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Critiques sur Chaos calme (25)


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  • Par Sandre le 07/06/2009


    « Je ne peux Pas continuer. Je vais continuer. »





    Le soir où j'ai commencé ce roman, j'étais épuisée. Je l'ai pris en me disant que j'allais me contenter de lire quelques pages, juste pour me faire une idée, pour prendre la température. Je prévoyais de toute façon de m'endormir dessus, comme il m'arrive souvent, que le livre soit bon ou Pas. Je pensais de toute façon à mon réveil scandaleusement matinal 7 heures plus tard. Il ne fallait Pas que je traîne...


    Mais j'ai été happée.


    Et réveillée pour de bon.



    Pietro, le narrateur, est sur la plage avec son frère. C'est la fin de l'été. Des voix attirent leur attention. Deux femmes sont en train de se noyer.


    Pietro nage d'un côté, son frère de l'autre, chacun vers l'une de ces femmes.
    Des pages et des pages. Pietro raconte par le menu son sauvetage héroïque d'une femme hystérique.
    La narration incroyablement rythmée, les longues phrases cadencées, toutes les pensées de Pietro, désespérées, ironiques, souvent insolites, plongent le lecteur dans cette lutte violente des deux corps.


    .....
    Je me suis levée, ai tourné en rond quelques minutes. Enervée : un peu inquiète parce que le temps filait, parce que le sommeil m'avait échappé. Parce que le livre était là sur mon lit.

    Je me suis recouchée... J'ai continué.



    Alors que Pietro s'illustrait sur la plage et permettait à une femme de continuer de vivre, au même moment une autre femme, la sienne, mourait d'une rupture d'anévrisme.
    .....
    C'est la rentrée des classes. De retour à Milan, Pietro accompagne sa fille de 10 ans, Claudia, à l'école. Alors qu'elle le quitte pour rejoindre sa classe, il la rappelle et, sans y croire lui-même, lui fait la promesse de rester devant l'école, toute la journée, de l'attendre là jusqu'à ce qu'elle sorte.


    Ce premier jour, Pietro tient sa promesse. La petite ne manifeste encore aucun désespoir après le décès de sa mère, mais on ne sait jamais, ça pourrait lui tomber dessus sans prévenir, il faut qu'il soit dans le coin, au cas où.


    Il Passe la journée du lendemain au même endroit, et toutes celles qui suivent.
    Automne. Hiver.


    Sa fille n'a Pas encore reçu le coup sur la tête. Pas de crise, Pas encore.

    Pour lui non plus, Pas encore de chaos. Sa vie a continué, calme. Il ne s'est Pas encore effondré et cela le sidère.



    Ce sont les autres, ses collègues, sa belle-sœur, son frère, qui, étrangement, s'agitent autour de lui, et viennent le voir, dans sa voiture ou sur le banc du square, toujours devant l'école. Viennent déverser sur lui leur souffrance.


    Lui reste en suspens. Il observe et commente ces désordres, les mouvements furieux de la vie, en attendant...



    "Je ne peux Pas continuer. Je vais continuer" est une citation de Beckett, mise en exergue.


    Lien : http://quedesromans.over-blog.com

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par mediatheque le 10/10/2008


    Chacun peut se retrouver dans ce chaos : comme l'auteur qui se gare en double file, et commet, en quelques minutes seulement, toutes les infractions qu'il ne s'autorise pas le reste de la journée. On le suit dans les dédales de toutes ses réflexions, même les plus saugrenues !
    Le livre de la maturité ?
    Club de lecteurs de la médiathèque des Chartreux


    Lien : http://www.mediatheque-agglo-troyes.fr

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par val-m-les-livres le 30/07/2009


    ce roman parfois loufoque nous entraîne en terre inconnue. Je m'attendais à de la tristesse, il n'y en pas. du désespoir, si , mais qui n'attriste pas, qui agace, dérange parfois. Certains passages m'ont gênée mais c'était le but je pense (la scène de sexe entre le narrateur et la femme qu'il a sauvé) puisqu'on comprend que les deux protagonistes de la scène ont besoin de ça pour se sentir vivants. La scène qui m'a vraiment mise mal à l'aise est celle où il compare le regard de sa fille posé sur lui à celui qu'elle posera sur l'homme qui la déflorera. Je me suis demandé si un papa pourrait avoir cette pensée. Mais il ne faut pas oublier non plus que ce livre est drôle, plein de rebondissements et que la relation fraternelle y est magnifiquement dépeinte. Et cette attente de souffrir qui ne vient pas , cette peur que Claudia ne craque brutalement, loin de son papa...


