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ISBN : 2707343072
Éditeur : Editions de Minuit (03/01/2017)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer.
Encore faut-i... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (51) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
07 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Premier coup de coeur 2017 !
L'article 353 du Code de Procédure pénale permet d'en appeler moins aux preuves qu'à la conscience des juges et jurés de la cour d'assise, en somme se fier à l'intime conviction .
Un village du Finistère nord, les années 90.
Suite à une arnaque immobilière, Martial Kermeur jette à l'eau Antoine Lazenec durant une partie de pêche. Lazenec se noie, Kermeur est arrêté.
Face au juge il déroule tout le film de sa vie qui l'a mené là. Son licenciement de l'arsenal, le départ de sa femme et l'apparition de Lazenec, "amené par la providence".......et comment il s'est fait " avoir en beauté ".
J'ai été saisi par le mode d'expression puissant de Kermeur, se souvenant, racontant et analysant ce film où il voit progressivement se développer la vérité et l'inéluctable fin . Des expressions et métaphores improvisées sur le moment, langage d'un homme simple, tout sauf un intellectuel, (....au fond, plus vous faites une chose absurde et plus vous avez de marge de manoeuvre, parce que l'autre en face, l'autre, tant qu'il n'a pas mis ça dans sa machine à calculer à lui, tant qu'il n'a pas fabriqué une petite machine à lui pour domestiquer l'absurdité, il est paralysé"), face à un juge qui, lui emploie la langue officielle, celle du code pénal.
Ce face à face,où Kermeur voit le juge en psychologue, va l'aider à " tout déterrer jusqu'à la poussière des os" et à faire de la lumière sur le cours des choses ("Peut-être même, la lumière, c'est vous, j'ai dit au juge, peut-être vous aimantez mes souvenirs et vous les faites tourner en moi comme des anneaux autour de Saturne.").
Un livre qui touche à la question fondamentale de la justice naturelle qui ne tombera peut-être jamais ou l'injustice qui ne sera jamais réparée.
Un livre au langage foisonnant avec une note politique dans le fond et l'humour en bonus, que je ne voudrais pas analyser plus, car rien ne vaudrait sa découverte par vous-même.
Un vrai plaisir de lecture , le meilleur que j'ai lu de lui !

C'est toujours une certaine forme d'ignorance qui produit des pensées neuves.( Tanguy Viel )
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1967fleurs
04 février 2017
★★★★★
★★★★★
La pluie tombe, les volets sont fermés. le vent souffle. Je suis comme dans un huis clos avec ce livre où j'ai vécu une tempête émotionnelle dans mon antre, pourtant pas en Chambre du conseil… je lâche l'affaire, je rends ma chronique de l'article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel…
L'histoire vous la connaissez Martial Kermeur, ancien ouvrier de l'arsenal de Brest a tué Antoine Lazenec, à bout, suite à une monstrueuse escroquerie immobilière, il a tout perdu.
Il a été victime de manipulation, englué dans l'adversité, vécu l'impuissance face à la culpabilité de son silence, la douleur faite aux siens : il a fini par prendre conscience du jeu de dupe dans lequel il est tombé et qu'il se refusait de s'avouer.
Etrangement, son fils Erwan, observe, absorbe comme une véritable éponge, tous les déboires de son père…
Alors Kermeur après avoir réglé son compte à Lazenec,
Il doit rendre des comptes à la justice. Il est déféré devant un juge d'instruction. Il a rendez-vous avec sa vie.
Dans un face à face inédit rendu par la narration, une atmosphère feutrée d'un bureau de palais de justice du Finistère, l'accusé se rassemble dans une confession profondément émouvante, nous livre un plaidoyer qui fait mouche, donnant l'impression qu'il a revêtu une robe d'avocat, pèse le pour et le contre avec sa conscience, fait état des dommages collatéraux, explique comment il en est arrivé là….
Et le juge silencieux, écoute, engrange, se raidit. Pour séparer l'ivraie du bon grain, il prend la parole à des moments stratégiques, le pousse dans ses retranchements pour aller aux tréfonds de Kermeur, semblables à ceux de l'océan.
La tension est palpable à travers l'écriture, un moment de vérité, solennel entre deux hommes….
