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ISBN : 229035130X
Éditeur : J'ai Lu (2007)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.85/5 (sur 1063 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un arbre pousse-t-il en une seule nuit sans que personne l’ait planté? Rude énigme sur laquelle vont buter les trois chercheurs - Matthias le préhistorien, Marc le médiéviste et Lucien le fou de la Grande Guerre - qui habitent chacun un des étages de la maison toute pou... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ChristopheM, le 18 novembre 2012

    ChristopheM
    Debout les morts (1995)
    C'est avant tout le quatrième roman de Fred Vargas. Genre policier, un peu satirique. Un ton ironique dans le Paris de l'époque. 1995.
    Sophia Siméonidis, cantatrice à la gloire passée, aperçoit un hêtre dans son jardin, un matin. Il n'était pas là le jour avant. Interloquée, elle ne sait pas d'où il vient. Son mari, Pierre s'en fou. Une relation qui ressemble fortement au couple de voisins dans la série télé américaine crée par Sol Saks « Ma sorcière bien aimée ». Vous savez, oui ! Les Kravitz, Charlotte, la dame en bigoudi, peignoir, qui épie les Stevens à la fenêtre et crie : « Albert ! Les Stevens ! » le mari ne s'y intéresse pas du tout, il souffle de lassitude.
    Marc, médiéviste, rêveur, galère, ne garde pas ses petits boulots, vit avec son parrain, vieil oncle, ancien commissaire Vandoosler, relevé de ses fonctions, un vicieux au boulot, un bon vivant. Mathias, sage, préhistorien. Lucien, professeur, capricieux historien de la Grande Guerre 14-18, contemporanéiste. Dans la merde, ils décident de vivre ensemble dans la maison pourrie, ils deviennent les voisins de Sophia. Des chercheurs du temps, qui pourrait ne pas s'entendre, chacun ne comprenant pas l'intérêt d'étude de l'époque de l'autre. L'atout primordial qui les réunit, c'est d'être dans la merde. Et partager un loyer devient une idée pratique pour sortir de l'errance et l'impasse dans laquelle ils errent.
    Un autre point commun est soulevé par Lucien en page 27, après leur premier repas pris sur leurs genoux devant la cheminée :
    « le feu, est un point de départ commun. Modeste, mais commun. Ou un point de chute, comme on voudra. À part la merde, c'est à ce jour notre seul point d'alliance connu. Ne jamais négliger les alliances. »
    L'arbre pousse, Sophia observe ses nouveaux voisins pendant les travaux d'aménagements. Finalement, elle leur rend visite et leur propose un marché. Creuser en dessous de l'arbre et voir ce qu'il s'y cache. Une combine bien payée pour acheter le silence et la discrétion. Des habitudes s'installent après ce marché, tout le monde se retrouve au restaurant « le Tonneau » chez Juliette, appelé le front de l'Est, à l'opposé de la maison de Sophia, le front de l'Ouest. Distinction à l'origine de Julien. Mathias y est engagé. La routine, les liens de bons voisinages et d'amitiés se resserrent. Puis Sophia disparaît.
    Relevé comme amusant aussi. le système chronologique des paliers de la maison pour chaque époque d'études établi par les locataires. Mathias au premier, Marc au deuxième, Lucien au troisième et enfin le parrain commissaire au quatrième. Les évangélistes, st Mathieu, Marc, Luc… nommé par Vandoosler…Tiens ! En chipotant un peu, petite anagramme : Vandoosler, vous y retrouverez le mot « looser » en anglais qui signifie le perdant, le raté, et correspond bien au personnage.
