ISBN : B0014OC23O
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Recueil :
"La Bonne Chanson"
"Romances sans paroles"
"Sagesse"
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 11 novembre 2011

    [ "La bonne chanson" ]

    X

    Quinze longs jours encore et plus de six semaines
    Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines
    La plus dolente angoisse est celle d'être loin.
    On s'écrit, on se dit que l'on s'aime, on a soin
    D'évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste
    De l'être en qui l'on met son bonheur, et l'on reste
    Des heures à causer tout seul avec l'absent.
    Mais tout ce que l'on pense et tout ce que l'on sent
    Et tout ce dont on parle avec l'absent, persiste
    À demeurer blafard et fidèlement triste.

    Oh ! l'absence ! le moins clément de tous les maux !
    Se consoler avec des phrases et des mots,
    Puiser dans l'infini morose des pensées
    De quoi vous rafraîchir, espérances lassées,
    Et n'en rien remonter que de fade et d'amer !

    [...]
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  • Par mandarine43, le 28 novembre 2011

    [ "Sagesse" ]

    Ecoutez la chanson bien douce
    Qui ne pleure que pour vous plaire.
    Elle est discrète, elle est légère :
    Un frisson d’eau sur de la mousse !

    La voix vous fut connue et chère,
    Mais à présent, elle est voilée,
    Comme une veuve désolée.
    Pourtant, elle est encore fière,

    Et dans les longs plis de son voile
    Qui palpite aux brises d’automne,
    Cache et montre au cœur qui s’étonne
    La vérité comme une étoile.

    Elle dit, la voix reconnue,
    Que la bonté c’est notre vie,
    Que de la haine et de l’envie,
    Rien ne reste, la mort venue.

    Elle parle aussi de la gloire
    D’être simple sans plus attendre,
    Et de noces d’or et du tendre
    Bonheur d’une paix sans victoire.

    Accueillez la voix qui persiste
    Dans son naïf épithalame.
    Allez, rien n’est meilleur à l’âme
    Que de faire une âme moins triste !

    Elle est en peine et de passage,
    L’âme qui souffre sans colère,
    Et comme sa morale est claire !...
    Ecoutez la chanson bien sage.
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  • Par mandarine43, le 18 novembre 2011

    [ "Sagesse" ]

    Beauté des femmes, leur faiblesse, et ces mains pâles
    Qui font souvent le bien et peuvent tout le mal,
    Et ces yeux, où plus rien ne reste d’animal
    Que juste assez pour dire: “assez” aux fureurs mâles.

    Et toujours, maternelle endormeuse des râles,
    Même quand elle ment, cette voix ! Matinal
    Appel, ou chant bien doux à vêpre, ou frais signal,
    Ou beau sanglot qui va mourir au pli des châles !…

    Hommes durs ! Vie atroce et laide d’ici-bas !
    Ah ! que du moins, loin des baisers et des combats,
    Quelque chose demeure un peu sur la montagne,

    Quelque chose du cœur enfantin et subtil,
    Bonté, respect ! Car, qu’est-ce qui nous accompagne
    Et vraiment, quand la mort viendra, que reste-t-il ?
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  • Par mandarine43, le 12 novembre 2011

    [ "Romances sans paroles" ]

    Aquarelles.
    Green.

    Voici des fruits, des feuilles et des branches
    Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
    Ne le déchirez pas avec vos douces mains blanches
    Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

    J'arrive tout couvert encore de rosée
    Que le vent du matin vient glacer à mon front.
    Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
    Rêve des chers instants qui la délasseront.

    Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
    Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
    Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
    Et que je dorme un peu puisque vous reposez.
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  • Par mandarine43, le 24 novembre 2011

    [ "Sagesse" ]

    Ô vous, comme un qui boite au loin, Chagrins et Joies,
    Toi, cœur saignant d’hier qui flambes aujourd’hui,
    C’est vrai pourtant que c’est fini, que tout a fui
    De nos sens, aussi bien les ombres que les proies.

    Vieux bonheurs, vieux malheurs, comme une file d’oies
    Sur la route en poussière où tous les pieds ont lui,
    Bon voyage ! Et le Rire, et, plus vieille que lui,
    Toi, Tristesse, noyée au vieux noir que tu broies !

    Et le reste ! — Un doux vide, un grand renoncement,
    Quelqu’un en nous qui sent la paix immensément,
    Une candeur d’une fraîcheur délicieuse...

    Et voyez ! notre cœur qui saignait sous l’orgueil,
    Il flambe dans l’amour, et s’en va faire accueil
    À la vie, en faveur d’une mort précieuse !
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