ISBN : 2930538082
Éditeur : Quadrature (2010)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Court, noir, sans sucre rassemble 13 de ses nouvelles. Elle y joue avec nos sens, avec la vie, la mort, la peur. Les trajectoires, les illusions. La dérision. Emmanuelle Urien manie l'humour et la cruauté comme une seule et même arme et, l'air de rien, phrase après phra... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par keisha, le 05 avril 2010

    keisha
    "Elle a la patience d'une plante verte qui attend d'être arrosée."


    Note : pour la présentation du livre vous pouvez sauter directement à *
    Pourquoi les recueils de nouvelles semblent-ils être les mal-aimés de lecteurs? "Ah non des nouvelles, je n'aime pas, je n'en lis pas". Faut-il faire long pour faire sérieux? Et pourtant écrire une nouvelle m'a l'air bien périlleux. Pas question de rater les premières pages, ce sont souvent aussi les dernières.
    Pour mon goût une bonne nouvelle c'est celle qui vous happe dès les premiers mots, que l'on ne peut absolument pas lâcher avant la fin, et qui vous laisse parfois pantelant, parfois ému, prêt à feuilleter à rebours pour bien vérifier si... Une bonne nouvelle, c'est celle qu'on a envie de relire.
    Deux précisions : premièrement je n'ai rien contre les pavés, j'adore les intrigues complexes qui se développent avec moult personnages, Anna Karenine et Daniel Deronda for ever, Guerre et Paix for later... en juin, voui, je mets la pression, je sais.
    Deuxièmement : malgré mon envie je ne vais pas lancer un challenge "Lire des nouvelles" car je ne sais pas concocter de beaux logos, ça c'est l'excuse, oui. Pourtant, quand même...
    Ce long prologue pour cacher un peu que si je lis des nouvelles, et avec plaisir, je ne sais guère en parler. Faut-il à toute force chercher un fil conducteur dans le recueil? Faut-il parler du titre dudit volume? Faut-il présenter chacune des nouvelles? Leur faut-il une chute ou pas (ah la fameuse chute dans les nouvelles...)?
    *
    Un excellent titre, qui tient ses promesses. Honnêtement, je ne m'attendais pas à être aussi secouée par certaines nouvelles. Oh des gens bien ordinaires, que l'on pourrait rencontrer au coin de la rue, dans un bureau, un magasin, à la ville comme à la campagne, pas des héros non plus. Certains ont une fêlure qui se développe. D'autres une tragédie dans leur vie. Et puis parfois leur âme s'évapore, dans leur tête s'insinue de la brume.
    http://www.emmanuelle-urien.org/Images/DSC00033b.jpgA voir la photo de l'auteur, prise sur son site, on ne penserait pas qu'elle soit capable de nous faire peur avec d'affreuses histoires se terminant dans le sang? Eh bien si! J'avoue que ce ne sont pas mes préférées. Mais elles sont si bien écrites, avec un choix de vocabulaire si habile, que je lui pardonne. Deux nouvelles m'ont rappelé la tragédie d'une jeune femme que j'ai connue, qui a perdu dans un accident de voiture son mari et son bébé. (Est-ce un hasard???)
    Mais mon petit coeur tendre préfère tout de même les histoires plus douces, telles Tête de station, avec Tonio le taxi au grand coeur, Dans le panneau ou Présences d'esprit.
    Ne comptez pas sur moi pour tout vous raconter, prenez de ces nouvelles, vous ne direz plus que vous n'aimez pas en lire.
    Conclusion? Alors oui, si je me réfère à mes propres critères, ces nouvelles sont de bonnes nouvelles !

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-court-noir-sans-..
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 06 mai 2010

    claracambry
    Des nouvelles écrites avec Art et brio. Oui, je sais rien que ça ! Et, je ne peux être que dithyrambique !
    On y parle de mort, de situations délicates mais tellement vraies ! Des scènes du quotidien où l'ironie s'invite, des personnages avec leurs espoirs et leurs envies bousculés tout d'un coup et pour qui la vie n'a plus de sens. Les âmes sont décryptées, les rapports humains sont décortiqués sous l'œil aiguisé de l'auteure.
    J'ai dévoré ces nouvelles ! Et avant de lire les dernières lignes (ou la fameuse chute), je me demandais ce que me réservait Emmanuelle Urien. Un grincement de dents, une franche rigolade ou un pincement au cœur mais toujours du plaisir !
    Le style est entrainant et j'ai dû me faire violence pour ne pas les lire toutes en une seule fois.
    Un très gros coup de cœur et je vais m'empresser de lire d'autres nouvelles d'Emmanuelle Urien.
    Court, noir, sans sucre… vous aurez compris ce que ce titre est une deuxième peau à ce livre.


