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> Philippe Bonnefis (Autre)
> Dolorès Rogozinski (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253002917
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 594 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fils d'un professeur de collège méprisé et d'une paysanne bornée, jules Vallès raconte : « Ma mère dit qu'il ne faut pas gâter les enfants et elle me fouette tous les matins. Quand elle n'a pas le temps le matin, c'est pour midi et rarement plus tard que quatre heures. ... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par madameduberry, le 13 janvier 2014

    madameduberry
    Eprouvante description d'une enfance et de sa misère affective. Non aimé, objet de toutes les pulsions sadiques et défouloir d'une mère bornée, il doit aussi se passer de père, le sien étant méprisé, humilié, et ne valant guère mieux, tout professeur qu'il soit, que son obtuse épouse. Que cet enfant ait pu grandir et se développer intellectuellement malgré le poids de bêtise de méchanceté et de mesquinerie posé sur sa tête pensante, c'est un premier miracle. Qu'il ait été en mesure d'en faire une oeuvre, c'est sûrement l'issue salvatrice qu'il a trouvée. Une résilience, en quelque sorte.
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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 15 avril 2012

    kathy
    Le Puy, 1830.
    « Ai-je été nourri par ma mère ? Est-ce une paysanne qui m'a donné son lait ? Je n'en sais rien. Quel que soit le sein que j'ai mordu, je ne me rappelle pas une caresse du temps où j'étais tout petit : je n'ai pas été dorloté, tapoté, baisotté ; j'ai été beaucoup fouetté"
    Cette phrase inaugurale lance d'emblée la narration en installant le rapport difficile à la figure maternelle. Et la rapsodie de cris, de gifles, de raclées, de pleurs et de disputes assure la trame de l'histoire. Mais ce n'est (peut-être…) pas le pire ! Il ne s'agit pas ici, seulement, d'une histoire d'enfant battu, malheureux, mais l'histoire d'un monde de frustrations intolérables.
    Car, si Madame Vingtras bat Jacques, son fils, à qui mieux mieux, c'est qu'elle croit à des raisons qui lui paraissent vraies et bonnes. Dans une société où règle l'ordre moral le plus obtus, où les hiérarchies sont tout à fait rigides et fondées seulement sur des rapports de forces, tout désir de mouvement qui pourrait déranger l'ordre établi est aussitôt réprimé.
    Or, les parents de Jacques sont des « déclassés vers le haut » : ils viennent du monde paysan et, par les chemins de l'école et des diplômes, ils tentent d'accéder à la classe petite-bourgeoise, tout en souhaitant que Jacques devienne, lui aussi, un « Monsieur ».
    Ainsi, les frustrations de M. et Mme Vingtras trouvent une compensation dans les raclées qu'ils administrent à leur enfant.
    Ainsi, les frustrations de Jacques trouveront une compensation dans la révolte : révolte contre ses parents, -même si Jacques les plaint plus qu'il ne les condamne-, révolte contre l'institution scolaire, révolte contre sa ville de province, révolte contre son milieu, et enfin, révolte contre l'ordre établi puisqu'il s'engagera dans l'action pour la révolution.
    Un livre sur l'enfance malheureuse qui induira FORCEMENT des choix à l'âge adulte : se soumettre, ou alors, oser dire non, avoir la volonté et le courage du refus, s'insurger. Un roman sombre – même si quelques embellies illuminent un peu ce roman, notamment pendant les vacances à Farreyrolles à la campagne chez les tantes où la joie de vivre, les rires, les plaisirs simples permettent à Jacques de se sentir vraiment exister. Un roman émouvant. Un roman éthique.
    Par-dessus le flot d'une génération, un autre romancier entendit la voix de Vallès : Louis-Ferdinand Céline, « Mort à crédit », qui comme dans l'Enfant, dénonçait, lui aussi, toute une jeunesse sous le joug de l'interdit - interdit de ressentir, de bouger, de désirer, d'exister.
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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 17 mars 2012

    olivberne
    L'enfant est un roman difficile, difficile à lire car long et sombre, mais surtout difficile pour les sentiments inédits et absolus de cet enfant qui déteste la société comme elle le déteste. Julles Valles est un révolté de l'enfance et on suit son parcours de souffrance sans complaisance, ni pour lui, ni pour le lecteur. On se révolte avec lui, sans savoir si cette autobiographie représente la vérité ou une réalité transformée pour les besoins de la cause. Pour ceux qui sont originaires de la région stéphanoise, comme moi, c'est un livre fondateur, militant et reconnaissable car il porte le message d'un peuple qui voulait simplement vivre en humain. La société pour cet enfant sera ce que Folcoche, la mère de Bazin, sera plus tard, dans ces romans qui ont su montrer une autre enfance, loin des poncifs habituels.
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    • Livres 3.00/5
    Par DBC-Anais, le 29 août 2015