    Une organisation militaire s'installe pour enquêter et retrouver Sophia. Même si Vandoosler devient vite le meneur dans l'enquête. Chacun y met du sien, et les caractères se complètent pour tempérer, élaborer des stratégies, explorer de nouvelles pistes. Pour quatre chercheurs du temps, l'accumulation des questions est croissante, une incroyable toile se tisse, remontant en 1978, soit près de 18 ans plus tôt. La fouille dans le temps passé est ce que les évangélistes maitrisent le mieux. Deux personnages s'ajoutent et complexifie la donne, Alexandra et son fils et plus tard Christophe Dompierre sur l'enquête également. Les soupçons entraînent des révélations et de nouvelles recherches. Les morts se lèvent et s'ajoutent. « Debout les morts » est le réveil du passé, de vérité cachée, des corps parlent. Un départ simple qui ne laisse pas sous-entendre une affaire qui se complexifie de manière exponentielle. La logique des chercheurs en histoire combinée à celle du commissaire est une machine aux rouages inébranlables et d'une efficacité redoutable. Lucien citera une phrase importante pour résumer l'orientation à prendre dans l'amoncèlement d'idées qui tend vers un chaos en page 220.
    « L'enquête des paroxysmes oblige à se confronter à l'essentiel qui est ordinairement caché »
    Une phrase majeure qui révèle plusieurs points.
    Le paroxysme est le sommet, le niveau le plus élevé du déroulement de quelque chose. Cela veut dire que dans un événement majeur aux conséquences catastrophiques, une vérité beaucoup plus simple se cache ou pourrait se cacher derrière. Provoquer un imbroglio par la manipulation pour que personne ne remarque une autre idée a immiscer, un acte à commettre. Tout porte à croire que le coupable est un tel. Des questions courantes ressortent. Au-delà des grandes guerres passées et actuelles, quelle était la motivation, autre que le racisme ? Les relations géopolitiques internationales ? le pouvoir ? L'argent ?
    À travers cette phrase, le lecteur pourra remarquer aussi que par l'intermédiaire des caractères des personnages, l'auteur illustre intelligemment le propos de Lucien. Mathias représente cet essentiel, ce qui le rend presque insignifiant, subvenir à ses besoins primaires, dans une société qui pousse l'individu à la consommation. Marc, son parrain et Lucien, entre autres, sont les différentes facettes qui nourrissent le paroxysme. Les individus emportés par ces tempêtes d'idéaux, de style de vie, de relations avec l'autre, de paraître, les victimes de la société de consommation.
    Un roman court à l'intrigue futée. Une tendance Agatha Christie, sans les manières, « no bling bling » tape à l'œil, pas de BCBG (bon chic bon genre) pour séduire un lectorat. Un tout sans ficelles frappantes et faciles pour dénouer l'affaire ou sauver la continuité du texte. de minutieux raisonnements mis de bout en bout donnent un ouvrage abouti. Très logique, au décor passé en arrière-plan, presque aussi insignifiant que Mathias le sage. L'essentiel, très réussi, est l'enquête. La situation cocasse dans laquelle se retrouvent ces chercheurs en histoire qui n'ont rien d'autre à faire que de se plonger dans l'aventure. L'ambiance est plus comique, tragique que macabres. C'est la galère, certes, mais ensemble c'est une difficulté plus vivable que seule. Des personnages qui démontrent que leur savoir réuni à son utilité bien plus que chacun séparément. Une crainte de retrouver un roman de Glen Cooper séduisant, mais imparfait comme « le testament des templiers », du fait que Fred Vargas est chercheur en histoire et archéologie, est un a priori qui sera très vite balayé dès les premières pages. Une performance surprenante, une très belle surprise. Comme quoi, il est possible de proposer une histoire courte et parfaite.


