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ISBN : 2757812068
Éditeur : Points (2011)


Note moyenne : 3.22/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Présentation de l'éditeur
Du haut de ses arbres et de ses cinq ans, un garçon farouchement libre, crinière rousse au vent et ses chaussettes jaunes bien remontées sur son pantalon rouge, guette les ombres du monde des adultes et le fantôme fou de son père. Bring... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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  • Par Bartleby, le 01 juillet 2008

    Bartleby
    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2008/07/lenfant-est-un-animal-comme-les-autres.html
    Extrait :
    Né en 1974, Antonio Ungar est un journaliste et écrivain colombien figurant dans la liste « Bogotá 39 » qui regroupe les trente-neuf auteurs les plus prometteurs d'Amérique Latine. Antonio Ungar est un grand voyageur qui, après avoir vécu en Angleterre, au Mexique et en Espagne, est pour le moment installé en Palestine. Mais le voyage décisif est celui qu'il fit dans son pays lorsqu'il partit vivre dans la jungle avec les Indiens de l'Orinoquie. Cette expérience fut décisive puisqu'elle lui donna l'envie d'écrire. Des réminiscences de ce voyage imprègnent ce petit roman récemment traduit par Robert Amutio (le traducteur de Roberto Bolaño) chez Les Allusifs.
    L'une des plus grandes réussites de Flaubert dans Madame bovary est d'avoir mieux décrit la psychologie féminine qu'une femme n'aurait pu le faire. C'est une performance de ce genre que réalise Ungar avec Les oreilles du loup. le narrateur est un enfant et ce roman est écrit comme l'aurait écrit un enfant si un enfant savait écrire. Dans l'histoire littéraire, l'enfant est une figure incertaine, soit parce qu'il n'a qu'un rôle mineur, soit parce qu'il n'est qu'une reconstruction artificielle, comme c'est le cas par exemple dans l'autobiographie où l'enfant n'est que le porte-parole de ce dont l'adulte se souvient de son enfance. L'enfant est alors intellectualisé ; il n'est que le masque de l'auteur. Or, étymologiquement, l'enfant, c'est l'infans, c'est-à-dire celui qui ne parle pas, qui est privé du langage et donc de la raison ; il est encore animal, son rapport aux choses n'est pas médiatisé par le langage (lorsque je m'approche d'une chaise, j'identifie l'objet au concept de chaise, le mot prime sur l'objet), il est direct, la sensation prime sur le discours qui, chez l'enfant de trois ans, l'âge du narrateur, est encore balbutiant. Cela explique aussi l'absence de continuité logique entre les événements. L'enfant, de ce petit roman, nous fait part de son ressenti, mais comme il ne sait pas la raison des choses, celle-ci reste inconnue. le père est là, ensuite il n'est plus là. Il y a des déménagements par manque d'argent, puis de la stabilité, mais c'est juste “comme ça”. Ce que fait la mère, comment elle rencontre des gens qui entrent dans leur vie (l'homme gros), qui sont-ils ? D'où viennent-ils ?, tout cela reste ignoré parce que le point de vue du lecteur est celui de l'enfant et qu'il ne fait que subir sans comprendre et sans s'en préoccuper les contingences de la vie des adultes. le coup de maître d'Ungar est d'écrire une langue qui nous fait oublier qu'elle est une langue, une langue qui est d'abord sensation.
    Tout commence par une fête dans la propriété familiale. Au milieu de l'agitation et des cris, un petit rouquin de trois ans avec des chaussures rouges se tient immobile. Ce n'est que pour chasser un petit garçon de son tricycle que l'enfant se met en mouvement. La mère intervient, l'incident est clos, l'enfant retourne dans son coin pendant que les autres gamins reprennent leurs jeux :
    « A présent ils m'ont tous oublié et je regarde la scène comme si je pouvais sortir de moi-même. Je continue à ne pas être là. Je fais demi-tour. Celui que je suis marche vers les buissons, s'approche d'un immense eucalyptus, regarde les feuilles bleutées qui se balancent au vent de la savane. Il les observe et grimpe facilement, comme si ses muscles se mettaient en mouvement, sans aucun effort, j'imagine, plantant ses griffes dans l'écorce. Une fois en haut, toujours absent, il refuse de regarder le jardin et les enfants habillés et les éclats de rire et l'agave inutile. Il leur tourne le dos. Il regarde, je regarde de l'autre côté de la grille, sous le soleil, la ville infinie qui s'étend à mes pieds. Et je m'enferme. En moi-même, dans mon corps de grand tigre, dans mon silence, dans la ville qui existe malgré moi, très loin et vaste dans la savane. le vent glacé frôle mes oreilles. Et comme un grand tigre je pose ma grosse tête sur mes avant-bras et attends que les autres, comme le gros, comme la ville et le vent froid, se taisent aussi. »
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    • Livres 4.00/5
    Par Nanne, le 10 juillet 2008

