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Léo Lack (Autre)
ISBN : 2070374637
Éditeur : Gallimard (03/05/1983)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 1646 notes)
Résumé :
Âgé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart.

Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser son exigeant idéal de l'amitié, tel que le lui fait concevoir l'exaltation romantique qui est souvent le propre de l'adolescence.

C'est en 1932 qu'a lieu cette rencontre... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (189) Voir plus Ajouter une critique
michemuche
07 septembre 2014
  • 4/ 5
Comment un si petit livre peut-il délivrer un message aussi grand.
C'est là le talent de certains écrivains comme Zweig ou ici Fred Uhlman.
l'ami retrouvé est un récit attachant sur une époque qui l'est moins.
Hans est un lycéen de 16 ans qui s'ennuie, jusqu'au jour où nouvel élève va entrer dans sa vie.
Entre Hans, fils de médecin juif et Conrad issu d'une grande famille d'aristocrate allemande une amitié forte va les unir. Nous sommes en 1932 à Stuttgart; on commence à parler d'un certain Adolphe Hitler.
Cette amitié si forte va peu à peu perdre en intensité au grand désespoir de Hans. " Désormais la question essentielle n'était plus de savoir ce qu'était la vie, mais de décider de ce qu'il fallait faire de cette vie sans valeur.."
Je crois que le personnage qui m'a le plus touché c'est le papa de Hans qui est convaincu que le nazisme est une maladie qu'il faut soigner.
Lui qui a combattu pendant la 1ère guerre mondiale, lui qui a reçu la croix de fer, est loin de se douter que l'Allemagne, patrie de Beethoven et de Goethe, va tomber si bas.
J'ai aimé ce récit, plein de poésies et de douleurs.
A celles et ceux qui ne l'ont pas lu je vous le recommande vivement.
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Marple
26 juillet 2014
  • 5/ 5
Une petite heure de lecture, agréable mais sans plus, qui prend soudain une toute autre dimension à la dernière ligne. Que d'émotion alors, j'en étais toute retournée, larmes et frissons à la clé.
Comme le souligne Arthur Koestler dans l'introduction, Fred Uhlman a écrit un récit court, mais abouti et complet, de la même façon que le peintre qu'il était faisait rentrer une oeuvre dans le cadre délimité d'une toile. C'est très impressionnant, surtout pour moi qui ai habituellement besoin de longs développements pour rentrer dans l'histoire et ressentir des émotions. Là, j'ai certes lu avec tiédeur les débuts de cette amitié délicate entre un adolescent juif et un jeune nazi dans les Années Trente, mais tout a pris du relief et de la force à la lumière du dénouement. Moi aussi j'ai eu l'impression d'un ami retrouvé.
En un mot comme en cent, j'ai beaucoup aimé ce livre, pour l'amitié, l'héroïsme et l'humanité, et le recommande chaudement, aux adultes comme aux adolescents.
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Gwen21
02 mai 2013
  • 5/ 5
Fred Uhlman, cet artiste-auteur à la vie mouvementée, prouve par ce court récit que la qualité n'est définitivement pas liée à la quantité.
Un peu plus de 100 pages, à peine 1 heure de lecture mais quelle intensité !
Je doute que vous n'ayez pas connaissance du synopsis : Hans est le fils d'un médecin juif ; Conrad est comte, descendant d'une des plus nobles familles du Wurtemberg. Tous deux vivent à Stuttgart et étudient dans le même collège. Si leur rencontre n'a rien d'improbable - étant tous deux issus des classes aisées de la société il n'est pas étonnant que leurs chemins se soient croisés -, leur amitié était, quant à elle, moins prévisible. Pourtant, ces deux adolescents de 16 ans vont s'approcher, s'appréhender, s'apprivoiser pour finalement s'apprécier au-delà de toute mesure. Pendant un an, temps dévolu par le Destin à leur complicité, ils sont comme "les deux doigts de la main", inséparables. Leurs goûts communs, leur attirance pour les mêmes marottes et le respect mutuel qu'ils s'inspirent font d'eux les meilleurs amis du monde.
Tout serait donc idéal et charmant si nous n'étions en Allemagne, en 1932 et si un politicien autrichien, petit, agité, fanatique et moustachu, n'avait conquis l'opinion publique et le gouvernement d'une Allemagne empêtrée dans une crise économique grave et hantée par le spectre menaçant du communisme stalinien...
Tout aurait pu continuer ainsi, de façon fort bucolique, sur les verts coteaux souabes qui descendent en pente douce jusqu'au superbe Lac de Constance, sous la protection de la basilique baroque de Birnau qui étend sur les flâneurs l'ombre fraîche de ses murs roses, si l'idéologie nazie n'avait gangrené cette société lettrée et éclairée avec une telle fulgurance !
Bien sûr, le lecteur, fort de la connaissance des faits historiques qui est la sienne, se doute bien que la guerre va gravement fragiliser cette amitié en renversant les comportements. Quelle guerre n'exerce pas ce rôle de chien lancé dans un jeu de quilles ? Mais, pour autant, cette guerre va-t-elle irrémédiablement gommer tout sentiment entre nos deux protagonistes ?
La jeunesse et le manque de maturité de Hans et de Conrad, leur contexte familial respectif, L Histoire en marche... toutes ces données vont concourir à une situation qui finira dans la douleur et la souffrance. Souffrance de l'incompréhension et du rejet, souffrance de la marginalité et de la xénophobie, souffrance de la séparation.
Mais le titre de ce récit (on peut difficilement l'appeler "roman" ou "nouvelle", c'est plutôt une chronique, à rapprocher d'un journal intime même si ce n'en est pas réellement un) est tout de même "L'ami retrouvé" ("Reunion" en VO) alors, au-delà de la réalité historique, nul doute que ce soit un message d'espérance en la nature humaine que des sentiments aussi purs et puissants que l'amitié et l'amour peuvent seuls sublimer.

