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ISBN : 2080704230
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 56 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le don de Tarjei Vesaas, peut-être le plus grand écrivain norvégien de ce siècle (1897-1970), aura été de savoir abolir la dérisoire ligne de démarcation entre vie et mort, solitude et présence. Il n'y a pas d'explication toute prête à proposer de ce chef-d'œuvre qu'est... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Sando, le 28 octobre 2014

    Sando
    Entre la timide Unn et la pétillante Siss, l'alchimie fût presque immédiate. Les deux fillettes de tout juste onze ans surent tout de suite que leur amitié serait grande et unique. Une attirance mêlée de fascination les a conduit l'une vers l'autre pour les lier à jamais. Alors, pour sceller cette complicité naissante, Unn décide d'inviter Siss chez elle. La rencontre est intense, mais l'excitation et le désir d'aller trop vite dans la découverte l'une de l'autre ne leur épargne pas quelques petites déceptions, laissant les deux jeunes filles frustrées, inassouvies…

    Pour se remettre de ces émotions trop fortes, Unn décide, malgré son envie d'être avec Siss, de faire l'école buissonnière le lendemain de leur rendez-vous. Ses pas la conduisent vers la cascade, que le gel a transformée en véritable Palais de glace, tout droit sorti d'un conte de fées. S'introduisant à travers les crevasses, Unn se lance dans l'exploration de la fascinante bâtisse. Mais les salles sont nombreuses, étourdissantes de beauté et de majesté et le froid est traître… Derrière son apparente splendeur, le palais pourrait bien cacher un tombeau…

    Tout d'abord, je tiens à remercier chaleureusement les éditions Cambourakis d'avoir réédité ce petit bijou, classique de la littérature norvégienne, injustement tombé dans l'oubli ! « le Palais de glace » vient de m'offrir un pur moment de plaisir. Sous des dehors apparemment simples, voire enfantins, la langue cache en réalité une poésie et une beauté incroyables ! L'émotion qu'elle dégage est d'autant plus forte qu'elle est insoupçonnée, pleine de tact et de finesse. On avance aux côtés de Siss, seuls témoins de la promesse qu'elle a faite à Unn de l'attendre toujours et totalement impuissants face à sa détresse.

    Un texte qui, sous ses allures de conte cruel nous parle de sujets forts et délicats tels que l'amitié dans ce qu'elle a de plus passionnée, exclusive, mais aussi de la solitude, du deuil et de la dépression. Ce décor de village perdu au milieu de rivières et de forêts et figé par le froid nordique confère au récit une atmosphère à la beauté irréelle, sublime et dangereuse. Un univers dans lequel la nature reprend ses droits et se révèle indomptable. « le Palais de glace » est un roman bouleversant, tragique et cependant lumineux sur l'enfance, l'amitié et la solidarité entre les hommes. Une merveille à découvrir absolument !
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 juin 2014

    LiliGalipette
    Siss et Unn sont deux fillettes très différentes. La première est populaire et entourée d'amis. La seconde est solitaire et inaccessible. Pourtant, il se noue entre elles une amitié inexplicable et incommensurable. Une amitié si pure qu'elle ne peut pas exister ailleurs que dans la glace, qui saura la préserver à jamais. « La glace qui couvrait le lac était si étincelante qu'elle ne semblait pas exister. Une glace d'acier. Pas le moindre flocon de neige n'était tombé depuis sa formation. » (p. 61) Ce sentiment est si fort que les deux enfants prennent peur. Unn, pour échapper à la pression incontrôlable d'une trop grande joie choisit de faire l'école buissonnière et de se promener sous les arcades mystérieuses de la cascade gelée. L'indicible se produit et il ne reste plus que Siss qui, pour ne pas oublier Unn, se fait une promesse démesurée. « Dehors, la neige continuait à tomber, comme pour effacer Unn et tout ce qui se rapportait à elle. » (p. 109)
    Dans ce texte très court, Tarjei Vesaas déploie une symbolique du froid qui confine à l'allégorie, voire à la mystique. L'amour, la mort, l'absence, ce sont trois états que les mots ne peuvent pas cerner, mais par touches, par éclats, il est possible d'en approcher le profond mystère. Palais de glace est un texte éminemment poétique, aux accents de légende et de drame antique. Pour moi qui aime tant l'hiver et le froid, ce roman est aussi précieux et unique qu'un flocon de neige.
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    • Livres 4.00/5
    Par Charybde7, le 06 décembre 2014

