> Carmen Val Julián (Traducteur)

ISBN : 2742710035
Éditeur : Actes Sud (1999)


Note moyenne : 3.15/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Zoé Valdés raconte l'histoire d'une jeune femme qui lui ressemble à s'y méprendre, depuis sa naissance très patriotique à Cuba, le 2 mai 1959, au lendemain d'un glorieux défilé de travailleurs, jusqu'à cette soirée ultime où, trente ans plus tard, en pleine \"période sp... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 16 mars 2012

    le_Bison
    Le Néant quotidien raconte l'histoire d'une femme cubaine qui s'appela Patrie. Une naissance dans la douleur mais marquante : le Che en personne a posé un drapeau cubain sur le ventre de sa mère au début de l'accouchement. Une naissance sous les meilleurs auspices, sauf qu'à Cuba, il n'y a rien. Rien à manger, rien à faire, rien à voir, aucun espoir : c'est ça Le Néant quotidien. Vivre à Cuba, c'est vivre sans aspiration et sans attente.
    Des rêves, Patrie rebaptisée en Yocandra par amour n'en a même plus. A quoi servent les rêves quand la réalité est faite exclusivement du vide. La Havane pourrait être l'une des plus jolies villes du monde. Ces couleurs et ces tons, j'ai en mémoire le film de Wim Wenders, « Buena Vista Social Club ». La Havane est magnifique, un paradis, mais seulement du coté du touriste où sortit de son hôtel 5 étoiles Grand Luxe, il ne peut y trouver que misère et désenchantement. Ils ont voulus construire un paradis, un enfer s'est créé. L'Eldorado n'est pas sur cette île, malgré sa beauté, sa luminosité et sa musique. Là-bas, c'est simplement tickets de rationnement, pénurie et vide. Là-bas, il n'y a même plus d'espoir.
    On pourrait se dire : « l'espoir, c'est partir » ; mais partir pour où, prendre un vieux radeau et chevaucher la mer déclinée en furie déchaînée. Mince espoir ; et puis après, quel avenir ? Devenir une pute exilée comme bon nombre de ces cubaines parties tenter leurs chances sous d'autres cieux… Non, l'avenir est sur cette île, même s'il n'y a rien, même si elle sombre dans le désespoir.
    Et comme toute littérature cubaine, le chapitre VIII est condamné à la pornographie. « Le Néant quotidien » ne déroge pas à cet adage, et ce chapitre change radicalement de ton : il n'est plus question de désespoir et de vide dans ce chapitre ; simplement du sexe, cru et charnel, très démonstratif qui laisse l'esprit vagabonder vers le plaisir de la chaire, et pénétrer l'intimité la plus profonde de Yocandra, comme si l'esprit se trouvait face à un vulgaire film X. Qu'est-ce qui intéressent les gens ? le SEXE, alors je sais qu'avec la description de ce chapitre VIII, vous allez tous vous jeter sur ce bouquin, pour le dévorer et assumer vos fantasmes exotiques…