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/05/emmanuelle-urien-court-noir-s..
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    • Livres 3.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Ce recueil rassemble 13 nouvelles qui ont pour lien une certaine cruauté à vous donner froid dans le dos. J'ai bien fait de ne pas commencer par celui-là car il est fort possible que je n'aurais pas retentée cet écrivain. Non que le recueil soit mauvais, loin de là, mais parce qu'il est, à mon sens, le plus impitoyable de ceux qu'elle a écrit à ce jour, le plus dur, le plus cruel, celui qui vous laisse exangue à chaque texte !
    L'humour y est très peu présent, même s'il m'est arrivé de rire, et l'humanité n'est pas belle à voir (même si j'ai été très touchée par "Tête de station") et cela donne une certaine pesanteur à l'ensemble.
    Comme des cafés courts et sans sucre, il ne faut pas les enchaîner sous peine d'aigreurs d'estomac, de tremblements, de boyaux serrés et autres symptômes de malaise.
    L'ensemble m'a beaucoup plu en dépit de la noirceur implacable de ces textes. Pour conclure, je citerai le titre d'un commentaire sur Zozone : « Chroniques de la détresse ordinaire », voilà qui résume bien ce recueil, court, noir et vraiment sans sucre !
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  • Par Aifelle, le 14 novembre 2011

    Aifelle
    Quinze petites nouvelles. le titre du recueil est parfait. La dernière gorgée est amère. Des situations quasiment banales, les souffrances grandes et petites de tout un chacun. Et puis une chute, la plupart du temps soudaine et cruelle. C'est superbement réussi, très bien écrit, l'auteur épingle les bassesses de ses contemporains, leur indifférence, leur violence cachée. On passe d'un gamin trop curieux à une sculptrice évanescente, d'un chauffeur de taxe virtuel à un retour de bâton paternel vieux de vingt ans, forcément on finit par se méfier, mais la claque on la prend quand même dans les dernières lignes.


    Lien : http://legoutdeslivres.canalblog.com/archives/2011/11/14/22665096.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Zazette97, le 27 mars 2011

    Zazette97
    " Court, noir, sans sucre" est un recueil de nouvelles de la française Emmanuelle Urien, publié en 2005 et réédité en 2010.

    15 nouvelles choc, courtes, noires et garanties sans sucre ni édulcorant pour aborder la mort, volontaire ou non, et le renoncement.
    Au détour des pages se glissent des parents inconsolables depuis la perte de leur enfant, des épouses qui se gâchent en attendant leur mari, des femmes qui luttent pour faire entendre leur voix et des enfants effrayés.
    Bien que j'ai aimé chacune de ces nouvelles, j'ai été particulièrement conquise par "Assistance technique", "Les mouches", "La place du mort" et bouleversée par " le chemin à l'envers" et "La vie au gramme près", portrait d'une femme anorexique qui expérimente l'art de souffrir...
    Emmanuelle Urien nous dépeint un monde sans pitié dans lequel gravitent des personnages impuissants et livrés à eux-mêmes, submergés par une tristesse qu'ils peinent à faire entendre et qui se heurte bien souvent à l'indifférence générale.
    En chacun d'eux réside une part d'ombre habilement saisie par l'auteur au détour de phrases courtes qui tranchent dans le vif et de chutes implacables, sans appel.
    J'en reste sans voix...

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2011/03/court-noir-sans-sucre-emma..
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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 22 mars 2010

    Mélanie Bix, cette femme mince et un peu voûtée, suspendue par un fil à je ne sais quel ciel, quitte ce matin la petite ville de Saône-et-Loire qu'elle habite depuis dix ans, et où elle ne reviendra plus. Son nom, après, figurera sans doute dans les journaux, Mélanie Bix, c'est un nom que l'on retient facilement, moi en tout cas je ne l'oublierai pas.
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  • Par Aifelle, le 14 novembre 2011

    "La première fois, j'ai trouvé marrant qu'elle soit du même avis que le curé, vu qu'elle dit toujours qu'elle ne peut pas l'encadrer, celui-là, et les autres pareils, avec leurs sermons à deux balles. Cà l'a fait sauter au plafond. Pas question qu'elle soit d'accord avec cette engeance-là ! Alors elle m'a expliqué : ses dimanches à elle, c'est pour reposer ses palpitations, son arthrose et faire marner le grand Capital, tandis que le dimanche du curé, il lui sert à berner les pauvres gens et à leur faire croire au septième ciel alors qu'ils resteront leur vie entière bloqués au rez-de-chaussée, tout çà pour finir au sous-sol quand ils auront claqué".

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  • Par Zazette97, le 27 mars 2011

    Amélie a renforcé les bras et les jambes de ses sculptures avec du fil de fer, et pendant quelques jours, les silhouettes ont tenu bon. Amélie résistait elle aussi. A la fatigue, car elle ne dormait plus, elle n'avait plus le temps, elle sentait approcher la fin.
    A la faiblesse qui lestait son corps pourtant si léger à présent, et l'entraînait vers le sol où elle se réveillait parfois après un malaise, secouée de nausées.
    Tout cela, cependant, concourait à la naissance d'une nouvelle oeuvre, dans les cris étouffés, les larmes, la souffrance et leur probable corollaire, l'accomplissement de soi.
    Elle y était presque, à quelques grammes près. p.85
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  • Par Zazette97, le 27 mars 2011

    Parce que c'est bien gentil, le bonheur : ça s'installe un temps, ça prend ses aises, et puis un jour ça vous plante là, et vous n'êtes pas plus avancée.
    Voilà comment Jeanne voit les choses, elle n'en démordra pas. Alors non, vraiment, elle ne veut rien fréquenter d'approchant? Mieux vaut s'aguerrir. Se frotter aux peines du quotidien, petites et grandes, pour endurcir la peau et épaissir la corne.
    Après, plus rien ne vous touche, c'est comme ça que l'on fait de vieux os. p.108
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  • Par Zazette97, le 27 mars 2011

    Le bon âge pour mourir, c'est quand le vide s'installe à la place du coeur et qu'il creuse tout autour à chaque instant qui passe. p.13
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