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ISBN : 2754801588
Éditeur : Futuropolis (2010)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Depuis l'Incal, on sait que la science-fiction ne se limite pas au space opéra mais peut aussi être conte philosophique. Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval relèvent le défi avec brio, évoquant avant tout les pauvres humanoïdes q... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Sejy, le 21 août 2012

    Sejy
    Bonne nouvelle : on a euthanasié la Camarde. Sous la baguette utopiste de la fée Science-Fiction, à coups de pouce salutaires d'un photocopieur organique, l'espèce humaine s'est offert la prospérité. L'esprit sauvegardé, immuablement dupliqué dans des carcasses flambant neuves : la machina ex Deus enfante les « échos » providentiels (des clones, façonnables et multipliables, possédant la faculté de fusionner) au besoin ou à l'envie. Homo aeternam ! Et pour rien ou quasi. Chaque transmigration impose une unique concession. L'abandon modeste d'une parcelle de souvenirs, gommage des plus séculaires empreintes jalonnant les coulisses de l'hippocampe.
    Ce Karma séducteur est invoqué dans un futur hors d'atteinte, esquissant une quincaille scientifico-technologique absconse, invraisemblable, et des ethnogenèses à portée extragalactique. Les promesses d'un champ des possibles déconcertant, illimité, néanmoins corseté dans une S. F. diaphane et aporétique (ma préférée) qui consacre ses effets à l'investigation de son animal favori. L'auscultation subtile d'un drôle de mammifère à deux pattes au sein de l'expression ludique du « Et si ? ». Les planches, muées en éprouvettes de papier, transposent, conjecturent et expérimentent. de spéculation anthropo-ontologique en prospective éthique, elles illustrent avec astuce les concepts d'identité et d'altérité.
    Un laboratoire captivant à arpenter minutieusement, bulle à bulle, case par case, dans les pas et l'intimité du charismatique Elijah, membre éminent de la police philosophique (je sais, ça pique un peu les tympans la première fois) qui use les guêtres gémellaires de ses nombreuses doublures aux quatre coins du cosmos. Tant sollicité Lije (© Isaac A.) ! Psychologue finaud nanti d'une empathie universelle, il exploite ses compétences hors normes dans la résolution d'intrigues scabreuses, de bisbilles planétaires ou diverses contingences nées de l'incompréhension. L'apposition de tous ces aliens hétéroclites aux mœurs discordantes, d'exo-personnalités aux conceptions intrinsèquement différentes, étaye une approche maline, délicieusement fantaisiste, qui travestit le reflet et dissémine les métaphores ironiques d'un miroir exacerbant la réalité.
    La remise en question affine sa résonance au cœur d'un monde dématérialisé, aseptisé. En supprimant la constante mort de l'équation existentielle, Sapiens a exhorté un hédonisme gavé aux surenchères artificielles. Une dénaturation insidieuse de l'individu dramatisée par le lent sacrifice de sa mémoire. Glissando silencieux, dérive inéluctable du Je, qui ôte à Elijah le goût de l'amusement. L'homme, soudain conscient, épuisé par cet Infini ne servant qu'un perpétuel autre lui, accable, interroge son humanitude. En filigrane de sa quête fondamentale, s'instille une curieuse et douce poésie, la surprenante mélancolie de notre condition présente.
    Je suis ravi. Comblé par cette oeuvre qui rend magistralement honneur à un genre trop martyrisé par le neuvième art. Fabien Vehlmann éploie une heuristique lancinante et magnétique, intelligente, inventive, se conjuguant idéalement à la symbolique de Gwenn de Bonneval et son esthétisme épuré. Un théâtre tout en abstraction, quasiment contemplatif, dont les personnages bizarroïdes et l'iconographie, un chouia kitch, soufflent un air de psychédélisme Seventies. Regretterais-je, dans cet afflux de ruminations, l'absence de réponse tangible ? Car, sans revendiquer de juge, j'espérais déceler un parti plus marqué (humilité des auteurs ?). Broutille. Je les sais gré de tous ces élans cognitifs... et de mon léger malaise : nous sommes encore tous mortels, mais l'aube de la biogénétique, des nanotechnologies, et l'avènement du virtuel sèment les germes de transhommes, de posthommes, racines d'un futur qui, en préméditant l'exécution de La Faucheuse, augure le crépuscule du club humanité. Mauvaise nouvelle ?
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    • Livres 4.00/5
    Par OliZ, le 28 décembre 2011

