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ISBN : 2330002718
Éditeur : Actes Sud (2012)


Note moyenne : 4/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En Février 1937, alors qu'une nouvelle vague de terreur fait disparaître sous la torture des millions de personnes, le pouvoir soviétique célèbre le centenaire de la mort de Pouchkine. "Notre Pouchkine", "Pouchkine le Révolté", "Pouchkine le Révolutionnaire", tels sont ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 16 mars 2012

    Malaura
    Dernier écrit de Marina Tsvetaïeva, « Mon Pouchkine » a été rédigé en l'honneur du centenaire de la mort du grand poète russe en 1937.
    « Mon Pouchkine »…Ce n'est pas un essai, ce n'est pas un récit, ce n'est pas un poème, c'est tout cela à la fois, l'essai dans le récit, enrobé de poésie, tout cela mêlé, emmêlé, torsadé en une longue corde de mots qui traiterait, de façon très orale, comme un long poème en prose et rimes alternées et dans une fusion ardente, du grand poète russe ainsi que de l'enfance de Marina Tsvetaïeva dans le giron fantasmagorique du grand homme.
    Un texte dont on a l'impression, non pas qu'il a été écrit mais plutôt qu'il a jailli, d'un seul jet, comme poussé sous une dictée intérieure, dans une sorte d'obligation impérieuse de faire sourdre les mots du plus profond de soi en les laissant émerger sans liens et sans contrainte.
    On sent comme une fièvre, comme une effervescence dans ces lignes animées ; c'est le feu dévorant de la passion pour la poésie, et avant cela, pour Pouchkine. Un feu qui brûle et qui attise Marina depuis l'enfance, depuis le tableau représentant le duel de Pouchkine avec D'Anthès dans la chambre maternelle, depuis la grande armoire où était caché le gros livre de poèmes, depuis la statue-Pouchkine des promenades au parc…Depuis toute la vie en fait ! Pouchkine n'a cessé d'accompagner Marina Tsvetaïeva. Tout, dans sa vision de petite fille - les gens, la cour de la maison, le traineau bleu en hiver - tout renvoie aux mots du poète.
    Pouchkine est également le Guide dont les œuvres contiennent les principes qui forgeront la personnalité de Marina adulte : antiracisme, goût des amours malheureuses, « leçon de courage. Leçon de fierté. Leçon de fidélité. Leçon de destin. – Leçon de solitude. »
    Dans « Mon Pouchkine » il y a aussi le côté fou-fou, qui dénote l'enfance et ses manifestations, la légèreté, l'immaturité, l'espièglerie… Ce n'est plus Marina l'adulte se souvenant de Marina l'enfant, c'est, au fil des mots, Marina qui redevient l'enfant qu'elle était, Marina enfant écrivant, ressuscitant l'engouement éprouvé pour le poète, retrouvant avec ses mots d'enfant, avec sa compréhension instinctive d'enfant, avec ses joies d'enfant, les mots qui faisaient vibrer la corde sensible de tout son petit être ingénu et naïf.
    Tout le texte est empreint de cet enthousiasme ressenti dès le plus jeune âge, est baigné de cette excitation, de ce saisissement qu'inspirent les mots tressés entre eux et qui provoquent une commotion extatique, un bouleversement de l'âme et des sens, un trouble inaltérable, inoubliable.
    Et c'est dans une sorte de transe que Marina libère les pensées et les souvenirs d'enfance que lui inspire l'homme Pouchkine, le poète Pouchkine, celui des mots qui troublent et aiguillonnent.
    L'ensemble offre ainsi un texte étonnamment juvénile, agité, vif, sémillant, plein d'ardeur, d'admiration, et pénétré d'un lyrisme enjoué et rieur. C'est un hommage fougueux au « géant noir », à la poésie et à l'enfance.
    Marina s'accapare le poète ; il devient sien. Il n'est plus le Pouchkine que se disputent les Russes blancs et les Russes rouges, les orthodoxes et les tchékistes, il est son Pouchkine, le sien, celui de ses années d'enfance, il est celui qui trône dans le parc du boulevard Tverski, immense et noir cavalier de bronze, il est statue-Pouchkine !
    Il n'est pas toujours évident de maîtriser l'excentricité des mots de la poétesse et de les faire siens, car ce sont des mots qui refusent d'être domptés ou contenus ; des mots si libres qu'ils s'envolent, stimulés, galvanisés par une Marina Tsvetaïeva qui verse parfois dans une sorte de surréalisme où le vers est sans entraves, devient un espace ouvert dans lequel il est parfois ardu de se projeter.
    Mais qu'importe, il y a une telle vie, une telle intensité dans ces lignes d'enfant amoureuse qu'on s'y laisse porter comme sur une mer, la mer si chère à Pouchkine
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    • Livres 4.00/5
    Par Piatka, le 03 mai 2013

