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ISBN : 2253145645
Éditeur : Le Livre de Poche

Note moyenne : 3.61/5 (sur 296 notes)
Résumé :
Je suis mort à sept heures du matin. Il est huit heures vingt-huit sur l'écran du radio-réveil, et personne ne s'en est encore rendu compte. Ainsi commence l'aventure de Jacques Lormeau, trente-quatre ans, quincaillier à Aix-les-Bains. Comment parviendra-t-il à se faire entendre, à se glisser dans les pensées de la femme qu'il aime, dans les rêves de son fils? Comment échappera-t-il à ceux qui le retiennent avec leurs mesquineries, leurs rancunes, leurs fantasmes? S... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Ode
15 février 2015
  • 3/ 5
Et si l'on dédramatisait un peu la mort ? Si je devais retenir une seule qualité de la vie interdite, ce serait celle-ci.
Quand Jacques Lormeau se réveille ce matin-là, quelque chose cloche. Il flotte au-dessus de son corps, dans la caravane où il avait élu domicile, au pied de la maison où habitent sa femme Fabienne et son fils Lucien. Il semblerait qu'il soit mort dans la nuit, dans les bras de Naïla, mais personne ne s'en est encore rendu compte. Naïla partie sans se douter de rien, c'est finalement Mlle Toussaint, une vieille cliente de la quincaillerie familiale, qui le découvre mort… Et Jacques regarde tout ce petit monde s'agiter tandis que son esprit a du mal à quitter la caravane : sa femme qui est plus atteinte qu'elle ne le prétend, sa maitresse qui se fait discrète, son fils qui cache son chagrin, son père qui reprend du service à la quincaillerie, trop heureux d'aider Fabienne, et le bon Alphonse, l'éternel vendeur-nounou qui l'a pratiquement élevé et qui est avec la soeur de Jacques une des rares personnes à le défendre…
C'est avec ce roman, lu sur les conseils d'un ami, que j'ai découvert Didier van Cauwelaert. Et quel plaisir ! Même sur un sujet aussi tragique, il est arrivé à me faire rire, tout en rendant son personnage attachant. Car Jacques est un doux rêveur, passionné de peinture, qui est à côté de la plaque à la quincaillerie, et plus généralement dans la vie quotidienne. À Aix-les-Bains, chacun le respecte parce qu'il est le fils du patron, mais on sait bien que c'est Fabienne qui tient la boutique. J'ai savouré cette aventure ésotérique et la truculente galerie de portraits qui l'accompagne, car nombreux sont ceux à se presser au chevet du défunt qui n'a jamais été aussi populaire de toute sa vie. Ma préférence va sans hésiter à la vieille Mlle Toussaint, qui a quitté clandestinement le bénitier pour Bouddha et s'efforce de libérer l'âme de Jacques pour le faire progresser malgré lui dans son karma. À mourir de rire ! (OK, OK, elle était facile, celle-là)
Cependant, si l'histoire démarre assez fort, avec une mise en situation à la fois intense et burlesque, j'ai ressenti un petit coup de mou dans le dernier tiers du livre, comme si l'auteur ne savait pas comment finir et tournait en rond avec son âme en peine. Oui, « L'éternité c'est long. Surtout vers la fin. »
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missmolko1
05 octobre 2014
  • 2/ 5
Après avoir adoré "Les témoins de la mariée" ou encore "L'éducation d'une fée", j'étais impatiente de retrouver la plume de Didier van Cauwelaert. Mais malheureusement ici le charme n'a pas opéré.
J'ai d'abord trouvé la narration confuse. le personnage principal est mort et son esprit rode. Il voit donc les réactions de ses proches mais il se remémore aussi des souvenirs et c'est la que j'ai perdu pied. J'avais beaucoup de mal a discerner le passé et le présent.
Ensuite, j'ai trouvé qu'aucun des personnages ne sort vraiment du lot. Aucun n'a fait que je m'attache au récit, me donne envie de poursuivre la lecture.
Bref, je crois que pour ce livre les avis seront forcement très enthousiastes ou au contraire vraiment négatif, on aime ou on aime pas. Je fais partie de la seconde catégorie. En tout cas pour ceux qui ne connaissent pas encore l'auteur, je vous invite vraiment a le lire.