J'ai été brassée par le talent d'orateur de Tanguy Viel, tel un homme qui plaide…
Au cours de ma lecture, je me suis surprise à me demander qui est le narrateur, Kermeur, l'écrivain ? surtout après avoir entendu son lapsus à LGL, souligné par François Busnel….
Cette histoire est maginifique….troublante, elle aborde en filigrane tellement de sujets qui nous renvoient à nous-mêmes. Ce n'est pas un livre de droit pourtant, mais cela me rappelle étrangement un procès en Cour d'Assises à laquelle j'ai assisté en audience publique, où dans leur âme et conscience, dans le recueillement et le silence, les jurés ont rendu leur décision….
Accusé, levez-vous !
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michfred
08 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
« Il m'avait laissé seul à seul avec la parole, avec le désordre de la parole et mille pensées s'embouchant comme dans un entonnoir dont, peut-être, il essayait de comprendre les lois internes de sélection »
C'est ça, exactement ça, le dernier livre de Tanguy Viel : il nous laisse seul avec le désordre de la parole. La parole d'un homme.
Celle de Martial Kermeur, un rude finistérien, ancien ouvrier de l'arsenal de Brest qui a tout perdu dans une arnaque immobilière : sa femme, l'admiration de son fils, son vieil ami, sa prime de licenciement substantielle, sa propre estime de soi.
Martial Kermeur, un brave homme - un homme brave qui après tous les coups subis relève la tête, part en mer avec le responsable de tous ces malheurs et le tue.
Martial Kermeur, un meurtrier. Un meurtrier qui se livre sans détour à son juge. Martial Kermeur, un homme bouleversant.
Toute la puissance, toute la force du livre est dans cette parole libre, bousculée, anarchique, parfois labyrinthique.
Une parole qui dit la Bretagne désolée par le chômage et le gros temps, la Bretagne venteuse et maritime des pêcheurs de la presqu'île, la Bretagne des petites gens qui sont aussi de grandes âmes, la Bretagne des taiseux qui soudain se dénouent à coup de whisky, la Bretagne des hommes rudes soudain attendris par le regard d'un enfant, la silhouette d'une femme aimée, le désespoir d'un vieux copain.
On est capté, pétrifié par la justesse des images. Par cette remarque sur la rade de Brest : « on sent qu'on peut y perdre son âme, en tout cas qu'elle glisse sans mal dans les branches des arbres, dans le camaïeu de vert qui borde l'eau et les murets de pierre, qu'elle est prête à se perdre dans l'étendue plane et les dunes pierreuses qui hésitent où finir »
Ou par cette formule lapidaire : « En un sens, la rade, c'est l'océan moins l'océan ».
Par la qualité de l'observation : ainsi celle des mouettes, guetteuses insatiables de poubelles qui obligent les finistériens à dormir jusqu'à l'aube avec leurs ordures.
Par de rares moments d'ironie gouailleuse : « je pouvais voir sa voiture de sport qui brillait dans le soleil puisque oui, voyez, il y avait du soleil – il y a du soleil ici quelquefois »
Mais là où cette parole libre atteint des sommets c'est quand elle s'attarde sur la communication entre les êtres. Ainsi quand Kermeur évoque un dialogue plein de non-dits entre lui et son fils : « Dans le silence on partageait bien assez nos pensées, quand le langage lui-même est inutile, puisqu'il n'y a rien de plus à dire, rien de plus à comprendre, du moins si comprendre c'est faire une phrase qui justement s'articule et s'éclaire avec des « donc » et des « alors » , mais non, comprendre là-dedans, j'ai dit au juge, c'est plutôt ressentir profondément, là, oui, là, et alors j'ai mis le doigt non pas sur le coeur, non pas sur le front, mais sur l'estomac, là, en dessous du plexus, oui, là, comprendre, ça fait une douleur que les hommes je vous jure, connaissent depuis l'Antiquité, sans trop savoir jamais si ça brûle ou pique ou détruit ».
Je peux relire cent fois des phrases comme celle-ci : elles me terrassent par leur force, leur opiniâtreté, revenant, insistantes et modestes à la fois, frapper où ça fait mal et où ça sonne juste. Pas besoin de « donc » et de « alors » pour être convaincu, atteint, bouleversé.
L'autre force du récit est que le lecteur s'identifie au personnage quasi muet du juge, dont parfois Kermeur, reprenant haleine, transcrit les rares propos, note les gestes ou les réactions.
