> Maurice Rambaud (Traducteur)

ISBN : 2070383407
Éditeur : Gallimard (1991)


Note moyenne : 2.84/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
L'Amérique des années soixante-dix, époque d'aspirations confuses, mal affranchie des tabous religieux, de la morale et du sexe.

À Eastwick, une petite ville de province, trois femmes divorcées, adeptes des pratiques occultes, trois sorcières, exercent s... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    he Witches of Eastwick
    Traduction : Maurice Rambaud
    Si vous avez déjà vu le film que les studios hollywoodiens tirèrent de ce livre, dans les années 90, avec Jack Nicholson, Susan Sarandon, Cher et Michelle Pfeiffer, il est possible que la lecture de ce roman vous incite à vous débarrasser illico de votre DVD ou de votre VHS, dans le creux accueillant d'une poubelle ou alors chez le revendeur le plus proche de chez vous. Car, une fois de plus - faut-il s'en étonner à l'heure actuelle, hantée par les Créationnistes, les Islamistes et autres "Istes" sinistres ? - les producteurs américains non seulement ont reculé devant la subversion mais, ce qui est pire, ils ont tenté de la dissoudre dans une potion bien fade, qui n'a plus rien à voir avec la sorcellerie, blanche ou noire - encore moins avec le discours d'Updike.
    Ici, Jane (la violoncelliste), Alexandra (rôle tenu par Cher dans la version filmée) et Sukie (la journaliste locale) sont bel et bien trois sorcières, au sens pré-chrétien et pré-bien-pensant du terme, dont les pouvoirs, latents comme chez toute femme, se sont révélés lorsqu'elles ont quitté leur époux ou leur compagnon - ou quand celui-ci les a laissées tomber.
    Ce sont des sorcières épicuriennes, en contact permanent avec la Nature même si elles sont sans illusions sur elle, des sorcières qui, en ces années soixante-dix où Updike a placé son décor, vivent une bisexualité sans complexes et ignorent le regard des autres.
    Leur petit trio sympathique est brusquement troublé par l'arrivée dans le pays de Darryl van Horne, "un homme noir" qui rachète le manoir Lennox et avec lequel elles se lient dans une étrange relations mi-amoureuse, mi-amicale où la jalousie n'existe pratiquement pas.
    Contrairement à ce qu'il se passe dans le film, il n'est jamais dit que cet "homme noir" est bel et bien le Diable. Certes, Updike s'amuse à le laisser entendre çà et là mais, quand on arrive à la fin du roman, ce "diable" en question nous apparaît plus proche d'un Méphistophélès de troisième zone que du Lucifer tout puissant que Nicholson campe avec son brio - et son cabotinage - habituels.
    En outre, jamais van Horne ne rentre en conflit avec les sorcières - lesquelles sont visiblement plus puissantes que lui. Il donne l'impression de rester à la remorque et, à travers lui, c'est le mâle américain que vise Updike. Pourtant, son roman n'est en rien une attaque contre le matriarcat US. Il s'agit au contraire d'une réflexion des plus subtiles faite par un homme sur les différences fondamentales entre les deux sexes.
    Contrairement à nombre de ses pairs, Updike n'y voit pas prétexte à une guerre machiste ou féministe. Par le biais de personnages liés à l'antique sorcellerie, c'est le concept de la Création qu'il met en jeu : les hommes et les femmes seraient différents et vivraient certainement mieux si la Nature ne les faisait pas dépendre l'un de l'autre. le romancier met le doigt sur le problème majeur du sexe dit fort : la naissance. Avec des mots parfois crus, il établit par exemple un parallèle flagrant entre la pratique du cunnilingus et le désir de retourner à la matrice. Plus féministe qu'une "chienne de garde" mais plus mesuré, il énonce comme un fait incontestable que l'homme, parce qu'il naît féminin dans l'eau-mère, garde à jamais la nostalgie de ce premier état d'où la Nature, encore elle, l'arrache sans lui demander son avis, en lui infligeant des testicules et un pénis que, si on l'avait consulté, il n'aurait peut-être pas acceptés.
    La puissance masculine, nous dit Updike, est une illusion. le vrai pouvoir, c'est la Femme qui le détient, non que, au contraire de l'Homme, elle l'ait cherché mais parce que la Nature elle-même est femme. Et personne n'y pourra jamais rien : au dernier jour de notre vie, c'est encore notre mère que nous appelons.
    Un roman à découvrir et qui, en ce qui me concerne, m'incitera encore à me procurer les oeuvres de John Updike. ;o)
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 15 novembre 2010

