ISBN : 2253141933
Éditeur : Le Livre de Poche (1997)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 72 notes) Ajouter à mes livres
Videur dans une boîte de nuit, Dan ne vit que pour Sheila, sa femme, et l'enfant qu'il a eu avec elle. Un enfant que la société acceptera parce que sa peau est blanche. Dan, lui, est noir, d'origine, sinon de peau... Toute son existence repose sur ce secret.
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 30 septembre 2010

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Le thème du « nègre » blanc a l'air de tenir à cœur à Boris Vian puisque cela rappelle beaucoup J'irai cracher sur vos tombes. Violence, racisme, scènes de sexe. Avec lui, rien n'est jamais tout rose. Dan n'est pas ce que l'on appelle un mari fidèle, même si on se rend compte que sa femme est la personne la plus importante de sa vie. Il a une vie particulière, vit la nuit, fréquente des gens pas toujours recommandables. Mais ce qui ressort le plus dans ce livre, c'est le mal-être de Dan, celui qui le pousse à faire toutes ces choses auxquelles il n'aurait même pas du penser. Ce mal-être de n'être ni vraiment blanc, ni vraiment noir mais de choisir tout de même le camp qui lui apportera le moins de problèmes. Mais la réalité nous rattrape toujours et dans ces cas là, nos choix ne sont pas forcément les meilleurs.
    C'est un livre que j'ai apprécié mais il faut dire que j'ai un rapport particulier avec les œuvres de Boris Vian. J'ai parfois du mal à le lire, parfois du mal à le comprendre mais je ne peux pas m'empêcher de le lire. J'ai cette impression que plus je le lirais et plus je l'aimerais. Pour moi, ce n'est pas le genre d'auteur que l'on abandonne au bout d'une déception. Ses romans ont une ambiance particulière, à laquelle on ne peut pas toujours être sensible mais elle existe tout de même.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nanne, le 12 juillet 2011

    Nanne
    Cinq ans que Dan Parker est videur dans un tripot minable tenu par un certain Nick. Cinq ans qu'il passait ses nuits à virer les clients violents, ivres, gênants pour le tenancier. Au début, ce métier plaisait à Dan. Il gagnait plutôt bien sa vie, d'ailleurs. Cents dollars par semaine pour dégager de pauvres bougres alcoolisés, sans parler des femmes pleines de whisky, cela ne le dérangeait pas plus que ça. Mais au bout du compte, cette situation avait fini par lasser Dan. Il s'ennuyait à mourir dans son travail.
    Il était heureux de sa position sociale malgré son métissage, parce que Dan se sent Blanc, comme les autres personnes qu'il fréquente dans son quotidien. Personne n'a jamais remarqué cette différence entre lui et les autres. Dan travaille pour des Blancs et il est sang-mêlé dans une Amérique qui pratique encore la ségrégation raciale. Sa fierté est d'avoir épousé une Blanche -Sheïla - qui lui avait donné un fils qui est Blanc aussi. Blanc comme l'ensemble de cette société américaine dans laquelle Dan évolue, à laquelle il veut appartenir, dans laquelle il veut se fondre, se mélanger pour se faire oublier, jusqu'à devenir transparent s'il le faut. La blancheur de peau de son fils sera la chance qu'il n'a pas eu dans sa vie.


    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2009/11/je-ne-suis-pas-noi..
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Citations et extraits

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  • Par Nanne, le 12 juillet 2011

    J'étais blanc. J'avais épousé une femme blanche. J'avais un gosse blanc. Et le père de ma mère avait travaillé comme docker à Saint-Louis. Un docker aussi foncé qu'on pouvait le rêver. Toute ma vie j'avais haï les Blancs. Je m'étais caché, je m'étais sauvé d'eux. Je leur ressemblais, mais ils me faisaient peur à ce moment-là. Et maintenant je ne savais plus ce que j'éprouvais autrefois, car je ne considérais plus le monde avec mes yeux de Noir. Mon évolution s'était faite lentement à mon insu, et, ce soir-là, je me retrouvais transformé, changé, assimilé.
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  • Par Nanne, le 12 juillet 2011

    Je sais ce que j'avais. J'étais les deux, à mi-distance, et je me rendais pas compte qu'un jour ou l'autre, il faudrait choisir. Le jour était venu. Je pensais à Sheïla, à la cabine téléphonique, et aux coups de matraque que les nègres recevaient sur la gueule pendant la révolte de Détroit, et je ricanai à voix haute. Le choix était fait. Entre donner les coups et les recevoir, je préférais les donner.
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