> Martine Bercot (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253098302
Éditeur : Le Livre de Poche (1996)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 77 notes) Ajouter à mes livres
Poèmes saturniens est le titre du premier recueil de poèmes de Paul Verlaine, publié en 1866.

On sait peu de choses de la genèse du premier recueil poétique de Verlaine.

La matière en aurait pour l'essentiel été composée, selon leur auteur,... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 27 mai 2012

    nastasiabuergo
    Le Poëte, l'amour du Beau, voilà sa foi,
    L'Azur, son étendard, et l'Idéal, sa loi!
    Vous aurez reconnu ici deux des vers du prologue, qui résument avec une assez grande fidélité (de même que l'épilogue), la profession de foi d'un de nos plus grands poètes, toutes époques confondues, et du XIXème, assurément. A la lecture de ces pages, Verlaine se révèle être le poète de la cadence, voire de la scansion. Une rythmique incomparable, différente de celle de ses contemporains ou de ses proches aînés du Grand Siècle Romantique. Jugez plutôt:
    "Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main
    Et fais-moi des serments que tu rompras demain,"
    "D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre (...)"
    "Et son âme d'enfant rayonnait à travers
    La sensuelle ampleur de ses yeux gris et verts."
    "Nuit mélancolique et lourde d'été,
    Pleine de silence et d'obscurité,
    Berce sur l'azur qu'un vent doux effleure
    L'arbre qui frissonne et l'oiseau qui pleure."
    "Lançant dans l'air bruni son cri désespéré,
    Son cri qui se lamente et se prolonge, et crie,
    Éclate en quelque coin l'orgue de Barbarie:
    Il brame un de ces airs, romances ou polkas,
    Qu'enfants nous tapotions sur nos harmonicas
    Et qui font, lents ou vifs, réjouissants ou tristes,
    Vibrer l'âme aux proscrits, aux Femmes, aux artistes.
    C'est écorché, c'est faux, c'est horrible, c'est dur,
    (...)
    Les notes ont un rhume et les do sont des la,
    Mais qu'importe! l'on pleure en entendant cela!"
    Vous l'aurez compris également, chez Verlaine, Paris rime avec pourris et la Seine avec malsaine. Bien sûr, tout n'est pas aussi fin, sobre et relevé (personnellement j'aime un peu moins les poèmes sur les personnages historiques) que sa sublime "Chanson d'automne", dont les sanglots longs n'ont pas fini de s'en aller, au vent mauvais, frapper à notre cœur, ou à défaut, notre âme. Lorsque vous achetez un album musical, pouvez-vous prétendre que chaque titre vous envoûte? Alors ici, faites de même, et quoi qu'il en coûte, goûtez tous ces poèmes ...
    "Et dans une harmonie étrange et fantastique
    Qui tient de la musique et tient de la plastique"
    Mais tout cela, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 3.00/5
    Par olivberne, le 19 mars 2012

    olivberne
    J'avais un peu de mal avec Verlaine, il me semblait trop sombre, complexe et son univers me mettait mal à 'aise. de plus, nourri d'alexandrins, je n'arrivais pas à me faire à l'impair. je préférais Rimbaud, peut-être parce qu'il était moins mystérieux, plus adolescent. Et récemment, je l'ai retrouvé, retrouvé son lyrisme certes triste mais si fort et si profond qu'on est finalement emporté dans son mal être. C'est une très belle poésie, un peu hermétique mais belle à étudier.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 15 juin 2011

    brigittelascombe
    L'abandonnique de Nevermore,
    "Souvenir, souvenir que me veux tu? L'automne
    faisait voler la grive à travers l'air atone
    et le soleil dardait un rayon monotone
    sur le bois jaunissant où la bise détone."
    auréolé d'une mélancolie toute saturnienne glisse, coule et s'écoule, se confie
    "Votre âme est un paysage choisi."
    idéalise Elisa, la cousine et amie, la soeur. A moins qu'il ne rêve à celle qui est en lui, son double
    "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend."
    Limpide Verlaine, à l'âme musicienne qui désignait Baudelaire: "mon plus cher fanatisme" était il semblable à "L' albatros" des "Fleurs Du Mal" qui boite et rêve aux vastes horizons, étend l' ombre gigantesque de ses ailes blanches prêtes à tourbillonner ? Un géant, à coup sûr, "un prince des nuées qui hante la tempête et se rit de l'archer" jusqu'à se consumer sans fin dans les futurs feux des "Fêtes galantes"
    "Mélancholia", secrète souffrance, sublime poésie!
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  • Par Aela, le 16 février 2011

    Aela
    Le premier des recueils de Verlaine, sorti en 1866. Un premier recueil placé sous le signe de la mélancolie et de la rêverie amoureuse. Des thèmes empruntés aux romantiques: la nature, la femme idéale, qui consolent le poète de sa solitude et de l'incompréhension, thèmes récurrents pour cette période.
    On se laisse bercer par la douceur et l'harmonie, la musicalité du vers.
    Verlaine a innové en utilisant le vers impair pour casser la régularité.
    Paysages mélancoliques, simplicité du langage, lyrisme confidentiel, calme, naïveté apparente, tout se conjugue pour créer une sorte de tristesse langoureuse qui vous emporte...
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    • Livres 5.00/5
    Par araucaria, le 13 avril 2012

    araucaria
    Poésies superbes, recueil incontournable. A lire et à relire, pour la rime et le plaisir.