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    • Livres 4.00/5
    Par nina2loin, le 06 août 2012

    nina2loin
    Debout les morts est mon troisième roman de Fred Vargas. Agréablement surprise de sortir des sentiers battus d'un polar classique, cette histoire est une bouffée d'oxygène. Il y règne une ambiance, à commencer par la baraque pourrie comme le disent les protagonistes. L'histoire de ces trois amis historiens désargentés qui se retrouvent dans une grande maison rénovée succinctement, en cohabitation avec un vieux policier, parrain de l'un d'entre eux, est fort attrayante. C 'est par le fruit du hasard qu'ils vont enquêter sur la disparition de leur voisine car le mystère plane.
    La lecture de ce roman clair et bien construit aux dialogues ponctués d'humour fin tout au long de l'histoire est très plaisante, un vrai régal. Des amateurs qui enquêtent, ça change et ça m'a bien plu.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 22 février 2012

    carre
    Qu'elle plaisir de retrouver nos trois étudiants d'histoire après " Ceux qui vont mourir te salut", le trio d'historiens désargenté va devoir enquêter sur l'apparition d'un arbre dans le jardin de Sophia Siméonidis puis sur la disparition de la cantatrice. Et Vargas de nous embarquer dans une aventure implacable ou la noirceur du propos est atténué par un brin d'humour et par des personnages haut en couleurs. le plaisir du lecteur est à son comble tant Vargas passionne et intrigue avec ces histoires alambiquées. le retour de nos trois étudiants dans cette aventure est franchement agréable. Ne passez pas à côté de Vargas en règle générale, c'est une grande.
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    • Livres 4.00/5
    Par Cylhis, le 16 novembre 2011

    Cylhis
    La couverture m'a attirée, de même que le titre. Et cette histoire d'arbre, arrivé là dans le jardin de Sophia sans crier gare, sans qu'elle s'en aperçoive, a attisé ma curiosité. Je devais lire, pour savoir.
    Sophia Siméonidis découvre un beau matin qu'un hêtre se trouve au fond de son jardin sans que son mari ni elle-même n'y soient pour quelque chose. Il est arrivé là, sans raison. Cela l'intrigue, c'est compréhensible, alors que son mari s'en contrefout. du coup, elle veut savoir pourquoi, et s'il cache quelque chose. Ses nouveaux voisins, ceux qui ont emménagé dans "la baraque pourrie" semblent bien être "dans la merde". le genre de personnes parfaites pour accepter son offre. Marc est historien spécialiste du Moyen Âge, Mathias est historien spécialiste de la Préhistoire et Lucius est spécialiste de la Guerre 14-18. Lorsque la cantatrice sonne chez eux pour leur demander ce service moyennant rétribution, le "parrain" de Marc, qui vit également avec les trois hommes, les poussent à accepter. Il faut dire que c'est un ancien policier, et la curiosité l'anime…
    J'ai beaucoup aimé ce roman. Il se lit très facilement, très vite. Je ne pourrais pas dire qu'il est original et révolutionne le genre, mais les héros de l'histoire ne sont pas des flics, ni des meurtriers, juste des historiens. Il faut le lire, pour s'en faire une idée, et surtout pour passer un bon moment !
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    • Livres 4.00/5
    Par elobe, le 14 janvier 2013

    elobe
    Grâce au challenge ABC, j'ai enfin pour lire un Fred Vargas, ce n'est pas les opportunités qui manquaient mais belle est bien la motivation. Je dois avouer que j'ai pris ce bouquin sur une brocante uniquement parce qu'il me permettait de compléter un lot, par la suite je l'ai oublié sur une étagère puis je l'ai ouvert 2 ou 3 fois sans aller plus loin que la 1ère page, grossière erreur.
    Fred Vargas nous mène par le bout du nez du début à la fin et c'est franchement pas désagréable je dois le reconnaitre, car non seulement l'intrigue est là, mais en plus c'est formidablement bien écrit. Puis que dire de Saint Mathieu, Saint Luc et Saint Marc nos 3 évangélistes adorés si ce n'est qu'ils sont touchants et absolument complémentaires.
    Merci Dame Vargas pour ce bon moment.
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Citations et extraits

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  • Par Arieste, le 26 novembre 2012

    Lucien, qui avait bu l'équivalent de vingt gobelets en carton, n'avait pas pu passer l'étape des premières marches et dormait sur la cinquième. Marc et Mathias l'attrapèrent chacun par un bras.

    Vandoosler, en parfaite forme, avait raccompagné Sophia jusqu'à sa porte et entrait.

