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ISBN : 9791022605229
Éditeur : Métailié (03/10/2016)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 59 notes)
Résumé :
Une pluie continue épuise les hommes et les bêtes.
Alors que les éleveurs du clan Balva procèdent à l’abattage annuel des rennes, des ossements humains sont retrouvés dans l’enclos, au pied de la Montagne rouge.

Or, le clan est opposé à un groupement de forestiers et de fermiers dans un procès exceptionnel à la Cour suprême de Stockholm. L’enjeu – le droit à la terre – est déterminant pour tous les éleveurs de rennes du pays : qui était là le p... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
SZRAMOWO
04 octobre 2016
★★★★★
★★★★★
Merci infiniment aux éditions Métaillié et à Babélio pour m'avoir permis de découvrir le dernier ouvrage d'Olivier Truc La Montagne rouge, et par la même occasion l'univers si cher à cet auteur que je ne connaissais pas.
C'est la première fois que je rencontre Klemet et Nina, coéquipiers de la patrouille P9 de la police des rennes. Deux inspecteurs qui ne m'ont pas laissé indifférent.
L'intérêt de ce livre, jamais ennuyeux, est l'impressionnant apport de connaissances qu'il constitue pour le lecteur, sur la thématique de l'intégration, ou plutôt de la désintégration, des populations autochtones dans les pays scandinaves.
Les Lapons (terme politiquement incorrect remplacé par le terme Sami) ont été traités comme des sous hommes, tant en Norvège qu'en Suède, et depuis le XIXème siècle, leur culture et leurs traditions considérées comme des freins au progrès et au développement de ces pays. Frein à la déforestation, frein à l'exploitation du sous sol, frein à l'expansion des villes.
De plus, les théories eugénistes, s'appuyant sur des données contestables , mesures de crânes, d'ossements, taille et morphologie des individus pour "mesurer" leur développement intellectuel, justifient leur exclusion et leur confinement.
Loin d'un exposé fastidieux, le récit s'appuie sur des histoires individuelles qu'il replace dans leur contexte pour démontrer que la force du prétendu «progrès» est de faire douter ses «victimes».
Petrus Eriksson, l'éleveur de Rennes, s'interroge sur le bien fondé de sa quête. Chef d'une collectivité d'éleveurs, il les représente lors d'un procès à la Cour Suprême devant laquelle a été porté le conflit, d'occupation de surfaces forestières ou broutent les rennes, qui les opposent aux forestiers et au puissant syndicat des agriculteurs soucieux d'une meilleure exploitation des forêts.
Le conflit est relancé par la découverte d'ossements humains dans un enclos d'élevage qui permettrait peut-être de prouver la légitimité de la présence ancienne des Samis dans la région, et leur doit ancestral à occuper ces terres.
Petrus est intimement persuadé d'être dans son droit, mais la procédure judiciaire qui doit suivre des étapes obligées le trouble et l'éloigne de ses troupes qui trouvent que tout cela ne va pas assez vite et à l'instar de Per Persson sont prêtes à en venir aux mains.
De plus, à la surprise du Président de la cour, il a choisi de se passer des services d'un avocat.
De même, Klemet, le policier de la patrouille P9, fils d'un Sami, éleveur de Rennes qui a abandonné le métier, mais cherche à retrouver ses racines, subit avec difficultés les sarcasmes de ses collègues et du procureur Magnus Thunborg (un arriviste qui voit dans l'enquête en cours un dossier : «Explosif, oui, on aurait les journalistes qui rappliqueraient de Stockholm, c'est garanti. Vous devriez creuser ça, Nango, allez-y à fond, on s'emmerde ici, mon vieux.»).
le récit s'appuie sur une documentation constituée par Olivier Truc, spécialiste des pays nordiques pour le Monde et libération, au cours de précédentes enquêtes dans ces régions. Les remerciements en fin de roman témoignent de la qualité de ces recherches.
