ISBN : 207078357X
Éditeur : Gallimard (2007)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
La vie charrie des monstres. Des personnages discrets à l'existence encombrante, dont Emmanuelle Urien révèle l'histoire en quelques pages. De ces gens presque ordinaires elle dit le quotidien, dans ce qu'il a de moins glorieux et de plus sombre. Son écriture vive et mo... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    Rien à voir avec un quelconque ramassage des encombrants de nos cités dans le recueil de nouvelles d'Emmanuelle Urien. Les monstres qu'elle collecte au fil de ses dix-huit textes sont des personnages ordinaires, généralement discrets, à la limite ternes. Jeune fille en mal de solitude, étudiante et pute occasionnelle, artiste névrosé à succès, vétéran amoché par les combats, clodo chanceux, comptable consciencieux, starlette de porno ou fillette innocente, leurs préoccupations sont celles qui font les choux gras des horoscopes : le grand amour, le job en or, l'argent qui coule à flot et la santé en béton. En un mot : le bonheur. Rien ne les distingue dans la foule des anonymes, rien si ce n'est cette fêlure intime, cette folie douce qui, le temps d'un instant, va les projeter hors de leur grisaille quotidienne pour leur faire vivre un moment extra-ordinaire, au sens littéral du terme.
    Il faut se méfier car chez Emmanuelle Urien, la monstruosité ne réside pas toujours là où on le pense, le monstre n'est pas forcément celui désigné comme tel. Qui est le vrai monstre, la proie ou le prédateur, le soumis ou le tyran ? D'autant que la victime peut fort bien se transformer en bourreau, le manipulé se révéler être habile manipulateur… Une seule certitude, la mort est (presque) toujours au rendez-vous.
    Noir c'est noir. le moins que l'on puisse dire, c'est que l'univers d'Emmanuelle Urien n'est pas des plus joyeux. Il serait plutôt du genre acerbe, voire méchamment cynique, comme j'adore. Les textes sont brillamment écrits ; l'attention du lecteur est happée dès les premières lignes. De toute évidence, l'auteur maîtrise l'écriture si particulière de la nouvelle, et parvient avec habileté à mener son lecteur jusqu'à la chute finale, souvent surprenante, voire déconcertante. Bien sûr, les dix-huit textes ne sont pas tous aussi percutants. Mes préférés sont Cas de figure 38, Zoologique et Converti en grammes, car ce sont ceux dont la chute m'a semblé la moins "téléphonée".
    Car le défaut des textes de ce recueil réside dans leur structure même, celle de la nouvelle "à chute" chère à Guy de Maupassant (cf. le remue-méninges précédent) ou, dans un registre plus contemporain et anglo-saxon, compilée dans la série Histoires à… d'Alfred Hitchcock que j'ai dévorée dans ma jeunesse. Dans La collecte des monstres, tous les récits reposent sur le même ressort dramatique, ce qui finit à la longue par donner à l'ensemble un côté systématique et artificiel. Au bout de deux, trois textes d'affilée, on a saisi le "truc", alors on est à l'affût du moindre indice et on devine alors rapidement où veut nous emmener l'auteur. De fait, la chute devient prévisible, ôtant ainsi tout l'effet de surprise escompté.
    C'est pourquoi, je me permettrais de donner un conseil pour profiter pleinement de ces histoires qui valent vraiment le détour : les savourer à dose homéopathique, pas plus de deux à la fois.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/La%20collecte%20des%20monstres
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    • Livres 4.00/5
    Par Lostinmypal, le 26 janvier 2012

    Lostinmypal
    Un recueil de nouvelles, normalement, ça se déguste, ça se lit lentement, surtout quand ça porte un titre a priori effrayant.Mais quand des textes sont bien écrits, qu'ils nous épatent presque à tous les coups, on ne peut s'empêcher d'en re-demamder et c'est ainsi que j'ai lu quasiment d'une traite le dernier livre d'Emmanuelle Urien.Les chutes sont cruelles mais pas nécessairement odieuses.
    Aussi bizarre que cela puisse paraître, on se surprend parfois à sourire parce que c'est vraiment bien trouvé (je pense notamment à Cas de figure 38 ou encore Alice attend). D'autres vous glacent les os mais c'est toujours si fort que s'en est un plaisir de lire des horreurs.Vous ne trouverez dans ces histoires que des monstres ordinaires, des monstres qui pourraient être vous, moi, n'importe qui.
    La 4ème de couverture et le bandeau qui va généralement avec le livre disent sobrement : « calme et terrible ». C'est tout à fait ça : on lit des histoires au rythme tranquille du quotidien, il n'y a pas de suspense intenable et pourtant, la fin nous coupe le souffle.A part deux nouvelles qui m'ont laissée un peu froide, j'ai tout simplement adoré le reste. C'est à donner des complexes aux auteurs débutants tellement chaque histoire est rondement menée.
    J'ai beau avoir adoré "Toute humanité mise à part", son précédent livre, "La collecte des monstres" m'a semblé plus fort, plus mûr, limite parfait (la petite marge de manoeuvre c'est parce que je suis sûre qu'une belle carrière attend Emmanuelle alors ce serait dommage de considérer qu'elle est déjà au sommet de son art ;-)
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 19 mai 2010