    Lien : http://araucaria.20six.fr/
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 24 mai 2012

    Lançant dans l'air bruni son cri désespéré,
    Son cri qui se lamente et se prolonge, et crie,
    Éclate en quelque coin l'orgue de Barbarie:
    Il brame un de ces airs, romances ou polkas,
    Qu'enfants nous tapotions sur nos harmonicas
    Et qui font, lents ou vifs, réjouissants ou tristes,
    Vibrer l'âme aux proscrits, aux femmes, aux artistes.
    C'est écorché, c'est faux, c'est horrible, c'est dur,
    (...)
    Les notes ont un rhume et les do sont des la,
    Mais qu'importe! l'on pleure en entendant cela!
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  • Par nastasiabuergo, le 25 mai 2012

    Et dans une harmonie étrange et fantastique
    Qui tient de la musique et tient de la plastique
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  • Par Couperine, le 18 juin 2010

    NUIT DU WALPURGIS CLASSIQUE

    C’est plutôt le sabbat du second Faust que l’autre.
    Un rhythmique sabbat, rhythmique, extrêmement
    Rhythmique. — Imaginez un jardin de Lenôtre,
    Correct, ridicule et charmant.

    Des ronds-points ; au milieu, des jets d’eau ; des allées
    Toutes droites ; sylvains de marbre ; dieux marins
    De bronze ; çà et là, des Vénus étalées ;
    Des quinconces, des boulingrins ;

    Des châtaigniers ; des plants de fleurs formant la dune ;
    Ici, des rosiers nains qu’un goût docte effila ;
    Plus loin, des ifs taillés en triangles. La lune
    D’un soir d’été sur tout cela.

    Minuit sonne, et réveille au fond du parc aulique
    Un air mélancolique, un sourd, lent et doux air
    De chasse : tel, doux, lent, sourd et mélancolique,
    L’air de chasse de Tannhäuser.

    Des chants voilés de cors lointains où la tendresse
    Des sens étreint l’effroi de l’âme en des accords
    Harmonieusement dissonants dans l’ivresse ;
    Et voici qu’à l’appel des cors

    S’entrelacent soudain des formes toutes blanches,
    Diaphanes, et que le clair de lune fait
    Opalines parmi l’ombre verte des branches,
    — Un Watteau rêvé par Raffet ! —

    S’entrelacent parmi l’ombre verte des arbres
    D’un geste alangui, plein d’un désespoir profond,
    Puis, autour des massifs, des bronzes et des marbres
    Très lentement dansent en rond.

    — Ces spectres agités, sont-ce donc la pensée
    Du poète ivre, ou son regret, ou son remords,
    Ces spectres agités en tourbe cadencée,
    Ou bien tout simplement des morts ?

    Sont-ce donc ton remords, ô rêvasseur qu’invite
    L’horreur, ou ton regret, ou ta pensée, — hein ? — tous
    Ces spectres qu’un vertige irrésistible agite,
    Ou bien des morts qui seraient fous ? —

    N’importe ! ils vont toujours, les fébriles fantômes,
    Menant leur ronde vaste et morne et tressautant
    Comme dans un rayon de soleil des atomes,
    Et s’évaporent à l’instant

    Humide et blême où l’aube éteint l’un après l’autre
    Les cors, en sorte qu’il ne reste absolument
    Plus rien — absolument — qu’un jardin de Lenôtre,
    Correct, ridicule et charmant.
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  • Par Orphea, le 11 juin 2009

    Mon rêve familier

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
    Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

    Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
    Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
    Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
    Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

    Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l’ignore.
    Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
    Comme ceux des aimés que la Vie exila.

    Son regard est pareil au regard des statues,
    Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
    L’inflexion des voix chères qui se sont tues.
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  • Par Orphea, le 11 juin 2009

    Dans les bois

    D'autres, ― des innocents ou bien des lymphatiques, ―
    Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,
    Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux !
    D'autres s'y sentent pris ― rêveurs ― d'effrois mystiques.

    Ils sont heureux ! Pour moi, nerveux, et qu'un remords
    Épouvantable et vague affole sans relâche,
    Par les forêts je tremble à la façon d'un lâche
    Qui craindrait une embûche ou qui verrait des morts.

    Ces grands rameaux jamais apaisés, comme l'onde,
    D'où tombe un noir silence avec une ombre encor
    Plus noire, tout ce morne et sinistre décor
    Me remplit d'une horreur triviale et profonde.

    Surtout les soirs d'été : la rougeur du couchant
    Se fond dans le gris bleu des brumes qu'elle teinte
    D'incendie et de sang ; et l'angélus qui tinte
    Au lointain semble un cri plaintif se rapprochant.

    Le vent se lève chaud et lourd, un frisson passe
    Et repasse, toujours plus fort, dans l'épaisseur
    Toujours plus sombre des hauts chênes, obsesseur,
    Et s'éparpille, ainsi qu'un miasme, dans l'espace.

    La nuit vient. Le hibou s'envole. C'est l'instant
    Où l'on songe aux récits des aïeules naïves...
    Sous un fourré, là-bas, là-bas, des sources vives
    Font un bruit d'assassins postés se concertant.
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Le besoin de croire
Ce numéro d'Apostrophes est un débat autour de la foi et de la croyance, s'appuyant sur les exemples de Paul VERLAINE et Charles PEGUY, avec Jacques ELLUL, auteur de "la foi au prix du doute" et "la parole humiliée", Henri GUILLEMIN, auteur de "Charles PEGUY", Pierre PETITFILS, auteur d'une biographie sur Verlaine et Claude ROY, auteur de "les chercheurs de dieux". Au cours de...








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