ISBN : 2290349224
Éditeur : J'ai Lu (2005)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 384 notes) Ajouter à mes livres

"Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?"

Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus qui surgissent la nuit, tracés à la craie sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, prisonniers, un débris, un déchet, un objet... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Alwenn, le 05 décembre 2008

    Alwenn
    La première chose que l'on peut dire sur les romans de Fred Vargas, c'est qu'elle a un univers bien particulier et un style bien à elle pour le faire passer. On aime ou on n'aime pas, tout est une question de goût.
    Je dois avouer que j'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre : la plupart des personnages qu'elle fait évoluer dans son monde ont tous un grain, sont tous un peu déjantés. Chaque particularité, qualité ou défaut, est poussée jusqu'à son extrême et peut provoquer parois un malaise chez son lecteur : on a tendance à d'abord ce dire que tout cela est bien trop mis en scène, que personne n'agit véritablement comme ça. Et puis, en réfléchissant bien, en se laissant flotter avec l'histoire, on se rend compte que Vargas ne fait que décomposer des modes de pensées ou de réflexion, qu'elle s'attarde sur ce qui d'habitude laisse froid faute de temps suffisant pour s'y appesantir. Un peu comme ces vieilles séquences cinématiques qui décomposent les mouvements d'un homme qui court. Bref, tout cela dénote un imaginaire bien particulier face auquel j'ai dû me faire personnellement violence pour pouvoir y rentrer car c'est très loin de mes propres schémas d'analyse et de pensée.
    Le début du livre est très lent à mon goût, mais visiblement, il s'agit du premier opus où elle met en scène le commissaire Adamsberg et l'inspecteur Danglard : il faut donc poser les marques. Cela se fait dans la lenteur, l'introspection, l'analyse constante. Beaucoup de narratif et de style indirect libre pour rentrer dans la tête des personnages. Au final, ce sont deux bonshommes particuliers, des êtres réalistes mais attachants. Pas du tout le type de détective glamour et ténébreux des séries policières habituelles.
    L'intrigue met donc par la même occasion un peu de temps à décoller. Je l'ai trouvé vraiment intéressante vers la fin du livre, quand tous les éléments commencent à se mettre en place, que les pièces du puzzle commencent à s'imbriquer les unes dans les autres et que l'on commence peu à peu à comprendre toute l'histoire. Et là, je dois reconnaître que
    même si ça fait plaisir enfin de se faire avoir avec un bouquin, de se faire
    réellement surprendre par l'identité du coupable, cela est fait en
    dépit de toutes les accords tacites qui unissent un écrivain de polars
    et son lecteur : Adamsberg réagit de manière très intuitive (trop ?), et le
    lecteur n'a pas toutes les pistes et les éléments pour pouvoir mener
    son enquête en parallèle. C'est un peu dommage.
    Je pense que je lirai d'autres livres de Fred Vargas, mais j'espère que je n'aurai pas autant de mal à pénétrer dans son univers et que, une fois la surprise de la découverte passée, je pourrai sympathiser avec la série de cet auteur.
    Terminé le 12 novembre 2006.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 30 octobre 2010

    MissG
    J'aurai commencé cette série dans l'ordre (mais on ne se refait pas) j'aurai sans doute mieux cerné le personnage du commissaire Adamsberg lors de ma première lecture.
    Car il est particulièrement bien décrit dans ce livre, et on arrive à en saisir une partie de sa complexité.
    J'ai réellement aimé l'intrigue du livre, ces mystérieux cercles dans Paris captivent très vite le lecteur qui a envie de connaître la suite, de savoir comment tout cela va se terminer.
    Le personnage de Mathilde y est sans doute pour quelque chose, elle donne une dynamique à l'enquête.
    Les autres policiers sont intéressants, notamment Danglard, il est d'ailleurs dans tous les livres de cette série un moteur pour Adamsberg.
    Une bonne enquête, des personnages intéressants, un Paris sans cesse redécouvert, voilà une bonne recette pour un très bon policier.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lilicrapota, le 01 septembre 2011

    lilicrapota
    mais comment fait-elle pour écrire des dialogues aussi riches??????
    Sa syntaxe, sa façon de jongler parfois avec le sens des mots un peu garyenne, l'ancrage des personnages dans leurs particularités, l'intrigue, tout est bon. Fred Vargas réussit ce coup de maître qui est d'arriver à créer la surprise sans arrêt, le tout avec un nombre de personnages restreint (pour les meurtres, on n'a pas le choix entre 36 personnes!!!! et on ne trouve quand même pas!!!)
    tout en jonglant avec des éléments secondaires mais qui appellent à être suivis dans les autres romans de la série Adamsberg (les enfants et l'alcoolisme de Danglard, Camille pour le comissaire, etc)
    lu quasi d'une traite évidemment... et à recommander
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    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 06 mars 2011