    Nanne
    Bienvenue dans le monde fantasmagorique et onirique d'un enfant pas tout à fait comme les autres, à l'imagination débordante. Libre comme l'air ou comme le vent dans les arbres qu'il habite volontiers. du haut de son très jeune âge - à trois et à six ans - et de la cîme des arbres sur lesquels il se juche, il observe le monde qui l'entoure, le sien et celui des adultes, de son oeil acéré. Parce que cet enfant se voit, s'incarne en tigre. La ville est tout à la fois la jungle ou la savane, le chaud ou le froid, au gré de son humeur et de sa fantaisie.
    Cet enfant à la crinière rousse, portant bretelles et chaussettes jaunes, est un vrai petit rebelle qui refuse la réalité des choses de la vie, à commencer par l'évidence de l'école. Pour être sûr de ne pas y revenir, il est prêt à mettre le feu à une poubelle. Dans ses rêves éveillés d'enfant, il revoit l'ombre de son père. Il le retrouve courant dans le jardin, de nuit, frappant sur les vitres. le fantôme fou de son père réapparaît par instant, images de plus en plus éphémères, jusqu'à disparaître complètement de la vie de l'enfant. Et puis, il y a la mère de cet enfant sauvage et libre. Cette mère qui n'en peut plus de cette vie et tente de fuir la tristesse de son existence, d'oublier la séparation d'avec le père de cet enfant. Sa mère qui porte sa vie comme un seau d'ordures trop lourd pour elle.
    Sa mère retrouvera le goût de vivre, de rire, de se métamorphoser et même de rajeunir, avec le retour des éclaircies. Ces embellies qui arrivent avec l'homme gros qui remplacera le fantôme son père, qui rit de tout et tout le temps, même quand il semble pleurer. Et cet enfant qui aime sa mère et sa petite sœur qu'il compare à un petit chat, sait et sent qu'à eux trois en se serrant très forts, ils deviendront un rocher indestructible, magique, d'une force incroyable et capable de résister à toutes les tempêtes de la vie et de la nature.
    C'est une vie d'errance pour cet enfant, faite d'une alternance de jours sombres, mornes et tristes succédant à des éclaircies parcellaires. Cette errance pour trouver la paix - dans tous les sens du terme - se poursuivra entre la savane et la jungle, les villes, la campagne et la cordillère des Andes.
    "Les oreilles du loup" d'Antonio Ungar nous invite à un voyage pour le moins surprenant, onirique et pas toujours merveilleux au pays de l'enfance et de son imaginaire. Drôle d'histoire que celle-ci qui s'assemble à la manière d'un puzzle, au gré des souvenirs de cet enfant. Cet enfant, comme sa petite sœur, sa mère ne sont jamais nommés par leur prénom. Ils ne possèdent aucune identité, comme si cela pouvait être l'auteur lui-même qui raconte son histoire personnelle.
    Cet enfant, par son regard de fauve et son esprit aiguisé et cynique n'est pas très éloigné du personnage d'Oscar Matzerath dans "Le tambour" de Günter Grass. Comme lui, il semble refuser de grandir pour ne pas entrer dans le monde des adultes ; comme lui, il décrit un monde déshumanisé et violent ; (presque) comme lui, il se sert d'un artifice - ici animalier, là instrumental - pour dénoncer les travers d'une société meurtrie par la dictature. Paradoxalement, c'est une livre tout en finesse, à l'écriture aérienne et poétique. C'est ce qui fait toute l'originalité de cette très belle histoire, celle de pouvoir raconter la douleur, la souffrance, la peine, mais aussi la joie, le bonheur, l'espérance dans une seule et même langue, celle de l'enfance retrouvée et tout en légèreté.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ingannmic, le 16 juillet 2014