Par ailleurs, le récit est servi par une galerie de personnages qui valent le détour, et dont l'histoire personnelle recoupe celle de la Suède :
Les universitaires Gustaf Rogaberg et Oskar Filius prêts à tout pour légitimer leurs thèses. le premier défend le concept d'une invasion Sami, après que les Suédois aient occupé la Laponie. «Comme le racontent les fouilles que nous et nos aînés avons réalisées de longue date, les Sami sont arrivés du nord dans ces régions méridionales du Jämtland au XVIIIè siècle, repoussant progressivement les paysans suédois qui étaient implantés là depuis toujours.»
Le second est plus proche de la culture Sami, mais cette position ne lui sert qu'à faire valoir ses intérêts : «vous verrez, on me tissera une légende d'aventurier prêt à braver l'interdit et le scandale pour le bien de la science.»
L'ancien SS Bertil Vestling qui s'est reconverti dans l'antiquité et plus particulièrement le trafic de crânes Sami récupérés le plus souvent par des moyens douteux.
Justina Lyckberg, la vieille femme un peu folle et son groupe de marche nordique «bouts d'acier, rien à cirer» écument la région pour faire les vides greniers et alimenter la boutique de Vestling.
Le passé trouble de la Suède et des pays scandinaves pendant la deuxième guerre mondiale éclaire l'action des personnages et le récit d'une lumière trouble, réminiscence d'autres romans qui ont également évoqué ce sujet (Lune noire de Steinbeck, La cité des jarres de Arnaldur Indridason, le retour du professeur de danse d'Henning Mankell pour ne citer que ces trois-là).
Les tenants des théories eugénistes, en Suède et en Norvège, ont vu dans les populations Sami, une justification de leurs croyances.
«...un article signé par deux professeurs d'Uppsala qui disaient l'importance de limiter autant que possible la reproduction des individus inférieurs et d'augmenter la natalité chez les autres.
Les préceptes mis en oeuvre par les nazis par la suite;
Ils ne s'intéressent pas qu'aux Sami si ça peut te rassurer, là ce sont les gens atteints d'épilepsie qui en prennent pour leur grade.»
L'enquête de Nina et Klemet devient une course contre la montre. La Cour Suprême accorde un délai contraint aux deux policiers qui doivent démontrer l'origine ancienne des ossements retrouvés dans l'enclos d'élevage. Retrouver les crâne manquant dans les collections de crânes Sami existant en Suède, mais aussi en France et ne Russie. Les universitaires jouent un jeu trouble. L'antiquaire Bertil Vestling ment, tout comme Justina Lyckberg et ses copines. Ils ne sont pas certains d'avoir l'appui indéfectible des éleveurs. Ils se débattent avec leurs propres problèmes. La recherche de son identité Sami pour Klemet, la relation conflictuelle avec son père vieillissant pour Nina.
Je le redis, on ne s'ennuie pas à la lecture de ce roman qui nous entraine de surprises en rebondissements pour aboutir à une fin dont je ne vous révèlerai pas la teneur.
Un dernier mot. Ce roman résonne de façon étrange avec notre actualité. La question de notre identité. de nos ancêtres. de notre vivre ensemble dans une société inexorablement multiculturelle. La leçon que l'on peut en retenir est que l'on n'efface jamais les marques de l'histoire, quelles qu'elles soient. Bonnes ou mauvaises. Contraires ou conformes à nos convictions. Elles ont à tout jamais contribué à faire de nous les individus que nous sommes.
La Montagne rouge, un livre à lire ! Et pour ceux qui comme moi n'avaient jamais rien lu d'Olivier Truc, précipitons-nous sur le dernier lapon, et le détroit du Loup.
Lien : http://desecrits.blog.lemond..
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sylvaine
29 septembre 2016
★★★★★
★★★★★
Tout d'abord un grand merci aux éditions Métaillié et à Babélio pour m'avoir permis de découvrir le dernier ouvrage d'Olivier Truc La Montagne rouge.