    Onclepaul
    Nouvellement nommé à Paris, le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg est un curieux homme. En peu de temps il s'est intégré à la grande ville et il ne faudrait surtout pas lui proposer de retourner dans les Pyrénées, là où pourtant il a acquis gloire et célébrité. Pondéré, réfléchi, Adamsberg n'agit pas à la légère, vivant comme au ralenti. Ses subordonnés, déboussolés, sont bien obligés de faire avec. Seul Danglard, un inspecteur qui élève seul ses cinq enfants, parvient à cerner cet esprit fuyant. Et encore ! Adamsberg est toujours en retard et, sans bruit, sans vague, parvient à élucider, à résoudre ses enquêtes uniquement par intuition. Dans Paris un petit malin s'amuse à tracer sur la chaussée des cercles à la craie bleue, enfermant comme dans un maléfice un objet banal, une capsule de bière, un briquet, un oeuf écrasé, une tête de poupée, un mégot...
    Depuis quatre mois une soixantaine de ces cercles ont été tracés, et toujours accompagnés de la même inscription : "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?" Adamsberg, en lisant les comptes-rendus, les articles dans les journaux ressent comme un malaise. Ce barbouilleur de rues, ce graphiste moderne va-t-il en rester là, ou bien le cercle ne recèlera-t-il pas un jour autre chose qu'un objet inanimé ? Il n'ose se l'avouer mais Adamsberg a peur de découvrir au petit matin un cadavre. L'intrusion de Mathilde dans son commissariat va le secouer, le mettre sur les rails de la piste de L'homme aux cercles bleus. Mathilde, océanographe de renom, est un cas. Elle découpe la semaine en tranches et tandis qu'elle explique sa philosophie des rondelles hebdomadaires, Adamsberg dessine des feuilles d'arbre. Elle est à la recherche d'un aveugle et donnant-donnant, si le commissaire l'aide, elle l'invitera une nuit à contempler L'homme aux cercles bleus dans l'accomplissement de ses oeuvres.
    L'homme aux cercles bleus, un titre qui pourrait faire penser à une bande dessinée fantastico-policière - est un roman baroque, surréaliste, jouant sur l'absurde, l'anti-conventionnel, et pourtant la structure policière est respectée. Les personnages semblent échappés d'un cerveau enfiévré, transfuges d'un "signé Furax" de Pierre Dac et Francis Blanche. Délirant et pathétique à la fois. Car outre l'enquête proprement dite, tous les protagonistes sont à la recherche d'un temps, d'une passion, d'un souvenir, perdus à tout jamais, quêtes au sein de l'enquête. Les cercles se multiplient d'une façon abstraite mais concentrique et chacun des acteurs de ce drame est enfermé dans son disque et ne peut franchir la ligne imaginaire que son destin, ou lui-même s'est tracé. Un savant mélange de dérisoire, de pathétisme, d'humour, de délire que cet "homme aux cercles bleus".


    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par nanoucz, le 11 janvier 2012