Comme le lecteur, l'homme de loi reçoit cette parole brute qui n'est jamais une parole de brute, il écoute et se fait son intime conviction- comme le lui recommande l'article 353 du code civil.
Un face à face extraordinaire, qui fait du lecteur un juge en puissance. Une immersion dans la langue, le coeur, la pensée le « là » -coup sous le plexus- d'un homme, d'un homme brave, d'un homme vrai.
Un tour de force. Un très grand livre !



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Renod
15 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Ami lecteur, il t'est demandé de prendre la place d'un juge d'instruction le temps d'une lecture. Installe toi dans ce siège au cuir usé (le budget de la Justice, tu sais...). Tes bibliothèques débordent de codes aux couvertures rouges, ton bureau est couvert de dossiers qui dégueulent de pièces, rapports, interrogatoires et enquêtes… Un homme se tient face à toi, prostré. Il se nomme Martial Kermeur. Les faits sont simples, le suspect a tout avoué : au cours d'une sortie en mer sur un bateau de pêche, il attrapé Antoine Lazenec - le propriétaire du bateau - et l'a jeté à la mer, avant de prendre le large. Il a tranquillement regagné le port et est rentré chez lui. le cadavre de Lazenec a mis un peu plus de temps à revenir, mais les courants l'ont aidé à regagner la côte. Et ça, ça interpelle la justice française que tu incarnes et du coup, un nouveau dossier intitulé « Kermeur » (c'est écrit en gros au marqueur noir) s'est ajouté aux autres sur ton bureau.
Ce roman est une longue confession. Kermeur rend compte de ses dépositions au juge. On suit les méandres de sa pensée intérieure qui lui ont permis de se comprendre et qui nous permettront de le « juger ». Son récit fait part de ses projets brisés, de ses convictions perdues, d'une dignité enfouie sous une somme de démissions et d'abandons. Il décrit la figure de Lazenec, un escroc qui grâce à son aplomb et son obstination va détruire les vies de plusieurs hommes et d'un village du Finistère. Parfois, la victime est un salaud...
Le texte est « mauvigniesque ». le personnage qui se confesse se construit dans son récit. Il hésite, précise, répète. C'est une pensée qui se verbalise, raconter lui permet de comprendre, de fixer ses idées et de reprendre le contrôle de sa vie. Tanguy Viel parvient à retranscrire en quelques phrases la lente déchéance d'un homme simple qui va perdre sa dignité, l'emprise qu'un homme va patiemment prendre sur un autre, la communication devenue impossible entre un père et son fils, le flou qui endort un esprit, l'échec qui plombe une vie, l'alcool qui noie l'esprit dans l'inertie. Mais aussi une tension qui se fait chaque jour plus forte et qui n'aura d'autre issue que l'irréparable.
J'ai aimé que le roman ait pour cadre la ville de Brest. Le décor se compose de la rade, d'une presqu'île, du «Stade», de l'Arsenal, des lieux qui parleront aux gens du cru.
S'il appartiendra finalement au juge du roman de décider du sort de Kermeur, toi, lecteur, tu pourras méditer sur la justice des hommes et apprécier la lourde tâche des magistrats ou des jurés qui doivent juger un des leurs, un des nôtres, en fonction de leur "intime conviction".
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AudreyT
09 février 2017
★★★★★
★★★★★
Martial Kermeur est face à un juge pour avoir jeté à l'eau Antoine Lazenzec, un promoteur immobilier véreux. Il est seul à raconter ce qui l'a poussé à le faire basculer par dessus bord. Il est la justice humaine qui met fin aux souffrances, à la honte et au repli sur soi. Il est le marteau qui brise le chemin vers le gouffre...
Article 353 du code pénal est un roman poignant sur une histoire banale : un village qui se laisse embobiner par les belles paroles d'un homme qui profitera de leur argent et de leur confiance. Mais c'est un roman tellement bien écrit qu'on ne peut que s'assoir sans bruit à côté de ce juge et écouter la parole de Martial. On ne peut que comprendre la force qui a conduit son geste... On ne peut que partager sa colère et sa haine... Mais peut-on faire justice soi-même, malgré toutes les bonnes raisons évoquées ? Peut-on décider seul de la finalité de l'histoire ? Martial y croit et il a agi...