    - Jolie toile, commenta-t-il. Les trois évangélistes aggripés les uns aux autres et abordant l'impossible ascension.

    - Bon sang, dit Mathias en soulevant Lucien, pourquoi l'a-t-on installé au troisième étage ? On ne pouvait pas deviner qu'il pouvait boire comme un trou, dit Marc. Et souviens-toi qu'il n'y avait pas moyen de faire autrement. L'ordre chronologique d'abord : au rez-de-chaussée, inconnu, mystère originel, merdier général, foutoir en combustion, bref, les pièces communes. Au premier étage, légère émergence du chaos, balbutiements médiocres, l'homme nu se dresse en silence, bref, toi, Mathias. Montant plus avant dans l'échelle du temps...

    - Qu'est-ce qu'il a à brailler comme ça ? demanda Vandoosler le Vieux.

    - Il déclame, dit Mathias. C'est tout de même son droit. Il n'y a pas d'heure pour les orateurs.

    - Montant plus avant dans l'échelle du temps, continua Marc, bondissant par-dessus l'Antiquité, abordant de plain-pied le glorieux deuxième millénaire, les contrastes, les audaces et les peines médiévales, bref, moi, au deuxième étage. Ensuite, au-dessus, la dégradation, la décadence, le contemporain. Bref, lui, continua Marc en secouant Lucien par le bras. Lui, au troisième étage, fermant de la honteuse Grande Guerre la stratigraphie de l'Histoire et celle de l'escalier. Plus haut encore, le parrain, qui continue de déglinguer les temps actuels à sa manière bien particulière.

    Marc s'arrêta et soupira.

    - Tu comprends, Mathias, même si c'est plus pratique de loger ce type au premier, on ne peut quand même pas se permettre de bouleverser la chronologie, de renverser la stratigraphie de l'escalier. L'échelle du temps, Mathias, c'est tout ce qu'il nous reste ! On ne peut pas massacrer cette cage d'escalier qui demeure la seule chose qu'on ait mise dans le bon ordre. La seule, Mathias, mon vieux ! On ne peut pas la saccager.

    - Tu as raison, dit gravement Mathias. On ne peut pas. Faut monter la Grande Guerre jusqu'au troisième.
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  • Par Rabanet, le 09 juillet 2009

    "La connerie militaire et l'immensité des flots sont les deux seules choses qui puissent donner une idée de l'infini."

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  • Par Chrystaal, le 01 avril 2012

    (rencontre entre Alexandra et Cyrille et les "trois Saints")

    - ...Lucien file moi ta cravate. Grouille.
    - Ma cravate? Pourquoi faire tu vas l'attraper au lasso ?
    - Imbécile, dit Marc. C'est pour ne pas faire peur, c'est tout. La cravate il arrive que ça rassure un peu
    ....
    - Faut bouffer, dit Matthias.Personne n'a peur de quelqu'un qui bouffe
    Matthias attrapa la planche à pain et coupa deux grosses tartines. Il en passa une à Lucien
    ...
    Matthias et Lucien avait commencé à machonner leur grosses tranches quand Marc rentra, poussant avec douceur devant lui une jeune femme silencieuse, fatiguée, serrant contre elle un enfant assez grand. Marc se demanda fugitivement pourquoi Matthias et Lucien mangeait du pain.
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  • Par Ys, le 04 janvier 2012

    Ne jamais dire deux fois merde à un flic, Alexandra. Avec moi, aucune importance. Mais lundi, attention. Leguennec ne bougera pas, mais il n'aimera pas. Ne lui dites pas merde. De toute façon, on ne dit pas merde à un Breton, c'est le Breton qui dit merde. C'est une loi.

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  • Par Alexia0608, le 18 novembre 2012

    « En attendant, dit Marc, c’est un trou qu’on va creuser. Je ne sais pas dans quoi on a foutu les pieds. »
    « Dans la merde, dit Mathias. Questions d’habitudes. »

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