Nous retrouvons Klemet et Nina, coéquipiers de la patrouille P9 de la police des rennes. Affectés dans le sud de la Laponie, dans le centre de la Suède, ils sont chargés de "régler" les conflits existants entre forestiers suédois et éleveurs de rennes samis . Dure mission , les tensions entre les deux camps sont tangibles d'autant plus qu'un énième procès a lieu à la Cour suprême de Stockholm , son verdict sera décisif pour l'avenir des éleveurs, auront ils le droit de continuer à exercer leur métier ?
Alors que l'abattage des rennes bat son plein, les conditions météorologiques sont calamiteuses. La pluie continuelle entraîne dans l'enclos des rennes un glissement de terrain et la mise à nu d'un squelette. de quand date t'il ? est il suédois ou sami ? Sa datation permettra t'elle de faire pencher le verdict du procès ?
Edité aux éditions Métaillié noir , il me semblait que ce roman devait être par définition un roman policier ! 500 pages plus tard je cherche toujours le mort ... Bon trêve de plaisanterie La Montagne rouge est un magnifique roman ethnographique , je dirai même un magistral cours d'anthropologie ,et surtout un sincère plaidoyer en faveur d'un peuple et d'une civilisation mis à mal par la politique de "sélection de la race" suivie dans les années d'avant guerre par la Suède . Une lecture instructive à défaut d'être plaisante.
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Renod
12 octobre 2016
★★★★★
★★★★★
La Montagne rouge est submergée par des trombes d'eau. Le déluge ralentit l'abattage annuel des rennes. Les éleveurs du clan Balva travaillent dans des conditions dantesques. L'enclos est traversé par des coulées de boue et de sang. Mais la découverte inopinée d'ossements humains va stopper la tuerie. Klemet et Nina de la police des rennes sont chargés de l'affaire. L'enquête entrave le travail d'abattage mais les éleveurs vont très vite y voir une opportunité. Ces Sami disputent le partage de ces territoires aux forestiers. Les deux partis s'affrontent dans les cours de la justice suédoise à coups d'arguments juridiques et archéologiques. Celui qui prouvera qu'il occupait ces terres en premier l'emportera devant la justice suédoise.
L'intrigue policière est originale puisqu'il s'agit de retrouver un crâne vieux de plusieurs siècles, élément qui permettra de dater avec certitude les ossements et déterminera la décision des juges. Klemet et Nina vont mener leurs recherches dans les archives, les musées et chez les brocanteurs. Leur enquête rencontre l'hostilité des spécialistes. Les preuves de la présence originelle des Sami sur ces terres annihileraient certains principes de l'histoire officielle du royaume. Et l'enquête fait aussi remonter un pan sombre de l'histoire suédoise : des scientifiques ont mené des études officielles cherchant à démontrer que les Sami étaient une sous-race.
Cette histoire exotique permet de connaître une Suède moins lisse qu'en façade. Mais je ne me suis malheureusement pas passionné pour cette enquête. Le récit s'enlise dans ses répétitions et sa densité documentaire. C'est dommage car le roman est très bien écrit et structuré, les personnages sont parfaitement dessinés et le sujet est original. Le parallèle posé entre ce débat sur le "premier arrivé" et l'accueil des migrants est pertinent. Et enfin, j'ai apprécié de découvrir ce peuple aborigène d'Europe qui lutte pour la sauvegarde de ses traditions. Un roman plein de qualités qui souffre d'un défaut, celui d'être poussif par moments.
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belette2911
30 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Durant l'abatage de leurs rennes, les éleveurs sont tombés sur un squelette... Ben elle est où, sa tête ??
Le cavalier sans tête aurait-il quitté Sleepy Hollow pour le pays Sapmi ou bien serait-ce l'oeuvre d'un règlement de compte à O.K Corral ?
