ISBN : 2213637717
Éditeur : Fayard (2008)


Note moyenne : 1.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
L'Italie la nuit restitue les voix et les jours d'une poignée d'habitants du Sud italien, des gens de peu que ces dernières années ont à peine enrichis. Ils habitent la région la plus solaire de la Péninsule, les Pouilles, où pourtant l'ombre du passé, de la dernière gu... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 2.00/5
    Par le-mange-livres, le 20 février 2012

    le-mange-livres

    Une interpellation dans la grande gare de Termini, et voici que les Pouilles surgissent dans tout leur éclat brutal et leur poésie chantante, dans la douleur de l'exil et de l'abandon.

    "Chez nous à Foggia, les gens parlent lent, c'est sûr, et bien long, infini dans leurs phrases, leurs histoires : la chute, la clef d'une anecdote, on les repousse au lendemain, à la semaine, à la saison. Mais personne ne noie ses petits mots, ne trempe ses voyelles - des belles filles, blanches et brunes, blondes et dorées, dans l'écume sale, la moiteur saumâtre de la mer épaisse, brouillée. Ce qu'on parle ici ressemble à de l'italien vif et clair, tout de même, et se comprend mieux que le romain rugueux, sonore, des Borghetti, ou le napolitain nasillard, ricaneur".
    Foggia, son locale avec "patron-bedaine" et habitués, ses querelles de campaniles, sa galerie de personnages plus vrais que nature qu'on entend parler au sens propre, et les Pouilles, les Pouilles, les Pouilles sous toutes leurs coutures, "la lumière, ce ciel bleu sombre, cet éblouissement grec", ses "routes rectilignes, des droites infinies, irréelles".
    Une petite déception, avec une lecture qui se termine sur un sentiment mitigé, pour ce bouquin pourtant repéré de longue date.
    Il y a d'abord ce titre époustouflant. Il y a ensuite le style, éblouissant, le prodige d'une langue inventive et qui restituerait presque l'italien - on a quasiment l'impression d'une traduction - j'en retrouve mon père ! La réussite de l'écriture tient à la transcription littérale de l'oralité gouailleuse du Sud, évoquant les gourmandes traductions de Camilleri par Quadruppani.
    Pourtant, l'affaire est plutôt déroutante ; une difficulté à démarrer véritablement la lecture, puis finalement à y entrer tout à fait, du fait d'une structure éclatée, fragmentaire, qui perd un peu son lecteur dans les méandres d'un récit décousu, qui a le charme de l'anecdote où l'on croise aussi bien Visconti que Benedetto Croce ou Antonio Gramsci (quels raconteurs d'histoires que ces Italiens !), mais pas celui de la cohérence et du livre "bon compagnon de lit".
    Ce qui n'empêche pas de se régaler des sublimes descriptions d'un Mezzogiorno qui me manque déjà ... "Matera se souvient de ses saints, de ses ermites au rocher. C'est la seule ville d'Italie qui n'a pas besoin de curés, de cardinal à Mercedes noire et pompons violets, de bonnes sœurs en jupon et cornettes pour faire ses prières, son rosaire : les ruines chantent ! Puisque les bonshommes ne sont plus capables de rien, les sassi, les murs cassés, le pierrier des rues abandonnées soufflent des bouts de sainteté, bribes fortes, répétées, et la rivière bouillonne, siffle, gronde, mouline son murmure grave ou fait tinter ses clarines froides, argentines, envolées. Une grâce, cette ville, cette rocaille !"

    Lien : http://le-mange-livres.blogspot.com/2012/02/litalie-la-nuit-jean-ved..
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    • Livres 1.00/5
    Par annie, le 02 février 2009

