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Critiques sur L'Ecume des jours (56)


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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf le 26/06/2010


    A la fois la plus débridée des fantaisies verbales et la plus implacable des tragédies, ce roman se savoure entre sourire et terreur, mélange d'amours adolescentes, presque mièvres, toutes simples, de satire anti-partrienne et de cynisme.

    Le monde de Boris Vian semble issu d'une imagination enfantine qui aurait vécu toutes les péripéties de la vie et ne parviendrait pas à y piger grand chose, sinon que tout ne se déroule pas comme on le voudrait. Des personnages plus qu'ordinaires se retrouvent dans un monde farfelu qui leur est familier mais qui leur échappe sans cesse parce que "les gens ne changent pas. Ce sont les choses qui changent", l'appartement de Colin se rapetissant de lui-même à mesure que l'argent s'en va et que le nénuphar pousse dans les poumons de Chloé, tragédie loufoque qui montre, de manière somme toute assez banale, la force de l'amour.

    Faut-il voir là derrière des symboles ? Surtout pas. Ce serait réduire la création d'un monde verbal foisonnant à une sorte d'allégorie de la maladie, le nénuphar, image ô combien parlante de la souffrance, se retrouvant simple virus invisible, ou à une fable moralisante dénonçant le sort injuste des pauvres, mais L'Écume des jours, si ça a cette dimension, ça reste un bouquin qui chante sur des airs de jazz la vie dans ce qu'elle de plus déluré et de plus créatif. On a l'impression de marcher dans un dessin d'enfant, peuplé de machines bizarres, comme ce fameux pianocktail, qui compose les cocktail à partir des airs joués par le pianiste, et d'animaux saugrenus, comme ces anguilles qu'il faut attraper quand elles sortent du robinet; ça fait un bien fou même si le malheur vient s'introduire subrepticement et noircir un dessin qui reste, comme les personnages du roman, d'une naïveté et d'une innocence sans borne, incapable de survivre à la maladie qu'il porte en lui, parce que le langage ne perçoit pas qu'il porte à l'intérieur même de ses créations les plus vivifiantes le germe de la destruction d'un monde de papier par définition aussi fragile qu'une jeune fille portant sur son poumon un nénuphar.

    critique de qualité ? (24 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par EFar le 29/07/2011


    Ce drôle de livre je l'ai lu plusieurs fois, et il m'a balladé à chaque fois entre rire et angoisse. Il m'a aussi alourdi de quelques images d'une force rare, et qui ne me quittent plus.
    Il y a des livres avec lesquels je me crois au cinéma. Avec L'Écume des jours, c'est un peu particulier : ce serait une sorte de film d'animation couché sur le papier. Tout le meilleur de l'animation me semble là : les inventions foisonnantes, aux visuels marquants ; l'absurde qui rôde ; le louvoyage du comique au tragique, de la poésie au futile ; et bien sûr ces images qui s'ancrent au fond de la tête pour ne plus en sortir - comme le Nénuphar s'ancre dans le corps de Chloé. Je pense parfois encore à ces fusils nourris de chaleur humaine et qui s'ornent de roses quand Colin les alimente.
    Dans ce monde excessif et déboussolé Boris Vian installe un peu de stabilité. le premier, c'est peut être l'amour adolescent, naïf, entier de Colin pour Chloé. Un amour qui semble figé par le temps, qui ne prend pas une ride au cours du récit. L'autre c'est la lente croissance du Nénuphar, tranquille dévoreur de vie. Amour et mort dans un monde affolé et absurde, c'est peut-être l'après guerre vue par Boris Vian.

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir le 25/03/2010


    Comme vous le savez sûrement, Boris Vian a toujours eu un style d'écriture bien particulier. Une écriture bien à lui. Une écriture qui parfois nous fait plonger dans un livre et d'autres fois nous tient à distance. L'Écume des jours m'a plutôt tenu à distance. Pourtant, il ne m'a pas déplu pour autant. Malgré avoir été dérangée parfois par le côté décalé du livre, l'histoire d'amour entre Chloé et Colin est très touchante. L'auteur décrit très bien les sentiments de Colin envers la femme qu'il aime, on ressent fortement qu'il serait prêt à tout pour elle.
    Cependant, ce côté décalé fait parfois toute la splendeur de ce livre, il lui donne de la légèreté ou de la gravité selon les moments. Il fait souvent ressentir les sentiments. Comme par exemple, les pièces qui rétrécissent au fur et à mesure que la douleur s'installe, j'ai trouvé que c'était une image très forte. Car lorsque l'être aimé ne va pas bien, plus rien ne semble avoir d'importance. Tout semble étroit, fade et l'on aimerait qu'une seule chose, que cette personne aille mieux.
    Je pense le relire un jour, dans d'autres circonstances pour pouvoir peut-être mieux l'apprécier.