    nanoucz
    Depuis quelques mois, un inconnu trace des cercles à la craie bleue dans les rues de Paris, en pleine nuit. Autour, toujours la même phrase : "Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors ?". Et à l'intérieur, un objet, anodin le plus souvent : un trombone, une capsule, un briquet, une pince à épiler, un livre. Ou alors, moins banal : une patte de pigeon, une souris crevée. Mais le commissaire Adamsberg prévoit qu'un jour, il y aura une chose plus grosse dans le cercle. Et il n'a pas tort : une femme égorgée est retrouvée au milieu d'un cercle bleu, puis quelques jours plus tard, c'est un homme, assassiné de la même façon.
    Le commissaire se lance à la recherche de l'homme aux cercles bleus, aidé par l'inspecteur Danglard, un peu trop porté sur la bouteille.
    Bien avant le premier meurtre, Adamsberg s'est trouvé entrainé sur les traces de l'homme aux cercles bleus grâce à Mathilde Forestier, une océanologue de renom qu'il a rencontrée fortuitement - c'est ce qu'il croit au début - et qui est la mère de Camille, l'amour perdu d'Adamsberg. La fréquentation de Mathilde va ressusciter l'espoir de revoir Camille, ne serait-ce que pour une heure, alors qu'il la croyait disparue définitivement.
    C'est la quatrième livre de Fred Vargas que je lis et je suis toujours partagée :d'un côté, je trouve que Adamsberg et Danglard ont des personnalités attachantes, avec leurs doutes et leur fragilité. A travers les rencontres qu'ils font au cours du roman, on découvre des personnages secondaires qui prennent plus ou moins d'importance, eux aussi ont leurs blessures secrètes que les policiers vont mettre à jour petit à petit. Mais par moment, je suis un peu agacée par les fausses pistes ou les voies sans issue où nous emmène l'auteur, et je m'interroge sur "l'authenticité" de son propos. Où veut-elle en venir avec la théorie de Mathilde sur la semaine en tranches ? Est-ce que ce n'est pas un peu toc, tout çà ?
    (Je sens que je vais faire bondir les fans !)
    Mais ce ne sont que des questions que je me pose, sans avoir aucune certitude ! La preuve, je continue à lire Fred Vargas et je n'ai pas l'intention d'en rester là !
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Citations et extraits

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  • Par Persepolis, le 11 mars 2011

    En tous les cas, avec les tranches de semaine, ça ne change jamais. Tranche 1: on s'intéresse, on croit à des machins, on trouve des trucs. Drame et miracle anthropiques. Tranche 2: on ne trouve rien du tout, on apprend zéro, dérisoire de la vie et compagnie. Dans la tranche 2, il y a beaucoup de n'importe qui avec n'importe quoi et on boit pas mal , alors que la tranche 1, c'est plus important, c'est évident. Pratiquement, une tranche 2, ça ne peut pas se rater , ou disons que ça ne tire pas à conséquence. Mais une tranche 1, quand on la bousille comme celle de cette semaine, ça fout un coup. Ce qui s'est passé aussi, c'est qu'au café, c'était de la palette aux lentilles au menu.La palette aux lentilles, ça me fout le bourdon. C'est la désespérance. Et ça en pleine fin de tranche 1. C'était pas de chance, cette foutue palette.
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  • Par line70, le 29 mars 2011

    Quand on regarde de l'eau dans un seau, dit Adamsberg, on voit le fond. On met le bras dedans, on touche quelque chose. Même chose dans un tonneau, on y arrive. Dans un puits, rien à faire. Même lancer des petits cailloux dedans pour essayer de se rendre compte, ça ne sert à rien. Le drame, c'est qu'on essaie quand même. L'homme, il faut toujours qu'il se «rende compte». C'est ça qui ne lui vaut que des emmerdements. Vous ne vous imaginez pas le nombre immense de petits cailloux qui sont au fond des puits. Ce n'est pas pour écouter le bruit que ça fait quand ça tombe dans l'eau que les gens les lancent, non. C'est pour se rendre compte.
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  • Par Persepolis, le 11 mars 2011

    Si on regarde bien, on voit plus de surprises sérieuses dans la tranche 1, en général, je dis bien en général, et plus de précipitation et d'amusement dans la tranche 2. Question de rythme. Ca n'alterne jamais, à la différence des stationnements pour voitures dans certaines rues, où pendant une quinzaine on a le droit de se garer, et pendant la suivante on n'a plus le droit. Pourquoi? Pour reposer la rue? Pour faire jachère? Mystère.
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  • Par parmifil, le 01 août 2010

    On naît et on crève, et au milieu on s'échine à perdre notre temps en faisant semblant de le gagner...
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  • Par jostein, le 06 décembre 2010

    Adamsberg, sachez-le bien, n'attaque pas, mais il vous transforme, il vous contourne, il revient par derrière, il désamorce et tout compte fait il vous désarme.
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