> Martine Bercot (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253098302
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1996)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 61 notes) Ajouter à mes livres
Poèmes saturniens est le titre du premier recueil de poèmes de Paul Verlaine, publié en 1866.

On sait peu de choses de la genèse du premier recueil poétique de Verlaine.

La matière en aurait pour l'essentiel été composée, selon leur auteur,... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(3)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 15 juin 2011

    brigittelascombe
    L'abandonnique de Nevermore,
    "Souvenir, souvenir que me veux tu? L'automne
    faisait voler la grive à travers l'air atone
    et le soleil dardait un rayon monotone
    sur le bois jaunissant où la bise détone."
    auréolé d'une mélancolie toute saturnienne glisse, coule et s'écoule, se confie
    "Votre âme est un paysage choisi."
    idéalise Elisa, la cousine et amie, la soeur. A moins qu'il ne rêve à celle qui est en lui, son double
    "Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
    Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend."
    Limpide Verlaine, à l'âme musicienne qui désignait Baudelaire: "mon plus cher fanatisme" était il semblable à "L' albatros" des "Fleurs Du Mal" qui boite et rêve aux vastes horizons, étend l' ombre gigantesque de ses ailes blanches prêtes à tourbillonner ? Un géant, à coup sûr, "un prince des nuées qui hante la tempête et se rit de l'archer" jusqu'à se consumer sans fin dans les futurs feux des "Fêtes galantes"
    "Mélancholia", secrète souffrance, sublime poésie!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Aela, le 16 février 2011

    Aela
    Le premier des recueils de Verlaine, sorti en 1866. Un premier recueil placé sous le signe de la mélancolie et de la rêverie amoureuse. Des thèmes empruntés aux romantiques: la nature, la femme idéale, qui consolent le poète de sa solitude et de l'incompréhension, thèmes récurrents pour cette période.
    On se laisse bercer par la douceur et l'harmonie, la musicalité du vers.
    Verlaine a innové en utilisant le vers impair pour casser la régularité.
    Paysages mélancoliques, simplicité du langage, lyrisme confidentiel, calme, naïveté apparente, tout se conjugue pour créer une sorte de tristesse langoureuse qui vous emporte...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 30 mars 2009

    annie
    souvenir de lecture en suivant l'éphéméride...
    30 mars 1844 naissance de Paul Verlaine, poète



    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (13)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Orphea, le 11 juin 2009

    Mon rêve familier

    Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
    D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
    Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
    Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

    Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
    Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
    Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
    Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

    Est-elle brune, blonde ou rousse ? — Je l’ignore.
    Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
    Comme ceux des aimés que la Vie exila.

    Son regard est pareil au regard des statues,
    Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
    L’inflexion des voix chères qui se sont tues.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (20 votes positifs)
  • Par Couperine, le 18 juin 2010

    NUIT DU WALPURGIS CLASSIQUE

    C’est plutôt le sabbat du second Faust que l’autre.
    Un rhythmique sabbat, rhythmique, extrêmement
    Rhythmique. — Imaginez un jardin de Lenôtre,
    Correct, ridicule et charmant.

    Des ronds-points ; au milieu, des jets d’eau ; des allées
    Toutes droites ; sylvains de marbre ; dieux marins
    De bronze ; çà et là, des Vénus étalées ;
    Des quinconces, des boulingrins ;

    Des châtaigniers ; des plants de fleurs formant la dune ;
    Ici, des rosiers nains qu’un goût docte effila ;
    Plus loin, des ifs taillés en triangles. La lune
    D’un soir d’été sur tout cela.

    Minuit sonne, et réveille au fond du parc aulique
    Un air mélancolique, un sourd, lent et doux air
    De chasse : tel, doux, lent, sourd et mélancolique,
    L’air de chasse de Tannhäuser.

    Des chants voilés de cors lointains où la tendresse
    Des sens étreint l’effroi de l’âme en des accords
    Harmonieusement dissonants dans l’ivresse ;
    Et voici qu’à l’appel des cors

    S’entrelacent soudain des formes toutes blanches,
    Diaphanes, et que le clair de lune fait
    Opalines parmi l’ombre verte des branches,
    — Un Watteau rêvé par Raffet ! —

    S’entrelacent parmi l’ombre verte des arbres
    D’un geste alangui, plein d’un désespoir profond,
    Puis, autour des massifs, des bronzes et des marbres
    Très lentement dansent en rond.

