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> Philippe Bonnefis (Autre)
> Dolorès Rogozinski (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253002917
Éditeur : Le Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 491 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Fils d'un professeur de collège méprisé et d'une paysanne bornée, jules Vallès raconte : « Ma mère dit qu'il ne faut pas gâter les enfants et elle me fouette tous les matins. Quand elle n'a pas le temps le matin, c'est pour midi et rarement plus tard que quatre heures. ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 15 avril 2012

    kathy
    Le Puy, 1830.
    « Ai-je été nourri par ma mère ? Est-ce une paysanne qui m'a donné son lait ? Je n'en sais rien. Quel que soit le sein que j'ai mordu, je ne me rappelle pas une caresse du temps où j'étais tout petit : je n'ai pas été dorloté, tapoté, baisotté ; j'ai été beaucoup fouetté"
    Cette phrase inaugurale lance d'emblée la narration en installant le rapport difficile à la figure maternelle. Et la rapsodie de cris, de gifles, de raclées, de pleurs et de disputes assure la trame de l'histoire. Mais ce n'est (peut-être…) pas le pire ! Il ne s'agit pas ici, seulement, d'une histoire d'enfant battu, malheureux, mais l'histoire d'un monde de frustrations intolérables.
    Car, si Madame Vingtras bat Jacques, son fils, à qui mieux mieux, c'est qu'elle croit à des raisons qui lui paraissent vraies et bonnes. Dans une société où règle l'ordre moral le plus obtus, où les hiérarchies sont tout à fait rigides et fondées seulement sur des rapports de forces, tout désir de mouvement qui pourrait déranger l'ordre établi est aussitôt réprimé.
    Or, les parents de Jacques sont des « déclassés vers le haut » : ils viennent du monde paysan et, par les chemins de l'école et des diplômes, ils tentent d'accéder à la classe petite-bourgeoise, tout en souhaitant que Jacques devienne, lui aussi, un « Monsieur ».
    Ainsi, les frustrations de M. et Mme Vingtras trouvent une compensation dans les raclées qu'ils administrent à leur enfant.
    Ainsi, les frustrations de Jacques trouveront une compensation dans la révolte : révolte contre ses parents, -même si Jacques les plaint plus qu'il ne les condamne-, révolte contre l'institution scolaire, révolte contre sa ville de province, révolte contre son milieu, et enfin, révolte contre l'ordre établi puisqu'il s'engagera dans l'action pour la révolution.
    Un livre sur l'enfance malheureuse qui induira FORCEMENT des choix à l'âge adulte : se soumettre, ou alors, oser dire non, avoir la volonté et le courage du refus, s'insurger. Un roman sombre – même si quelques embellies illuminent un peu ce roman, notamment pendant les vacances à Farreyrolles à la campagne chez les tantes où la joie de vivre, les rires, les plaisirs simples permettent à Jacques de se sentir vraiment exister. Un roman émouvant. Un roman éthique.
    Par-dessus le flot d'une génération, un autre romancier entendit la voix de Vallès : Louis-Ferdinand Céline, « Mort à crédit », qui comme dans L'enfant, dénonçait, lui aussi, toute une jeunesse sous le joug de l'interdit - interdit de ressentir, de bouger, de désirer, d'exister.
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    • Livres 4.00/5
    Par madameduberry, le 13 janvier 2014

    madameduberry
    Eprouvante description d'une enfance et de sa misère affective. Non aimé, objet de toutes les pulsions sadiques et défouloir d'une mère bornée, il doit aussi se passer de père, le sien étant méprisé, humilié, et ne valant guère mieux, tout professeur qu'il soit, que son obtuse épouse. Que cet enfant ait pu grandir et se développer intellectuellement malgré le poids de bêtise de méchanceté et de mesquinerie posé sur sa tête pensante, c'est un premier miracle. Qu'il ait été en mesure d'en faire une oeuvre, c'est sûrement l'issue salvatrice qu'il a trouvée. Une résilience, en quelque sorte.
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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 17 mars 2012

    olivberne
    L'enfant est un roman difficile, difficile à lire car long et sombre, mais surtout difficile pour les sentiments inédits et absolus de cet enfant qui déteste la société comme elle le déteste. Julles Valles est un révolté de l'enfance et on suit son parcours de souffrance sans complaisance, ni pour lui, ni pour le lecteur. On se révolte avec lui, sans savoir si cette autobiographie représente la vérité ou une réalité transformée pour les besoins de la cause. Pour ceux qui sont originaires de la région stéphanoise, comme moi, c'est un livre fondateur, militant et reconnaissable car il porte le message d'un peuple qui voulait simplement vivre en humain. La société pour cet enfant sera ce que Folcoche, la mère de Bazin, sera plus tard, dans ces romans qui ont su montrer une autre enfance, loin des poncifs habituels.
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    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 07 mars 2010

