AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2330058780
Éditeur : Actes Sud (2016)

Note moyenne : 4/5 (sur 96 notes)
Résumé :
Le don de Tarjei Vesaas, peut-être le plus grand écrivain norvégien de ce siècle (1897-1970), aura été de savoir abolir la dérisoire ligne de démarcation entre vie et mort, solitude et présence. Il n'y a pas d'explication toute prête à proposer de ce chef-d'œuvre qu'est Palais de glace, tant la symbolique en est riche et les harmoniques multiples. Peut-être ne s'agit-il que d'une variation intensément poétique sur le grand secret du thème sacré : l'amour plus fort q... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
04 janvier 2016
  • 5/ 5
Une magnifique histoire,pleine de magie et de poésie,qui nous vient du froid,d'un auteur norvégien, Vesaas(1897-1970),"le magicien de l'indicible ".
Un conte sur une amitié absolue, scellée en une nuit entre deux fillettes de onze ans, qu'apparemment tout sépare.Une nuit dont elles n'en sortiront pas indemnes.
Dans un paysage de glace ,où "une cascade transformée en sculpture grâce au froid intense" devient un palais, un palais au cœur du roman,où "des joueurs de bois avec leurs instruments", peuplent les bords de route,où "une nuée de créatures noires ondulent au gré de la couche de neige ",dans l'obscurité....se déroule un drame dans un silence absolu. Oui ça fait froid au dos, mais que c'est beau!
Un monde où les petits respectent petits et grands,et les grands respectent grands et petits,
un monde où la pudeur est maître ("C'avait été le temps de la neige,le temps de la mort et des chambres fermées-et puis trois fois trop vite,pof on se retrouve de l'autre côté de ce temps,avec de la buée dans les yeux tellement on est contente,tout ça sous prétexte qu'un garçon vous a dit" Toi et tes fossettes, alors."), ...est-ce un monde disparu ou un monde rêvé ?
Qu'importe, Vesaas va droit au cœur de l'enfant en nous.
C'est son deuxième livre que je viens de lire après " Les ponts",que j'avais également beaucoup aimé.Toujours cette même prose, très poétique dans une nature sauvage,celle de son pays , une richesse innouie de détails et de symboles ,le mystère de la vie au-delà des apparences,
c'est magistrale,de la grande littérature,que dire de plus.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          412
Sando
28 octobre 2014
  • 5/ 5
Entre la timide Unn et la pétillante Siss, l'alchimie fût presque immédiate. Les deux fillettes de tout juste onze ans surent tout de suite que leur amitié serait grande et unique. Une attirance mêlée de fascination les a conduit l'une vers l'autre pour les lier à jamais. Alors, pour sceller cette complicité naissante, Unn décide d'inviter Siss chez elle. La rencontre est intense, mais l'excitation et le désir d'aller trop vite dans la découverte l'une de l'autre ne leur épargne pas quelques petites déceptions, laissant les deux jeunes filles frustrées, inassouvies…

Pour se remettre de ces émotions trop fortes, Unn décide, malgré son envie d'être avec Siss, de faire l'école buissonnière le lendemain de leur rendez-vous. Ses pas la conduisent vers la cascade, que le gel a transformée en véritable palais de glace, tout droit sorti d'un conte de fées. S'introduisant à travers les crevasses, Unn se lance dans l'exploration de la fascinante bâtisse. Mais les salles sont nombreuses, étourdissantes de beauté et de majesté et le froid est traître… Derrière son apparente splendeur, le palais pourrait bien cacher un tombeau…

Tout d'abord, je tiens à remercier chaleureusement les éditions Cambourakis d'avoir réédité ce petit bijou, classique de la littérature norvégienne, injustement tombé dans l'oubli ! « le palais de glace » vient de m'offrir un pur moment de plaisir. Sous des dehors apparemment simples, voire enfantins, la langue cache en réalité une poésie et une beauté incroyables ! L'émotion qu'elle dégage est d'autant plus forte qu'elle est insoupçonnée, pleine de tact et de finesse. On avance aux côtés de Siss, seuls témoins de la promesse qu'elle a faite à Unn de l'attendre toujours et totalement impuissants face à sa détresse.