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heartnsoul
27 septembre 2016
  • 5/ 5
J'ai choisi de découvrir l'univers foisonnant de Didier van Cauwelaert via le roman « la vie interdite » paru en 1997 et qui a reçu le grand prix des Lecteurs du Livre de poche en 1999.
J'avais déjà entendu de cet auteur à succès mais ne m'étais jamais vraiment intéressé à ses écrits. C'est suite à une longue discussion avec ma femme, fervente lectrice de van Cauwelaert et qui m'a fait l'éloge du roman « un objet en souffrance » que ma curiosité a été piquée au vif.
L'histoire démarre par la mort du narrateur Jacques Lormeau, et nous entraine durant tout le livre au côté de son âme (ou de son esprit) qui flotte au-dessus de ses proches qui vont vivre ce drame chacun à leur manière.
Si le narrateur est spectateur, il est de même pour nous lecteur qui prenons un véritable plaisir à découvrir les bons et les mauvais côtés de la victime comme ceux de ses amis ou de sa famille.
Le style de l'auteur est très plaisant à lire et bien que ce récit soit fantastique, il nous est facile de comprendre où l'auteur veux nous emmener et sur quelles thématiques il veut nous faire réfléchir.
La vie après la mort est le sujet central mais à travers ce récit se pose aussi la question du souvenir, de la mémoire des proches disparus, du vide qu'ils laissent et des révélations intimistes qui peuvent remonter à la surface de la Terre une fois le gardien des secrets parti pour un autre monde.
La lecture de ce roman fut un véritable plaisir et je recommande donc à ceux qui ne connaisse pas l'auteur de se procurer ce livre où l'humour réussi à dédramatiser la mort.
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carre
31 janvier 2012
  • 4/ 5
Jacques Lormeau, trente-quatre ans, quincaillier à Aix-les-Bains est mort à 7 heures du matin. Et pourtant Van Cauwelaert va en faire le narrateur de son roman . le prix Goncourt 1994, nous entraîne, dans les pensées du défunt et celles de ces proches. Une nouvelle fois, l'auteur s'intéresse à ce passage de vie à trépas mélant suspense, tendresse et humour. Il devient le spectateur de l'émoi susciter par sa mort, mais aussi les mesquineries alors qu'il ne peut plus rien dire, rien faire pour s'expliquer, pour dialoguer. Et si au lieu de courir àprès le bonheur, on vivait l'instant présent ? Van Cauwelaert réussit avec la vie interdite à mon avis son meilleur livre.
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Clelie22
09 juillet 2015
  • 4/ 5
Une comédie, c'est quand le héros se marie à la fin. Une tragédie, c'est quand il meurt. Et quand il meurt au début, qu'est-ce que c'est ? Je ne sais pas mais, en tous cas, j'ai passé un agréable moment avec Jacques Lormeau, artiste-quincailler à Aix-les-Bains, mort depuis peu, âme errante faisant le bilan d'une vie à côté de laquelle il est passé.
Le style de Didier van Cauwelaert et l'humour qu'il met dans son récit m'ont fait passé un bon moment mais, ce que j'ai le plus apprécié, c'est la grande délicatesse avec laquelle il dévoile peu à peu les sentiments des personnages (pour improbables qu'ils soient). La femme de Jacques, en particulier, est un personnage étonnant. Cette ex-miss d'extraction modeste, devenue reine de la quincaillerie apparaît, au début, comme la peau de vache de service, comme une femme dominatrice, incapable de comprendre la fantaisie de son artiste de mari. Mais, peu à peu, une autre femme se révèle sous la carapace, femme touchante dont on comprend mieux l'attitude sévère.
Certains lecteurs semblent s'être ennuyés dans ce roman mais cela n'a pas été mon cas. Je me demandais toujours ce qui allait arriver à Jacques, où tout cela allait le mener (je n'avais pas de crainte de le voir mourir...). A tel point, qu'après avoir refermé le livre sur le mot de la fin, je me demandais parfois : "qu'est-ce qui va se passer ensuite ?" avant de réaliser que j'avais déjà fini ma lecture.
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Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
OdeOde15 février 2015
— Jacques ?