    critique de qualité ? (12 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par kathy le 15/01/2012


    Un roman, un conte, de la musique, de la magie, du fantastique, de l'humour, de la poésie : L'écume des jours est tout cela à la fois.
    Lu adolescente… , j'avoue qu'il m'aura fallu du temps pour apprécier ce genre de littérature et vaincre mes résistances … Mais je crois que ça y est ! Je suis tombée dans la marmite…
    Recette pour y tomber ??!! :
    Il s'agit de lâcher prise, d'accepter de perdre ses repères et de s'immerger dans ce monde « absurde » où les murs bougent, les cravates refusent de se laisser nouer, les anguilles se pêchent dans les éviers et les souris trottent dans le couloir … Et puis, au milieu de ce monde surréaliste et « foutraque », une histoire d'amour, entre Chloé et Colin, que Boris Vian nous livre avec délicatesse et sensibilité, où l'insouciance de la jeunesse et l'insolence de l'amour laisseront, peu à peu, place à l'incohérence, l'absurdité et la cruauté de la vie, bref à une virulente critique sociale

    Ne passez pas à côté de ce tourbillon de sensations. Goûtez (sans modération) et enivrez-vous !

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par quiliravivra le 15/06/2011


    Attention chef d'oeuvre !!!
    L'écriture parait d'abord un peu hermétique mais rapidement et comme par magie on s'accroche à cette histoire d'amour extraordinaire.
    C'est du Vian
    Le meilleur de Boris Vian
    A lire sans délais

    critique de qualité ? (9 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par June-S le 19/06/2010


    On s'attache aux personnages et Vian les faits passer pour des enfants naifs qui découvrent la vie car jusqu'à présent l'argent leurs permettaient de ne se soucier de rien hormis leur bonheur.
    Vian mène plusieurs critiques de façon implicite à travers son récit comme la religion, le monde du travail et la superficialité. Ce roman m'a beaucoup plus car il traite de thèmes importants tout en introduisant des éléments merveilleux comme les animaux qui parlent,
    Je vous le conseille vivement, c'est une lecture agréable, facile et riche.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a le 15/09/2011


    Un livre émouvant de Boris Vian, de beaux et touchants personnages : Colin, Chloé, Alise, Chick mais aussi Jean-Sol Partre (très bien inventé !).

    J'étais très émue à la fin de ce roman, que j'ai beaucoup apprécié.

    A lire !

