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> Léo Lack (Autre)

ISBN : 2070374637
Éditeur : Gallimard (1983)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 879 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Agé de seize ans, Hans Schwartz, fils unique d'un médecin juif, fréquente le lycée le plus renommé de Stuttgart. Il est encore seul et sans ami véritable lorsque l'arrivée dans sa classe d'un garçon d'une famille protestante d'illustre ascendance lui permet de réaliser ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 02 mai 2013

    Gwen21
    Challenge ABC 2012 - 2013
    20/26
    Fred Uhlman, cet artiste-auteur à la vie mouvementée, prouve par ce court récit que la qualité n'est définitivement pas liée à la quantité.
    Un peu plus de 100 pages, à peine 1 heure de lecture mais quelle intensité !
    Je doute que vous n'ayez pas connaissance du synopsis : Hans est le fils d'un médecin juif ; Conrad est comte, descendant d'une des plus nobles familles du Wurtemberg. Tous deux vivent à Stuttgart et étudient dans le même collège. Si leur rencontre n'avait rien d'improbable, étant tous deux issus des classes aisées de la société il n'était pas étonnant que leurs chemins se croisassent, leur amitié était, elle, moins prévisible. Pourtant, ces deux adolescents de 16 ans vont s'approcher, s'appréhender, s'apprivoiser pour finalement s'apprécier au-delà de toute mesure. Pendant un an, temps dévolu par le Destin à leur complicité, ils sont comme "les deux doigts de la main", inséparables. Leurs goûts communs, leur attirance pour les mêmes marottes et le respect mutuel qu'ils s'inspirent font d'eux les meilleurs amis du monde.
    Tout serait donc idéal et charmant si nous n'étions en Allemagne, en 1932 et si un politicien autrichien, petit, agité, fanatique et moustachu, n'avait conquis l'opinion publique et le gouvernement d'une Allemagne empêtrée dans une crise économique grave et hantée par le spectre menaçant du communisme stalinien...
    Tout aurait pu continuer ainsi, de façon fort bucolique, sur les verts coteaux souabes qui descendent en pente douce jusqu'au superbe Lac de Constance, sous la protection de la basilique baroque de Birnau qui étend sur les flâneurs l'ombre fraîche de ses murs roses, si l'idéologie nazie n'avait gangrené cette société lettrée et éclairée avec une telle fulgurance !
    Bien sûr, le lecteur, fort de la connaissance des faits historiques qui est la sienne, se doute bien que la guerre va gravement fragiliser cette amitié en renversant les comportements. Quelle guerre n'exerce pas ce rôle de chien lancé dans un jeu de quilles ? Mais, pour autant, cette guerre va-t-elle irrémédiablement gommer tout sentiment entre nos deux protagonistes ?
    La jeunesse et le manque de maturité de Hans et de Conrad, leur contexte familial respectif, l'Histoire en marche... toutes ces données vont concourir à une situation qui finira dans la douleur et la souffrance. Souffrance de l'incompréhension et du rejet, souffrance de la marginalité et de la xénophobie, souffrance de la séparation.
    Mais le titre de ce récit (on peut difficilement l'appeler "roman" ou "nouvelle", c'est plutôt une chronique, à rapprocher d'un journal intime même si ce n'en est pas réellement un) est tout de même "L'ami retrouvé" ("Reunion" en VO) alors, au-delà de la réalité historique, nul doute que ce soit un message d'espérance en la nature humaine que des sentiments aussi purs et puissants que L'amitié et l'amour peuvent seuls sublimer.
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    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 28 janvier 2014

    Sando
    Ils n'ont que seize ans, en 1932, lorsqu'ils se rencontrent. Conrad von Hohenfels est le descendant d'une illustre famille de Stuttgart, quant à Hans Schwarz, adolescent brillant mais solitaire, il est le fils d'un médecin juif. Très vite, après l'arrivée de Conrad dans le prestigieux lycée Karl Alexander Gymnasium, les deux garçons devinent qu'ils sont faits l'un pour l'autre, qu'ils ont enfin trouvé leur égal. Dès lors, une amitié exclusive et indéfectible, faite de longues promenades et de discussions sans fin, s'installent entre eux. Mais déjà, l'Histoire est en marche et les échos d'un changement radical, dont on dit qu'il bouleversera le pays entier, se font entendre… Que reste-t-il de l'amitié de deux adolescents au moment où tout bascule ?
    Comment ne pas être touché par ce texte, très court, a priori simple, mais extrêmement fort, qui nous plonge dans les affres d'une amitié sincère, passionnée, et néanmoins déchirée par les turpitudes de l'Histoire… Derrière ce récit poignant se cachent l'amour et la nostalgie d'un auteur exilé pour son pays, la volonté d'en restituer la beauté car non, malgré une période sombre qui marquera durablement les esprits, l'Allemagne ne se résume pas à Hitler et au fascisme. C'est avant tout un pays d'une grande beauté, riche de son histoire et propice à l'épanouissement des arts et de la culture. L'amour qui unit les deux enfants va au-delà des frontières de la religion et de la classe sociale. Fred Ulhman nous offre une vision romantique et passionnée de l'amitié, faite d'admiration, de partage et de respect et laisse apparaître une lueur d'espoir malgré la tragédie qui est en train de se jouer… Un texte magnifique, bouleversant par son intensité et qui m'a profondément émue !
    A lire également pour ceux qui voudraient poursuivre dans ce registre : « Le garçon en pyjama rayé » de John Boyne, tout aussi touchant !
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    • Livres 3.00/5
    Par Arakasi, le 06 janvier 2013