Challenge ABC 2012 - 2013
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TheWind
26 juillet 2016
  • 5/ 5
« L'ami retrouvé » aurait pu se résumer en une simple histoire d'amitié entre deux garçons adolescents. Une amitié forte, exclusive, qui ne supporte aucune trahison.
Ces deux-là sont comme Castor et Pollux : indissociables.
Seulement voilà. C'est l'entre-deux guerres et l'histoire se déroule en Allemagne. L'ombre d'Hitler plane.
Nous sommes en 1932 et le nazisme est en pleine ascension.

Hans Schwarz, fils unique d'un médecin, est juif.
Conrad von Hohenfels est un jeune aristocrate, dont la mère déteste les juifs.
Inutile de vous faire un dessin. Vous comprenez bien que cette amitié ne tient qu'à un fil.
C'est un roman qui s'écoule paisiblement avec des moments forts, des instants lyriques, et son apothéose finale.
Un roman à faire lire aux collégiens, aux lycéens. Sans nul doute !
(Tiens, tout ça me donne envie de réécouter la Moldau de Smetana. Ce morceau se prête magnifiquement au cours de cette histoire.)
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Eve-Yeshe
14 juin 2015
  • 5/ 5
J'avais envie de lire ce livre depuis au moins quarante ans et j'ai toujours remis à plus tard. Ce n'était jamais le bon moment. En participant au challenge ABC, il me fallait un auteur commençant par la lettre U et ils ne sont pas très nombreux.
J'avais un peu l'impression que ce livre se méritait comme disaient les adultes quand j'étais enfant. Je prenais peut-être des risques en attendant si longtemps, le risque d'être déçue, la peur de passer à côté car je l'avais idéalisé…
Et bien, non. Ce roman correspond tout à fait à mes attentes. Fred Uhlman nous raconte l'amitié qui unit pendant environ une année entre Hans (derrière lequel se cache probablement Fred) et Conrad. Ils ont des centres d'intérêt communs : la collection de pièces de monnaie, les livres. Conrad est accepté dans la famille de Hans, où règne une certaine harmonie où les gens s'aiment, mais, chose étrange qui intrigue notre héros, jamais Conrad ne le laisse pénétrer dans la demeure familiale.
L'auteur décrit la naissance de l'amitié, la façon dont il faut l'entretenir car elle fragile, le comportement des adultes qui change lorsqu'un comte leur rend visite, leur déférence soudaine autant qu'inexplicable. Peut-on tout partager avec son ami quand on est issu d'une classe sociale différente ? Qu'y-a-t-il de commun entre une famille juive bourgeoise et cultivée et une famille noble qui n'est considérée que pour son titre.
Doit-on faire trop de concessions pour conserver intacte une amitié ? Jusqu'à ressentir de la honte quand le père de Hans appelle Conrad Monsieur le Comte avec déférence ? Peut-on éprouver parfois de la haine en même temps que l'amitié ?
Fred Uhlman décrit très bien ces familles juives présentes dans le pays depuis très longtemps, qui ne pratiquent pas et qui n'envisagent pas une seconde, pouvoir être en danger et devoir quitter ce pays qu'ils aiment, cette langue, cette culture germanique qui fait partie d'eux-mêmes et dont ils sont fiers. « Nous étions, Souabes avant toute chose, puis Allemands, et puis Juifs. »
La personnalité du père de Hans est frappante, par sa foi en la nation allemande, il banalise le danger, il ne veut pas y croire car il est partisan de l'absorption complète des Juifs, si cela peut être profitable à l'Allemagne. « Pour lui, le nazisme n'est qu'une maladie de peau sur un corps sain et le seul remède est de faire au patient quelques injections, de le garder au calme et de laisser la nature suivre son cours »
L'écriture est belle, avec ses passés simples, les mots choisis avec précision. Bien-sûr, les idées héritées du Romantisme sur l'amitié peuvent sembler désuètes voire incompréhensibles pour les jeunes lycéens actuels, tant les valeurs ont changé.
J'ai beaucoup aimé ce livre ; l'attente ne l'a pas mis sur un piédestal. Je l'ai lu en deux jours (alors que certains l'ont lu en une heure) car un parallèle se faisait dans ma tête avec la montée des intégrismes dans le monde d'aujourd'hui qui n'a tiré aucune leçon du passé (cf les révisionnistes). Je pense que la lecture de ce livre devrait être obligatoire non seulement à l'école mais chez tout un chacun pour obliger à réfléchir. Sans doute est-ce trop tard ?
Une belle rencontre donc qui rappellera des souvenirs à ceux qui lu ce livre et donnera envie aux autres de s'y plonger. J'aimerais bien trouver « La lettre de Conrad » où l'ami explique pourquoi il a participé à un complot contre Hitler.
Note 8,5/10

