"Je suis seule, seule avec mon corps qui ne demande rien, sauf de mourir".
Ce corps, objet de honte, "machine à emmagasiner de la bouffe",elle l'a maltraité, vidé, vomi, jusqu'à être internée "chambre 27" en psychiatrie.
Grace à ce premier livre autobiographique,
Le Pavillon des enfants fous, livre exutoire, témoignage poignant sur l'anorexie et l'hospitalisation,
Valérie Valère, adolescente brillante, triste et solitaire, boulimique d'écriture, a bouleversé ses lecteurs et a connu un franc succés.
L'écriture est pour elle "un moyen de vivre un peu comme les autres".
Alors elle écrit le pourquoi des trente et un kilos ("affreuse et folle, grosse et livide, j'étais devenue horrible et repoussante"), détaille les quatre mois de soins, confie son mal être ("une mort lente... qui vous fait supporter votre incessante souffrance"), évoque ses insomnies,se moque des soignants qu'elle trompe en cachette, parle de ses problèmes notamment par rapport aux transformations du corps et à une éventuelle sexualité supposée "dégoûtante".
Le Pavillon des enfants fous est le document déchirant d'une anorexique dont l'obsession principale (les autres étant vécu comme persécuteurs) est: Vous ne m'aurez pas, c'est moi qui maîtrise et gère ma vie.
Deux autres livres ont suivi: Malika ou un jour comme les autres et
Obsession blanche mais ils n'ont pas suffi à évacuer son désir d'en finir.
Elle est morte à 21 ans le 18 décembre 1982 à Paris.
Emouvant!