    Ingannmic
    "Les oreilles du loup" a pour narrateur un étrange garçon.
    Quoique, à la réflexion, il n'est pas si étrange, c'est juste un enfant. Seulement, Antonio Ungar restitue avec tant de justesse l'univers enfantin, que nous avons la sensation, dans un premier temps, d'avoir pénétré sur une autre planète. Il faut alors accepter de se souvenir de ses propres jeunes années. Attention, il ne s'agit pas de se souvenir d'événements alors survenus, mais de la façon dont nous percevions ces événements, dont nous les digérions...
    Alors, on réalise que oui, ce que décrit Antonio Ungar, par l'intermédiaire de son narrateur, est bel et bien le reflet de ces fantasmagories, de ces réflexes de défense, de ces émotions brutes, quasiment animales, de cet égocentrisme qui constituent le monde intérieur d'un enfant...
    En une succession de tableaux, le héros des "Oreilles du loup" nous fait découvrir ce monde, en évoquant certains épisodes qui marquèrent son existence de quatre à huit ans. L'écriture traduit la maturité de qui a pris du recul, mais le contenu du récit nous immerge sans peine et de façon très crédible dans les pensées et la sensibilité d'un petit garçon.
    Enfant intelligent mais solitaire, que l'on imagine souvent silencieux (les dialogues sont quasi inexistants), son imagination profuse et sa richesse émotionnelle l'aident à appréhender et à supporter les agressions du monde extérieur, et ces mystérieuses complications qui semblent régir la vie des adultes.
    Avec la logique de ses jeunes années, démuni de certaines des clés qui lui permettraient de comprendre les situations qu'il doit parfois subir, il porte un regard à la fois candide et sincère sur ce qui l'entoure.
    Ses souvenirs nous mènent de sa campagne natale à la ville, en passant par la jungle andine, où il séjourne en compagnie d'un parent, et des jours sombres -ainsi qu'il les nomment lui-même-, peuplés par la folie du père, les difficultés de sa mère à assumer financièrement ses deux enfants, aux jours plus heureux, grâce notamment à l'apparition d'un gros homme gentil et attentionné dans la vie de sa maman.
    Entretemps, il nous aura imprégné de son amour viscéral pour la nature, de l'attachement profond qui le lie à sa mère et sa petite sœur. Il nous aura également touché par l'ingénuité avec laquelle il analyse la cruauté de certaines grandes personnes, et son refus instinctif de se conformer aux règles imposées, lorsqu'elles vont à l'encontre de ses aspirations naturelles...
    Une belle découverte.