    claracambry
    Après Zweig, je développe une addiction profonde aux nouvelles d'Emmanuelle Urien. Vous verriez ma tête alors que j'ai terminé « La collecte des monstres », vous seriez surpris ! Yeux comme des soucoupes volantes et la bouche ouverte, bloquée en mode « ébahi » , prête à gober les mouches.
    La collecte des monstres comme le camion poubelle qui sillonne les rues pour enlever les vieux canapés ou les vieux frigos dont personne dont personne ne veut plus. Emmnuelle Urien nous ferait-elle des nouvelles où la vielle télé s'épanche après ses nombreuses années de bons et loyaux services ? Non !
    Ici les monstres sont bien pires… il s'agit du quidam, de votre voisine ou d'une ancienne connaissance.
    Une fois de plus, les âmes sont décryptées sous l'œil aiguisé de l'auteure.
    Et ça bouscule, ça grince ! Emmanuelle Urien manie l'humour noir, le corrosif , l'ironie comme une chimiste .
    Le résultat? 18 nouvelles qui m'ont scotchée et dont les chutes sont de vraies perles… Elles sont un poil plus cynique que « Court, noir, sans sucre »… vous voilà prévenus !
    Un très gros coup de cœur et c'est officiel, je suis devenue accro à cette auteure !


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/05/emmanuelle-urien-la-collecte-..
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    • Livres 5.00/5
    Par kathel, le 15 septembre 2010

    kathel
    Il faut dire tout d'abord que ces nouvelles sont sombres, très sombres ! Je déconseille de les lire un jour de cafard, à moins que le malheur des autres n'ait la particularité de vos requinquer ! L'écriture en est remarquable, concise, elle n'a pas un gramme de trop, ajoutant encore du noir à ces situations impitoyables.
    Comme toujours en lisant des nouvelles, certaines ont nettement ma préférence, elles me parlent davantage sans que je trouve pour autant des défauts aux autres.
    L'homme qu'il me faut : Juliette, 25 ans, physique de rêve, intelligente et drôle, enfin, presque, trouvera-t-elle celui qu'elle cherche ?
    Zone de silence : La petite Aminata, sourde et muette, joue à tracer inlassablement un trait dans la terre devant son immeuble.
    Mergitur : Un soir, dans une voiture, un couple se dispute et se lance de ces vérités qui font mal.
    Zoologique : Nettoyer les cages au zoo est peut-être l'occasion de réfléchir sur les comportements humains.
    Conduite accompagnée : Une conductrice se rend au travail comme chaque jour, mais une voix lui ordonne de suivre une autre voiture.
    En toutes lettres : Recevoir une lettre qui parle de divorce peut vous brouiller les idées.
    Alice attend : Une petite femme effacée fait entrer chez elle depuis quelques temps un SDF.
    Au final, c'est une belle découverte et je retournerai sûrement vers un livre d'Emmanuelle Urien un de ces jours, probablement vers d'autres de ces nouvelles qui savent vous prendre à la gorge d'une manière que j'ai l'impression de rarement avoir rencontrée avant.


    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-31578090.html
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    • Livres 3.00/5
    Par frederiqueM, le 20 octobre 2010

    frederiqueM
    Un conseil : si vous voulez tenter le fou rire au milieu de la nuit, dans la solitude d'un appartement, ne lisez pas Emmanuelle Urien. Ni ses nouvelles, ni son roman "Tu devrais voir quelqu'un" . Non, rien de rien, je vous aurai prévenus. A la rigueur, faites un tour sur son site. Mais méfiez-vous, car si Emmanuelle Urien ne blogue pas (c'est elle qui le prétend), elle déblogue complètement, (c'est moi qui vous le dis) !


    Lien : http://www.frederiquemartin.fr/en-vrac-emmanuelle-urien-christian-co..
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Citations et extraits

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    La promiscuité m’a soulevé le cœur. Je me suis retrouvé dans la masse de ceux dont j’allais, sans le savoir, devenir le semblable, écrasé contre leurs corps, piétinant leurs membres, respirant leur haleine ou les miasmes de leurs terreurs organiques. Dans la mêlée, nous ne formions plus qu’un, nous étions un seul vaisseau en perdition, luttant malgré l’issue déjà fatale. Comme eux, je ne voulais pas sombrer : je croyais qu’il était indispensable de survivre et d’en revenir. Croire que l’on peut revenir de tout, c’est le propre de l’homme. Mais est-il encore homme, celui qui n’a plus rien d’humain ? Sali, souillé jusqu’à l’os par les insultes et l’humiliation, l’honneur en lambeaux, l’orgueil à l’air pire que la tripe, et du sang sur les mains qui ne serait pas que le sien. Je suis devenu chien, porc, e même hyène, j’ai défendu ma vie avec mes dents, je me suis aplati quand elle en dépendait, je n’ai pas hésité à vendre mon frère chien, nous étions tous bâtards gémissant dans nos cages, réclamant pitance, suppliant pour avoir la vie sauve.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Je suis tombé pour complicité dans une affaire de drogue, et je n’en sais guère plus : la drogue, je n’y connais rien, et la complicité, avant d’être déféré, je croyais que c’était bien. Un truc entre deux personnes, des choses qui passent sans qu’on les dise, des regards qui font rire, des verres qui s’entrechoquent et de la mousse qui déborde. Des clichés de télévision. Mais la complicité pour laquelle on m’a accusé n’avait, hélas, rien à voir avec ça.
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