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Bernard Lesfargues (Autre)
ISBN : 2070372715
Éditeur : Gallimard (1981)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 118 notes)
Résumé :
"Le Cercle" est un groupe secret de cadets du collège militaire Leoncio Prado de Lima. Contre la discipline de fer qui les écrasent, les membres du "Cercle" ont institué leurs propres règles, garantes d'une pseudo liberté fondée sur la violence, le mensonge et le vol. Sur ordre de cette organisation et de son chef, le jaguar, un cadet, dérobe les sujets d'un examen. Le vol découvert, tous les élèves sont bientôt... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
tynn
tynn02 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Inconditionnelle lectrice de Vargas Llosa, je me fais régulièrement plaisir en découvrant sa bibliographie à rebours. Ce premier roman, écrit à Paris à l'âge de vingt-trois ans, donne déjà une idée de la puissance narrative de l'auteur et de sa capacité à nous immerger dans une histoire colorée.
A Lima, Les Chiens sont les jeunes recrues d'un collège militaire aux méthodes musclées.
S'appuyant sur sa propre expérience d'internat, Mario Vargas Llosa nous fait un tableau d'une scolarité basée sur les rapports de force entre éducateurs et élèves, mais aussi au sein même des adolescents. C'est un univers quasi carcéral où tout se négocie en sous-main, un microcosme aux organisations clandestines de meutes, un mélange hétéroclite de jeunes issus de tous les milieux, depuis la bourgeoise jusqu'aux tranches les plus modestes de la population.
On rentre au Collège pour devenir un homme, pour éviter la délinquance, pour ne pas devenir "pédés" (sic). C'est l'éducation de la virilité et du machisme par bagarres organisées, représailles, délations.
On s'y fait bizuter, maltraiter, consigner. On peut être caïd ou souffre douleur. On subit des officiers, obtus la plupart du temps ou intègres avec un peu de chance.
Roman d'apprentissage par excellence, ce livre à l'écriture dense, parfois étouffante, virevolte en tours en détours, en temps et en lieux. Paragraphes de dialogues emmêlés comme une cacophonie de conversations, imbriquant insultes, provocations, menaces à caractère sexuel, jurons et humour potache. Cela demande souvent de la concentration! La vie parallèle des garçons dans leur milieu familial extérieur et dans leurs désirs amoureux en devient une recréation...
Excellente chronique de la société latino américaine, qui s'ajoute à la bibliographie de l'auteur concernant son cycle péruvien.
Je ne m'en lasse pas!
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petch
petch17 janvier 2013
  • Livres 3.00/5
Roman polyphonique, où l'histoire se déroule du point de vue de plusieurs protagonistes sans beaucoup de repères sur qui est le narrateur et quand il raconte les faits. On retrouve une littérature typiquement sud-américaine par le style, remplie d'onirisme, de longues digressions, de monologues, de descriptions foisonnantes. Il n'est pas toujours facile de s'y retrouver, d'autant plus que chacun des personnages apparaît sous différents noms, prénoms, surnoms, au fil du récit. Mais si on réussit à se faire entraîner par ce récit (il m'aura fallu un bon tiers du livre quand même) alors l'histoire de ces adolescents en école militaire, et de leur vie aussi bien à l'intérieur du camp que dans la ville (Lima), est intéressante et émouvante par le drame qui nous est conté.
Le Cercle est un groupe fermé de jeunes cadets, élèves bizuths (surnommés les chiens) du collège militaire de Leoncio Prado, auquel appartiennent en particulier le Jaguar et le Poète, l'un venant des milieux populaires, l'autre de la petite bourgeoisie. Pendant ces trois ans de collège, ils vont tour à tour s'entraider, se défier, aimer la même jeune fille à l'extérieur du collège, se déchirer suite à un drame qui coutera la vie à un des membres du Cercle. A l'issue de leurs « classes », le clivage social reprendra le dessus.