    Piatka
    Blanc et Noir !
    Les deux couleurs omniprésentes : neige et branches noires des arbustes, géant noir et enfants blancs, chien noir et lune blanche, Pouchkine lui-même le beau métisse, l'amour et la mort.
    Voilà les images contrastées que je garde de ce sensible et inclassable écrit de Marina, un des derniers.
    Un peu comme si elle dévidait avec sa plume deux pelotes de poésie en les mêlant soigneusement : celle de Pouchkine et la sienne - Les vers de l'un accompagnant intimement la vie de l'autre.
    Il fut "son premier poète " à trois ans, elle fut amoureuse d' Onéguine et Tatiana à six ans, elle affirme même " sans Tatiana, je n'aurais pas été ".
    Elle lui doit " ses plus inoubliables visions ".
    Suivent quelques poèmes de Pouchkine traduits en français par Marina.
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  • Par emmyne, le 15 mai 2012

    emmyne
    " Amour pour ceux qui sont - maudits. "
    Dans ce court essai, scandé par des vers, intitulé Mon Pouchkine, Marina Tsvetaïeva revient sur son enfance, son éveil à la littérature, les premières images, et raconte un art poétique. Parce que quand Marina Tsvetaïeva écrit, c'est toujours poésie.
    Ce sont ses souvenirs du temps où l'on la nommait Moussia, souvenirs sous la figure tutélaire de Pouchkine, c'est la Russie du tsar, c'est l'héritage, le mythe fondateur d'une enfant précoce, sensible. Elle évoque Moscou, sa famille, se remémore ces moments qui laissent des traces, des éblouissements et des ombres. D'abord, le poète, c'est cette grande statue au bout du boulevard de promenade, lieu de jeux et d'expériences sur le monde avec le monument pour référent, et c'est ce tableau de Naumov - le Duel - dans la chambre de sa mère. Puis, ce sont les premières lectures, interdites, une représentation d'Eugène Onéguine jusqu'au Pouchkine d'anthologies scolaires, le Pouchkine national.
    L'oisillon de Dieu ignore
    Les travaux et les soucis,
    Il ne tresse ou ne décore
    Un durable et tendre nid. "
    ( - Les Bohémiens - A. Pouchkine - )
    " Cet oisillon, c'est la liberté du poète. Que pensent de cet oisillon-là les lucides écoliers de la Russie soviétique ? "
    Ce récit, ce sont les émotions d'avant, une intensité émouvante et une re-connaissance magnifique, un hommage, une passion, une vision. Celle d'un regard poétique sur le monde.
    " le vers, le seul espace qu'en nous jamais ne fermera l'adieu. "
    - En fin d'ouvrage, des poèmes de Pouchkine traduits en français par Marina Tsvétaïeva -


    Lien : http://www.lire-et-merveilles.fr/lectures/litterature-non-fiction/mo..
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    • Livres 5.00/5
    Par vlg0901, le 03 novembre 2012

    vlg0901

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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 16 mars 2012

    Ce n'est qu'aujourd'hui, remontant pas à pas le Pouchkine de mon enfance, que je remarque à quel point Pouchkine aimait le questionnement : "Dites, pourquoi dès l'aurore ?...", "Qui est-il ?...", Qui sous la lune aux astres blancs...", "Les Monténégrins, qui est-ce ?..." -- etc. J'aurais cru à l'époque qu'il ne savait rien -- pour de vrai -- j'aurais pensé que le poète est l'homme qui, de tous, en sait le moins, puisqu'il va jusqu'à me questionner -- moi, une enfant. Mais l'enfant troublée se doutait bien qu'il le faisait exprès -- qu'il ne questionnait pas, qu'il savait tout, et, pressentant qu'il me prenait au piège, sans écrire aucune de ses fausses réponses -- vers après vers, sans le vouloir -- à l'aveuglette, -- le poème, je le voyais. Je dois au Pouchkine historique de mon enfance mes plus inoubliables visions. p 53
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  • Par Malaura, le 15 mars 2012

    Poème de Pouchkine traduit en français par Marina Tsvetaïeva

    Des démons et des démones
    Se joignant, se disjoignant
    Papillonnent, tourbillonnent –
    Feuilles folles sous le vent !
    Quelle foule ! Quelle fuite !
    Et pourquoi ces tristes chants ?
    Une ancêtre qui vous quitte ?
    Une belle qu’on vous prend ?

    Les nuages fuient en foule
    Sous la lune qui s’enfuit,
    Les nuages fument et roulent
    Trouble ciel et trouble nuit.
    Survolant la blanche plaine
    Geignent, hurlent les malins
    De leurs plaintes surhumaines
    Déchirant mon cœur humain.
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  • Par Malaura, le 16 mars 2012

    Poème de Pouchkine traduit en français par Marina Tsvetaïeva

    Adieux à la mer

    Adieu, Espace des Espaces !
    Pour une dernière fois mon œil
    Voit s’étirer ta vive grâce
    Et s’étaler ton bel orgueil

    Telle une fête qui s’achève
    Supplique d’une chère voix –
    Ta grave voix, ta voix de rêve
    J’entends pour la dernière fois.

    Dans mon désert sans sources vives
    J’emporterai, empli de Toi,
    Tes durs granits, tes belles rives,
    Tes jets, tes flots, ton bruit de voix…
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  • Par Malaura, le 21 mars 2012

    Poème de Pouchkine traduit en français par Marina Tsvetaïeva :

    Tu me disais : Demain cher ange,
    Là-bas, au bout de l’horizon,
    Sous l’oranger chargé d’oranges
    Nos cœurs et lèvres se joindront.

    Mais là, où sous l’immense cloche
    D’azur, au bienveillant soleil
    Les ondes dorment sous la roche,
    Tu t’endormis du grand sommeil.

    S’en sont allés comme l’écume
    Ta jeune grâce et tes émois
    Et ce baiser qui me consume…
    Mais je l’attends, tu me le dois…
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  • Par Piatka, le 23 juin 2013

    ( À propos de Tatiana, héroïne de " Eugène Onéguine " de Pouchkine )

    Quelle autre nation possède une telle héroïne de l'amour ?
    Courage et dignité, amour et constance, clairvoyance et amour.
    Elle a tout anéanti par cet unique aveu : " À quoi bon feindre ? Je vous aime. "

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