    chartel
    "L'Enfant", premier roman d'une trilogie autobiographique de Jules Vallès avec "Le Bachelier" et "L'insurgé", donne l'impression d'un règlement de compte de l'auteur envers ses parents, morts Tous les deux au moment de la publication du livre. Jules Vallès crève l'abcès d'une éducation violente, tyrannique et sadique, mais tout en nous faisant comprendre , malgré toutes les souffrances qu'il endura, que demeura jusqu'au bout un certain respect et une certaine gratitude vis-à-vis de ses deux géniteurs, sensible à travers la description toujours prégnante des propres souffrances parentales ; cherchant ainsi, si ce n'est à justifier, du moins à comprendre les raisons de sa maltraitance. Il est vrai que le petit Jacques Vingtras a affaire à deux parents particulièrement complexés et névrosés, issus Tous les deux d'un milieu modeste, rural et rustre, et cherchant tant bien que mal à intégrer les rangs d'une classe petite bourgeoise provinciale, acceptant pour cela les régulières humiliations des supérieurs hiérarchiques de ce qui s'appelait alors l'Instruction publique.
    Loin du style réaliste façon Emile Zola, Vallès ne s'attarde ni sur la description des situations ou des paysages, ni sur les portraits des personnages, n'aidant pas, en cela, le lecteur à entrer dans ce récit elliptique. Déçu dès les premières pages, je me suis pourtant peu à peu laissé prendre par la charge émotionnelle créée autour des aventures de ce jeune enfant aux parents tortionnaires. La valeur de ce roman tenant, si ce n'est dans son style, du moins dans la dénonciation de cette forme d'égoïsme qui pousse de nombreux parents, surtout chez les bourgeois, à ne voir en leurs enfants qu'un moyen de prolonger leur propre ambition.
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    • Livres 5.00/5
    Par Peluche0706, le 20 août 2014

    Peluche0706
    Jules Vallés se crée un double : Jacques Vingtras. Il raconte son enfance pendant laquelle il a été maltraité par ses parents et par ses professeurs.
    L'auteur a voulu en faire un livre politique au départ mais il l'a réécrit pour en faire un livre de soutien aux droits de l'enfants. Il dédie d'ailleurs le livre aux enfants qui se sont ennuyés en classe ou qui ont été martyrisés par leur maître ou battus par leur parents.
    Malgré les apparences, ce livre contient des passages drôles. Un peu comme Pagnol l'a fait par la suite, il a écrit ses mémoires avec énormément de recul et avec ses yeux d'adulte, il se remémore des périodes de naïveté pour notre plus grande joie. Entre autre, Jules Vallés se souvient que sa mère lui demandait de ne pas dire de gros mots. Pour éviter de le faire, il fallait remplacer les gros mots en question par le mot chose. Ce qui donne des expressions assez drôle comme « chose de bouteille » par exemple... Jules Vallés nous raconte quelques épisodes en pariodant de grands auteurs, entre autre Jean Jacques Rousseau et ses confessions. Il fait alors un drame d'une histoire banale, comme Rousseau (merci les bas de pages!!)
    Le livre est chapitré par grands thèmes, ce qui fait que la chronologie n'est pas forcément respectée. le début de livre est difficile d'ailleurs, parce qu'on saut d'un sujet à l'autre sans véritable transition. On a du mal à s'accrocher aux personnages. On entre d'ailleurs dans l'histoire par le chapitre « ma mère », celle qui le bat d'un rien, qui ne lui montre aucun amour et qui l'humilie en permanence. On rentre vite dans le vif du sujet.
    Ce n'est pas le genre de livre que je lis régulièrement. Je suis tombée sur ce livre sur une liste de Babelio après avoir lu « Le Sagouin » de Mauriac (liste d'enfance malheureuse). Je ne regrette absolument pas cette lecture. J'envisage d'ailleurs de lire les 2 autres tomes « le Bâchelier » et « l'insurgé ». J'ai bien aimé car finalement, même si l'histoire se déroule au 19ème siècle, hormis la maltraitance d'enfant, l'histoire est finalement intemporelle.
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Citations et extraits

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  • Par solasub, le 25 janvier 2012

