Ne nous est-il pas tous arrivé de rester pétrifiés d'émotion devant un paysage, étreints par ce qui nous semble un trop plein de beauté? N'avons-nous jamais senti notre gorge se nouer, nos yeux s'humecter en entendant s'élever le chant d'une voix pure venant toucher un tréfonds de nous-même que nous n'arrivons pas à exprimer par les mots qui soudain, nous semblent banals? Et je pourrais multiplier les exemples. Tous nous avons ressentis ces moments hors du Temps, ô combien gravés en notre mémoire. Que s'est-il passé? Nous avons touché la Beauté. Ce "Pause philo" développe les notions de beauté, de laideur, de la place de l'artiste et de sa quête dans le monde contemporain (ce qui permet un regard différent sur les oeuvres d'aujourd'hui parfois mal comprises). Souvent je me suis posée cette question : "Qu'est-ce qui me fait dire que c'est beau? A quel titre? Pourquoi?". Et voilà que je reçois cette réponse qui éclaire mes interrogations :
"Quand nous sommes en présence du beau, c'est au sens de la pensée que nous avons affaire. Un paysage, une musique, un poème nous laissent songeurs. Ils nous ont fait sentir qu'il y a quelque chose dans la vie de plus fort que le simple plaisir de vivre. La vie a une âme. Elle n'est pas que matière. Et cette âme est la profondeur de la vie. Voilà ce que le beau signifie. Il nous éveille à notre propre âme en nous révélant que nous pouvons être plus qu'un corps. En ce sens, le beau n'est pas une affaire de subjectivité au sens banal du terme. Témoin le fait que nous pouvons être plusieurs à le ressentir en même temps."
Ce livre m'a révélé la distinction à faire entre la beauté et l'agréable. Il m'a aussi fait réfléchir sur ce légendaire "Des goûts et des couleurs on ne discute pas" que l'on entend si fréquemment. Une partie du livre consacrée aux arts analyse les relations que nous pouvons entretenir avec chacun d'entre eux. La dernière partie parle de l'Art et je fus interpellée particulièrement par le chapitre "A quoi sert l'Art?" et par la notion de création. Il m'a plu de lire :
"On ne peut ramener la vie à la survie. S'il faut survivre, il faut aussi vivre. La vie est le but de la survie et non l'inverse. Ainsi, c'est le fait de cultiver la vie que l'on a qui lui donne tout son sens et non simplement le fait de survivre. Imaginons une vie qui ne serait jamais préoccupée par la culture et la vie, mais simplement par la survie. Une telle vie serait invivable."
"L'art a donc un sens qui consiste à élever l'humanité vers la partie supérieure d'elle-même".
"L'art donne à penser. Il fait sentir, entendre, voir ce que le fait de l'existence peut avoir d'extraordinaire. Il montre surtout ce que cet extraordinaire peut devenir sensible."
"La création ne consiste-t-elle pas à produire plutôt qu'à reproduire, et à inventer plutôt qu'à copier?"
Les "Pause philo" dont la vocation est "d'appliquer
La philosophie aux défis du quotidien" nous emmènent un peu loin, nous remuent, nous confortent. Bref, on apprend. Celui-ci ne nous fait pas y échapper.