    LiliGalipette
    Roman de John Updike. Lettre U de mon Challenge ABC 2010. Lecture commune du mois de novembre sur le forum de Babelio.
    Alexandra, Jane et Sukie sont trois femmes divorcées. Elles sont aussi sorcières et déploient des pouvoirs considérables quand il s'agit de nuire aux personnes qui leur sont néfastes: déclencher des tempêtes, nouer des auguillettes, faire cracher des plumes, modeler des fétiches vaudous, rien ne les arrête! Leurs premières victimes ont été leurs époux. À elles trois, elles créent un cône de pouvoir sous lequel leur magie s'exerce et au sein duquel elles conservent force et puissance. Toutes maîtresses d'hommes mariés, elles prônent une vie débarassée de la tutelle masculine. L'arrivée de Darryl van Horne, homme mystérieux, tentateur, frustre, incarnation du Mal, leur donnent des sueurs froides. Si Alexandra se voit bien finir sa vie avec cet homme, elle n'est pas seule à le convoiter. Les trois amies connaissent dans le manoir qu'il occupe des parties fines qui confinent à l'orgie et à la débauche la plus poussée. L'intrusion de la jeune Jenny, fille de l'amant décédée de Sukie, dans leurs messes noires, renversent le pouvoir. Alexandra, Jane et Sukie s'allient pour combattre celle qui leur volent leur homme, leur espoir et leur confiance.
    L'ouverture in medias res m'a immédiatemment captivée. J'ai sauté dans le livre à pieds joints et je m'y suis plu. La compagnie des trois sorcières est un baume pour les âmes complexées. Ni fantastiquement belles, ni particulièrement talentueuses, Alexandra, Jane et Sukie déploient des trésors de séduction qui sont le reflet de leur confiance en elles-mêmes. Certaines de leurs charmes, sachant en user, elles avancent tête haute dans une société où l'émancipation féminine est encore une injure. Un peu artiste, chacune s'exprime dans la matière. Alexandra réalise des petites bonnes femmes en céramique, Jane manie l'archet avec assez de talent pour que son violoncelle soit demandé dans les paroisses et Sukie met sa plume au service du journal local.
    En pleine tourmente de la guerre du Viet-Nam, elles osent penser à autre chose et proclamer le pouvoir féminin: "Seule une conjuration de femmes empêche le monde de s'écrouler." (p. 35) Elles se savent investies d'un pouvoir sans fin, celui de guérir et d'apaiser. Elles revendiquent l'adoration des hommes et la reconnaissance de leur puissance matricielle: "Les hommes sont violents. [...] Même les plus doux. C'est biologique. De n'être que de simples auxiliaires de la reproduction, ça les rend fou de rage." (p. 249)
    Eastwick est une bourgade particulière: "Il décuplait les pouvoirs des femmes, ce bon air d'Eastwick." (p. 17) Dans l'état de Rhode Island, il y a comme une enclave où les femmes divorcées développent des pouvoirs surprenants. Personne n'ose le dire mais tout le monde sait que les trois amies ne sont pas tout à fait des femmes normales. Souvent évoquée, Anne Hutchinson semble être le modèle féminin ultime.
    Darryl van Horne est un personnage inquiétant. Ses mains couvertes de poils noirs fascinent et dégoûtent. Il dégage une odeur de soufre qui ne laisse aucun doute sur ses accointances. Ses travaux chimiques et ses grandes innovations technologiques ne sont que de la poudre aux yeux. Baratineur et vulgaire, les lèvres sans cesse maculées de salive, il incarme le démon lubrique, attirant et répugnant, auxquels les femmes rêvent de se frotter sans oser l'avouer. Peu à peu, il supplante les autres amans des trois amies, il devient leur unique référent.
    L'ironie a la part belle dans la narration. Les femmes mariées enchaînées à leurs époux, les enfants boulets, les chiens baveux sont tous gratifiés de portraits au vitriol. Alexandra, Jane et Sukie s'y entendent pour faire connaître le fond de leur pensée. La langue de bois n'est pas de mise et le puritanisme américain est bien mis à mal. La fin du récit qui se projettent plusieurs années plus tard est aussi très ironique. Alexandra, Jane et Sukie n'ont pas être pas réussi si bien qu'elles le croyaient...
    Le film de George Miller, paru en 1987, avec Jack Nicholson, Michel Pfeiffer, Susan Sarandon et Cher est un bon film. Nicholson crève l'écran, comme toujours. Mais... ce film ne ressemble au livre que par le titre! Tout est inversé ou ignoré. Dommage... Les deux oeuvres peuvent se lire/voir indépendamment l'une de l'autre, aucune ne déflore l'autre!