Lien : http://eveyeshe.canalblog.co..
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Citations & extraits (81) Voir plus Ajouter une citation
marionfmarionf15 janvier 2017
C'était là mon univers, un univers où je me sentais en sécurité absolue et qui, j'en avais la certitude, durerait à jamais. Je ne pouvais, il est vrai, faire remonter mes origines à Barberousse - quel Juif l'eût pu ? - mais je savais que les Schawrz avaient vécu à Stuttgart depuis deux siècles au moins, et peut-être depuis bien plus longtemps. Comment le préciser, puisqu'il n’existait pas d'archives ? Comment savoir d'où ils étaient venus ? De Kiev ou de Vilna ? De Tolède ou de Valladolid ? Dans quelles tombes à l'abandon entre Jérusalem et Rome, entre Byzance et Cologne, leurs os pourrissaient-ils ? Pouvait-on être sûr qu'ils n'avaient pas vécu là avant les Hohenfels ? Mais de telles questions étaient aussi hors de propos que la chanson que David chantait au roi Saül. Tout ce que je savais, c'est que c'était là ma patrie, mon foyer, sans commencement ni fin, et qu'être juif n'avait fondamentalement pas plus d'importance qu'être né avec des cheveux bruns et non avec des cheveux roux.
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marionfmarionf14 janvier 2017
- Pourquoi avez-vous attaqué Bollacher ?
- Parce qu'il m'a insulté, dis-je, tremblant de tension et de rage.
- Il vous a insulté ? Que vous a-t-il dit ? demanda Pompetzki avec douceur ?
- Il m'a dit de retourner en Palestine, répondis-je.
- oh, je vous, dit Pompetzki avec un sourire, mais ce n'est pas une insulte, mon cher Schwarz ! C'est plutôt un conseil amical. Asseyez-vous tous les deux. Si vous voulez vous battre, battez-vous dehors autant que vous voudrez. Mais souvenez-vous Bollacher, qu'il vous faut être patient. Bientôt, tous nos problèmes seront résolus. Et maintenant, revenons à notre cours d'histoire.
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Ariane84Ariane8412 janvier 2017
La politique était l'affaire des adultes et nous avions nos propres problèmes à résoudre. Et celui que nous trouvions le plus urgent était d'apprendre à faire de la vie le meilleur usage possible, indépendamment de découvrir le but de la vie, si tant est qu'elle en eût un, et quelle serait la condition humaine dans cet effrayant et incommensurable cosmos. C'étaient là des questions d'une réelle et éternelle importance, beaucoup plus essentielles pour nous que l'existence de personnages aussi éphémères et ridicules que Hitler et Mussolini.
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marionfmarionf14 janvier 2017
Des centaines de gros ouvrages ont été consacrés à l'époque où les cadavres étaient fondus et transformés en savon pour assurer la propreté de la race maîtresse. Mais je crois sincèrement que ce mince volume trouvera sur les rayons des bibliothèques une place durable.

Arthur Kosetler
Londres, juin 1976
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marionfmarionf14 janvier 2017
Ne les vois-tu pas brûler ? m'écriai-je avec désespoir. N'entends-tu pas leurs cris ? Et tu as l’aplomb de justifier la chose parce que tu n'est pas assez courageux pour vivre sans ton Dieu. De quelle utilité est pour toi ou pour moi un Dieu impuissant et cruel ? Un Dieu assis sur les nuages et tolérant la malaria, le choléra, la famine et la guerre ?
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Video de Fred Uhlman (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Fred Uhlman
Extrait de "Reunion" (L'Ami retrouvé) sorti en 1989; adaptation du roman (1973) de Fred Uhlman par Jerry Schatzberg sur un scénario de Harold Pinter.
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