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ISBN : 2754801588
Éditeur : Futuropolis (2010)


Note moyenne : 3.93/5 (sur 30 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Depuis l'Incal, on sait que la science-fiction ne se limite pas au space opéra mais peut aussi être conte philosophique. Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval relèvent le défi avec brio, évoquant avant tout les pauvres humanoïdes q... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Sejy, le 21 août 2012

    Sejy
    Bonne nouvelle : on a euthanasié la Camarde. Sous la baguette utopiste de la fée Science-Fiction, à coups de pouce salutaires d'un photocopieur organique, l'espèce humaine s'est offert la prospérité. L'esprit sauvegardé, immuablement dupliqué dans des carcasses flambant neuves : la machina ex Deus enfante les « échos » providentiels (des clones, façonnables et multipliables, possédant la faculté de fusionner) au besoin ou à l'envie. Homo aeternam ! Et pour rien ou quasi. Chaque transmigration impose une unique concession. L'abandon modeste d'une parcelle de souvenirs, gommage des plus séculaires empreintes jalonnant les coulisses de l'hippocampe.
    Ce Karma séducteur est invoqué dans un futur hors d'atteinte, esquissant une quincaille scientifico-technologique absconse, invraisemblable, et des ethnogenèses à portée extragalactique. Les promesses d'un champ des possibles déconcertant, illimité, néanmoins corseté dans une S. F. diaphane et aporétique (ma préférée) qui consacre ses effets à l'investigation de son animal favori. L'auscultation subtile d'un drôle de mammifère à deux pattes au sein de l'expression ludique du « Et si ? ». Les planches, muées en éprouvettes de papier, transposent, conjecturent et expérimentent. de spéculation anthropo-ontologique en prospective éthique, elles illustrent avec astuce les concepts d'identité et d'altérité.
    Un laboratoire captivant à arpenter minutieusement, bulle à bulle, case par case, dans les pas et l'intimité du charismatique Elijah, membre éminent de la police philosophique (je sais, ça pique un peu les tympans la première fois) qui use les guêtres gémellaires de ses nombreuses doublures aux quatre coins du cosmos. Tant sollicité Lije (© Isaac A.) ! Psychologue finaud nanti d'une empathie universelle, il exploite ses compétences hors normes dans la résolution d'intrigues scabreuses, de bisbilles planétaires ou diverses contingences nées de l'incompréhension. L'apposition de tous ces aliens hétéroclites aux mœurs discordantes, d'exo-personnalités aux conceptions intrinsèquement différentes, étaye une approche maline, délicieusement fantaisiste, qui travestit le reflet et dissémine les métaphores ironiques d'un miroir exacerbant la réalité.
    La remise en question affine sa résonance au cœur d'un monde dématérialisé, aseptisé. En supprimant la constante mort de l'équation existentielle, Sapiens a exhorté un hédonisme gavé aux surenchères artificielles. Une dénaturation insidieuse de l'individu dramatisée par le lent sacrifice de sa mémoire. Glissando silencieux, dérive inéluctable du Je, qui ôte à Elijah le goût de l'amusement. L'homme, soudain conscient, épuisé par cet Infini ne servant qu'un perpétuel autre lui, accable, interroge son humanitude. En filigrane de sa quête fondamentale, s'instille une curieuse et douce poésie, la surprenante mélancolie de notre condition présente.
    Je suis ravi. Comblé par cette oeuvre qui rend magistralement honneur à un genre trop martyrisé par le neuvième art. Fabien Vehlmann éploie une heuristique lancinante et magnétique, intelligente, inventive, se conjuguant idéalement à la symbolique de Gwenn de Bonneval et son esthétisme épuré. Un théâtre tout en abstraction, quasiment contemplatif, dont les personnages bizarroïdes et l'iconographie, un chouia kitch, soufflent un air de psychédélisme Seventies. Regretterais-je, dans cet afflux de ruminations, l'absence de réponse tangible ? Car, sans revendiquer de juge, j'espérais déceler un parti plus marqué (humilité des auteurs ?). Broutille. Je les sais gré de tous ces élans cognitifs... et de mon léger malaise : nous sommes encore tous mortels, mais l'aube de la biogénétique, des nanotechnologies, et l'avènement du virtuel sèment les germes de transhommes, de posthommes, racines d'un futur qui, en préméditant l'exécution de La Faucheuse, augure le crépuscule du club humanité. Mauvaise nouvelle ?
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    • Livres 4.00/5
    Par OliZ, le 28 décembre 2011

