ISBN : 2253003107
Éditeur : Le Livre de Poche (1967)


Note moyenne : 3.81/5 (sur 150 notes) Ajouter à mes livres
En 1941, Jean Bruller, dessinateur et graveur, crée dans la clandestinité Les Éditions de Minuit, qui publient en 1942 une nouvelle intitulée Le Silence de la mer. Ce récit marque le début de la carrière littéraire de son auteur, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 21 août 2011

    kathy
    Le Silence de la mer est un roman fort simple, mais renfermant plusieurs éléments qui demandent réflexion et approfondissement. D'abord, l'action elle-même aurait pu causer un problème à l'auteur si elle avait été connue durant la guerre : un français qui héberge un Allemand, c'est plus que subversif pour des hommes qui ne pensent qu'à leur propre victoire. Mais ce qu'il faut voir à travers l'action des personnages, c'est une philosophie fort humaine : nous sommes tous humains, les limites de nos pays ne sont visibles que sur les cartes que nous dressons.
    Le roman de Vercors est philosophique et possède une structure narrative qui donne un essor considérable à cette philosophie. le silence est d'ailleurs un thème et une action qui vient beaucoup influencer la vision que l'on a de l'intrigue. Les premiers mots adressés à Werner von Ebrennac sont « Entrez, monsieur », alors que celui-ci est sur le point de partir définitivement, à la fin du roman. Et dire que ces mots sont en fait la cristallisation du sentiment éprouvé par le vieil homme envers le plus jeune : une certaine sympathie, une inquiétude. Et les derniers mots qui lui sont adressés, par la nièce, « Adieu », ne viennent que quelques minutes après, à peine. Une porte s'est ouverte, mais personne n'a eu le temps d'y passer. Pourtant, toute l'émotion du moment y est et y demeurera. Voilà ce qu'est Le Silence de la mer de Vercors.
    (Commentaire de l'Association Jean Bruller dit "Vercors")
    http://bruller.vercors.free.fr/article.php3?id_article=7
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    • Livres 4.00/5
    Par letitbe, le 22 février 2012

    letitbe
    "Le Silence de la mer" est un court récit faisant partie d'un recueil de nouvelles. Toutes abordent différents aspects des comportements humains durant l'Occupation : courage et lâcheté, noblesse et bassesse d'âme, résignation, mais surtout bcp de remords, de questionnements et de cas de conscience. Pas de jugement, pas de manichéisme mais bcp de dignité dans les évocations de l'auteur.
    J'ai été frappée par la force du "silence de la mer", une force empreinte de pudeur, de révolte intérieure. Une force exprimée avec sobriété.
    J'ai été sensible aux autres nouvelles qui abordent bien des aspects de cette période et des destins tragiques liés à des décisions déchirantes ou malheureuses.
    Un livre fort et marquant.
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    • Livres 4.00/5
    Par bleuettediot, le 19 janvier 2011

    bleuettediot

    " Je ne puis sans souffrir offenser un homme, fût-il mon ennemi. "
    À elle seule cette phrase de l'auteur souligne le sens de ce récit, à la fois sobre et puissant, écrit par Vercors au cours de l'été 41 tandis que la deuxième guerre faisait rage. Ce petit volume d'une centaine de pages à peine n'en est pas moins le condensé d'une bataille poignante de tristesse : la bataille du silence ; la résistance passive, âpre et douloureuse, des pacifiques dans l'affirmation de leur dignité.
    Pour faire vivre cette lutte intimiste, Vercors campent trois personnages aussi fouillés que réalistes :
    L'oncle, le narrateur témoin du drame.
    La nièce pure, entière et par trop consciente de son devoir patriotique, elle ressemble à une héroïne tout droit sortie d'un drame shakespearien.
    Enfin, le bel officier allemand, antinazi comme l'étaient bon nombre d'officiers de la Wehrmacht, musicien courtois et sensible, homme d'honneur.
    Pétri de culture française, Werner von Ebrennac ne se conduit pas comme une brute. Par bien des aspects, cet homme cultivé se montre au contraire digne de respect et c'est bien là le malheur pour l'oncle et la nièce contraints d'accueillir l'ennemi sous leur toit. (Les deux protagonistes que sont l'oncle et la nièce ne sont évidemment pas sans suggérer la France occupée, cette France qui pour Vercors s'était montrée indigne en signant l'armistice du 22 juin 1940.)
    Et oui, les longs monologues du bel officier vont finir par semer le trouble dans l'esprit et le cœur de la belle résistante. Son vieil oncle, superbement incarné à la télévision par Michel Galabru cela dit en passant, lui non plus, ne résistera pas au raffinement discret de son "invité". La scène est plantée. le silence occupe tout l'espace mais quel silence ! Les regards se frôlent, se croisent, s'apprivoisent, les gestes s'émeuvent, les attitudes de chacun en disent infiniment plus long que tous les discours…
    Et là, sous le calme de la mer, la force des émotions se déchaîne !