    Lien : http://vallit.canalblog.com/archives/2009/07/30/14519283.html#comments

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Naniela le 15/07/2009


    Au delà du thème du deuil, c'est l'aspect masculin de ce roman qui m'a touchée. La vie, l'amour, le deuil, l'ambition vus à travers les yeux d'un homme d'aujourd'hui. La scène érotique même ne m'a pas choquée parce qu'elle a sa raison d'être, sa place dans le roman.


    Lien : http://livresdevirginie.canalblog.com/archives/2009/06/08/13935795.h..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par tilly le 01/07/2008


    [Livre critiqué dans le cadre du programme Masse Critique]

    En attendant les larmes -- J'ai pensé au début de l'histoire que l'arrivée des larmes marquerait la fin du roman. J'étais donc un peu fatiguée d'avance d'avoir à patienter cinq cent et quelques pages. Qui va pleurer le premier ? le père d'abord ? La petite fille avant son père ? Tous les deux ensemble ? Car c'est là que réside tout le suspens de cette histoire très originale, à la limite du farfelu, n'était son début dramatique.

    Le premier chapitre du roman est magistral. Il cumule en une vingtaine de pages les descriptions drolatiques mais réalistes des tragédies qui s'abattent sur le héros en l'espace de quelques heures, un soir d'été. Pietro va à la plage. Pietro et son frère se baignent. Devant eux deux femmes en train de se noyer. Ils les ramènent non sans mal au bord (chacun la sienne) sans que personne ne prête vraiment attention à leur acte de bravoure. Un peu dépités et à bout de forces ils remontent de la plage vers leur maison de vacances. Devant la villa, ambulance, pompiers, gyrophares. Lara la jeune femme de Pietro, la maman de Claudia, vient de succomber à une attaque cérébrale que rien ne laissait prévoir.

    De retour à Milan dans les jours qui suivent cette fin d'après-midi dramatique, Pietro décide de (ou plutôt est amené à) s'installer pour passer ses journées dans sa voiture stationnée juste en face de l'école de Claudia. le véhicule va servir de confessionnal (de divan ?) à toutes sortes de personnages qui viennent tour à tour rendre visite au (consulter le ?) veuf de fraiche date : la famille, les amis, les collègues, les voisins, les passants et passantes. Les jours passent, les semaines, les mois.

    C'est gonflé je trouve de faire culminer l'intensité dramatique d'un roman dans ses premières pages. Sandro Veronesi ne réussit que partiellement son coup à mon goût. On dirait un John Irving latin, mais je me suis ennuyée parfois (comme avec Irving depuis quelque temps d'ailleurs).

    Alors c'est quoi ce Chaos Calme, ce "quiet chaos" ? Sandro Veronesi propose plusieurs définitions et exemples différents tout au long du roman. On peut faire au bout du compte comme son héros, une recherche sur google, elle sera décevante et les résultats faussés par la publication du roman !
    L'explication que je préfère c'est celle que le héros-narrateur propose à la toute fin. le Chaos Calme, c'est le chaos heureux dans lequel vivent les enfants. Mais un jour ils grandissent et quittent la bulle de l'enfance, ce Chaos Calme dans lequel tout est réversible. Il n'y a pas de retour possible au Chaos Calme de l'enfance. Les adultes veulent y croire parfois mais à tort, c'est irréversible. le héros essaie mais il échouera finalement. Se mettre à la marge, dans un état de précarité artificielle lui donne un temps seulement (assez long !) l'illusion qu'il lui sera possible de ne pas souffrir de ce qu'il vient de vivre.

    D'autres, plus que moi, aimeront ce roman pour les leçons de vie, de management des entreprises, d'éducation des enfants, que le narrateur est amené malgré lui à dispenser aux personnages qui viennent s'épancher sur son siège du passager. Je reconnais que dans ce domaine, le dernier chapitre qui organise et résout le chaos du narrateur est brillantissime (dix pages). Attention, je ne dis pas tout à fait qu'il suffit de lire les pages une à trente et quatre cent quatre vingt dix à cinq cent de ce roman ! le foisonnement des histoires, des théories, des analyses et des contre-analyses est d'une grande virtuosité mais il a fini par me lasser souvent au long du récit.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par canel le 30/06/2011