    OliZ
    Voici un album de cent cinquante pages qui se laisse apprivoiser facilement. L'intrigue est captivante, la narration fluide. le dessin contemplatif de Gwen de Bonneval sert parfaitement cet univers intrigant et sensible de Fabien Vehlmann. Sans bouleverser complètement le genre, les auteurs créent un environnement tendre et tragique.
    Vous l'aurez compris, nous avons ici, de la Science-Fiction pleine d'émotion !
    Notre monde dans un futur très lointain a réunis de nombreuses autres civilisation, regroupées dans la "Communauté Universelle". Ces espèces, très différentes les unes des autres, cohabitent tant bien que mal.
    Les êtres humains, eux ont acquis la capacité de créer des clones temporaires (nommés « échos »), de récupérer leur mémoire, et ainsi de s'assurer une vie éternelle. Chaque être humain peut donc disposer de plusieurs échos, qui peuvent agir simultanément et en toute autonomie.
    Elijah (notre héros) fait partie de la Police Philosophique et doit, à ce titre, régler les conflits qui se produisent, dûs le plus souvent à une méconnaissance des habitudes de l'Autre.
    Un différend a d'ailleurs éclaté entre les Ganédons et les Aleph 345, un conflit ancien, qui met en péril l'équilibre même de l'univers.
    Elijah semble être l'homme de la situation pour résoudre ce différend, mais il est très demandé et surtout, il est en proie au spleen depuis que son meilleur ami a mis fin à ses jours en décidant de ne plus transférer sa mémoire dans les corps clones qui permettent aux hommes d'être quasi immortels ...
    Vaste sujet que celui de l'immortalité.
    Les auteurs aborderont de manière un peu mélancolique les thèmes de la mémoire, de l'identité mais aussi de la sexualité. Où les questions de l'autre, de l'identité individuelle, et du plaisir, restent et resteront fondamentales !
    Toute l'intelligence du scénario de Fabien Vehlmann est d'explorer des questions comme : Peut-on tuer un immortel ? Peut-on vouloir ne jamais mourir ? Quelles sont les relations entre individus quand le corps n'est plus l'élément identitaire fondamental ? Comment aime-t-on alors ? Peut-on aimer ? Peut-on vouloir des enfants ? de quoi se souvient-on ? Peut-on avoir encore des amis ?
    Toute la force et le choix graphique de Gwen de Bonneval est d'accompagner le questionnement par de la sobriété, de la profondeur, de la douceur.
    Bienvenue dans un futur utopique intelligent !
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    • Livres 4.00/5
    Par GabySensei, le 06 janvier 2012

    GabySensei
    Voilà bien longtemps qu'une BD de science-fiction ne m'avait pas autant captivé.
    L'histoire est assez complexe et difficile à résumer. Nous sommes dans un futur indéterminé et les humains vivent en harmonie avec plusieurs races extra-terrestres. Ils sont immortels et ne peuvent se reproduire qu'après en avoir reçu l'autorisation. de la même manière la mort résulte d'un choix clairement exprimé par l'individu. Toute personne peut se cloner en plusieurs exemplaires et réintégrer plus tard la mémoire de ces "échos", en contrepartie de la perte de ses souvenirs les plus anciens.
    Nous suivons un policier "philosophe" qui doit résoudre les conflits et aplanir les incompréhensions entre les races extra-terrestres.
    Au-delà de l'histoire, qui est très cohérente, et dont le futur nous dira si elle a été visionnaire, on est saisi par la simplicité et l'épure des dessins. Il y a aussi tout un tas de trouvailles sur notre vie quotidienne dans le futur qui sont assez exaltantes (la piscine par exemple...).
    En tout cas les amateurs de SF passeront un très bon moment.
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    • Livres 4.00/5
    Par svecs, le 13 janvier 2015

    svecs
    Une des très bonne surprises de ce début d'année !
    Dans ce livre, nous suivons les questionnements d'Elijah. Dans un futur éloigné, les hommes ont atteint un état de quasi immortalité. Ils peuvent de plus se cloner à l'infini, générant des échos à durée de vie limitée. Et si leur "corps premier" venait à mourir, un clone peut endosser le rôle de "corps premier", asurant la pérennité de l'individu. le seul inconvénient, c'est que lorsque le corps premier et les clones unissent leur mémoire, les souvenirs les plus anciens risquent de s'effacer. C'est un risque que Elijah redoute. il a toujours limité au maximum le nombre de ses clones et préfère qu'ils leur raconte de vive voix ce qu'il ont vu que de pratiquer cette fusion. Ce n'est pas la seule réticence qu'Elijah nourrit face aux possibilités de son monde; Il préfère aussi la fadeur des relations sexuelles normales aux plaisirs infinis que les nouvelles technologies peuvent lui procurer.
    Etrange personnage, donc, un peu obsolete, mais égalemnt un des meilleurs membres de la police philosophique. Dans ce futur éloigné, les humains sont en contact avec de nombreuses espèces extraterrestres aux traditions et coutumes infiniment variées et élognées des coutumes humaines. Comment interpréter les réactions desuns et des autres ? Comment se comporter pour éviter les problèmes ? C'est le travail qu'effectue Elijah, le meilleur dans sa partie.
    Mais, alors qu'il est contraint de découvrir les causes d'un conflit naissant entre 2 civilisations coexistant sur une planète lointaine, et dont les conséquences risquent d'affecter tout l'univers, il découvre que l'un de ses proches à décide de mourir. Son corps premier est déjà mort, et il ne subsiste dèjà plus de lui que quelques échos en train de disparaitre. Cette nouvelle ébranle Elijah. Pourquoi un immortel voudarit-il mourir, et pourquoi son ami ne l'a pas prévénu, et ne l'a pas convié à ses funérailles ?
    Fabien Vehlmann et Gwen de Bonneval réussissent un beau livre qui s'interroge sur l'humanité et le rapport à l'autre. Contrairement à Rohagus, j'ai été directement séduit par le parti-pris graphique, très épuré, qui rappelle le rétro-futurisme des années 60 et 70 sans tomber dans la caricature. le scénario de Vehlmann étonne par son sens de l'ellipse, son économie de frioritures et par sa justesse de ton. La construction est fragile, mais tous les éléments se répondent parfaitement.
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    • Livres 1.00/5
    Par Colibrille, le 19 janvier 2015