Pour une fois, Klemet et Nina, les agents de la patrouille P9, ont affaire à un corps qui reposerait là depuis plus de 300 ans. Pas vraiment une affaire où on va se casser le cul et les méninges, a priori.
Et bien, détrompez-vous ! Ce squelette sans tête pourrait peut-être résoudre bien des problèmes de territoire, ce perpétuel conflit entre les Suédois et les Sami : qui était là le premier ??
Et quand on sait que l'État Suédois a tout faire pour spolier les Sami de leur territoire, leur faisant signer des papiers qu'ils étaient incapables de lire, qu'on les a traité comme des sous-hommes, des sous-merde, on se dit que l'État est un sacré fils de... sa mère, mais qu'accuser l'État revient à n'accuser personne en chair et en os.
Si ce tome prend plus de temps à se mettre en place, est lent de par son enquête qui ne sait pas trop dans quel sens elle doit aller, il est profond de par les thèmes qu'il exploite et grâce à sa brochette de personnages bien travaillés et dont certains sont plus attachants que d'autres.
Entre ces éleveurs de rennes, Sami, qui veulent que leurs bêtes puissent paître le lichen partout, entre ces forestiers qui eux veulent couper le bois et se foutent des bestioles des autres, entre les policiers qui ne savent plus à quel saint se vouer, entre ces archéologues et universitaires dont certains sont d'un racisme crasse, avec ce procureur un peu zinzin et ces vieilles dames qui arpentent la ville avec leurs pointes d'acier, on a une belle palette de personnages tourmentés, tracassés, jovials, au passé mystérieux.
Même nos policiers sont affectés par ce climat délétère, surtout Nango Klemet qui est tiraillé entre ses origines Sami, considéré comme un collabo chez les siens et comme un sous-homme chez les Suédois ou les Norvégiens car d'origine Sami.
Quand à Nina, ses soucis avec son père qui perd la boule font d'elle une personne aigre et souvent agressive envers Klemet. Ils sont torturés, nos policiers.
De plus, durant l'enquête et les tiraillements de nos deux enquêteurs préférés, nous aurons droit aux pages sombres de la Suède, des pages très sombres, même. À se demander si ce pays que nous admirons n'est pas qu'une belle façade cachant des horreurs... On a planqué la merde dans un joli bas de soie.
Au lieu de nous livrer un Truc indigeste, Olivier a choisi de nous expliquer tout cela aux travers de différents portraits, distillant les infos à son aise, faisant monter le suspense, les questions, le mystère, l'horreur. Tout le monde n'étant pas toujours ce qu'il veut nous faire croire, ici.
Dans ces pages, il y a des relents de racisme, de nazisme, d'eugénisme, du rejet de l'autre que l'on considère comme un frein à l'expansion du pays, de l'autre dont on a tout volé, tout pris, tout spolié et que l'on se permet encore de conspuer.
Ça se lit avec un arrière goût métallique dans la gorge car on sait que ceci n'est pas de la fiction, hélas.
Ceci n'est pas qu'un roman policier, loin de là ! Comme ces deux romans précédant, Olivier Truc va plus loin qu'un Whodunit, plus loin qu'un thriller, plus loin qu'un polar : il entre dans le roman noir, explore le contexte social, l'Histoire d'un pays et nous en sort ses plus belles horreurs, celles qui furent commises avec le sentiment du devoir accompli et d'avoir agit pour le bien de tous.
Un excellent roman noir qui ne vous laissera pas indifférent(e), sauf si vous êtes comme certains personnages abominables qui fraient dans ces pages...
Ne laissez pas passer ce roman où le travail de recherche est phénoménal et où un auteur donne la voix à ceux qui n'en ont pas, ou si peu.
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morin
21 décembre 2016
★★★★★
★★★★★
Les romans d'Olivier Truc, dont l'action se déroule dans le nord de la Norvège en Laponie, ne sont pas de simples"policier". Dans chaque ouvrage il aborde de nombreux sujets concernant notamment les rapports souvent difficiles entre le peuple Sami de Suède et les suédois.