    — Ces spectres agités, sont-ce donc la pensée
    Du poète ivre, ou son regret, ou son remords,
    Ces spectres agités en tourbe cadencée,
    Ou bien tout simplement des morts ?

    Sont-ce donc ton remords, ô rêvasseur qu’invite
    L’horreur, ou ton regret, ou ta pensée, — hein ? — tous
    Ces spectres qu’un vertige irrésistible agite,
    Ou bien des morts qui seraient fous ? —

    N’importe ! ils vont toujours, les fébriles fantômes,
    Menant leur ronde vaste et morne et tressautant
    Comme dans un rayon de soleil des atomes,
    Et s’évaporent à l’instant

    Humide et blême où l’aube éteint l’un après l’autre
    Les cors, en sorte qu’il ne reste absolument
    Plus rien — absolument — qu’un jardin de Lenôtre,
    Correct, ridicule et charmant.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par Couperine, le 18 juin 2010

    A UNE FEMME

    À vous ces vers, de par la grâce consolante
    De vos grands yeux où rit et pleure un rêve doux,
    De par votre âme pure et toute bonne, à vous
    Ces vers du fond de ma détresse violente.

    C’est qu’hélas ! le hideux cauchemar qui me hante
    N’a pas de trêve et va furieux, fou, jaloux,
    Se multipliant comme un cortège de loups
    Et se pendant après mon sort qu’il ensanglante !

    Oh ! je souffre, je souffre affreusement, si bien
    Que le gémissement premier du premier homme
    Chassé d’Éden n’est qu’une églogue au prix du mien !

    Et les soucis que vous pouvez avoir sont comme
    Des hirondelles sur un ciel d’après-midi,
    — Chère, — par un beau jour de septembre attiédi.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Orphea, le 11 juin 2009

    Dans les bois

    D'autres, ― des innocents ou bien des lymphatiques, ―
    Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,
    Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux !
    D'autres s'y sentent pris ― rêveurs ― d'effrois mystiques.

    Ils sont heureux ! Pour moi, nerveux, et qu'un remords
    Épouvantable et vague affole sans relâche,
    Par les forêts je tremble à la façon d'un lâche
    Qui craindrait une embûche ou qui verrait des morts.

    Ces grands rameaux jamais apaisés, comme l'onde,
    D'où tombe un noir silence avec une ombre encor
    Plus noire, tout ce morne et sinistre décor
    Me remplit d'une horreur triviale et profonde.

    Surtout les soirs d'été : la rougeur du couchant
    Se fond dans le gris bleu des brumes qu'elle teinte
    D'incendie et de sang ; et l'angélus qui tinte
    Au lointain semble un cri plaintif se rapprochant.

    Le vent se lève chaud et lourd, un frisson passe
    Et repasse, toujours plus fort, dans l'épaisseur
    Toujours plus sombre des hauts chênes, obsesseur,
    Et s'éparpille, ainsi qu'un miasme, dans l'espace.

    La nuit vient. Le hibou s'envole. C'est l'instant
    Où l'on songe aux récits des aïeules naïves...
    Sous un fourré, là-bas, là-bas, des sources vives
    Font un bruit d'assassins postés se concertant.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Couperine, le 18 juin 2010

    NEVERMORE


    Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne
    Faisait voler la grive à travers l’air atone,
    Et le soleil dardait un rayon monotone
    Sur le bois jaunissant où la bise détone.

    Nous étions seul à seule et marchions en rêvant,
    Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent.
    Soudain, tournant vers moi son regard émouvant :
    « Quel fut ton plus beau jour ? » fit sa voix d’or vivant,

    Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique.
    Un sourire discret lui donna la réplique,
    Et je baisai sa main blanche, dévotement.

    — Ah ! les premières fleurs, qu’elles sont parfumées !
    Et qu’il bruit avec un murmure charmant
    Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (10 votes positifs)

> voir toutes (11)

Video de Paul Verlaine

>Ajouter une vidéo

Amoureuse poésie
Spectacle poétique interprété par Jean-Louis BARRAULT et Madeleine RENAUD. Les deux comédiens disent des poèmes de Ronsard, Verlaine, Apollinaire, Rimbaud, Garcia Lorca et Prévert.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Poèmes saturniens par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (142)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz