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> Evelyne Amon (Éditeur scientifique)

ISBN : 2210754135
Éditeur : Magnard (2001)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.13/5 (sur 313 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En 1941, Jean Bruller, dessinateur et graveur, crée dans la clandestinité Les Éditions de Minuit, qui publient en 1942 une nouvelle intitulée "Le Silence de la mer". Ce récit marque le début de la carrière littéraire de son auteur, Jean Bruller lui-même, qui le signe de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 26 mai 2013

    lecassin
    « Vercors » n'est autre que le nom de résistant et le pseudonyme de Jean Bruller, illustrateur. Il fonde en 1941, une maison d'édition clandestine avec Pierre de Lescure. Une petite maison d'édition qui deviendra grande : il s'agit rien moins que « Les Editions de Minuit »…
    Les Editions de Minuit, qui publient en 1942, un premier texte de Jean Bruller/Vercors : « Le Silence de la mer ».
    Nous sommes au bord de la mer en 1941, au début de l'occupation. Dans la maison d'un village comme il y en eut tant dans la France occupée vivent un vieil homme et sa nièce. La maison est réquisitionnée : un officier allemand, Werner von Ebrennac, occupera une chambre au grand dam des habitants du lieu.
    Le vieil homme et sa nièce s'enferment alors dans un mutisme forcené, malgré les tentatives de l'officier ; un officier élégant tant dans la forme que dans le fond : il est cultivé, francophone et francophile…et plaide en faveur du retour de l'Allemagne à ses vraies valeurs ; celles de la culture...
    Dans le « Chanteur du silence » , Julos Beaucarne évoque « le va-et-vient du silence dans le spectre duquel se cachent toutes les musiques »… il y a fort à penser qu'ici le silence du vieil homme et de sa nièce contient toutes les formes de réprobation et de résistance face à l'occupant. Au même titre que le blanc n'est autre qu'un mélange invisible de toutes les couleurs visibles, ce silence pourrait bien être, ici, le fruit du mélange inaudible de tous les cris de révolte …
    Bref, un petit opuscule à lire et à relire quand on est convaincu que la culture partagée reste et restera le ciment de l'entente entre les peuples.
    Quelques adjectifs ; un texte : court, très court, élégant, émouvant, poignant…
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 16 août 2012

    LiliGalipette

    Dans une demeure sur le bord de mer, un vieil homme et sa nièce doivent subir l'occupation allemande en la présence de Werner von Ebrennac. « Cela était naturellement nécessaire. J'eusse évité si cela était possible. Je pense que mon ordonnance fera tout pour votre tranquillité. » (p. 22) Devant l'intrus, l'homme et la jeune fille observent un silence farouche. Mais l'Allemand est un être poli, cultivé, amoureux de la France. Il comprend que ses hôtes ne peuvent résister à l'invasion qu'en se taisant. « Je suis heureux d'avoir trouvé ici un vieil homme digne. Et une demoiselle silencieuse. Il faudra vaincre ce silence. Il faudra vaincre le silence de la France. Cela me plaît. » (p. 32) Alors, l'officier parle chaque soir et déclare son amour pour le pays occupé, sans s'offusquer du silence qui pèse chaque jour un peu plus.
    De son côté, le vieil homme ne veut pas offenser l'officier allemand, mais lui et sa nièce se doivent de rester fidèles à un idéal de liberté face à celui qui incarne l'ennemi. Et c'est d'autant plus difficile de poursuivre ce silence quand l'ennemi se révèle humain, humaniste et généreux. Finalement, les seuls mots qui seront prononcés seront dits trop tard pour tous.
    Superbe récit sur l'amitié entre les peuples, au-delà des guerres et des idéologies délétères. Je me rappelle avoir vu un téléfilm adapté de cette histoire. Impossible de me souvenir des acteurs, mais j'avais aimé ce récit et je m'étais promis de le lire. C'est chose faite et c'est un plaisir infini. de cet auteur, je vous conseille aussi Les Animaux dénaturés, ou comment le chainon manquant entre l'homme et le singe peut poser de grands problèmes.
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    • Livres 3.00/5
    Par Jackiedream, le 21 décembre 2014

    Jackiedream
    Sous l'occupation, un soldat allemand réquisitionne une chambre dans une maison. Cette demeure, c'est celle d'un homme et de sa nièce qui vont opposer un silence à toute épreuve à l'envahisseur.
    Une sobriété et un dépouillement extrême, mais un style riche. Un récit absolument pas manichéen sur la guerre et sur les peuples. Au delà du soldat allemand, on découvre un homme sensible et cultivé. Les trois personnages auraient eu beaucoup à se dire, s'il n'y avait cette guerre qui les séparait... Les descriptions sont hypnotiques et précises, une sorte de monotonie emplit l'espace et le temps. Mais c'est justement la force du récit, d'aller au delà de cette monotonie, au delà de ce silence et de cette séparation pour donner la parole au jeune allemand. En l'absence des mots, les gestes prennent une autre résonance. A chaque page, je m'attendais à une drame, même minime : un balbutiement, un geste de trop qui aurait rompu la tension. Mais rien. On se concentre alors sur le message de l'auteur, sur ce qui fait l'essence des hommes et des peuples. J'ai mis 3/5 à ce livre car ce silence, cette monotonie ont été un peu lourds à supporter à certains moments pour moi (et je l'assume), de même que les tirades de l'allemand. Cependant, certaines lignes, certaines phrases, sont d'une telle justesse... C'est un court texte que j'ai été ravie de lire au moins une fois, un récit différent sur l'occupation et la guerre.
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  • Par PiertyM, le 09 novembre 2014

    PiertyM
    Quand celui qu'on appelle ennemi se fait serviable à votre égard, n'hésite pas à vous preter main forte quand un souci vous ronge, il y a de quoi revisser son statut...Il y a de quoi briser son silence bien qu'il soit de la mer...
    Vercors nous présente ici un autre aspect isolé de la seconde guerre mondiale notamment pendant l'occupation allemande où, dans un village, un vieux vivant avec sa nièce voit sa maison être réquisitionné par les forces allemandes pour pouvoir y installer un officier. Alors une guerre silencieuse s'installe entre l'officier et les occupants de la maison disant une forme de résistance...
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    • Livres 3.00/5
    Par sylvie2, le 06 octobre 2014

    sylvie2
    Lors de la guerre 40-45, nombre de français ont été obligé d'héberger des officiers allemands. Ce n'était pas toujours facile, pas pour l'hôte bien entendu, mais pas non plus pour l'officier allemand qui ne se trouvait plus tellement en présence d'un ennemi, mais en présence d'une personne. Les hôtes décident de ne pas parler à cet invité malvenu alors que l'officier fait tout pour rompre ce mutisme.
    C'est un livre qui se lit lentement. Il est bourré de monologues et on se demande à quoi il va mener. Je me suis sentie très mal à l'aise à la fin du livre. Je ne sais pas trop pourquoi... Sans doute parce que derrière l'ennemi il y avait un homme qui était complètement rejeté...
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Citations et extraits

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  • Par Fanatik, le 14 décembre 2014

    Il y a un très joli conte pour enfants, que j'ai lu, que vous avez lu, que tout le monde a lu. Je ne sais si le titre est le même dans les deux pays. Chez moi il s'appelle: Das Tier und die Schöne, la Belle et la Bête. Pauvre Belle ! La Bête la tient à merci, impuissante et prisonnière, elle lui impose à toute heure du jour son implacable et pesante présence... La Belle est fière, digne, elle s'est faite dure... Mais la Bête vaut mieux qu'elle ne semble. Oh! elle n'est pas très dégrossie ! Elle est maladroite, brutale, elle paraît bien rustre auprès de la Belle si fine !... Mais elle a du coeur, oui, elle a une âme qui aspire à s'élever. Si la Belle voulait !... La Belle met longtemps à vouloir. Pourtant, peu à peu, elle découvre au fond des yeux du geôlier haï une lueur, un reflet où peuvent se lire la prière et l'amour. Elle sent moins la patte pesante, moins les chaînes de sa prison... Elle cesse de haïr, cette constance la touche, elle tend la main... Aussitôt la Bête se transforme, le sortilège qui la maintenait dans ce pelage barbare est dissipé : c'est maintenant un chevalier très beau et très pur, délicat et cultivé, que chaque baiser de la Belle pare de qualités toujours plus rayonnantes... Leur union détermine un bonheur sublime. Leurs enfants, qui additionnent et mêlent les dons de leurs parents, sont les plus beaux que la terre ait portés...
    N'aimiez-vous pas ce conte ? Moi je l'aimai toujours. Je le relisais sans cesse. Il me faisait pleurer. J'aimais surtout la Bête, parce que je comprenais sa peine. Encore aujourd'hui, je suis ému quand j'en parle.
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  • Par agenet, le 03 février 2014

    Il était devant les rayons de la bibliothèque. Ses doigts suivaient les reliures d'une caresse légère.
    -... Balzac, Barrès, Baudelaire, Beaumarchais, Boileau, Buffon... Chateaubriand, Corneille, Descartes, Fénelon, Flaubert... La Fontaine, France, Gautier, Hugo... Quel appel ! dit-il avec un rire léger et hochant la tête. Et je n'en suis qu'à la lettre H ! Ni Molière, ni Rabelais, ni Racine, ni Pascal, ni Stendhal, ni Voltaire, ni Montaigne, ni tous les autres !...
    Il continuait de glisser lentement le long des livres, et de temps en temps il laissait échapper un imperceptible "Ha !", quand, je suppose, il lisait un nom auquel il ne pensait pas.
    - Les Anglais, reprit-il, on pense aussitôt : Shakespeare. Les Italiens : Dante. L'Espagne : Cervantès. Et nous, tout de suite: Goethe. Après, il faut chercher. Mais si on dit: et la France ? Alors, qui surgit à l'instant ? Molière ? Racine ? Hugo? Voltaire ? Et quel autre ? Ils se pressent, ils sont comme une foule à l'entrée d'un théâtre, on ne sait pas qui faire entrer d'abord.
    Il se retourna et dit gravement :
    -Mais pour la musique, alors c'est chez nous: Bach, Haendel, Beethoven, Wagner, Mozart... Quel nom vient le premier ?
    "Et nous sommes en guerre ! " dit-il lentement en remuant la tête.
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  • Par lecassin, le 26 mai 2013

    Il était parti quand, le lendemain, je descendis prendre ma tasse de lait matinale. Ma nièce avait préparé le déjeuner comme chaque jour. Elle me servit en silence. Nous bûmes en silence. Dehors luisait au travers de la brume un pâle soleil. Il me sembla qu’il faisait très froid.

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  • Par LiliGalipette, le 16 août 2012

    « Je suis heureux d’avoir trouvé ici un vieil homme digne. Et une demoiselle silencieuse. Il faudra vaincre ce silence. Il faudra vaincre le silence de la France. Cela me plaît. » (p. 32)

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  • Par Claire23, le 27 janvier 2014

    D'un accord tacite nous avions décidé, ma nièce et moi, de ne rien changer à notre vie, fût-ce le moindre détail : comme si l'officier n'existait pas ; comme s'il eût été un fantôme. Mais il se peut qu'un autre sentiment se mêla dans mon cœur : je ne puis sans souffrir offenser un homme, fût-il mon ennemi.

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