Dans ce troisième ouvrage il traite d'un conflit entre un collectif de propriétaires terriens et le sameby Balva. Les rennes viennent paître l'hiver sur des terres que le collectif considère comme siennes. Un procès a lieu sur le sujet à Stockholm.
Lors de l'abattage annuel, sous une pluie battante, le squelette d'un homme est découvert. La tête a disparu. Après analyse il s'agirait du squelette d'un homme ayant vécu au XVIIe siècle. Klemet et Nina de la police des rennes sont chargés par le Procureur de retrouver le crâne afin de connaître l'origine de l'homme : s'il s'agit d'un sami cela signifiera que les samis étaient les premiers occupants des terres objet du litige. Alors que l'archéologue, conseil du collectif, souhaite l'échec de la recherche du crâne, un deuxième archéologue, plus jeune, pousse Petrus Eriksson, chef du samedy Balva, à rechercher des sites archéologiques qui viendraient confirmer la préexistence des samis sur les terres objet du litige.
De nombreux personnages traversent l'histoire, concernés à des degrés divers par la recherche du crâne mais qui surtout permettent à l'auteur d'aborder d'autres sujets. Outre le trafic des crânes, particulièrement ceux des samis, il est question de phrénologie : au début du XXe siècle des chercheurs notèrent des séries de mesures sur les corps des samis de Kautokeino.
Malgré la neutralité de leur pays lors de la deuxième guerre mondiale certains suédois ont basculé dans le nazisme, Vesling, l'antiquaire octogénaire, raciste et collectionneur de crânes, s'est engagé en 1941comme volontaire dans la waffen-SS.
Justina, "chef" du groupe "bout d'acier", victime de l'eugénisme, fut stérilisée l'épilepsie dont elle était atteinte ayant été considérée comme une expression de la folie.
la question de l'immigration est également abordée: Hou Chi, le cousin de Changounette compagne de Nil Ante, doit être expulsé, les services de l'immigration ayant fixé son âge à 18 ans et 2 mois.
Enfin sont rappelés les problèmes des plongeurs en mer de Barents, traités dans le "Détroit du loup" avec Todd, le père de Nina.
Pour mettre un peu de légèreté dans son récit, l'auteur nous conduit à plusieurs reprises sur un parking pour assister au bilbingo (jeu auquel je n'ai strictement rien compris),organisé par Justina et ses trois compagnes et auquel participent Petrus Eriksson et les autres éleveur de rennes.
En conclusion ce roman est loin d'être le récit d'une simple enquête de la police des rennes. C'est un ouvrage très dense non seulement par les sujets abordés mais également par le nombre, la personnalité, l' histoire individuelle et commune des nombreux protagonistes.
Pour apprécier au mieux "la montagne rouge" je conseille aux futurs lecteurs d'avoir lu au préalable les deux précédents ouvrages de l'auteur.

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Les critiques presse (3)
LeFigaro17 novembre 2016
Un roman ethnologique oppose les éleveurs de rennes du Grand Nord de la Laponie aux propriétaires terriens.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeJournaldeQuebec14 novembre 2016
Dans ce troisième tome de la police des rennes, Olivier Truc remue le passé pour nous présenter l’une des pires facettes de l’histoire suédoise.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Actualitte18 octobre 2016
Spécialiste incontestable de ce pays, il éclaire solidement le lecteur, exhaustif et précis, au détriment parfois de la vie intime des deux héros, du mystère, des rebondissements et de la tension psychologique, plus ténue cette fois.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations & extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Nathie64Nathie6408 février 2017
- Va savoir, Petrus, va savoir, le crâne des gens, c'est quand même un endroit mystérieux, non ? La cervelle, c'est comme une forêt, de temps en temps, il faut l'éclaircir, sinon ça devient impraticable. La forêt, tu la soulages à la tronçonneuse. La cervelle, tu l'allèges en laissant s'exprimer les idées bizarres qui l'embrouillent. C'est du mystère et de la survie, Petrus, rien d'autre.