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe le 27/05/2011


    A vous de lire 2011

    Boris
    Voilà. Je suis fan de vous.
    -Moi? Vous? Qui es tu toi?
    -Ben voilà, y a bien longtemps, j'étais toute petite, petite, c'était le 11 juin 59, lors d'une fête, terrasse de la Cité Véron, je crois. Calée dans l'une des poches d'Henri Salvador je me nourrissais de rires, car, quand ce zouave délirait pour vous pondre quelques Chansons c'était du sacrément bon. Donc, j'étais là et je vous ai vu et excusez moi du peu,là, je suis tombée en pamoison!
    Vous aviez, si je ne m'abuse mangé du requin, pas celui du gros matou coincé qui peine à chasser l'écume de vos jours.Non, du votre, un peu marteau sur les bords, une chair des plus succulentes!
    Un flash a alors traversé mon cerveau de souris agonisante, une évidence s'est imposée. Comment ce bison ravi qui joue du cor à gidouille en l'honneur du Père Ubu peut il sciemment suicider la souricette grise à moustaches noires? Elle est pas belle la vie?
    Alors, j'ai décidé de grimper sur les têtes enturbannées des onze petites aveugles de l'orphelinat Jules l'Apostolique. le destin broyé de la future chair à paté s'écrirait sans doute différemment.
    J'aime les bonnes fins genre conte de fées. Vous l'adepte du merveilleux, le fantaisite, vous alliez me concocter ça, c'était sûr!
    Faut remonter le temps sur votre "avion-oiseau".
    D'abord, on déterre Chloé. Je suis pas trop directive au moins? Faut me le dire autrement!
    On distribue trompettes et batterie aux croque morts. Vous savez ceux qui chantent "A la salade", cercueil ancré sur leurs épaules?
    Je propose un boeuf à réveiller les trucidés. On forme un orchestre genre "Accord band bis". Pigé?
    Colin, du coup prend conscience de l'existence de Jésus, ôte les clous un par un, la couronne d'épines par la même occasion et ô miracle, la belle au bois dormant reprend gout à la vie.
    C'est pas trop niais mes propositions au moins? Faut me le dire franchement, je ne me vexerai pas.
    Donc, retour dans la chambre. Ca manque d'air, là dedans, on étouffe avec tous ces nénuphars. Là faut faire intervenir votre chienne Sukette, Henri m'a confié qu'elle machouille tout ce qui lui tombe sous la patte.
    Et puis ces nénuphars, stop! C'est trop cher! Combien de doublezons au juste? Enfin, ce Colin vous l'avez ruiné quasiment, à offrir des bouquets à tire larigot.
    A la rigueur une orchidée blanche sur peau diaphane, je vous l'accorde, mais juste une histoire de redonner du rouge aux joues de notre Blanche neige à la peau diaphane.
    Et là coup de théatre, on ranime Chick. Les pompers c'est fait pour. Ils enlèvent L'arrache coeur des mains d'Alise, c'est dangereux ce genre de bidouille, ça te crève un Jean Sol Partre en un tour de mains. Vous avez pas honte de zigouiller votre ami? C'est un engagé mais la culture française et les intellos à ses basques vous le feront payer cher. le surréalisme est il au gout de tous les philosophes? C'est à voir!
    Trêves de parlottes en l'air!
    Faut rhabiller Alise. Un strip tease sous les yeux d'un Colin dépressif, c'est immoral. Je vous assène mes vérités comme je les pense.
    Ah ??? C'était pour secouer Chloé? La sortir de sa léthargie? Bon, c'est compliqué, toutes vos histoires de couples, j'y comprends pas grand chose!
    Enfin, la malade respire mieux. Au grand dam du docteur Mange manche qui doutait de son pronostic vital. Echec au roi! Vous êtes un bon joueur d'échecs m'a confié Henri, alors votre corps médical faut le faire moins dubitatif autrement c'est foutu!
    Une dernière chose, j'ai beaucoup apprécié votre pianocktail et son blues of vagabond, je me suis sentie heureuse aux côtés de Colin, heureuse jusqu'au fond de l'âme.Les notes aériennes m'ont touchée. Ah la clarinette de Barry Bigard! L'extase!
    Voilà, j'ai vu de mes yeux vu dans ma boule, le bonheur s'installer à nouveau.
    Et si vous repreniez tout page 82 au moment du mariage où Colin et Chloé émerveillés regardent la parade du Religieux, du Bedon, du Chuiche et des deux sous Chuiches?
    Voilà! Vous en pensez quoi de mes propositions, vous le maitre du déroutant et de l'absurde? Vous aimez Walt Disney?J'aurai droit à un tour de Morgan?
    Amicalement.
    Signé une fan inconditionnelle.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Nyra le 24/05/2010


    L'Écume des jours, c'est glisser tranquillement dans un endroit tordu et magnifique, où l'humour et la beauté dans ce qu'elle a de plus cru prennent toute la place. Obsédant, captivant, et si touchant dans sa simplicité.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Matt85 le 25/02/2010


    Pourquoi décider d'écrire sur L'écume des jours, en ce dimanche plutôt gris, plus de cinq années après l'avoir lu pour la première fois ? Pour combler un vide ? Pour rendre hommage à un livre publié il y a soixante ans et qui ne cessera jamais de diviser le monde littéraire en deux catégories : ceux qui ont adoré et ceux qui n'ont pas eu cette chance ? Pour le bonheur de me replonger dans ces lignes qui n'en finiront jamais de me toucher ? Probablement les trois et pour bien d'autres raisons encore… Car L'écume des jours est bien plus que mon roman préféré, celui qui trône au sommet de mon panthéon littéraire ; L'écume des jours est à l'image de son titre, poétique et léger en même temps qu'énigmatique et fascinant ; L'écume des jours est un roman d'amour comme on en écrit plus, il n'est pas que « le plus poignant des romans d'amour » comme le disait Raymond Queneau, il est à mon sens le plus humain des romans d'amour…

    Retrouvez la suite de ma critique sur mon blog : Baudelire


    Lien : http://baudelire.blogspot.com/2009/11/lecume-des-jours-boris-vian-10..

    critique de qualité ? (6 votes positifs)






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