    Charybde7
    De ce roman de 1963, réédité en français en 2014 dans une nouvelle traduction de Jean-Baptiste Coursaud (Éd. Cambourakis), les images qui restent, indélébiles, sont les visions envoûtantes d'un paysage d'hiver qui se transforme, magnifique et angoissant sous l'effet du gel, un paysage figé dans lequel il règne un silence de mort, excepté ces craquements qui ponctuent la progression de la glace, chaque jour plus dure et plus épaisse. Avec le froid extrême qui règne, une montagne gelée s'est créée naturellement autour d'une cascade aux alentours du village, prenant l'apparence d'un Palais de glace aussi éblouissant que mortifère.
    «On était encore en plein après-midi, en fait. Pourtant tout était plongé dans la nuit en cette fin d'automne figée par le gel. Des étoiles mais pas de lune, pas de neige susceptible de produire des reflets nacrés – l'obscurité n'en était que plus dense, en dépit des étoiles.»
    Dans cet après-midi hivernal, Siss, une enfant de onze ans, se rend pour la première fois chez Unn, sa camarade de classe récemment arrivée dans le village pour vivre chez sa tante après le décès de sa mère. Brillante élève, Unn est restée solitaire jusqu'alors, intriguant beaucoup Siss, dont la personnalité de meneuse est aux antipodes de celle de Unn. de manière inexplicable, les deux jeunes filles sont attirées l'une vers l'autre, et Unn souhaite révéler un secret à Siss. Ce soir-là, la rencontre de Siss et Unn dans la maisonnette de bois de la tante va être «un moment inconcevable», un instant fusionnel et troublant.
    «Était-ce uniquement un rêve étrange ?
    "C'était" Unn et moi, hier soir ?
    Oui !»
    Au lendemain de cette rencontre bouleversante, Unn ne paraît pas à l'école, et s'évanouit dans la nature glacée tandis que la neige commence à tomber et recouvre le village.
    «Il neige et il neige sans cesse
    sur Les Ponts silencieux.
    Des ponts que personne ne connaît.»
    Le grand écrivain norvégien Tarjei Vesaas (1897 – 1970) nous convie à construire notre propre interprétation de ce récit énigmatique, entre histoire réaliste et conte fantastique, un récit marqué par le rythme des saisons, du gel de l'hiver à la débâcle du printemps, évoquant l'intensité du désir et la force du pacte indicible qui peut lier deux enfants.
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    • Livres 5.00/5
    Par ChryseiaVonSourde, le 24 mai 2015

    ChryseiaVonSourde
    De ce livre, je ne dirai que quelques mots, car il est de ces beautés qui ne se laissent saisir par la langue. L'analyser me paraîtrait vain, le résumer sacrilège.
    De la première à la dernière page, baigné dans une atmosphère à nulle autre pareille, faite de froide mélancolie et de poésie lumineuse, il enveloppe le lecteur et le plonge sous la glace. Celle qui recouvre la cascade jusqu'à former un palais merveilleux ; celle du souvenir, plus réel que le présent ; celle des promesses qui contraignent et donnent un sens à l'existence ; celle de la tristesse, sourde, omniprésente.
    La mort et la vie s'y côtoient sans réelle frontière, reliées par les émotions et les sentiments d'une enfant, Siss, et de son amie à la vie à la mort, Unn. Pour ne pas gâcher votre lecture – car il FAUT lire ce roman –, je ne raconterai rien de l'histoire. Sachez seulement que Tarjei Vesaas, immense auteur du XXe siècle, a su transcrire avec une sobriété géniale la magie de ces choses indicibles qui palpitent en nous.
    La suite de la critique sur mon blog !

    Lien : https://litteraemeae.wordpress.com/2015/01/03/un-chant-melancolique-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Charybde7, le 06 décembre 2014

    Charybde7
    De ce roman de 1963, réédité en français en 2014 dans une nouvelle traduction de Jean-Baptiste Coursaud (Éd. Cambourakis), les images qui restent, indélébiles, sont les visions envoûtantes d'un paysage d'hiver qui se transforme, magnifique et angoissant sous l'effet du gel, un paysage figé dans lequel il règne un silence de mort, excepté ces craquements qui ponctuent la progression de la glace, chaque jour plus dure et plus épaisse. Avec le froid extrême qui règne, une montagne gelée s'est créée naturellement autour d'une cascade aux alentours du village, prenant l'apparence d'un Palais de glace aussi éblouissant que mortifère.
    «On était encore en plein après-midi, en fait. Pourtant tout était plongé dans la nuit en cette fin d'automne figée par le gel. Des étoiles mais pas de lune, pas de neige susceptible de produire des reflets nacrés – l'obscurité n'en était que plus dense, en dépit des étoiles.»
    Dans cet après-midi hivernal, Siss, une enfant de onze ans, se rend pour la première fois chez Unn, sa camarade de classe récemment arrivée dans le village pour vivre chez sa tante après le décès de sa mère. Brillante élève, Unn est restée solitaire jusqu'alors, intriguant beaucoup Siss, dont la personnalité de meneuse est aux antipodes de celle de Unn. de manière inexplicable, les deux jeunes filles sont attirées l'une vers l'autre, et Unn souhaite révéler un secret à Siss. Ce soir-là, la rencontre de Siss et Unn dans la maisonnette de bois de la tante va être «un moment inconcevable», un instant fusionnel et troublant.
    «Était-ce uniquement un rêve étrange ?
    "C'était" Unn et moi, hier soir ?
    Oui !»
    Au lendemain de cette rencontre bouleversante, Unn ne paraît pas à l'école, et s'évanouit dans la nature glacée tandis que la neige commence à tomber et recouvre le village.
    «Il neige et il neige sans cesse
    sur Les Ponts silencieux.
    Des ponts que personne ne connaît.»
    Le grand écrivain norvégien Tarjei Vesaas (1897 – 1970) nous convie à construire notre propre interprétation de ce récit énigmatique, entre histoire réaliste et conte fantastique, un récit marqué par le rythme des saisons, du gel de l'hiver à la débâcle du printemps, évoquant l'intensité du désir et la force du pacte indicible qui peut lier deux enfants.
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Citations et extraits