Avec une force étonnante pour son gabarit de porcelaine, elle me retourne. En découvrant mon visage raidi, la bouche entrouverte, les yeux fixes, elle réprime un mouvement de recul, mord son poing et s’exclame :
— Formidable !
Puis elle ajoute plus bas, en s’adressant à la cloison du coin-toilettes, quarante centimètres au-dessus de ma tête :
— N’ayez pas peur : je suis là. Vous êtes mort, précise-t-elle. Mais tout ira bien, je vais vous aider. Restez tranquille, détendez votre corps mental, vous êtes dans l’état intermédiaire où vous ne risquez rien. Je reviens tout de suite.
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mandarine43mandarine4309 août 2011
[ Incipit ]

Je suis mort à sept heures du matin. Il est huit heures vingt-huit sur l'écran du radio-réveil, et personne ne s'en est encore rendu compte. Le roman sur lequel je me suis endormi hier soir s' est refermé autour de mon pouce.
Dans un premier temps, naturellement, j'ai pensé qu'il s'agissait d'un cauchemar et que le bulletin météo de Savoie FM allait me replonger comme tous les matins, à neuf heures, dans la réalité commune. Mais l'étrangeté de ce rêve à image fixe - mon corps immobile qui ne respire plus, vu de l'extérieur en plan large avec effet de plongée - a fini par lézarder cette hypothèse. Encore incrédule bien que déjà résigné, j' ai passé en revue mes souvenirs de la nuit, cherchant une angoisse, une douleur, une rupture, mais je n'en ai retiré qu'un sentiment de continuité qui me laisse sans prise.
Fabienne avait levé le rideau de fer à six heures et demie, comme tous les jours, pour approvisionner les chantiers. Un moment plus tard, elle a ouvert la porte donnant sur le jardin de derrière, et lancé :
- Jacques, tu as la référence des brûleurs gaz-de-ville pour M. Ruinilloz ?
La dernière pensée que j 'aie formulée de l'intérieur, le nez dans l'oreiller, a été : « Faisons le mort. » C'est réussi.
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Clelie22Clelie2221 juin 2015
Sa vie amoureuse a commencé chez les religieuses. Bouleversé par Julie Charles, dont la tuberculose avait inspiré de si beaux vers à son ancêtre adoptif, il voulut reprendre le flambeau. Une des soeurs ayant attrapé une mauvaise toux, il tomba en adoration et tenta un matin de la culbuter sur son prie-Dieu. Chassé du couvent à quatorze ans et demi, il erra par les campagnes, son grand livre de poèmes serré sous le bras, se louant dans les fermes d'où on le renvoyait généralement à l'approche de l'hiver, quand débutaient les bronchites. Puis la guerre l'avait détourné un temps de sa quête poétique. Démobilisé, décoré, engagé dans la quincaillerie, sa nouvelle position sociale avait décuplé son besoin de muse. Après avoir démembré cinq ou six curistes par ses assauts passionnés, il s'était résolu, dans les années cinquante, sur plainte du syndicat d'initiative, à satisfaire dorénavant ses pulsions charnelles avec des prostituées de constitution robuste, et à garder la clientèle des eaux thermales pour l'idéal cristallisé.
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PaulineSUZANNEPaulineSUZANNE03 mai 2014
Mon père, dans un accès de violence inattendu, vire le metteur en bière, beuglant que je logerai dans le pin stratifié taille unique vendu par les centres Leclerc, et voilà, toujours assez bon pour donner aux vers, sale profiteur, qu'est-ce que ça veut dire "garantie à vie", foutez-vous-le-au-cul, votre doublage en plomb, et laissez mon fils tranquille, où qu'il soit; ce n'est pas vous qui allez me le rendre!
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milamiragemilamirage20 juillet 2011
Pourquoi ne fait-on l'effort de comprendre les autres que lorsqu'ils ne nous gênent plus ? Elle avait tout pour me fournir l'amour qui remplit une vie et nourrit une œuvre. Mais j'ai cherché ailleurs pour me croire libre.
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Vidéo de Didier Van Cauwelaert
Didier van Cauwelaert nous présente son dernier livre : « Au-delà de l'impossible »
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