    DBC-Anais
    L'Enfant est le premier tome de la trilogie autobiographique Jacques Vingtras où Jules Vallès dépeint sa triste vie dans les moindres détails. Dans ce premier tome au titre parlant, il sera question de l'enfance de l'auteur ; ses années de formations scolaires, son évolution sociale, ses liens avec ses parents... le tout dans un contexte de pauvreté extrême. Un roman difficile à lire, assez sombre, très bouleversant.
    Jacques Vingtras - ou plutôt Jules Vallès - est un jeune enfant d'apparence normale, à la maturité déjà très prononcée. Malgré la pauvreté ambiante dans laquelle il vit, loin de se montrer malheureux, il positivise à longueur de journée, apportant de l'espoir tout autour de lui. Pourtant, sa vie est loin d'être gaie. Depuis son plus jeune âge, sa mère le bat sans aucune raison. Elle l'humilie publiquement - par exemple en le forçant à porter des haillons défraîchis pour ne pas user les piètres économies de la famille -, ou le rabaisse constamment. Jacques est une sorte de fardeau pour sa famille. Fils de professeur, ses parents l'obligent à apprendre le grec et le latin pour suivre les traces de son père. Or, le jeune garçon s'épanouit bien plus aux côtés des petites gens qui exercent des activités manuelles. Un choix que se parents ne peuvent concevoir.
    Jules Vallès nous fait l'honneur d'ouvrir sa mémoire aux souvenirs dévastateurs. Grâce à de nombreuses descriptions très réalistes, il dresse un portrait très complet de la misère sociale de son époque et des différences de classes qui existent dans la société. Avec des airs de Victor Hugo ou d'Emile Zola, il met en avant les valeurs humaines, le savoir-vivre et le respect d'autrui, en surpassant les dommages et obstacles du quotidien.
    Les aventures narrées par l'auteur semblent souvent irréalistes - fouetter son enfant par pur égoïsme, ne jamais lui prouver son amour, lui faire clairement comprendre la place et la multitudes de dépenses qu'il occasionne dans la famille -, mais c'est bien là un fait avéré. Malgré que tous et tout tournait le dos à Jacques, le jeune homme a sût faire profil bas et avancer coûte que coûte, sans jamais baisser les bras. de ce fait, grâce à l'espoir nourrit, il réussit à intégrer de grandes écoles parisiennes, il s'engage politiquement et se fait entendre, il arrive à rendre fiers ses parents et même à faire changer littéralement d'attitude sa mère et son père vis-à-vis de sa personne. Il offre donc à tous l'espoir d'un futur meilleur, plus lumineux que tous les présents obscures que nous aurions à traverser.
    Un roman à fendre l'âme. Un style léger, avec une narration à la première personne du singulier, qui rend plus vivant encore l'histoire. Une voix enfantine naïve, pleine d'espoir et de lucidité ; un personnage attachant, bien que bouleversant. Certains passages du livre - dont deux passages qui m'ont le plus frappés, que j'ai cité plus haut dans les extraits -, sont tellement incisifs et brutaux que le lecteur ne sait pas s'il doit ressentir de la tristesse vis-à-vis de l'enfant ou de la colère vis-à-vis des parents. C'est bien écrit, c'est agréable à lire. Même si quelques longueurs se faisaient sentir, elles ne duraient pas longtemps. Les péripéties de Jacques étaient si nombreuses que je n'ai pas pu m'ennuyer un seul instant.
    Se soumettre ou protester, voilà là une difficile question que se pose notre très cher auteur/protagoniste. Une lecture dramatique, une enfance gâchée, rythmée au son de la violence et de beaucoup de misère...