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/11/15/19600237.html
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  • Par barjabulette, le 24 mai 2012

    barjabulette
    Un roman de 480 pages. Les 100 premières sont "proustiennes". C'est fait de descriptions longues et presque inutiles.
    a l'arrivée de Daryl van Horne dans l'histoire, c'est un peu moins insupportable. Encore que les parties de jambes en l'air à plusieurs ne soient pas ma tasse de thé et que je trouve que des passages purement sexuels de ce type n'amène strictement rien au livre.
    On se traine donc ainsi les 300 dernières pages, hésitant entre j'abandonne ou j'abandonne pas....
    Il y a quelques traits d'humour (par rapport aux sorts lancés par les sorcières par exemple) qui rendent la lecture moins imbuvable.
    Mais, franchement, le livre ne casse rien !
    C'était mon premier livre de cet auteur et ça risque bien d'être le dernier.
    Le style de l'auteur est long long long très très très long, et lourd, lourd lourd lourd, très très très lourd.
    Bon courage à celles et ceux qui envisagent de s'y attaquer
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    • Livres 2.00/5
    Par Sodapop_Curtis, le 22 novembre 2010

    Sodapop_Curtis
    Bienvenu à Eastwick ! Eastwick, charmante petite bourgade battue par les vents et la marée, où les hommes sont faibles, les femmes mariées sont des mégères, et où seules les veuves/divorcées jouissent effrontément de la vie. C'est simplissime comme tableau de départ, n'est-ce-pas ? L'auteur préférant s'en tenir à ces lieux communs, peu de chance que cela ne s'épice par la suite.
    Les personnages principaux sont trois sorcières féministes, mais ne frétillez pas trop d'impatience car ici la magie est utilisée à des doses homéopathiques. L'auteur a encore choisi de faire simple : Sukie la rousse, Alexandra la blonde et Jane la brune. Mais ces trois drôles de dames, bien que décrites en long, en large, et en travers, ont eu beaucoup de mal à s'imprimer dans mon esprit tant elles manquent de saveurs (d'ailleurs, je ne suis jamais arrivée à me représenter la trop inutile Jane Smart).
    Pour être honnête, j'ai rendu les armes à la page 191 ; la longue, très longue, trop longue scène du jacuzzi a mortellement éprouvé ma volonté. Mais surtout parce qu'à la page 191, soit à plus de la moitié du livre, l'histoire n'avait toujours pas commencé. La quatrième de couverture promettait une tension dramatique sans égale, une funeste rivalité d'égos, une scandaleuse corruption des mœurs, un tableau sans concession des États-Unis des 70's. Que nenni !
    Lasse j'étais de lire la prose de John Updike, alambiquée de moult propositions agrémentées d'un nombre effarant de points-virgules, de tirets et de parenthèses. Lasse j'étais de cette vaine succession de conversations téléphoniques méchantes mais ternes et vides d'intérêt. Parvenue à la page 191, je m'en suis donc retournée à des lectures bien plus stimulantes.
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    • Livres 2.00/5
    Par kiki23, le 02 décembre 2010

