Ce roman est pour le moins désarçonnant. Ce qui concerne la vie après la mort intrigue. Peut-être parce que la notion de "l'après" est une question qu'on se pose tous un jour ou l'autre, surtout lorsque la mort flirte de trop près avec notre existence. Sans doute aussi un moyen d'exorciser ses craintes que celui de se plonger dans des récits légers et délassants.
J'ai beaucoup apprécié la fiction de van Cauwelaert, l'histoire de Jacques Lormeau qui vient de mourir paisiblement à 34 ans, laissant derrière lui une femme, un fils, une maîtresse, des amis, une vie entière. Un phénomène étrange se produit, il contemple sa propre mort, ses funérailles, les réactions de ses proches, l'amour qu'il redécouvre pour les siens et qu'il aimerait tant partager avec eux.
Un joli discours sur la vie que ce récit de mort, une manière de nous dire "Profitez tant que vous le pouvez, après il sera peut-être trop tard" . de beaux passages sur l'âme qui vagabonde, sur ce passage obligatoire dans laquelle elle doit évacuer ses tourments afin d'avoir une chance d'accéder à un certain repos, sur la personnalisation des actions à accomplir en vue de se sentir en paix avec soi-même, et de partir explorer d'autres horizons.
On pourrait reprocher à ce roman d'être simple, à la limite du cliché et de l'histoire facile. En effet, un homme qui n'a pu, de son vivant, témoigner à sa femme et son fils l'affection dont ils avaient tant besoin, s'en veut après sa mort et trouvera le repentir à travers le regard d'un jeune autiste qu'il va aider. Cela donnerait sans doute lieu à une fiction américaine comme il en existe tant. Mais au-delà, l'angoisse de la mort est présente, tellement présente que
Van Cauwelaert a utilisé tous les stratagèmes possibles : humour, chagrin, caricature, déraison, cynisme… autant de sentiments humains qui aident à affronter ce que l'esprit ne veut pas voir.
Un roman pas foudroyant d'originalité certes, pas non plus le meilleur de l'auteur à mon avis (et ce malgré son prix Goncourt), mais que j'ai trouvé très agréable à lire. Personnellement, j'en ai gardé un très bon souvenir.