Un texte qui, sous ses allures de conte cruel nous parle de sujets forts et délicats tels que l'amitié dans ce qu'elle a de plus passionnée, exclusive, mais aussi de la solitude, du deuil et de la dépression. Ce décor de village perdu au milieu de rivières et de forêts et figé par le froid nordique confère au récit une atmosphère à la beauté irréelle, sublime et dangereuse. Un univers dans lequel la nature reprend ses droits et se révèle indomptable. « le palais de glace » est un roman bouleversant, tragique et cependant lumineux sur l'enfance, l'amitié et la solidarité entre les hommes. Une merveille à découvrir absolument !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          376
LiliGalipette
07 juin 2014
  • 5/ 5
Siss et Unn sont deux fillettes très différentes. La première est populaire et entourée d'amis. La seconde est solitaire et inaccessible. Pourtant, il se noue entre elles une amitié inexplicable et incommensurable. Une amitié si pure qu'elle ne peut pas exister ailleurs que dans la glace, qui saura la préserver à jamais. « La glace qui couvrait le lac était si étincelante qu'elle ne semblait pas exister. Une glace d'acier. Pas le moindre flocon de neige n'était tombé depuis sa formation. » (p. 61) Ce sentiment est si fort que les deux enfants prennent peur. Unn, pour échapper à la pression incontrôlable d'une trop grande joie choisit de faire l'école buissonnière et de se promener sous les arcades mystérieuses de la cascade gelée. L'indicible se produit et il ne reste plus que Siss qui, pour ne pas oublier Unn, se fait une promesse démesurée. « Dehors, la neige continuait à tomber, comme pour effacer Unn et tout ce qui se rapportait à elle. » (p. 109)
Dans ce texte très court, Tarjei Vesaas déploie une symbolique du froid qui confine à l'allégorie, voire à la mystique. L'amour, la mort, l'absence, ce sont trois états que les mots ne peuvent pas cerner, mais par touches, par éclats, il est possible d'en approcher le profond mystère. Palais de glace est un texte éminemment poétique, aux accents de légende et de drame antique. Pour moi qui aime tant l'hiver et le froid, ce roman est aussi précieux et unique qu'un flocon de neige.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
dourvach
11 juillet 2015
  • 5/ 5
"Is-Slottet"... Palais de glace de nos rêves, de la fidélité, de l'amitié -- dans la vie comme dans la mort... La mort comme étrange barrière -- friable -- se dressant soudain entre les âmes... Palais immortel et précaire... Souvenir ou fantôme de nos chers disparus... Là où peuvent encore se rencontrer -- Qui sait ? -- les vivants et les morts... Ces encore-vivants et ces supposés-morts... "point tout à fait morts" dans notre souvenir.... Le souvenir, oui : là où ils vivent désormais pour nous... Là où nous vivrons un jour, nous aussi... Dans le souvenir -- du moins nous l'espérons -- d'autres vivants en sursis...
Et l'on repense au père de Joseph dans "Le sanatorium sous la clepsydre" de Bruno SCHULZ : ce personnage retenu prisonnier -- toujours bien vivant -- dans son sanatorium enfoui sous la neige, coincé dans une boucle temporelle de la relativité einsteinienne... Schulz (1892-1942), cet écrivain de génie aussi "secret" que Vesaas, si tôt disparu dans la cruelle nuit nazie de son pays... Pologne et peuples également sacrifiés et anéantis : "Shoah", comme on sait...
Oui, comment rejoindre désormais "nos" morts ?
Tarjei VESAAS (1897-1970), le "fermier-écrivain" hantant sa ferme du Telemark (Norvège) a peut-être la réponse. Il a été, lui, le chantre secret de ces âmes repliées que recouvre le seul manteau de l'Elémentaire...