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Les critiques presse (7)
LeJournaldeQuebec06 février 2017
Une «confession-fleuve» souvent jubilatoire, l’auteur nous invitant en douce à jouer les médiateurs.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeFigaro19 janvier 2017
Le nouveau roman de Tanguy Viel raconte l'histoire d'un ancien ouvrier de l'arsenal de Brest arnaqué par un promoteur immobilier. Bouleversant.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique10 janvier 2017
Ce roman est fort comme un conte de 2017, comme une parabole.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Bibliobs06 janvier 2017
Un polar social diabolique, doublé d'une confession chabrolienne.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Culturebox06 janvier 2017
Un roman d'une intensité inversement proportionnelle à la sécheresse de son titre. L'un des romans à ne pas rater de cette rentrée d'hiver.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LesEchos04 janvier 2017
Embrouilles et brouillard sur la rade de Brest.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Telerama04 janvier 2017
La confession d'un ouvrier breton floué par la vie et conduit à l'irréparable. Puissant roman d'un auteur passé maître dans l'usage de toutes les nuances de gris.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
spleenspleen26 février 2017
Toute cette histoire, a repris le juge, c'est d'abord la vôtre.
Oui. Bien sûr. La mienne . Mais alors laissez-moi la raconter comme je veux, qu'elle soit comme une rivière sauvage qui sort quelquefois de son lit, parce que je n'ai pas comme vous l'attirail du savoir ni des lois, et parce qu'en la racontant à ma manière, je ne sais pas, ça me fait quelque chose de doux au coeur, comme si je flottais ou quelque chose comme ça, peut-être comme si rien n'était jamais arrivé ou même , ou surtout, comme si là, tant que je vous parle, tant que je n'ai pas fini de parler, alors oui, , voilà , ici même devant vous, il ne peut rien m'arriver, comme si pour la première fois je suspendais la cascade de catastrophes qui a l'air de m'être tombée dessus sans relâche, comme des dominos que j'aurais installés moi-même patiemment pendant des années , et qui s'affaisseraient les uns sur les autres sans crier gare .
+ Lire la suite
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SoniaFontaineSoniaFontaine16 février 2017
Est-ce que le silence, c'est comme l’ obscurité ? Un trop bon climat pour les champignons les mauvaises pensées ? Maintenant c'est sur que je dirais volontiers ça, que les vraies plantes et les fleurs, elles s’épanouissent en plein jour, et qu'il faut parler, oui, Il faut parler et faire de la lumière partout, oui dans toutes les enfances, il ne faut pas laisser la nuit ni l’inquiétude gagner.
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mireille.lefustecmireille.lefustec14 février 2017
Peut-être même que l'enfance , ça n'existe pas. Peut-être qu'à n'importe quel âge, on encaisse le monde comme il va et puis c'est tout. Et seulement certaines heures en s'écoulant font comme des marques noires qui vous construisent.
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BigDreamBigDream12 février 2017
À partir de ce moment-là, j'ai dit au juge, c'est comme si le capitaine qui était censé habiter avec moi dans mon cerveau, c'est comme s'il avait déserté le navire avant même le début du naufrage. Et peut-être d'un lointain rocher, les yeux hagards, le capitaine qui a habité mon corps pendant plus de cinquante ans sans jamais trébucher, d'un coup il s'est éclipsé et alors, depuis la rive, il a regardé le bâtiment sombrer.
C'est une drôle d'affaire, la pensée, n'est-ce pas? Ce n'est pas qu'il y ait long en distance du cerveau vers les lèvres mais quelquefois quand même ça peut vous paraître des kilomètres, que le trajet pour une phrase, ce serait comme traverser un territoire en guerre avec un sac de cailloux sur l'épaule, au point qu'à un moment la pensée pourtant ferme et solide et ruminée cent fois, elle préfère se retrancher comme derrière des sacs de sable.
+ Lire la suite
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BigDreamBigDream12 février 2017
...c'est toujours en partant que ces choses-là arrivent, comme si on n'était déjà plus là, vous comprenez, et comme si le fait de n'être déjà plus là, alors on avait le droit de faire les choses qu'on n'aurait jamais osées quand on était là tout entier, le droit de toutes les confidences...
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