    - - - Abandon - - -
    Pietro Paladini a quarante-trois ans, il est directeur d'une chaîne de télévision en Italie, il baigne donc dans l'opulence... Lara, sa compagne, décède brutalement chez eux pendant qu'il sauve une femme de la noyade. Il lui reste Claudia, leur fille de dix ans. Pas de douleur, apparemment : le deuil prend la forme d'un "Chaos calme", une espèce d'hébétude qui ne le fait pas souffrir mais bouleverse sa vie sociale. A la stupéfaction de tous, il passe désormais ses journées devant l'école de sa fille, alors que leur société est en péril, en passe de fusionner avec d'autres entreprises. Peu d'action, de longs cheminements intérieurs, une tendresse nouvelle avec son enfant, des conversations avec quelques proches qui l'amèneront à s'interroger sur le deuil, sur le couple qu'il formait avec Lara...
    Un roman lent, long, dans lequel je n'ai pas réussi à entrer (ou alors sporadiquement), faute d'empathie avec le narrateur, dont l'univers est sans doute trop éloigné du mien... Trop rares : quelques moments de douceur (le "jeu" avec l'enfant trisomique, la découverte de l'univers de sa fille)... et le tragi-comique des discussions avec Marta. Lasse des interminables monologues de Piquet sur les problèmes de Francesca, entre autres anecdotes qui ne m'intéressent pas, j'ai abandonné le roman page 356.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Fromtheavenue le 09/10/2010


    il est vrai que ce roman se laisse lire agréablement. L'histoire étant assez atypique. Je me suis demandé où l'écrivain allait nous emmener avec Pietro qui passe ses journées en face de l'école de sa fille.


    Lien : http://fromtheavenue.blogspot.com/2010/06/chaos-calme-de-sandro-vero..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par liliba le 28/05/2010


    Un livre passionnant, tant par le sujet que par l'écriture, mais difficile à résumer et à commenter. J'ai beaucoup aimé l'histoire de cet homme qui ne souffre pas de la mort de sa femme (ne veut pas souffrir ?) et qui, par son attitude, recueille les angoisses, les souvenirs, les détresses de tous ceux qui croisent sa route. le malheur attire le malheur et il devient sans le vouloir le réceptacle des peines des autres, il écoute beaucoup, commente peu, conseille parfois, mais jamais ne juge. le deuil qui le frappe semble attirer autour de lui les confidences, on vient lui apporter, comme en offrande, ces moments de Chaos calme que chacun peut vivre dans sa propre vie, on vient se décharger sur ses épaules de ses propres malheurs, et il écoute, tel un confesseur des temps modernes. Malgré quelques longueurs vers la fin, on se prend à suivre les vies de chacun des protagonistes de cette histoire assez abracadabrante, on a envie de savoir comment Pietro va réussir à se sortir de cette situation d'immobilisme, quel sera le déclic qui le fera avancer à nouveau, vivre sa vie au lieu de partager celles de ces interlocuteurs. Très intéressant et prenant !


    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2010/05/08/index.html

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 2.00/5
    Par claracambry le 14/03/2010


    Au départ, j'ai été très emballée : cet homme qui perd sa femme et qui décide de passer ses journées à attendre sa fille devant son école. Après la mort de sa femme, il se raccroche à sa fille, à son équilibre précaire et fragile car ni lui, ni elle n'ont craqué. Il semble comme anesthésié. Pas de pleurs, de cris, de cette révolte quand on perd un être cher et aimé. du matin au soir, il est dans sa voiture ou se rend au square à côté. Surtout, rester là pour sa fille pour montrer qu'il tient sa promesse. Situation incongrue qui s'éternise au fil des jours. Il ne va plus travailler d'ailleurs son entreprise subit une restructuration importante. Tour à tour, ses collègues, son patron, sa belle-sœur, son frère viennent le voir, chacun lui racontant ses peines et ses malheurs. Lui qui se sentait protégé des autres se retrouve confident de chacun d'entre eux. Sa belle-sœur lui fait sous-entendre que sa femme n'était pas heureuse. Il va se poser des questions et chercher à savoir le vrai du faux. Il va découvrir que sa femme recevait des emails d'un homme dont il n'a jamais entendu parler. Et là, je m'attendais à ce qu'il découvre que sa femme n'était qu'heureuse en apparence, ou qu'il ait ce déclic et qu'il crie, hurle tout son chagrin. Eh bien non !

    La suite sur : http://fibromaman.blogspot.com/2010/03/sandro-veronesi-chaos-calme.html


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/03/sandro-veronesi-chaos-calme.h..

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    • Livres 3.00/5
    Par gorjan le 03/07/2009


    Je trouve cette histoire, tendre, touchante, drôle. Ce roman est bien construit, et simplement : on suit Pietro au fil des saisons. Mais il est aussi construit en "boucle", la fin la dévoile, et nous laisse émus d'une certaine pudeur, délicatesse qu'il est toujours bon de retrouver dans l'écriture contemporaine. J'ai terminé cette histoire comme suspendue dans le vide, un instant.
    Sandro Veronesi ose beaucoup : la sensualité et le sexe sont présents mais tellement drôles donc tellemement rares !

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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