    Lien : http://bookin-ingannmic.blogspot.com
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    • Livres 4.00/5
    Par LooUnepauseLivre, le 14 juillet 2014

    LooUnepauseLivre
    Courir dans la savane, grimper aux arbres, se prendre pour un tigre, un monde moitié réel moitié imaginaire d'un enfant, depuis ces trois ans jusqu'à environ six ans, dont les parents viennent de se séparer. Il a sa façon d'appréhender le monde, ne comprend pas toujours très bien celui des adultes et à un peu du mal à se lier avec les enfants de son âge.
    L'histoire c'est lui qui la raconte. On ne connaîtra jamais son prénom ni celui de ses parents, ni de sa soeur, ni de personne. Il ne me semble pas me tromper en disant qu'il n'y a même pas un seul dialogue dans ce roman. Tout est raconté sans savoir vraiment où l'on est, à quel moment, ni où l'on va. Seul des indications comme la maison, la ville du froid, Rio Magdalema, les Llanos Orientales, Tierra Adentro, Panama sont données. Encore un livre que j'ai choisi pour sa couverture et aussi pour la petite note en bas qui nous nous signale "Un petit miracle littéraire". Même la 4e de couverture ne donnait qu'un extrait, j'ai d'ailleurs même cru que son père mourrait car il en parle comme un fantôme, avant d'en trouver une autre plus parlante.
    C'est donc avec un mélange de réel et d'imaginaire, sans pouvoir toujours réussir à faire la part des choses, que l'on suit cette nouvelle vie pour ce petit garçon. Les chapitres sont assez irréguliers dans leur longueur mais deux parties distinctes racontent Les jours sombres puis Les jours clairs.
    Pas facile pour ce petit bonhomme de se retrouver dans tout ce désordre. Sa mère qui est son repaire et son réconfort ne semble pas allée bien mieux.
    Le temps, les distances, les gens, les situations semblent parfois complètement déformés dans les descriptions qu'il en fait. Dans ces moments là il n'hésite d'ailleurs pas à se réfugier dans son univers si particulier pour trouver le courage ou se donner une distance avec son entourage. Les relations avec sa soeur plus jeune sont décrites de façon assez originales. Ils ne semblent ne jamais se parler, ou bien les mots semblent ne pas avoir beaucoup d'importance entre eux, pourtant ils communiquent beaucoup à leur façon.
    Tout est chamboulé, son univers de liberté s'écroule, il doit partir, repartir et encore partir. Les adultes qu'il va rencontrer ou retrouver vont être pour lui source de réconfort ou bien au contraire source de perturbation. Il voit finalement sa mère retrouver le sourire et sa joie de vivre et tout semble petit à petit reprendre forme. Et puis il a grandi, sa perception a évolué.
    Une lecture qui demande d'accepter ce regard particulier mais aussi le passage sans frontière de la réalité au rêve. Ce regard d'enfant ne m'a pas paru sonné faux même si quelques fois on devine l'écriture d'un adulte. le démarrage de la lecture n'a pas été facile en ce qui me concerne car il n'y a eu aucune préparation sur cette univers particulier. Ce n'est pas une histoire triste, c'est une histoire d'un enfant dans une période plutôt chaotique de sa vie racontée par lui même. En tout cas le style et l'écriture poétique m'a fait passer un bon moment de lecture que je vous recommande.

    Lien : http://unepauselivre.over-blog.com/article-les-oreilles-du-loup-anto..
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Retomber en enfance. Qui n'en a pas rêvé, au moins pour un instant ?
    Voilà le voyage auquel Antonio Ungar convie son lecteur dans Les oreilles du loup.
    Pas un voyage artificiel au rabais, sur une compagnie low cost, vers une sorte de réserve naturelle à la Disneyland, où l'enfance idéalisée, voire fantasmée, serait reconstituée artificiellement, à grand renfort de mièvreries jusqu'à ce qu'écœurement s'ensuive.
    Non, non, pas du tout. Surtout pas.
    Il s'agit d'un voyage en première classe au pays de l'enfance au cours duquel Ungar nous invite à REVIVRE la condition d'enfant. Rien de moins.
    Un véritable tour de force réussi haut la main.