Ce premier roman de Mario Vargas Llosa montre comment le brassage social, inexistant dans la capitale péruvienne, existe à l'intérieur du collège : blancs, noirs, indiens, métis, riches et pauvres s'y côtoient pour vivre un enfer quotidien. A travers cet exemple il donne des renseignements instructifs pour celles et ceux qui souhaitent en apprendre plus sur la société latino-américaine en général et péruvienne en particulier.
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Lorca
Lorca25 janvier 2014
  • Livres 4.00/5
Un très bon livre sur l'adolescence dans un lycée militaire au Pérou. La violence, l'indiscipline et l'exaspération sexuelle des jeunes gens est omniprésente. le récit, sous forme polyphonique, demande un certain effort au lecteur mais, passé les cinquante premières pages, le passage d'un personnage à l'autre devient plus facile à suivre.
Le livre est construit de façon très intelligente avec des incursions dans le passé qui nous permettent de comprendre le comportement des protagonistes.
Premier roman de Vargas LIosa, La ville et les chiens a reçu plusieurs prix et il est aujourd'hui considéré comme une grande oeuvre de la littérature sud américaine.
Après avoir été déçu par Tante Julia et le scribouillard (livre postérieure du même auteur), j'ai été passionné par la lecture de la ville et les chiens.
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Snarkk
Snarkk08 mars 2014
  • Livres 5.00/5
Un des romans (relativement autobiographique) parmi les plus percutants que j'ai pu lire dans ma vie. Et j'étais jeune, lorsque j'ai lu celui ci pour la première fois, d'où une certaine incompréhension et incapacité à en saisir la majeure partie de son essence.

Ce n'est que plus tard que je me suis rendu compte que j'avais déjà lu un chef d'oeuvre. Désabusé, certes, mais un chef d'oeuvre quand même, qui transpire l'aspiration au bonheur suite à une vie de malheurs. Des drames qui se nouent autour d'un meurtre, des vies qui s'entrechoquent et qui s'entrechoquaient sans même s'en rendre compte. Chroniques d'enfances militaires, chroniques d'enfances grivoises, chroniques d'enfances d'adultes. Tout un périple dans lequel nous entraîne Mario Vargas Llosa.
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Alexmotamots
Alexmotamots03 septembre 2014
  • Livres 2.00/5
Lire un Prix Nobel de littérature, ça met la pression quant à la rédaction du
billet.
Je ne peux pas dire que j'en ai pas aimé, mais je ne me suis pas sentie
emportée par ce roman Sud-américain. Je m'attendais à une plume
comme celle de Gabriel Garcia Marquez. Je trouvais du James Joyce à
la sauce Musil (sacré mélange tout de même).
Les adolescents ne m'ont pas passionnés, ni leurs amours ni leurs
brimades et autres mensonges.
Certes, on sent une société péruvienne ancrée dans ses traditions machistes.
Mais il faut dire que ce roman date des années 60.
Qui plus est, les changements de point de vue narratif dans un même chapitre
m'ont posés quelques problèmes la moitié du livre : qui parle ? Telles était
sans cesse ma question.
Pas de souffle épique, une histoire bien banale d'internat, rien pour
m'emporter vraiment.
L'image que je retiendrai :
Celle de l'Esclave retrouve mort lors d'un exercice de manoeuvre avec une
balle dans la nuque. le haut grade conclu à une fausse manoeuvre du cadet
pour ne pas avoir d'ennui.
Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2014/08/2..