    OliZ
    Voici un album de cent cinquante pages qui se laisse apprivoiser facilement. L'intrigue est captivante, la narration fluide. le dessin contemplatif de Gwen de Bonneval sert parfaitement cet univers intrigant et sensible de Fabien Vehlmann. Sans bouleverser complètement le genre, les auteurs créent un environnement tendre et tragique.
    Vous l'aurez compris, nous avons ici, de la Science-Fiction pleine d'émotion !
    Notre monde dans un futur très lointain a réunis de nombreuses autres civilisation, regroupées dans la "Communauté Universelle". Ces espèces, très différentes les unes des autres, cohabitent tant bien que mal.
    Les êtres humains, eux ont acquis la capacité de créer des clones temporaires (nommés « échos »), de récupérer leur mémoire, et ainsi de s'assurer une vie éternelle. Chaque être humain peut donc disposer de plusieurs échos, qui peuvent agir simultanément et en toute autonomie.
    Elijah (notre héros) fait partie de la Police Philosophique et doit, à ce titre, régler les conflits qui se produisent, dûs le plus souvent à une méconnaissance des habitudes de l'Autre.
    Un différend a d'ailleurs éclaté entre les Ganédons et les Aleph 345, un conflit ancien, qui met en péril l'équilibre même de l'univers.
    Elijah semble être l'homme de la situation pour résoudre ce différend, mais il est très demandé et surtout, il est en proie au spleen depuis que son meilleur ami a mis fin à ses jours en décidant de ne plus transférer sa mémoire dans les corps clones qui permettent aux hommes d'être quasi immortels ...
    Vaste sujet que celui de l'immortalité.
    Les auteurs aborderont de manière un peu mélancolique les thèmes de la mémoire, de l'identité mais aussi de la sexualité. Où les questions de l'autre, de l'identité individuelle, et du plaisir, restent et resteront fondamentales !
    Toute l'intelligence du scénario de Fabien Vehlmann est d'explorer des questions comme : Peut-on tuer un immortel ? Peut-on vouloir ne jamais mourir ? Quelles sont les relations entre individus quand le corps n'est plus l'élément identitaire fondamental ? Comment aime-t-on alors ? Peut-on aimer ? Peut-on vouloir des enfants ? de quoi se souvient-on ? Peut-on avoir encore des amis ?
    Toute la force et le choix graphique de Gwen de Bonneval est d'accompagner le questionnement par de la sobriété, de la profondeur, de la douceur.
    Bienvenue dans un futur utopique intelligent !
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    • Livres 4.00/5
    Par GabySensei, le 06 janvier 2012

    GabySensei
    Voilà bien longtemps qu'une BD de science-fiction ne m'avait pas autant captivé.
    L'histoire est assez complexe et difficile à résumer. Nous sommes dans un futur indéterminé et les humains vivent en harmonie avec plusieurs races extra-terrestres. Ils sont immortels et ne peuvent se reproduire qu'après en avoir reçu l'autorisation. de la même manière la mort résulte d'un choix clairement exprimé par l'individu. Toute personne peut se cloner en plusieurs exemplaires et réintégrer plus tard la mémoire de ces "échos", en contrepartie de la perte de ses souvenirs les plus anciens.
    Nous suivons un policier "philosophe" qui doit résoudre les conflits et aplanir les incompréhensions entre les races extra-terrestres.
    Au-delà de l'histoire, qui est très cohérente, et dont le futur nous dira si elle a été visionnaire, on est saisi par la simplicité et l'épure des dessins. Il y a aussi tout un tas de trouvailles sur notre vie quotidienne dans le futur qui sont assez exaltantes (la piscine par exemple...).
    En tout cas les amateurs de SF passeront un très bon moment.
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    • Livres 5.00/5
    Par alouett, le 18 février 2012