    Arakasi
    Hans Scharwtz a seize ans, l'âge de tous les espoirs, des grands idéaux et des amitiés indéfectibles et passionnées, celles pour lesquelles on donnerait sa vie sans hésitation. Cet ami d'exception, il pense l'avoir trouvé dans la personne de Conrad Graf von Hohenfels, dernier descendant d'une fameuse famille d'aristocrates allemands. Les deux jeunes garçons sont aussi semblables que possible – tous deux sensibles, timides, solitaires, passionnés de littérature et de poésie – mais une barrière infranchissable se dresse entre eux : Hans est juif, fils d'un médecin juif et petit fils d'une longue lignée de rabbins. Et dans l'Allemagne de 1932 où fleurissent de toute part mouvements nationalistes et manifestions de haine raciale, ce n'est pas un inconvénient de moindre envergure.
    Dans un premier temps, L'amitié pure et solide des deux enfants les protège de la tourmente, mais les choses ne tardent pas à changer… Tandis que Hans subit de plus en plus le racisme ordinaire qui touche peu à peu toutes les couches de la société allemande, la famille de Conrad va se rapprocher progressivement des idées du parti nazi. Petit à petit, leur amitié perd de son innocence, les deux garçons étant attirés contre leur gré dans deux mondes différents et antinomiques, deux conceptions inconciliables de l'Allemagne. Les liens se distendent puis se brisent finalement, quand Hans est envoyé aux Etats-Unis par ses parents quelques années avant l'éclatement de la deuxième guerre mondiale. Pourtant, Hans ne parvient pas à oublier Conrad. Son souvenir reste gravé dans son esprit, blessure douloureuse qui ni le temps, ni l'éloignement ne semblent pouvoir guérir.
    Ce qui m'a frappé avant toute chose dans « L'ami retrouvé » c'est l'absence de haine. Il y a beaucoup de tristesse et de regret dans ce très court roman écrit par un auteur allemand exilé en Grande Bretagne au début du siècle, mais pas la moindre de trace de rage ou de cynisme. Fred Ulhman aime l'Allemagne et l'aimera toujours. Mais pas n'importe quelle Allemagne : celle de son enfance, celle des forêts verdoyantes et des châteaux abandonnés, celle des poètes et des musiciens, celle des jeux et des amitiés d'enfance… Ni amertume, ni colère non plus, dans le récit touchant de cette affection à la fois fabuleuse et si ordinaire entre deux jeunes gens que tout sépare. Rapprochement, complicité, amour, éloignement, rupture, retrouvaille : tout y est décrit avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. Une histoire simple et forte, sans pathos inutile, à conseiller aux adolescents, comme aux adultes de tout âge.
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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 02 novembre 2011

    lehane-fan
    Un livre au doux parfum de nostalgie...
    Nostalgie du narrateur , Hans Schwartz , fils unique d'un médecin juif , au souvenir de ce que fut sa quete amicale cristallisée par l'arrivée du jeune Conrad Graf von Hohenfels dans sa classe . Pour des raisons de praticité , je m'en tiendrais ultérieureemnt à Conrad . Pourtant , rien ne les prédestinait à devenir inséparables . L'un appartenait à une certaine bourgeoisie juive , l'autre descendait en droite ligne d'une riche famille d'aristocrates allemands . Ajouté à cela un contexte historique plutot hostile . Nous sommes en 1932 . le despote sanguinaire n'est pas encore chancelier ( il y travaille cependant fortement pour y acceder un an plus tard ) mais il souffle deja comme un fort relent d'antisémitisme . Les chances pour que deux adolescents appartenant à deux univers aussi distincts en viennent à se trouver , s'accepter et se reconnaitre l'un dans l'autre paraissaient plutot faibles...
    Et pourtant , à force de balades communes , de discussions échevelées , une amitié indéfectible se tisse et perdure . Mais l'Histoire les rattrappe et c'est sur ce terreau infertile que verront le jour leurs premieres dissensions ! Deux mondes différents , deux visions diametralement opposées de l'avenir du peuple juif à court terme .Deux choix contraires mais peut-on légitimement parler de choix , les opinions étant l'exact reflet de l'éducation reçue . Mais les palabres , à défaut d'etre constructifs ou convaincants , ont encore le mérite d'exister . Hans sent bien que le vent est en train de tourner . Outre certains agissements anti-juif que se refuse à condamner Conrad , l'attitude de son inséparable moitié commence à éveiller quelques soupçons...Pourquoi Hans n'a-t-il encore jamais été invité chez Conrad alors que ce dernier semble avoir trouvé une seconde famille chez les Schwarz . Pourquoi Hans n'a-t-il toujours pas fait la connaissance des époux Graf ? le coup de grace viendra lors d'une représentation de Fidélio lorsque Conrad , accompagné de ses géniteurs , croisera Hans en feignant de l'ignorer superbement...Les fondations se fissurent , elles prendront l'eau de toute part en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire..
    Uhlman , avec des mots simples , précis , évocateurs a su toucher les ames . Il dépeint avec une grace peu commune deux quetes amicales et identitaires que l'on devine vouées à l'echec , tant l'histoire à l'époque parle en leur défaveur . L'histoire est belle , le final est dévastateur ! Juste bouleversant d'humanité...
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    • Livres 4.00/5
    Par Lune, le 03 juin 2008