Siss et Unn, deux amies de treize ans, se trouvent soudain séparées par cette énigme qu'est la mort. Siss explore à son tour les beaux mystères de "la cascade de glace", trouvée au fil du ruisseau. Celle-là qui forme "château", palais précaire... On se perd peu à peu dans ses couloirs jusqu'à ce qu'un Oeil unique apparaisse à la voûte... Mais alors, peut-être est-il "déjà trop tard" ?
Souvenirs de nos belles interrogations, débutant à notre adolescence : " Est-ce que j'existe pour quelqu'un ? " -- ainsi que le devine Régis BOYER, spécialiste des littératures scandinaves, dans sa longue et passionnante (22 pages) Introduction à l'oeuvre du grand Norvégien...
Saluons aussi l'exceptionnelle et poétique traduction (du néo-norvégien au français) réalisée par Elisabeth EYDOUX en 1975 -- reprise ici dans l'édition de poche Garnier-Flammarion en 1985...
1963 : si loin, si proche... Oeuvre éternelle, sans doute ! Un chef d'oeuvre et une étape (bien sûr) cachée dans l'histoire de la Littérature universelle...
Lisons, oui, ou plutôt découvrons -- pour toujours, espérons-le -- le monde si peu oubliable du prodigieux Tarjei VESAAS : "Le Germe" (1940), "Le Vent du Nord" (1952), "Les Oiseaux" (1957), "Palais de Glace" (1963)... Tant de sombres chefs d'oeuvre au coeur encore vibrant, qui -- au milieu du vacarme des vulgarités ambiantes -- nous attendent encore, en leurs plus beaux silences !
Lien : http://www.regardsfeeriques...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          123
Charybde7
06 décembre 2014
  • 4/ 5
De ce roman de 1963, réédité en français en 2014 dans une nouvelle traduction de Jean-Baptiste Coursaud (Éd. Cambourakis), les images qui restent, indélébiles, sont les visions envoûtantes d'un paysage d'hiver qui se transforme, magnifique et angoissant sous l'effet du gel, un paysage figé dans lequel il règne un silence de mort, excepté ces craquements qui ponctuent la progression de la glace, chaque jour plus dure et plus épaisse. Avec le froid extrême qui règne, une montagne gelée s'est créée naturellement autour d'une cascade aux alentours du village, prenant l'apparence d'un palais de glace aussi éblouissant que mortifère.
«On était encore en plein après-midi, en fait. Pourtant tout était plongé dans la nuit en cette fin d'automne figée par le gel. Des étoiles mais pas de lune, pas de neige susceptible de produire des reflets nacrés – l'obscurité n'en était que plus dense, en dépit des étoiles.»
Dans cet après-midi hivernal, Siss, une enfant de onze ans, se rend pour la première fois chez Unn, sa camarade de classe récemment arrivée dans le village pour vivre chez sa tante après le décès de sa mère. Brillante élève, Unn est restée solitaire jusqu'alors, intriguant beaucoup Siss, dont la personnalité de meneuse est aux antipodes de celle de Unn. de manière inexplicable, les deux jeunes filles sont attirées l'une vers l'autre, et Unn souhaite révéler un secret à Siss. Ce soir-là, la rencontre de Siss et Unn dans la maisonnette de bois de la tante va être «un moment inconcevable», un instant fusionnel et troublant.
«Était-ce uniquement un rêve étrange ?
"C'était" Unn et moi, hier soir ?
Oui !»
Au lendemain de cette rencontre bouleversante, Unn ne paraît pas à l'école, et s'évanouit dans la nature glacée tandis que la neige commence à tomber et recouvre le village.
«Il neige et il neige sans cesse
sur les ponts silencieux.
Des ponts que personne ne connaît.»
Le grand écrivain norvégien Tarjei Vesaas (1897 – 1970) nous convie à construire notre propre interprétation de ce récit énigmatique, entre histoire réaliste et conte fantastique, un récit marqué par le rythme des saisons, du gel de l'hiver à la débâcle du printemps, évoquant l'intensité du désir et la force du pacte indicible qui peut lier deux enfants.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky04 janvier 2016
Le rêve des ponts enneigés