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 21 décembre 2007

    Woland
    La Nada Cotidiana
    Traduction : Carmen Val Julian
    "Le Néant quotidien", c'est avant tout une gifle magistrale, assenée par la narratrice sur le visage d'un lecteur qu'une regrettable candeur inviterait à considérer encore Cuba et le régime castriste la première comme le Paradis sur la Terre et le second comme une noble assemblée de séraphins réunis pour assurer un bonheur parfait à ceux qui peuplent ce nouvel Eden. La première - comme la dernière - phrase du livre n'est-elle pas d'ailleurs : "Elle vient d'une île qui avait voulu construire le paradis" ?
    A sa naissance, le 1er mai 1959, la narratrice a reçu de ses parents, éblouis par les beaux discours de Castro autant que par cette aura unique qui ne cessera d'entourer son compagnon, "Che" Guevara, le curieux et redondant prénom de "Patria." Les premières douleurs prirent la mère de Patria dans la foule, alors qu'elle s'était déplacée de la Vieille Havane jusqu'à la place de la Révolution pour écouter s'exprimer Fidel Castro. Alors qu'on l'emportait pour la conduire à l'hôpital, elle passa devant la tribune et le Che en personne déposa sur son ventre le drapeau cubain.
    Belle, très belle histoire qui aurait dû faire de la petite Patria une adepte pure et dure de Castro. Hélas ! entre sa naissance et le moment où, jeune femme, elle prend la plume pour nous décrire son quotidien (les problèmes pour se nourrir suite au blocus imposé à l'île par les USA, les problèmes de ravitaillement en eau et en électricité, bref, la misère sans espoir qui s'étale sur Cuba tout entière et que l'on ne peut nommer sous peine de se voir rangé parmi les traîtres et autres ... "fascistes" Wink ), trop de choses sont venues bloquer la voie royale qui paraissait s'ouvrir, en 1959, devant les communistes cubains.
    Et puis, le Che est mort - et c'est comme s'il avait emporté dans sa tombe l'auréole de son ancien compère qui l'avait, il est vrai, peut-être trahi ...
    D'ailleurs, Patria ne veut plus qu'on l'appelle Patria : elle s'est rebaptisée Yocandra.
    C'est donc Yocandra qui nous décrit ses amours entre le Traître et le Nihiliste, son amitié pour la Gusana (surnom ici affectueux et qui vient de "gusano", ver ou moins-que-rien, nom donné par les castristes aux exilés volontaires qui vilipendent le régime en place) enfuie en Europe après avoir épousé un vieil Espagnol et ce vide terrible qui paralyse depuis tant d'années son pays natal.
    Rien, il n'y a rien à Cuba, semble nous dire ce très court roman (142 pages chez Actes Sud ancienne édition). Sinon les erzatz de nourriture, les faux-semblants, la souffrance et la peur. Et l'on pourrait dire de l'espoir que lui aussi s'est exilé depuis longtemps s'il ne demeurait malgré tout au coeur de l'être humain.
    Un texte superbe et lancinant, qui révèle une puissante nature d'écrivain et qui ne peut qu'inciter à lire d'autres oeuvres de Zoé Valdès. ;o)
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 16 mars 2012

    Trois fenêtres grandes ouvertes confirment que la mer existe. Et si elle existe, je suis assise au bord du lit, comme chaque matin, en train de boire à petites gorgées un café noir et amer, en poudre il y a quelques minutes, et liquide à présent. Depuis combien de temps ai-je commencé cette cérémonie matinale ? Boire du café en contemplant la mer, comme si les vagues étaient des fragments de vie. L’eau est fascination lente, sérénité maximale, effroi curieux qui apaise. Je fais la même chose depuis un nombre infini d’aurores, traverser l’écume, le corps hiératique, tandis que l’âme me susurre qu’elle existe, comme la mer. Comme le mal du déséquilibre. En moi, comme partout sur terre.
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  • Par le_Bison, le 16 mars 2012

    Je suis parvenue à la conclusion que l’acte le plus important de ma vie est de me réveiller. Me réveiller de la torpeur imposée par l’épaisse réalité. Me réveiller chaque matin et boire un café en constatant que la mer est toujours là, en la caressant des yeux derrière les fenêtres de mon refuge hexagonal. Me réveiller, boire un café et regarder la mer, telle est ma plus grande ambition. La mer ne partira jamais ? Pourquoi grossit-elle au lieu de se retirer, et déborde-t-elle en faisant disparaître le mur de la jetée, les maisons, en dérobant les objets et les vies ? Quel péché ce peuple a-t-il commis, que la mer lui fait expier avec de plus en plus de hargne ? Pourquoi la mer ne peut-elle s’en aller, se perdre, pour laisser pousser des fleurs à sa place, un immense jardin pour les enfants, les jeunes, les vieillards, pour tout le monde ? Ces derniers temps, la mer est en rogne.
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  • Par Elora, le 02 juin 2010

    Depuis combien de temps ai-je la passion d’alterner jusqu’à l’épuisement les désirs ? Pourquoi essayer de continuer avec l’un ce que je n’ai pas pu terminer avec l’autre ? Aurais-je besoin de vivre en soulignant la différence ? Faut-il s’étendre sur le drame humain du temps ? Pourquoi doit-on penser tant et tant aux jours qui passent ?
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  • Par Elora, le 02 juin 2010

    Quelle est donc cette émotion ancienne qui envahit le silence quand je me rends compte que je respire encore ?
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