    Là où Antonio Ungar est bluffant, c'est qu'il retranscrit avec une justesse stupéfiante le mode de pensée d'un jeune enfant.
    Dans Les oreilles du loup, monologue intérieur, le lecteur s'installe dans la tête du narrateur, un petit garçon d'à peine cinq ans. C'est à travers son regard, son rapport au monde extérieur que l'on vit le drame qu'il traverse : la séparation de ses parents et les bouleversements qui en découlent.
    Les oreilles du loup est structuré en deux grandes parties, Jours sombres et Jours clairs, subdivisées en huit textes, comme autant d'éclats de vie, chacun pouvant se lire indépendamment.
    Les Jours sombres s'ouvrent sur le Cauchemar, récit du départ du père aimé, qui va au fur et à mesure perdre de sa consistance pour ne plus devenir que le fantôme du père. Sombres aussi les jours d'errance à travers le pays, quand la mère qui tente d'assumer au mieux la situation, se trouve obligée de s'installer un moment avec ses enfants chez sa mère, en ville, et subir une houleuse cohabitation. Douloureux encore l'exil forcé de la campagne à la ville, des grandes étendues à la cour de l'école.
    Puis arrivent les Jours clairs, peuplés par les figures solaires de la jolie cousine Aldana mais surtout de l'homme gros qui arrive un beau jour dans sa voiture verte, personnage jovial et chaleureux qui va redonner le sourire à la mère et faire disparaître à jamais le fantôme du père.
    Alors que la (mauvaise) littérature nous a souvent habitué à l'image d'une enfance mythifiée faite de fausse innocence, de naïveté affectée, ou de mauvaise imitation du langage enfantin, l'auteur colombien renvoie à la nature primale de l'enfant. Dans Les oreilles du loup, tout repose sur les sensations, le ressenti en opposition au rationnel.
    Suite au départ du père, les événements s'enchaînent sans véritable transition ni logique. En fait, leur succession n'est pas expliquée tout simplement parce que l'enfant ne se les explique pas. Il les prend tels qu'ils arrivent. C'est comme ça et c'est tout. Il regarde le monde des adultes en spectateur sans vraiment en saisir tout le sens et tous les enjeux. Il subit la situation et réagit en fonction de façon quasi animale.
    Cela peut s'avérer déroutant à la lecture. le lecteur doit agir de la même façon : il ne sert à rien de chercher à comprendre les tenants et les aboutissants, il faut se contenter de ressentir.

    Comme tous les jeunes enfants de son âge, quand la réalité le trouble ou le désarçonne, il se réfugie dans un monde imaginaire et onirique qui le rassure.
    Farouche et indépendant, le jeune narrateur d'Ungar se rêve en tigre indomptable, libre, invincible. Il n'est jamais aussi heureux que courant librement dans les plaines des Llanos orientaux, offert à tous les vents, grimpant dans les arbres.
    Sa nature sauvage est en totale symbiose avec les éléments. Pas étonnant qu'il déteste l'école qui le bride et le met en cage, pas plus qu'il n'aime la ville où il doit vivre un moment avec sa mère et sa sœur, chez sa grand-mère.
    Chez cet être pas encore formaté par la société, pas de tabous. Il livre ses impressions, brut de fonderie. La nature animale de l'enfant prime toujours.
    Ainsi, la poésie côtoie parfois la violence, sans qu'y soit associé un quelconque aucun degré de valeur. le petit félin qui ronronne gentiment peut sans prévenir griffer et blesser d'un seul coup de patte. L'enfant rêveur dans sa campagne est aussi un enfant bagarreur dans la cour de récréation, n'hésitant pas à mettre son opposant en sang ou a mettre le feu aux poubelles, ce qui lui vaudra d'être exclu de l'école.
    De même, il est naturellement sensible et réceptif à la sensualité de sa jolie cousine Aldana, sans qu'aucun sentiment de culpabilité ne l'effleure.

    Les oreilles du loup est un récit, tendre et triste, sur cet âge de tous les possibles où il fait bon se replonger le temps d'une belle lecture.