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RenodRenod11 octobre 2016
(...) l’État nous a bien piégés, lâcha Petrus. Je vois bien comment ça s’est passé dans ma famille. Avant, la terre nous appartenait collectivement, personne ne se posait de questions et, quand les Suédois sont arrivés, ils ont dit que tout ça était à eux mais que les Sami pouvaient rester avec les rennes, qu’il suffisait de payer des impôts. Et c’est ce que mes ancêtres ont accepté, bien gentiment. Les Suédois leur montraient des tas de papiers pour dire que c’était bien à eux, mais bon, les papiers et eux, à l’époque… qui savait lire ?
- Un vol à grande échelle, commenta Filius, mais avec les apparences de la légalité. Les États sont doués pour ça.
+ Lire la suite
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Lilou08Lilou0819 octobre 2016
Klemet prit le carton pour observer le crâne de plus près.
- Vous vous y connaissez en crânes ?
- ça dépend pour quel usage. J’imagine que oui.
Il se toucha la tête.
- Avec un crâne parfait comme le mien, vous pensez bien que j’en connais un bout.
Klemet se sentit soudain épié. Le vieil antiquaire l’observait par en dessous. Il l’auscultait. Il le mesurait. Klemet en aurait mis sa main au feu.
- Qu’est-ce que vous faites ? lui demanda-t-il en reculant d’un pas, comme si Vestling l’avait brûlé.
Bertil Vestling penchait la tête encore plus de côté sur la poitrine, pour ne pas perdre de vue Klemet.
- Dites, vous ne seriez pas un peu sami, par hasard ? Je n’ai rien contre, remarquez….
Klemet reposa brutalement le carton sur le bureau.
- Vous ne touchez pas à ça, on repassera.
Vestling affichait un sourire aussi fendu que ses yeux toujours posés sur Klemet.
- Bien sûr, revenez, on discutera.
Suivi par Nina qui n’avait pas saisi la scène, Klemet sortit dans la rue et offrit son visage aux rafales de vent. Après un court instant, il se pencha en avant et posa ses mains sur les genoux, essayant de réaliser ce qu’il s’était passé.
- Le diable. Ce type est un diable. Tu as vu ? Son regard…. Il me mesurait le crâne, dit-il en se redressant vers Nina.
+ Lire la suite
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BazartBazart05 janvier 2017
-"Donc pour vous, les Sami n'ont pas à prétendre qu'ils ont droit à ces paturages d'hiver le long de la vallée.

Qu'ils y aient droit de nos jours n'est pas de mon ressort, monsieur le Président, c'est l'affaire entre eux et les fermiers d'aujourd'hui. Je réponds seulement à l'affirmation selon laquelle les Sami auraient été dans la vallée longtemps avant les scandinaves. Rien ne vient le prouver.
+ Lire la suite
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lilice_brocolislilice_brocolis25 septembre 2016
Bertil et Justina mangèrent leur soupe sans plus échanger un mot. L'un et l'autre aspiraient bruyamment le contenu de leurs cuillères. Ni cliquetis ni grincement de déambulateur. Ce bruit-là au moins les réunissait. Justina s'était mise à manger ainsi pour imiter Bertil, il y a bien longtemps déjà, et à son grand étonnement il ne lui avait rien dit. Depuis cette découverte, elle mangeait toujours sa soupe en aspirant ainsi, à grand bruit, et c'était le seul moment, avec le massage du crâne de Bertil, où elle se sentait en intimité avec lui, comme elle disait. C'est même pour ça qu'elle préparait de la soupe tous les soirs, pour partager ce moment avec Bertil où tous les deux aspireraient leur soupe en faisant un sacré bruit, dans un même geste lumineux d'harmonie.
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