    Lune
    Voilà des héros qui resteront en moi. Allemagne, 1932, un collège huppé, des élèves dont le nom commence par "von", des odeurs, des forêts, une rivière, des villages médiévaux, une atmosphère, une époque. Une école de garçons, une histoire pure d'amitié sincère, des adultes abîmés d'idées préconçues, d'autres gangrenés par le nazisme montant, gangrêne s'étendant aux adolescents influençables, nous sommes embarqués dans un univers si loin de nous puisqu'il date de nos grands ou arrière grands-parents. Mais l'écriture simple et pudique de Fred Uhlman nous atteint par-delà l'histoire, les époques, la vie sociale différente et nous touche profondément. Oh! non, nous ne pleurons pas, nous lisons, découvrons, pensons et reposons le livre, une fois de plus, meurtris par la folie de l'homme, folie qui nous dépasse et que nous savons toujours là, tapie, quelque part et qui, si nous n'y prenons garde...Un livre à offrir à nos adolescents, à nos amis adultes parce qu'il n'y a pas toujours besoin d'une littérature compliquée pour faire réfléchir. Tout est dans la pudeur, la subtilité.
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Citations et extraits

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  • Par patatarte2001, le 12 juillet 2014

    Et moi même son fils, je ne pouvais m'empêcher de voir que ma mère-qui n'a jamais été très coquette- était belle. Je n'ai jamais oublié le jour- j'avais alors six ou sept ans- où elle entra dans ma chambre pour m'embrasser et me dire bonsoir. Elle était habillée pour un bal et je la regardais fixement comme si elle eût été une étrangère. je m'accrochai à son bras, refusant de la laisser partir, et me mis à pleurer, ce qui la bouleversa. Eût-elle pu alors se rendre compte que je n'étais ni malheureux, ni malade, mais que dans mon émotion je venais de la voir objectivement, pour la première fois de ma vie comme une créature séduisante avec une personnalité bien à elle ?
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  • Par patatarte2001, le 12 juillet 2014

    et nous parlions des filles. Par comparaison avec l'état d'esprit de l'adolescence à notre époque, nos conceptions à cet égard étaient d'une incroyable naïveté. Pour nous, les filles étaient des êtres supérieurs d'une pureté fabuleuse qu'il ne fallait approcher que comme le faisaient les troubadours, avec une ferveur chevaleresque et une adoration distante.

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  • Par patatarte2001, le 12 juillet 2014

    Nous le traitions avec dédain et, de temps à autre avec cruauté, cette lâche cruauté qui est celle des garçons biens portants à l'égard des faibles, des vieux et des êtres sans défense.

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  • Par patacaisse, le 03 juin 2010

    Je savais qu’un million de soldats étaient morts à Verdun. Mais ce n’étaient là que des abstractions, des chiffres, des statistiques, des informations. On ne peut souffrir pour un million d’êtres.
    Mais ces trois enfants, je les avais connus, je les avais vus de mes propres yeux, c’était tout à fait différent. Qu’avaient-ils fait, qu’avaient fait leurs pauvres parents pour mériter un tel sort ?
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  • Par Orphea, le 06 avril 2010

    Je ne puis me rappeler exactement le jour où je décidai qu'il fallait que Conrad devînt mon ami, mais je ne doutais pas qu'il le deviendrait. Jusqu'à son arrivée, j'avais été sans ami. Il n'y avait pas, dans ma classe, un seul garçon qui répondît à mon romanesque idéal de l'amitié, pas un seul que j'admirais réellement, pour qui j'aurai volontiers donné ma vie et qui eût compris mon exigence d'une confiance, d'une abnégation et d'un loyalisme absolus.
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Extrait de "Reunion" (L'Ami retrouvé) sorti en 1989; adaptation du roman (1973) de Fred Uhlman par Jerry Schatzberg sur un scénario de Harold Pinter.








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