> Léo Lack (Autre)

ISBN : 2070374637
Éditeur : Gallimard (1983)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 257 notes) Ajouter à mes livres
Agé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 02 novembre 2011

    lehane-fan
    Un livre au doux parfum de nostalgie...
    Nostalgie du narrateur , Hans Schwartz , fils unique d'un médecin juif , au souvenir de ce que fut sa quete amicale cristallisée par l'arrivée du jeune Conrad Graf von Hohenfels dans sa classe . Pour des raisons de praticité , je m'en tiendrais ultérieureemnt à Conrad . Pourtant , rien ne les prédestinait à devenir inséparables . L'un appartenait à une certaine bourgeoisie juive , l'autre descendait en droite ligne d'une riche famille d'aristocrates allemands . Ajouté à cela un contexte historique plutot hostile . Nous sommes en 1932 . le despote sanguinaire n'est pas encore chancelier ( il y travaille cependant fortement pour y acceder un an plus tard ) mais il souffle deja comme un fort relent d'antisémitisme . Les chances pour que deux adolescents appartenant à deux univers aussi distincts en viennent à se trouver , s'accepter et se reconnaitre l'un dans l'autre paraissaient plutot faibles...
    Et pourtant , à force de balades communes , de discussions échevelées , une amitié indéfectible se tisse et perdure . Mais l'Histoire les rattrappe et c'est sur ce terreau infertile que verront le jour leurs premieres dissensions ! Deux mondes différents , deux visions diametralement opposées de l'avenir du peuple juif à court terme .Deux choix contraires mais peut-on légitimement parler de choix , les opinions étant l'exact reflet de l'éducation reçue . Mais les palabres , à défaut d'etre constructifs ou convaincants , ont encore le mérite d'exister . Hans sent bien que le vent est en train de tourner . Outre certains agissements anti-juif que se refuse à condamner Conrad , l'attitude de son inséparable moitié commence à éveiller quelques soupçons...Pourquoi Hans n'a-t-il encore jamais été invité chez Conrad alors que ce dernier semble avoir trouvé une seconde famille chez les Schwarz . Pourquoi Hans n'a-t-il toujours pas fait la connaissance des époux Graf ? le coup de grace viendra lors d'une représentation de Fidélio lorsque Conrad , accompagné de ses géniteurs , croisera Hans en feignant de l'ignorer superbement...Les fondations se fissurent , elles prendront l'eau de toute part en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire..
    Uhlman , avec des mots simples , précis , évocateurs a su toucher les ames . Il dépeint avec une grace peu commune deux quetes amicales et identitaires que l'on devine vouées à l'echec , tant l'histoire à l'époque parle en leur défaveur . L'histoire est belle , le final est dévastateur ! Juste bouleversant d'humanité...
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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 03 juin 2008

    Lune
    Voilà des héros qui resteront en moi. Allemagne, 1932, un collège huppé, des élèves dont le nom commence par "von", des odeurs, des forêts, une rivière, des villages médiévaux, une atmosphère, une époque. Une école de garçons, une histoire pure d'amitié sincère, des adultes abîmés d'idées préconçues, d'autres gangrenés par le nazisme montant, gangrêne s'étendant aux adolescents influençables, nous sommes embarqués dans un univers si loin de nous puisqu'il date de nos grands ou arrière grands-parents. Mais l'écriture simple et pudique de Fred Uhlman nous atteint par-delà l'histoire, les époques, la vie sociale différente et nous touche profondément. Oh! non, nous ne pleurons pas, nous lisons, découvrons, pensons et reposons le livre, une fois de plus, meurtris par la folie de l'homme, folie qui nous dépasse et que nous savons toujours là, tapie, quelque part et qui, si nous n'y prenons garde...Un livre à offrir à nos adolescents, à nos amis adultes parce qu'il n'y a pas toujours besoin d'une littérature compliquée pour faire réfléchir. Tout est dans la pudeur, la subtilité.
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    • Livres 5.00/5
    Par Eric75019, le 31 juillet 2011

    Eric75019
    Ce livre raconte l'amitié entre deux jeunes garçons qui se retrouvent, en 1932, dans la même classe d'un lycée de Stuttgart, et que tout devrait opposer a priori. Hans Schwarz, le narrateur, fils de médecin juif, parvient à devenir l'ami du très convoité (mais solitaire et distant) Conrad Graf von Hohenfels, héritier d'une noble et prestigieuse famille allemande. La sincérité profonde et désintéressée de l'amitié de Hans pour Conrad, dans laquelle la flagornerie du blason ne joue aucun rôle, a finalement raison des barrières imposées par la différence de statut social.
    Mais quand Conrad doit présenter Hans à sa famille, tout va devenir plus compliqué. Et quand l'idéologie nazie obscurcit les consciences allemandes, friandes de pureté de la race et de grandeur perdue à retrouver, Hans est contraint de quitter l'Allemagne pour l'Amérique. Hans devient américain et sera sans nouvelle de son ami pendant trente ans.
    Un roman court mais remarquable, tout en finesse, sans pathos, magnifique jusqu'à la toute dernière phrase.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 02 mai 2011