    alouett
    (...)
    Une ambiance difficile à décrire car tout est prétexte à découverte. On cerne vite la personnalité du héros, un mélange de flegme et de spontanéité, un homme fin et intelligent. Sa réflexion est cohérente, logique. Son érudition est très agréable. Il guide le lecteur l'apprentissage de ce monde futuriste. Grâce à lui, on accueille sereinement l'étrangeté des situations auxquelles l'album nous confronte. On s'investit dans ce récit, comme si Elijah avait la responsabilité de cette transmission de savoir et que le lecteur n'était autre qu'un stagiaire en plein apprentissage de la vie. Quoiqu'il en soit, j'ai été un spectateur très attentif de cette histoire !
    On réapprend donc à vivre sur Terre en tenant compte de concepts totalement nouveaux. Imagines-toi vivre 400 ans et décider du moment de ta mort !!! Imagines-toi capable de te décupler et d'employer tes doubles pour te seconder dans ton travail ou te permettre de procrastiner !! Imagines-toi changer d'apparence comme bon te semble !…
    (...)

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2012/02/17/les-derniers-jours-dun-immort..
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    • Livres 5.00/5
    Par lunch, le 16 janvier 2011

    lunch
    Elijah est un policier très réputé. Alors qu'il enquête sur le meurtre d'un écho, il est mandaté pour une autre affaire, d'une importance capitale. Pour la satisfaire, il va devoir créer lui-même un écho, un double de sa personne, bien conscient que cela affectera sa mémoire et occultera certains de ces souvenirs les plus anciens.
    Les Derniers Jours d'un immortel, c'est le nouvel album de ce très grand scénariste qu'est Fabien Vehlmann. Moi qui avait adoré Jolies ténèbres, dessiné par Kerascoët, j'ai voulu prolonger la découverte de l'auteur avec un autre de ses titres, lui aussi nominé pour la sélection officielle d'Angoulême en 2011. Les années se suivent et se ressemblent. Mais un jour viendra probablement où ce prolixe scénariste de talent sera récompensé par un prix lors du festival référence en France.
    Car du talent ce monsieur n'en manque pas. Ses récits sont toujours surprenants et innovants. Là encore, on est plongé dans une histoire étonnante qui ne laisse pas indifférent. Mais rassurez-vous, vous qui n'avez pas aimé Jolies ténèbres, le sujet et le ton sont totalement différents.
    Cette fois, nous voilà plongé dans la science-fiction, dans une enquête épineuse aux côtés d'un policier immortel.
    La suite à lire sur BenDis...

    Lien : http://bendis.uldosphere.org/index.php?p=bds&motor=1&titre=derniers%..
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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 18 février 2012

    - Iseult m’a dit que vous faisiez souvent l’amour ensemble. C’est un truc que j’ai du mal à comprendre. Ça vous sert à quoi ? Je veux dire, comparé au moindre des plaisirs artificiels, l’acte sexuel est complètement fade non ?
    - Oui. C’est là son intérêt. Les plaisirs extrêmes ne proposent qu’une excitation immédiate, qui s’épuise à peine elle est consommée et qui nécessite une constante surenchère. Tandis que les choses fades ne se laissent jamais complètement appréhender par les sens. Elles restent au seuil de tous les possibles. Voilà pourquoi la fadeur reste inépuisable
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  • Par alouett, le 18 février 2012

    - Je ne t’ai pas dit, mais j’ai mis fin à mes jours il y a un an.
    - Et tu ne m’as pas invité à tes funérailles, donc.
    - Ben non, comme tu vois.
    - Je peux savoir pourquoi ?
    - J’avais mes raisons, mais je n’ai pas particulièrement envie d’en parler maintenant… J’ai vraiment plein de trucs à terminer avant de disparaître
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  • Par alouett, le 18 février 2012

    - Sur quoi êtes-vous en train de travailler ?
    - Le comique préhistorique.
    - Ah bon ?
    - Ne vous moquez pas, c’est très sérieux.
    - Je ne me moquais pas. Vous voulez dire que certaines de ces peintures dénotent d’un réel sens de l’humour ?
    - Sous une de ses formes premières, oui. La difficulté, c’est précisément d’en saisir les nuances et les articulations. Je tente de mettre en lumière les premiers jeux entre signifiant et signifié
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  • Par alouett, le 18 février 2012

    Pour être tout à fait franc, humanoïdes ou pas humanoïdes, la difficulté de compréhension est exactement la même. En revanche, ce qui entre effectivement en jeu, c’est notre manière d’anticiper cette rencontre

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  • Par Gwordia, le 19 mars 2011

    Nous avons beau être devenus immortels, tout reste toujours une question de temps.

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