    Lien : http://bleuette-diot.over-blog.org
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    • Livres 5.00/5
    Par Zedbahr, le 31 mars 2012

    Zedbahr
    Le Silence de la mer est un livre d'une rare puissance.
    Je me revois encore peinant à lire l'ouvrage lorsque celui ci m'était imposé lors de long et fastidieux cours de français, en lycée.
    Je l'ai relu par envie,... plus tard.... mon opinion s'est forgée.
    Le Silence de la mer est un de ces livres qui vous hantent et vous animent.
    L'intrigue, si l'on peut la qualifier comme telle, se déroule durant la guerre, trois protagonistes, un officier allemand (de l'Allemagne nazie), un vieil homme et sa nièce. Ces derniers se voient dans l'obligation d'héberger le premier. Face à l'envahisseur, face à la barbarie (dirait on aujourd'hui), la résistance des deux français se traduira par un long et pesant silence.
    L'histoire qui rencontre L Histoire, et c'est le monde qui en est changé du tout au tout.
    Vercors met en scènes une histoire sans réelle action et cette immobilisme crée une atmosphère sans nul autre pareil.
    Le Silence comme acte de résistance de deux français face à l'envahisseur.
    Mettant en question la nature de l'Envahisseur, l'humanité des protagonistes, leur rapports, l'importance du langage et de la culture.
    D'une grande puissance, d'une grande humanité, et porteur d'une grande émotion, Le Silence de la mer est un classique incontournable.
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    • Livres 5.00/5
    Par MarieC, le 31 mars 2012

    MarieC
    Relisant Le Silence de la mer après vingt ans, je m'aperçois que je n'en ai oublié quasiment aucune phrase... Les longs monologues de l'officier allemands, dont je ne me souvenais plus ne sont en fait pas dans le texte ! Un nouvelle difficile à commenter donc, tant chaque élément, dans une sobriété intense, s'ajuste parfaitement à sa place. Grand texte de la Résistance française, Le Silence de la mer peut également, avec le recul, être lu plus largement comme un éloge de la résistance au sens large, celle qui refuse la compromission et l'abandon des valeurs par les moyens les plus infimes - le silence imposé à quelqu'un qu'on pourrait admirer...
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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 08 mai 2010

    Et, ma foi, je l'admirai. Oui : qu'il ne se décourageât pas. Et que jamais il ne fût tenté de secouer cet implacable silence par quelque violence de langage. Au contraire, quand parfois il laissait ce silence envahir la pièce et la saturer jusqu'au fond des angles comme un gaz pesant et irrespirable, il semblait bien être celui de nous trois qui s'y trouvait le plus à l'aise.
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  • Par bleuettediot, le 19 janvier 2011

    Nous ne fermâmes jamais la porte à clef Je ne suis pas sûr que les raisons de cette abstention fussent très claires ni très pures. D'un accord tacite nous avions décidé, ma nièce et moi, de ne rien changer à notre vie, fût-ce le moindre détail : comme si l'officier n'exostait pas ; comme s'il eût été un fantôme. Mais il se peut qu'un autre sentiment se mêlat dans mon coeur à cette volonté : je ne puis sans souffrir offenser un homme, fût-il mon ennemi.
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  • Par cequejelis, le 07 octobre 2011

    Il était devant les rayons de la bibliothèque. Ses doigts suivaient les reliures d’une caresse légère.

    - « …Balzac, Barrès, Baudelaire, Beaumarchais, Boileau, Buffon…Chateaubriand, Corneille, Descartes, Fénelon, Flaubert…La Fontaine, France, Gautier, Hugo…Quel appel ! » dit-il avec un rire léger et hochant la tête. « Et je n’en suis qu’à la lettre H !…Ni Molière, ni Rabelais, ni Racine, ni Pascal, ni Stendhal, ni Voltaire, ni Montaigne, ni tous les autres !… » Il continuait de glisser lentement le long des livres, et de temps en temps il laissait échapper un imperceptible « Ha ! », quand, je suppose, il lisait un nom auquel il ne songeait pas. « Les Anglais, reprit-il, on pense aussitôt : Shakespeare. Les Italiens : Dante. L’Espagne : Cervantès. Et nous, tout de suite : Goethe. Après, il faut chercher. Mais si on dit : et la France ? Alors, qui surgit à l’instant ? Molière ? Racine ? Hugo ? Voltaire ? Rabelais ? ou quel autre ? Ils se pressent, ils sont comme une foule à l’entrée d’un théâtre, on ne sait pas qui faire entrer d’abord.

    Le Livre de Poche n° 25 p. 28
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  • Par kathy, le 24 août 2011

    Extrait de la nouvelle intitulée : "La marche à l'étoile"

    Telle est la force de la passion, -telle est la limite aussi et c'est pourquoi je ne l'aime pas. La passion est une terrible destructrice. Elle détruit dans la tête de qui la loge tout ce qui n'est pas son idée fixe. Elle fait une effroyable consommation d'impulsions et de concepts dont elle nourrit son insatiable cancer. Et quand, par fortune bonne ou mauvaise, elle vient à disparaître (comblée ou consumée), elle laisse dans la maison de qui l'a nourrie une vacance dévastée, et son hôte privé de désirs, -hormis la soif de devenir esclave de nouveau.
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  • Par Nanne, le 08 mai 2010

    Le silence se prolongeait. Il devenait de plus en plus épais, comme un brouillard du matin. Épais et immobile. L'immobilité de ma nièce, la mienne aussi sans doute, alourdissaient ce silence, le rendaient de plomb.
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