Croire aux fées, ça n'est pas donné à tout le monde. En rencontrer une l'est encore moins. Pour ceux qui y voient transparence et fadeur, moi je vois la simplicité de la fantaisie et de la sincérité. Pour ceux qui estiment que
Van Cauwelaert tire de trop grosses ficelles, moi je vois qu'une leçon implicite est donnée. C'est la légèreté qui, ici, a tout son poids. Encore faut-il lire entre les lignes. Quand un homme veut rendre ses illusions à son fils, pourquoi soupirer ? Qu'une caissière irakienne joue les Amélie Poulain, et que ça fonctionne, pourquoi pas ? Quand on laisse la place aux rêves d'enfance et à l'espoir, faut-il y voir un sujet mille fois ressassé? Peut-être... ou peut-être pas.
Ça ne paie pas de mine aux neurones, c'est vrai, mais ça en paie au coeur, et c'est déjà bien. On sent que l'auteur ne cherche pas à en faire des tonnes.
Ça pourrait n'être qu'une bluette sentimentale, et pourtant c'est davantage. Par la grâce de Didier van Cauwelaert et de tous les concepts et sentiments qui viennent sous-tendre l'histoire, c'est une photo assez fidèle d'un monde en évolution, celui où nous vivons, et d'une mentalité en pleine mutation, celle de notre société occidentale à l'heure de tous les bouleversements technologiques. Et puis, intégrer l'histoire de l'Irak si tôt (2000), ça n'est pas mal et assez prémonitoire.
C'est un ouvrage tout à fait recommandable. En outre, ça se lit très facilement.