    kiki23
    L'Amérique des années soixante-dix, une petite ville de province, trois femmes divorcées adeptes des pratiques occultes, beaucoup d'ennui, et tout à coup un Homme arrive... "il était la nouveauté, le magnétisme".
    Updike c'est avant tout un style... ce qui nous change de beaucoup de romans actuels écrits sans aucune pâte littéraire! après on aime, ou on aime pas, mais le style a le mérite d'exister!
    Ce style m'a beaucoup dérangé..... J'aime la beauté de la langue, mais les phrases qui n'en finissent pas à forte dose... j'ai du mal... au point où parfois, j'ai relu, en éliminant certaines propositions des phrases pour en revenir à l'essentiel.
    La construction du récit est ingénieuse. Par exemple, Updike déroule parfois l'histoire par le biais des conversations téléphoniques des héroïnes.
    Certaines descriptions, par exemple de paysages, sont finement ciselées et assez poétiques. L'ambiance qui en ressort est envoutante... comme un brouillard qui tombe, et qui, plus il devient opaque, plus il enveloppe tout ce qu'il effleure.... On sent les embruns et la tempête qui monte...
    Du point de vue de l'intrigue, j'ai ressenti un petit côté vintage... parfois assez drôle "Cette Sukie, tout de même, à son âge, trente-trois ans, ne pas porter de soutien-gorge, quel culot!"
    Ce côté démodé donne une partie de son charme à l'histoire, mais j'ai été déçue. Même si certaines scènes sont assez érotiques, l'intrigue reste tiède.
    J'ai tourné les pages très vite quand est venu le prêche de Brenda, l'intensité montait, montait, doucement, sournoisement, tourbillonnait de plus en plus vite, et, et... rien :?
    Des bémols, mais je suis ravie de cette lecture, même si elle ne m'a pas fait chavirer.
    Lecture dans le cadre du Club de lecture Babélio
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Citations et extraits

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  • Par kiki23, le 02 décembre 2010

    L'Amérique des années soixante-dix, une petite ville de province, trois femmes divorcées adeptes des pratiques occultes, beaucoup d'ennui, et tout à coup un Homme arrive... "[i]il était la nouveauté, le magnétisme[/i]".

    Updike c'est avant tout un style... ce qui nous change de beaucoup de romans actuels écrits sans aucune pâte littéraire! après on aime, ou on aime pas, mais le style a le mérite d'exister!
    Ce style m'a beaucoup dérangée..... J'aime la beauté de la langue, mais les phrases qui n'en finissent pas à forte dose... j'ai du mal... au point où parfois, j'ai relu, en éliminant certaines propositions des phrases pour en revenir à l'essentiel.
    La construction du récit est ingénieuse. Par exemple, Updike déroule parfois l'histoire par le biais des conversations téléphoniques des héroïnes.
    Certaines descriptions, par exemple de paysages, sont finement ciselées et assez poétiques. L'ambiance qui en ressort est envoutante... comme un brouillard qui tombe, et qui, plus il devient opaque, plus il enveloppe tout ce qu'il effleure.... On sent les embruns et la tempête qui monte...

    Du point de vue de l'intrigue, j'ai ressenti un petit côté vintage... parfois assez drôle "[i]Cette Sukie, tout de même, à son âge, trente-trois ans, ne pas porter de soutien-gorge, quel culot![/i]"
    Ce côté démodé donne une partie de son charme à l'histoire, mais j'ai été déçue. Même si certaines scènes sont assez érotiques, l'intrigue reste tiède.
    J'ai tourné les pages très vite quand est venu le prêche de Brenda, l'intensité montait, montait, doucement, sournoisement, tourbillonnait de plus en plus vite, et, et... rien

    Des bémols, mais je suis ravie de cette lecture, mais si elle ne m'a pas fait chavirer.

    (lecture dans le cadre du Club de lecture de Babelio)
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  • Par cavannamalou, le 18 novembre 2010

    Quelque part dans tout ce foutoir, il doit bien y avoir une raison d'exister
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  • Par carambar31, le 02 janvier 2012

    " N'ont d'intérêt en fait que ce que nos esprits retiennent, ce que nos vies ont confié à l'air."
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Vidéo de John Updike

Vidéo en anglais - En octobre 2008, John Updike a discuté avec Sam Tanenhaus à propos de l'art de l'écriture.








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