    cicou45
    Une magnifique histoire d'amitié entre Hans Schwartz, jeune garçon de seize ans issu d'une famille juive, et Conrad von Hohenfels, un jeune aristocrate fréquentant le même lycée que Hans. Les deux garçons deviennent très vite inséparables mais Hans, qui est ici le narrateur, va très vite se rendre compte que son meilleur ami a honte de le présenter à ses parents parcequ'il est juif et que sa mère en a peur. Deux amis qui se sont rencontrés au mauvais endroit et au mauvais moment. La montée du nazisme progressant, les parents du narrateur vont donc décider de l'envoyer en Amérique afin de l'éloigner des troublent que subit le pays en cette sinistre période. Hans va donc refaire sa vie et s'efforcera tant bien sue mal d'oublier son passé...un passé qui finira néanmoinspar remonter à la surface et ce, de façon tragique !
    Magnifique récit / nouvelle (?) de Fred Uhlman traitant de la triste condition des juifs durant la périodes hitlérienne, à savoir que ceux-ci étaient la plupart souvent traités comme des bêtes et effrayaient même.
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 10 octobre 2010

    mimipinson
    Coup de cœur pour un livre lu d'une traite, très dense bien que court, remarquablement écrit. Il n'est pas sans me rappeler Silbermann de Jacques de Lacretelle lu alors que j'étais au collège, et relu il y a quelque temps.
    Deux adolescents que tous séparent vont se lier d'amitié au lycée dans l'Allemagne de l'entre deux guerres. L'un est juif de condition modeste, l'autre est protestant et aristocrate. J'ai beaucoup aimé le personnage de Hans, juif et élevé dans le respect de l'autre, et de la religion de l'autre ; Allemand avant d'être juif.
    "C'est ainsi que j'avais grandi parmi les juifs et les Chrétiens, laissé à moi-même et à mes idées personnelles sur Dieu, sans croire absolument-ni douter sérieusement- qu'il existât un être supérieur et bienveillant, que notre monde était le centre de l'univers, et que nous étions juifs et gentils, les enfants préférés de Dieu." p48
    "Tout ce que je savais, c'est que c'était là ma patrie, mon foyer, sans commencement ni fin, et qu'être juif n'avait fondamentalement pas plus d'importance que d'être né avec les cheveux roux. Nous étions Souabes avant toute chose, puis Allemands, et puis juifs." P 64
    Hans est un garçon très mature, préoccupé par les questions spirituelles, Dieu, la religion. Il est d'une sensibilité à fleur de peau, soucieux de plaire, soucieux du regard de l'autre sur lui, et, souhaitant plus que tout être respecté.
    "Comprends-moi. Je ne me soucie guère de relations sociales avec tes parents, sinon une fois pour cinq minutes, de façon à ne pas me sentir un intrus chez toi. D'ailleurs, je préfère être seul plutôt qu'humilié. Je vaux autant que tous les Hohenfels du monde. Sache que je ne permettrai à personne de m'humilier, fut-il roi, prince ou comte." p 93 (propos qu'il tient à son ami Conrad)
    Bien qu'élevé dans une famille au regard méprisant à l'égard des juifs, Conrad se désolidarise de ses parents." Ne me regarde pas avec des yeux de chien battus ! Suis-je responsable de mes parents ? Y suis-je pour quelque chose ?"
    L'Allemagne voit l'ascension d'Hitler et de ses idées extrémistes. Il n'y fait pas bon être juif en temps là. Hans devient un paria, il sera séparé de son ami, et envoyé en Amérique.
    Bien des années plus tard, il retrouvera son ami………..mais comment ?
    Un livre émouvant, à lire, relire. Un livre à faire découvrir autour de soi.


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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 06 avril 2010

    Je ne puis me rappeler exactement le jour où je décidai qu'il fallait que Conrad devînt mon ami, mais je ne doutais pas qu'il le deviendrait. Jusqu'à son arrivée, j'avais été sans ami. Il n'y avait pas, dans ma classe, un seul garçon qui répondît à mon romanesque idéal de l'amitié, pas un seul que j'admirais réellement, pour qui j'aurai volontiers donné ma vie et qui eût compris mon exigence d'une confiance, d'une abnégation et d'un loyalisme absolus.
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  • Par patacaisse, le 03 juin 2010

    Je savais qu’un million de soldats étaient morts à Verdun. Mais ce n’étaient là que des abstractions, des chiffres, des statistiques, des informations. On ne peut souffrir pour un million d’êtres.
    Mais ces trois enfants, je les avais connus, je les avais vus de mes propres yeux, c’était tout à fait différent. Qu’avaient-ils fait, qu’avaient fait leurs pauvres parents pour mériter un tel sort ?
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  • Par sweetlullaby, le 16 décembre 2010

    Je puis me rappeler le jour et l'heure où, pour la première fois, mon regard se posa
    sur ce garçon qui allait devenir la source de mon plus grand bonheur et de mon plus grand désespoir.
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  • Par Orphea, le 06 avril 2010

    Il entra dans ma vie en février 1932 pour n'en jamais sortir. Plus d'un quart de siècle a passé depuis lors, plus de neuf mille journées fastidieuses et décousues, que le sentiment de l'effort ou du travail sans espérance contribuait à rendre vides, des année et des jours, nombre d'entre eux aussi morts que les feuilles desséchées d'un arbre mort.
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  • Par Eric75019, le 24 juillet 2011

    Et nous parlions des filles. Par comparaison avec l'état d'esprit de l'adolescence à notre époque, nos conceptions à cet égard étaient d'une incroyable naïveté. Pour nous, les filles étaient des êtres supérieurs d'une pureté fabuleuse qu'il ne fallait approcher que comme le faisaient les troubadours, avec une ferveur chevaleresque et une adoration distante.
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Vidéo de Fred Uhlman

Extrait de "Reunion" (L'Ami retrouvé) sorti en 1989; adaptation du roman (1973) de Fred Uhlman par Jerry Schatzberg sur un scénario de Harold Pinter.








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