    Il m’a mis aux arrêts ; – il m’a enfermé lui-même dans une étude vide, a tourné la clef, et me voilà seul entre les murailles sales, devant une carte de géographie qui a la jaunisse, et un grand tableau noir où il y a des ronds blancs et la binette du censeur.
    Je vais d’un pupitre à l’autre : ils sont vides – on doit nettoyer la place, et les élèves ont déménagé.
    Rien, une règle, des plumes rouillées, un bout de ficelle, un petit jeu de dames, le cadavre d’un lézard, une agate perdue.
    Dans une fente, un livre : j’en vois le dos, je m’écorche les ongles à essayer de le retirer. Enfin, avec l’aide de la règle, en cassant un pupitre, j’y arrive ; je tiens le volume et je regarde le titre : ROBINSON CRUSOÉ.
    Il est nuit.
    Je m’en aperçois tout d’un coup. Combien y a-t-il de temps que je suis dans ce livre ? – quelle heure est-il ?
    Je ne sais pas, mais voyons si je puis lire encore ! Je frotte mes yeux, je tends mon regard, les lettres s’effacent, les lignes se mêlent, je saisis encore le coin d’un mot, puis plus rien.
    J’ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la poitrine creuse ; je suis resté penché sur les chapitres sans lever la tête, sans entendre rien, dévoré par la curiosité, collé aux flancs de Robinson, pris d’une émotion immense, remué jusqu’au fond de la cervelle et jusqu’au fond du cœur ; et en ce moment où la lune montre là-bas un bout de corne, je fais passer dans le ciel tous les oiseaux de l’île, et je vois se profiler la tête longue d’un peuplier comme le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l’espace vide de mes pensées, tout comme il peuplait l’horizon de ses craintes ; debout contre cette fenêtre, je rêve à l’éternelle solitude et je me demande où je ferai pousser du pain…

    chapitre XI
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  • Par wiggybis, le 25 juillet 2013

    " Mon enfant, il ne faut pas jeter le pain ; c´est dur a gagner. Nous n´en avons pas trop pour nous, mais si nous en avions beacoup, il faudrait le donner aux pauvres. Tu en manqueras peut-etre un jour, et tu verras ce qu´il vaut. Rappelle-toi ce que je te dis, mon enfant ! "
    Je ne l´ai jamais oublie.
    Cette observation, qui, pour la premiere fois peut-etre dans ma vie me fut faite sans colere, mais avec dignite, me penetra jusqu´qu fond de l´ame ; et j´ai eu le respect du pain depuis lors.
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  • Par Orphea, le 18 octobre 2010

    Ma mère apparaît souvent pour me prendre par les oreilles et me calotter. C'est pour mon bien ; aussi, plus elle m'arrache de cheveux, plus elle me donne de taloches, et plus je suis persuadé qu'elle est une bonne mère et que je suis un enfant ingrat.
    Oui, ingrat ! car il m'est arrivé quelquefois, le soir, en grattant mes bosses, de ne pas me mettre à la bénir, et c'est à la fin de mes prières, tout à fait, que je demande à Dieu de lui garder la santé pour veiller sur moi et me continuer ses bons soins.
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  • Par kathy, le 13 avril 2012

    Ma grand'tante Agnès a bien soixante-dix ans, et elle doit avoir les cheveux blancs; je n'en sais rien, personne n'en sait rien, car elle a toujours un serre-tête noir qui lui colle comme du taffetas sur le crâne.(...)
    Pour tout dire, sa tête rappelle, par le haut, à cause du serre-tête noir, une pomme de terre brûlée et, par le bas, une pomme de terre germée : j'en ai trouvé une gonflée, violette, l'autre matin, sous le fourneau, qui ressemblait à grand'tante Agnès comme deux gouttes d'eau.
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  • Par MarcBibliotheca, le 17 février 2010

    bibliotheca l enfant

    "Ai-je été nourri par ma mère ? Est-ce une paysanne qui m’a donné son lait ? Je n’en sais rien. Quel que soit le sein que j’ai mordu, je ne me rappelle pas une caresse du temps où j’étais tout petit : je n’ai pas été dorloté, tapoté, baisotté ; j’ai été beaucoup fouetté.

    Ma mère dit qu’il ne faut pas gâter les enfants, et elle me fouette tous les matins."
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Jules Vallès : L'enfant
Dans les murs du Lycée Clémenceau à Nantes, Olivier BARROT présente "L'enfant", roman de Jules VALLÈS, dont il lit un passage.








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