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  • Par ChryseiaVonSourde, le 24 mai 2015

    Ils ont prêté vie et lumière à ce bloc de glace mort, ainsi qu’aux heures mutiques qui viennent après minuit. Avant leur arrivée, la cascade grondait en pure perte avec une tristesse morne ; le colosse de glace se réduisant à en être la mort muette, terminée. Les hommes ignoraient ce qu’ils avaient apporté – avant de se retrouver pris au piège du jeu entre ce qui existait déjà et ce qui allait arriver.
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  • Par Irisa, le 18 mai 2009

    Donc, pas moyen d'oublier Unn. Cela prit forme dans la chambre de Siss. C'est là que se forgea l'intangible promesse.
    Au bout de huit jours, Siss eut le droit de se lever. Une semaine où, de sa fenêtre, elle vit tomber une neige incessante et où les nuits lui réservèrent quelques belles heures. Elle avait le sentiment que ces chutes intarissables avaient pour but d'effacer Unn. De l'effacer. Pour souligner qu'elle était partie pour toujours et qu'il serait inutile de la rechercher.
    Dans ces moments, il lui arrivait cependant de se révolter. Les promesses prenaient toute leur force. Elles s'affirmaient davantages au fur et à mesure que les recherches se faisaient plus rares, lorsque les espoirs s'évanouissaient.
    Non, elle ne disparaîtra pas. Elle ne peut pas disparaître. Dans sa chambre, Siss se le répétait sans cesse.
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  • Par Irisa, le 18 mai 2009

    Chapitre XII Un rêve de ponts enneigés

    Pendant que nous sommes tous là, la neige tombe de plus en plus dense.

    La manche de ton manteau se couvre de blanc.
    La manche de mon manteau se couvre de blanc.
    Elles forment des liens entre nous comme des ponts enneigés.

    Mais les ponts enneigés sont gelés.
    Ici à l'intérieur la chaleur règne.
    Sous la neige ton bras est chaud.
    Doucement il pèse sur le mien.

    Il neige et il neige,
    Sur des ponts silencieux,
    Des ponts que les autres ignorent.
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  • Par Irisa, le 18 mai 2009

    A certains endroits, que l'eau avait abandonnés, l'oeuvre, terminée, était brillante et figée. Ailleurs, dans un nuage de vapeur, on voyait l'eau se souder en glace bleu-vert.
    Un palais ensorcelé. Il fallait essayer d'y pénétrer si, toutefois, on pouvait trouver une entrée ! On y découvrirait sûrement une quantité de passages et de portails étranges. Il fallait y aller. Pour Unn, tout s'effaçait devant cette apparition. Elle n'avait plus qu'une idée en tête : pénétrer dans ce palais de glace.
    Ce n'était pas facile d'y parvenir. Souvent, elle croyait trouver une ouverture, mais ce n'était qu'une illusion. Elle ne voulait, à aucun prix, abandonner. Finalement, elle trouva une petite fente par où l'eau coulait et qui était assez large pour lui laisser le passage.
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  • Par Irisa, le 18 mai 2009

    Mais qu'était-ce donc ?
    C'était le palis de glace, mais...
    Le soleil avait disparu. Elle se trouvait devant un gouffre aux parois rigides. Le soleil y viendrait-il plus tard ? Pour le moment, elle ne voyait que des ombres glacées.
    Aux yeux d'Unn, un monde ensorcelé se révélait, composé de monticules, de voûtes, de coupoles givrées, de courbes harmonieuses et de dentelures complexes. Rien que de la glace, sur laquelle l'eau, éclaboussant sans cesse, continuait son oeuvre de construction. Les glaces, ayant barré certaines parties de la cascade, d'autres branches s'étaient créées, où se forgeaient de nouvelles improvisations. Malgré l'absence du soleil, c'était un éblouissement de couleurs, des jaillissements de bleus et de verts.
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