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Citations & extraits (5) Ajouter une citation
MedelieMedelie19 décembre 2012
Le sujet me tenait à cœur et je lui demandai : « Combien de temps de prison attraperais-tu, si on te prenait ? — Je sais pas, dit-il, ça dépend du fric que j'aurais sur moi à ce moment-là. » Et il me raconta qu'une fois on avait attrapé mon frère au moment où il s'introduisait dans une maison de La Perla. Un flic qui passait par là tira son revolver et lui dit en le menaçant : « En route pour le commissariat, à cinq mètres devant moi, ou je te descends, espèce de voleur ! » Mon frère, avec un culot monstre, éclata de rire et lui dit : « T'as pas bu, des fois ? J'entre ici pour me pieuter avec la cuisinière. Si tu veux t'en assurer, t'as qu'à mettre la main dans ma poche, et tu verras. » Le flic hésita un bon moment, mais la curiosité fut plus forte et il s'approcha. Il lui mit le revolver sur l'œil et tout en fouillant dans sa poche il lui disait : « Si tu bouges d'un millimètre, je te crève l'œil. Tu en meurs ou tu restes borgne, alors du calme. » Quand il retira la main il tenait une liasse de billets. Mon frère rit et lui dit : « Tu es un cholo et moi de même, nous sommes frères. Garde cet argent et laisse-moi filer. Je viendrai voir la cuisinière une autre fois. » Le flic lui répondit : « Je vais pisser derrière ce mur. Si t'es encore là quand je reviens, je t'embarque au commissariat pour tentative de corruption de l'autorité. »
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JacobBenayouneJacobBenayoune17 novembre 2013
Et il me raconta qu'une fois on avait attrapé mon frère au moment où il s'introduisait dans une maison de La Perla. Un flic qui passait par là tira son revolver et lui dit en le menaçant : « En route pour le commissariat, à cinq mètres devant moi, ou je te descends, espèce de voleur ! » Mon frère, avec un culot monstre, éclata de rire et lui dit : « T'as pas bu, des fois ? J'entre ici pour me pieuter avec la cuisinière. Si tu veux t'en assurer, t'as qu'à mettre la main dans ma poche, et tu verras. » Le flic hésita un bon moment, mais la curiosité fut plus forte et il s'approcha. Il lui mit le revolver sur l'œil et tout en fouillant dans sa poche il lui disait : « Si tu bouges d'un millimètre, je te crève l'œil. Tu en meurs ou tu restes borgne, alors du calme. » Quand il retira la main il tenait une liasse de billets. Mon frère rit et lui dit : « Tu es un cholo et moi de même, nous sommes frères. Garde cet argent et laisse-moi filer. Je viendrai voir la cuisinière une autre fois. »
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petchpetch26 décembre 2012
Le dimanche matin, après le petit déjeuner, il y a messe. L'aumônier du collège est un prêtre blond et jovial qui prononce des sermons patriotiques où il raconte la vie irréprochable des grands hommes, leur amour pour Dieu et pour le Pérou, il exalte la discipline et l'ordre et compare les militaires à des missionnaires, les héros aux martyrs et l'Eglise à l'Armée. Les cadets ont de l'estime pour l'aumônier, ils pensent que c'est un homme, un vrai : ils l'ont vu, plus d'une fois, habillé en laïc, rôder dans les bas-fonds d'El Callao, l'haleine empestant l'alcool et l'oeil vicieux.
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petchpetch01 janvier 2013
Il descendait ensuite jusqu'au bout de l'avenue Brasil et il s'asseyait sur l'un des bancs de ce petit parc semi-circulaire par laquelle elle se termine, au bord de la falaise, au-dessus de la mer couleur de cendre de la Magdalena. Les parcs de Chiclayo - très peu nombreux, il les connaissait tous par coeur - étaient vieux eux aussi, comme celui-ci, mais leurs bancs n'avaient pas cette rouille, cette mousse, cette tristesse que leur imposaient la solitude, l'atmosphère grise et le mélancolique murmure de l'Océan.
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geoffroybodardgeoffroybodard31 mars 2014
les rires naissent dans l'estomac et meure au bord des lévres

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Videos de Mario Vargas Llosa (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mario Vargas Llosa
Mario Vargas Llosa: 2012 National Book Festival
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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