On n'a pas à juger les gens de chercher un plaisir à leur convenance, selon leurs attentes. C'est seulement quand ils en font une loi que cela pose problème. C'est l'un des principes fondateurs du code de Justin, le législateur bénévole de ce lieudit d'Anse-à-Fôleur : toute personne devrait pouvoir être l'aide-bonheur d'une autre personne.
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  • Par carre, le 01 septembre 2012

    Ce n'est pas vrai que les gens meurent entourés de leurs proches. Il y a longtemps que l'on a cessé de mourir en famille. L'hôpital offre l'avantage de laisser à des étrangers la garde du mourant. Je viens d'une ville dans laquelle on a désappris depuis longtemps l'art de mourir chez soi.

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  • Par VALENTYNE, le 05 novembre 2012

    Les enfants sont là qui les regardent et cette fois-ci elle en est certaine, ils ont dans les yeux une complicité bienveillante et moqueuse. Il ne regarde pas les enfants ou fait semblant de ne pas voir que tout en jouant ou en donnant de la voix avec les adultes, sous leurs grands chapeaux aux rubans d’arc-en-ciel, ils les observent et les accompagnent, les devancent peut être. Les enfants souvent comprennent tout, même les choses qui n’existent pas, ou pas encore. Il lui explique que les chants sont à la fois gais et tristes, alternant le rêve et la douleur, la mélopée et la promesse. Comme les choses de la nature qui changent d’humeur, de teinte et de ton. Regarde la mer. Ce soir, elle est calme, parce qu’elle attend un ami. Et si tu entres dans l’eau, elle s’ouvrira à toi. Demain elle sera jalouse de ses poissons, et malheur à qui osera la défier. C’est pareil pour les chants. Tristes parce que le départ d’un ami ne laisse jamais indifférent. Gais parce que celui en l’honneur de qui on chante n’aimait pas la tristesse. Et elle écoute les voix qui pleurent une étrange mélopée qui semble monter du sol comme une blessure de terre. Regarde les corps cassés qui balancent lentement comme au souvenir d’anciennes traversées, comme enchaînés ensemble, comme un seul corps défait, accroupi ou agenouillé sur la plage. Ils disent : Batala, m son zèb atè a, yo pa konnen sa ki nan kè mwen ; Batala, je suis une herbe sur le sol, ils ne savent pas ce que j’ai sur le cœur. Ici comme ailleurs, il existe des gens comme l’homme d’affaire Robert Montès et le colonel Pierre André Pierre, qui prennent tout et ne laissent aux autres que des restes, quand il reste des restes. Et, défaits, oubliés, que peuvent les autres sinon chanter, Batala, je suis une herbe sur le sol, ils ne savent pas ce que j’ai sur le cœur ? Elle ne répond rien, mais elle entend. Quand les corps penchés sur le sol se redressent, grandissent soudain, quand Chwal mwen mare nan poto m pa priye pèsonn o, lage li pou mwen, les voix s’affermissent, s’énervent, se battent triomphent, il traduit : J’ai attaché mon cheval au poteau, je ne demande à personne de le libérer à ma place. Elle entend. Et quand les voix explosent, vaillantes, piaffent, libres et indomptables : lè m a lage chwal mwen gen moun k a kriye, avant même qu’il ne traduise, à la lueur des bougies et des bobèches, tandis qu’elle regarde un groupe d’homme qui avance jusqu’à la barque, la fait glisser dans l’eau, y prend place et rame vers le large, elle a déjà compris : Quand je libèrerai mon cheval, il en est qui pleureront. Les larmes de la chanson ne sont pas celles que versent les yeux qui accompagnent le peintre Frantz Jacob vers sa dernière demeure, la mer, qu’il n’a jamais regardé avant d’avoir été rendu à la lumière par l’aveuglement. Les larmes qui accompagnent le peinte Frantz Jacob sont larmes de tendresse. Larmes d’amitié forte que la mort ne tue pas. Les larmes de la chanson ne sont pas celles des enfants qui font des gestes d’au revoir avec leurs chapeaux aux traînées d’arc en ciel. Il y a larmes et larmes.
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  • Par oops, le 07 janvier 2012

    Il est des villes qui aboient et d'autres qui chuchotent. Il est des villes qui sourient et d'autres qui font la gueule. Des qui se peinturlurent comme une fille condamnée à faire le trottoir se déguise chaque soir pour partir au combat. Et d'autres qui ne montrent rien, qui ne vendent rien, ne font pas dans le show off ni dans la devanture, mais sourient sans forcer quand passe un visiteur.

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  • Par carre, le 05 septembre 2012

    L'homme s'approchant de la femme, lui aurait dit : "Bonjour. Je sens que je vais vous aimer beaucoup.
    Pardon ? Pourquoi ? Vous ne me connaissez même pas.
    Mais si, je vous connais. Vous êtes l'amour même".

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Lyonel Trouillot : "C'est une jeune Européenne qui vient en Haïti chercher son origine familiale"
Lyonel Trouillot présente "La belle amour humaine" - paru dans la collection "Domaine français" le 17 août 2011 www.actes-sud.fr








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