    annie
    Commencé ce matin, choisi pour la 4ème de couverture... et puis l'Italie fait rêver par ce temps froid.
    Ce qu'en dit le site : l'Italie à Paris :
    Comment rendre un dialecte italien en français ? C'est une question qui a ôté le sommeil à des générations de traducteurs. Mais Jean Védrine n'est pas traducteur, du moins pas officiellement. Cependant en écrivant ce livre dense, son travail montre pas mal d'affinités avec celui d'un traducteur.
    Le livre se passe dans les Pouilles. C'est une région hétérogène où des endroits assez touristiques côtoient des recoins totalement désertés par les « étrangers » mais aussi par la littérature. C'est justement dans ces derniers que Jean Védrines a décidé de nicher son roman.
    La ville de Foggia, dont le nom ne dit pas grand-chose aux Français, et aux étrangers en général, et que même les Italiens ont du mal à localiser, est l'une des villes les moins intéressantes de la Botte, pour ne pas dire parmi les plus laides.
    Là, les personnages de Védrines ne racontent guère que leur vécu individuel, mais plutôt un vécu collectif. Ce sont comme des masques du théâtre italien. Plus ils essaient de sortir de l'anonymat, plus ils tombent dans un sillon déjà bien creusé. Ils deviennent ainsi la caricature d'eux-mêmes.
    La nuit de l'Italie est peuplée par Beppé, le notable, avec sa grosse bagnole allemande, la dottoressa, sa maîtresse, un être plus chimérique que réel, Gorio et son obsession pour les femmes, obsession qui reste au niveau impalpable des mots et un tas d'autres personnages singuliers et universels….
    On pourrait trouver leur photocopie dans la plupart des petites villes italiennes et même en dehors de la Péninsule. Les lieux aussi jouent un rôle.
    Ou plutôt le lieu : le café, le bar Fidori. Qui est le vrai centre vital de Foggia, où se croisent les gens et les informations.
    Pour voir tout ça il faut avoir des outils. Giovan, qui est parti vivre en France, est le personnage idéal, une sorte de Virgile, pour conduire le lecteur dans les ruelles, les maisons, le bar de cette ville et même le train qui la relie à Benevento, une autre ville bien peu visitée par les personnages littéraires.
    Giovan enregistre ce qu'il voit mais aussi ce qu'il entend, une musique étrange que Védrines reproduit par un style fort singulier, qui pourrait fournir quelques idées intéressantes à certains traducteurs.
    voir le site : http://www.italieaparis.net/actualite/10628-italie-la-nuit.html


    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 1.00/5
    Par annie, le 03 février 2009

    annie
    Je n'avais encore jamais lu Védrines... et pas de doute, je n'en lirais pas d'autres...
    Premier livre que j'abandonne depuis bien longtemps, mais franchement, je n'arrive pas à suivre... trop confus et je manque de repère.
    Alors tant pis, j'applique le droit des lecteurs... sans complexes.


    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par le-mange-livres, le 20 février 2012

    Une certitude pourtant, dans ces apparitions, ces figures sans nom, lentes et presque froides qui tournent et traînent près de l'eau, sous les arbres : une autre image, bien plus brûlante, une lueur vive, souple, jamais retouchée ni glacées par les années, l'oubli ou les rêves, se glisse toujours entre les visions de la rivières, les scènes de foule grise, troue la lumière étale et terne, ranime la cendre triste, éteinte du souvenir, fait resplendir devant Nardo un détail, un instant rayonnant que la mémoire veule, infidèle, la traînée, la putain voulait broder grossier, recoudre de fils grisâtres, épais, crins sales et trompeurs ...
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  • Par le-mange-livres, le 20 février 2012

    Matera se souvient de ses saints, de ses ermites au rocher. C'est la seule ville d'Italie qui n'a pas besoin de curés, de cardinal à Mercedes noire et pompons violets, de bonnes sœurs en jupon et cornettes pour faire ses prières, son rosaire : les ruines chantent ! Puisque les bonshommes ne sont plus capables de rien, les sassi, les murs cassés, le pierrier des rues abandonnées soufflent des bouts de sainteté, bribes fortes, répétées, et la rivière bouillonne, siffle, gronde, mouline son murmure grave ou fait tinter ses clarines froides, argentines, envolées. Une grâce, cette ville, cette rocaille !
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  • Par le-mange-livres, le 20 février 2012

    Gorio se redresse d'un coup. Une raideur, une froideur inattendues face à Beppé. Pas du tout le Gorio affable, ni le Sud bavard, ni Foggia qui jase : une brusquerie, une immobilité gelées ... Un Lombard soudain, ou un Suisse, un Germain, un gars qui vit sous le blizzard, la neige, les glaciers.
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  • Par le-mange-livres, le 20 février 2012

    Chez nous à Foggia, les gens parlent lent, c'est sûr, et bien long, infini dans leurs phrases, leurs histoires : la chute, la clef d'une anecdote, on les repousse au lendemain, à la semaine, à la saison. Mais personne ne noie ses petits mots, ne trempe ses voyelles - des belles filles, blanches et brunes, blondes et dorées, dans l'écume sale, la moiteur saumâtre de la mer épaisse, brouillée. Ce qu'on parle ici ressemble à de l'italien vif et clair, tout de même, et se comprend mieux que le romain rugueux, sonore, des Borghetti, ou le napolitain nasillard, ricaneur.
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