    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Les%20oreilles%20du%20loup
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Citations et extraits

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  • Par majolyonnaise, le 08 juillet 2008

    Il pose mal la question. Il dit: Comment c'était dans la jungle, cher monsieur? Avez-vous chassé beaucoup de jaguars? Et il veut me caresser les cheveux. Je laisse sa grande main frôler mon visage, se poser sur mon cou, et l'air très sérieux je le regarde dans les yeux sans dire un suel mot (je ne suis pas un monsieur, moi, je suis beaucoup plus). Tu as sept ans, mon garçon, dit-il, mais tu as l'air d'un homme maintenant. Je continue à le fixer, l'air sérieux, sans bouger (je ne chasse pas les jaguars, moi; les jaguars dorment avec moi, à mes pieds). Et lorque grand-père rit, gêné par tant de sérieux et tant de silence, et qu'il se dispose à enlever sa main, je m'apitoie. Ce n'est qu'un adulte. Je dis: Oui, beaucoup de jaguars, grand-père, et je nettoie l'air entre nous avec le meilleur de mes sourires. p. 117
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  • Par ChezLo, le 13 novembre 2010

    Je pleure, et quand je n'ai plus de larmes, je me retourne et je vois que papa est beaucoup plus fatigué que le véritable, qu'il est plus vieux. Je voudrais que papa soit là, mon papa, le véritable, pas ce vieux type défait. Alors le vieux type, l'air très sérieux, comme si tous les muscles de son visages étaient douloureux à force de sérieux, se met aussi à pleurer en essayant de continuer à conduire et de me cacher ses grandes larmes transparentes.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Plus tard, en fin d’après-midi, papa me laisse m’asseoir devant. Je suis le petit homme, dit-il, et il met une musique qui me donne la chair de poule, me noue la gorge pendant qu’il m’explique. Ce qu’est un accordéon, une grosse caisse, une guacharaca, et alors je me mets à pleurer, seul, en regardant à travers ma fenêtre, très raide. Sans savoir pourquoi, comme si les accordéons dans ma tête étaient des bêtes vivantes.
    Je pleure, et quand je n’ai plus de larmes, je me retourne et je vois que papa est beaucoup plus fatigué que le véritable, qu’il est plus vieux. Je voudrais que papa soit là, mon papa, le véritable, pas ce vieux type défait. Alors le vieux type, l’air très sérieux, comme si tous les muscles de son visage étaient douloureux à force de sérieux, se met aussi à pleurer, tout en essayant de continuer à conduire et de me cacher ses grandes larmes transparentes.
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  • Par majolyonnaise, le 08 juillet 2008

    (Avant de sombrer exténué, avant de m'endormir sur le plateau métallique du camion, aux pieds de maman, je comprends que nous pouvons être heureux. Malgré tout ce qui est arrivé. Malgré le fantôme de papa qui rôde dans la savane. Heureux. Le noyau dur de la bande. Les survivants. Maman, brune, verticale, intouchable, qui chante à la nuit, riant mais toujours prête à tout faire pour nous, ses enfants. Ma soeur, complète, redevenue chat, comme le chat qu'elle avait été auparavant, mais à présent un chat sauvage, un chat de montagne maigre, électrique et trempé, les griffes cachées, qui regarde les étudiants sans cesser de rire. Moi, allongé par terre, riant aussi, les poumons plus grands et les mains plus ouvertes, ouvert en entier à la pluie. Comme un tigre nouveau, vivant, heureux.) pp. 91-92
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  • Par Malice, le 04 août 2009

    la liberté, qui m'étouffe de surprise, de joie, dépasse mon corps qui ne mesure pas plus d'un mètre mais sait déjà ce qu'est être un tigre et un tigre de papier et un pauvre petit chien , mon corps lui aussi demande à être un grand oiseau sur ces montagnes, un faucon ou un condor ou au moins un vautour noir qui tournoie au-dessus de ma tête, un vautour qu'accompagnent d'autres vautours

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