ISBN : 225314133X
Éditeur : Le Livre de Poche
(1997)
Note moyenne : 4.02/5 (sur 84 notes)
Je voudrais pas crever3Ajouter à mes livres
Ce livre est un hommage à l’auteur-illustrateur Martin Matje, de son vrai nom Thierry Martin, qui est décédé le 13 septembre 2004. Martin Matje avait pour projet d’illustrer le poème «Quand j’aurais du vent dans mon crâne» de Boris Vian. Il avait entrepris les démarches... > voir plus
Quelques poèmes avec un humour, parfois noir. Décalés comme on en a l'habitude avec Boris Vian. Mais avec, dans certains poèmes, une très grande profondeur. On ressent un plaisir pendant la lecture, le plaisir qu'il a du ressentir en écrivant ses poèmes. Sans chercher à plaire, à être lu. Juste le plaisir d'écrire.
Un livre que j'aime lire et relire tellement certains mots m'ont touchés. Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux Voilà un extrait qui me plaît beaucoup !
S'il pleuvait des larmes "S'il pleuvait des larmes
Lorsque meurt un amour
S'il pleuvait des larmes
Lorsque les cœur sont lourd
Sur la terre entière,
Pendant quarante jours
Des larmes amères
Engloutiraient les tours. S'il pleuvait des larmes
Lorsque meurt un enfant
S'il pleuvait des larmes
Pour rire des méchants
Sur la terre entière et glacée
Des larmes amères
Rouleraient le passé. S'il pleuvait des larmes
Quand on tue les cœurs purs
S'il pleuvait des larmes
Quand on crève sous les murs
Sur la terre entière
Il y aurait le déluge
Des larmes amères,
des coupables et des juges. S'il pleuvait des larmes
Chaque fois que la mort
Brandissant ses armes
Fait sauter le décor
Sur la terre entière
Il n'y aurait plus rien
Que des larmes amères
Des deuils du destin." Boris Vian
Extrait du recueil Je voudrais pas crever (1962)
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rever
Les singes a cul nu
Devoreurs de tropiques
Les araignees d'argent
Au nid truffe de bulles