    Lien : http://addictbooks.skyrock.com/3258052562-posted-on-2015-08-25.html
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    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 07 mars 2010

    chartel
    "L'Enfant", premier roman d'une trilogie autobiographique de Jules Vallès avec "Le Bachelier" et "L'Insurgé", donne l'impression d'un règlement de compte de l'auteur envers ses parents, morts tous les deux au moment de la publication du livre. Jules Vallès crève l'abcès d'une éducation violente, tyrannique et sadique, mais tout en nous faisant comprendre , malgré toutes les souffrances qu'il endura, que demeura jusqu'au bout un certain respect et une certaine gratitude vis-à-vis de ses deux géniteurs, sensible à travers la description toujours prégnante des propres souffrances parentales ; cherchant ainsi, si ce n'est à justifier, du moins à comprendre les raisons de sa maltraitance. Il est vrai que le petit Jacques Vingtras a affaire à deux parents particulièrement complexés et névrosés, issus tous les deux d'un milieu modeste, rural et rustre, et cherchant tant bien que mal à intégrer les rangs d'une classe petite bourgeoise provinciale, acceptant pour cela les régulières humiliations des supérieurs hiérarchiques de ce qui s'appelait alors l'Instruction publique.
    Loin du style réaliste façon Emile Zola, Vallès ne s'attarde ni sur la description des situations ou des paysages, ni sur les portraits des personnages, n'aidant pas, en cela, le lecteur à entrer dans ce récit elliptique. Déçu dès les premières pages, je me suis pourtant peu à peu laissé prendre par la charge émotionnelle créée autour des aventures de ce jeune enfant aux parents tortionnaires. La valeur de ce roman tenant, si ce n'est dans son style, du moins dans la dénonciation de cette forme d'égoïsme qui pousse de nombreux parents, surtout chez les bourgeois, à ne voir en leurs enfants qu'un moyen de prolonger leur propre ambition.
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Citations et extraits

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  • Par DBC-Anais, le 23 août 2015

    Je trouve des pères qui pleurent, des mères qui rient : chez moi, je n'ai jamais vu pleurer, jamais rire : on geint, on crie. C'est qu'aussi mon père est un professeur, un homme du monde, c'est que ma mère est une mère courageuse et ferme qui vuet m'élever comme il faut.

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  • Par DBC-Anais, le 22 août 2015

    J'ai le respect du pain. Un jour je jetais une croûte, mon père est allé la ramasser. Il ne m'a pas parlé durement comme il le fait toujourous.
    "Mon enfant, m'a-t-il dit, il ne faut pas jeter le pain ; c'est dur à gagner. Nous n'en avons pas trop pour nous, mais si nous en avions trop, il faudrait le donner aux pauvres. Tu en manqueras peut-être un jour, et tu verras ce qu'il vaut. Rappelle-toi ce que je te dis là, mon enfant !"
    Je le l'ai jamais oublié.
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  • Par DBC-Anais, le 21 août 2015

    Ces questions, on les a reconnues peut-être. Ce sont celles que posait Serge Leclaire dans un très beau livre. Un livre au titre bouleversant, au titre scandaleux : On tue un enfant. Un livre qui nous rappelle à la plus terrible de nos obligations d'adulte, à cette obligation qui nous est faite, à nous autres grandes personnes, d'avoir à renoncer à ce reste d'enfance qui demeure en chacun de nous, comme la nuit sur l'océan un reste de lumière.
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  • Par DBC-Anais, le 21 août 2015

    Ma mère apparaît souvent pour me prendre par les oreilles et me calotter. C'est pour mon bien ; aussi, plus elle m'arrache de cheveux, plus elle me donne de taloches, et plus je suis persuadé qu'elle est une bonne mère et que je suis un enfant ingrat.

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  • Par Away--x, le 12 décembre 2014

    Je souffre de me voir accablé d'éloges que je ne mérite pas, on me prend pour un fort, je ne suis qu'un simple filou. Je vole à droite, à gauche, je ramasse des rejets au coin des livres. [...]
    Pour la narration française, je réussis aussi par le retapage et le ressemelage, par le mensonge et le vol.
    Je dis dans ces narrations qu'il n'y a rien comme la patrie et la liberté pour élever l'âme.
    Je ne sais pas ce que c'est que la liberté, moi, ni ce que c'est que la patrie. J'ai toujours été fouette, giflé, - voilà pour la liberté ; - pour la patrie, je ne connais que notre appartement où je m'embête, et les champs où je me plais, mais où je ne vais pas.
    Je me moque de la Grèce et de l'Italie, du Tibre et de l'Eurotas. J'aime mieux le ruisseau de Farreyrolles, la bouse des vaches, le crottin des chevaux et ramasser des pissenlits pour en faire de la salade.
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Jules Vallès : L'enfant
Dans les murs du Lycée Clémenceau à Nantes, Olivier BARROT présente "L'enfant", roman de Jules VALLÈS, dont il lit un passage.








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