    Colibrille
    Si j'ai mis une étoile à cet album, c'est bien parce qu'il faut en mettre une minimum pour que le livre soit considéré comme noté. Disons que cette étoile reconnaît au moins le fait qu'un travail a été réalisé.
    Dès le départ, je trouvais la couverture tout sauf engageante. Comme c'est très souvent le cas sur les BD publiées chez Futuropolis, pas de résumé pour éclairer notre lanterne quant à l'intrigue. Bien que refroidie par cette première impression négative, j'ai tout de même laissé ma curiosité prendre le dessus. Et une fois les premières pages tournées, je me suis dit que j'aurais finalement dû m'arrêter à la couverture...
    Incompréhensible, illisible : voilà les deux mots qui me viennent à l'esprit pour parler de cet album. Je ne vais pas prétendre l'avoir lu en entier car ce n'est pas le cas. J'ai arrêté au bout d'une trentaine de pages car j'avais l'impression d'avancer dans le noir le plus total. Je n'ai tout simplement rien compris à l'intrigue. J'ai eu beau relire les pages plusieurs fois, à mes yeux rien ne faisait sens. L'univers de l'histoire m'est resté des plus obscurs. Sous prétexte qu'il s'agit d'un récit SF, j'ai l'impression que les auteurs ont pris beaucoup de libertés, quitte à ce que leur récit ne soit pas très cohérent. Et pour fini, je n'ai pas du tout adhéré au style graphique avec des couleurs et une esthétique bien trop expérimentales à mon goût...
    A la vue des critiques de cet album sur Babelio, il semblerait que je sois une des rares lectrices à avoir détesté cet album. Mais j'assume mon opinion. Tout comme un des rares autres lecteurs à n'avoir pas aimé, j'ai trouvé cet album prétentieux.
    Mais tout cela, n'est qu'une question de goût.
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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 18 février 2012

    - Iseult m’a dit que vous faisiez souvent l’amour ensemble. C’est un truc que j’ai du mal à comprendre. Ça vous sert à quoi ? Je veux dire, comparé au moindre des plaisirs artificiels, l’acte sexuel est complètement fade non ?
    - Oui. C’est là son intérêt. Les plaisirs extrêmes ne proposent qu’une excitation immédiate, qui s’épuise à peine elle est consommée et qui nécessite une constante surenchère. Tandis que les choses fades ne se laissent jamais complètement appréhender par les sens. Elles restent au seuil de tous les possibles. Voilà pourquoi la fadeur reste inépuisable
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  • Par alouett, le 18 février 2012

    - Je ne t’ai pas dit, mais j’ai mis fin à mes jours il y a un an.
    - Et tu ne m’as pas invité à tes funérailles, donc.
    - Ben non, comme tu vois.
    - Je peux savoir pourquoi ?
    - J’avais mes raisons, mais je n’ai pas particulièrement envie d’en parler maintenant… J’ai vraiment plein de trucs à terminer avant de disparaître
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  • Par alouett, le 18 février 2012

    - Sur quoi êtes-vous en train de travailler ?
    - Le comique préhistorique.
    - Ah bon ?
    - Ne vous moquez pas, c’est très sérieux.
    - Je ne me moquais pas. Vous voulez dire que certaines de ces peintures dénotent d’un réel sens de l’humour ?
    - Sous une de ses formes premières, oui. La difficulté, c’est précisément d’en saisir les nuances et les articulations. Je tente de mettre en lumière les premiers jeux entre signifiant et signifié
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  • Par alouett, le 18 février 2012

    Pour être tout à fait franc, humanoïdes ou pas humanoïdes, la difficulté de compréhension est exactement la même. En revanche, ce qui entre effectivement en jeu, c’est notre manière d’anticiper cette rencontre

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  • Par Gwordia, le 19 mars 2011

    Nous avons beau être devenus immortels, tout reste toujours une question de temps.

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