Et la neige qui tombe sur nous s'épaissit.
La manche de ton manteau blanchit.
La manche de mon manteau blanchit.
Elles bougent entre nous comme
des ponts enneigés.

Mais les ponts enneigés sont gelés.
Ici au cœur règne une chaleur pleine de vie.
Ton bras est chaud sous la neige et
pése avec bonheur sur mon bras.

Il neige et il neige sans cesse
sur les ponts silencieux.
Des ponts que personne ne connaît.

P.127
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          170
BookycookyBookycooky03 janvier 2016
Il y avait une question,à laquelle elle devait répondre, à laquelle elle ne pouvait pas couper :
-Elle était comment ,Unn?
-Je l'aimais beaucoup.
Et pas un mot de plus.
Quiconque entendait ce témoignage de la tante sentait qu'il n'existait pas de plus belle phrase que celle-ci. Une phrase nullement fripée,bien que répétée des fois et des fois. p.103
Commenter  J’apprécie          130
IrisaIrisa18 mai 2009
Donc, pas moyen d'oublier Unn. Cela prit forme dans la chambre de Siss. C'est là que se forgea l'intangible promesse.
Au bout de huit jours, Siss eut le droit de se lever. Une semaine où, de sa fenêtre, elle vit tomber une neige incessante et où les nuits lui réservèrent quelques belles heures. Elle avait le sentiment que ces chutes intarissables avaient pour but d'effacer Unn. De l'effacer. Pour souligner qu'elle était partie pour toujours et qu'il serait inutile de la rechercher.
Dans ces moments, il lui arrivait cependant de se révolter. Les promesses prenaient toute leur force. Elles s'affirmaient davantages au fur et à mesure que les recherches se faisaient plus rares, lorsque les espoirs s'évanouissaient.
Non, elle ne disparaîtra pas. Elle ne peut pas disparaître. Dans sa chambre, Siss se le répétait sans cesse.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
IrisaIrisa18 mai 2009
Chapitre XII Un rêve de ponts enneigés

Pendant que nous sommes tous là, la neige tombe de plus en plus dense.

La manche de ton manteau se couvre de blanc.
La manche de mon manteau se couvre de blanc.
Elles forment des liens entre nous comme des ponts enneigés.

Mais les ponts enneigés sont gelés.
Ici à l'intérieur la chaleur règne.
Sous la neige ton bras est chaud.
Doucement il pèse sur le mien.

Il neige et il neige,
Sur des ponts silencieux,
Des ponts que les autres ignorent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          41
IrisaIrisa18 mai 2009
A certains endroits, que l'eau avait abandonnés, l'oeuvre, terminée, était brillante et figée. Ailleurs, dans un nuage de vapeur, on voyait l'eau se souder en glace bleu-vert.
Un palais ensorcelé. Il fallait essayer d'y pénétrer si, toutefois, on pouvait trouver une entrée ! On y découvrirait sûrement une quantité de passages et de portails étranges. Il fallait y aller. Pour Unn, tout s'effaçait devant cette apparition. Elle n'avait plus qu'une idée en tête : pénétrer dans ce palais de glace.
Ce n'était pas facile d'y parvenir. Souvent, elle croyait trouver une ouverture, mais ce n'était qu'une illusion. Elle ne voulait, à aucun prix, abandonner. Finalement, elle trouva une petite fente par où l'eau coulait et qui était assez large pour lui laisser le passage.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Tarjei Vesaas (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tarjei Vesaas
Pour ceux qui entende le tchéque ;)
autres livres classés : littérature norvegienneVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Etes-vous incollable sur la littérature scandinave ?

Qui est l'auteur du roman "Bruits du cœur" ?

Herbjørg Wassmo
Jens Christian Grondhal
Sofi Oksanen
Jostein Gaarder

15 questions
75 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature scandinaveCréer un quiz sur ce livre
. .