ISBN : 2290013382
Éditeur : J'ai Lu (2009)


Note moyenne : 3.51/5 (sur 59 notes) Ajouter à mes livres
Jour sans faim
« Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Litterature_et_Chocolat, le 30 décembre 2011

    Litterature_et_Chocolat
    Autopsie d'un retour à la vie.
    .
    Habituellement, les récits traitant de l'anorexie s'épanchent sur l'apparition de la maladie, l'installation des symptômes et expliquent avec force de détails les privations, vomissements, exercices physiques et comptages de calories. En témoignent dernièrement Sobibor ou Les vaches de Staline, volontairement effrayants et écœurants, s'appesantissant sur des anecdotes peu ragoûtantes. Jours sans faim est d'autant plus remarquable dans le paysage littéraire actuel qu'il ne recèle ni complaisance, ni auto-apitoiement. Ce livre relate le chemin vers la guérison, sans pour autant masquer la souffrance physique quotidienne : le froid qui s'insinue dans chaque pore, les jambes qui ne parviennent plus à porter les maigres 35 kilos de Laure, la peur de la mort.
    .
    Laure et Delphine de Vigan sont une seule et même personne. Si l'auteur a écrit ce roman, c'est aussi parce qu'elle s'en est sortie : derrière la réalité se cache une lueur d'espoir, un optimisme incroyable qui transforme une situation inextricable en un sinueux périple vers la liberté : liberté de vivre, de manger, de ressentir. Peu importent les raisons qui conduisent les malades dans le service hospitalier qui héberge Laure : ce roman s'attache à décrire la lente guérison, sans chercher à décoder les rouages psychologiques qui mènent à l'anorexie, comme si finalement l'auteur avait réalisé qu'arrivée à un certain point, l'essentiel était de décider de vivre et non de chercher à comprendre.
    .
    Delphine de Vigan a tracé une voie qu'il est agréable d'emprunter : celle d'une littérature vraie sans pathos ni narcissisme, sensible mais exempte d'affectation et se sentimentalisme outrancier. Cela ressemble fort à une main de fer drapée dans un gant de velours.

    Lien : http://litteratureetchocolat.wordpress.com/2011/12/30/jours-sans-fai..
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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 09 octobre 2011

    Sharon
    Premier roman de Delphine de Vigan, cette oeuvre est une claque - sans doute, mon expérience de l'anorexie y est pour quelque chose. Déjà, l'auteur nous emporte par un style unique, sans chichi ni misérabilisme. Elle dit les choses, elle les analyse, presque avec froideur, sans fierté, sans pitié, sans juger : ceux dont elle a cotoyé le quotidien méritent mieux.

    Elle montre le corps dans ce qu'il a de plus nu, de plus intime. Pourquoi, un jour, décide-t-on de ne plus se nourrir ? Si Laure, peu à peu, trouve une réponse à son interrogation, à ses colères, elle sait que tous n'y parviendront pas, et s'ils y parviennent, ils ne le diront sans doute pas à leurs proches. Ce qui sauve Laure, à mon avis ? Sa colère. Tant qu'elle est en colère, elle est vivante, paradoxalement. Même si elle a cherché à épuiser son corps par tous les moyens(quelle justesse dans ses descriptions), si elle se rappelle ce qui l'a mené à cet état, même si elle se rebelle, l'étincelle de vie n'a pas quitté Laure. Ses fugues, au lieu d'être des tentations de rechuter, sont l'expression de son désir de reprendre sa vie en mains (ne nous leurrons pas : la guérison est très lente, même quand le corps semble être guéri, la tentation et la douleur restent longtemps présentes).
    Bien sûr, après la lecture de Rien ne s’oppose à la nuit, certaines pages prennent une autre résonnance. Déjà, elle évoque la "folie" de sa mère, leur difficulté à vivre, son sentiment de culpabilité pour avoir "abandonné" sa petite soeur. J'aimerai parler de "jeu subtil de dévoilement" puisque Delphine de Vigan s'est doublement mise à distance en utilisant un narrateur à la troisième personne et en optant pour un pseudonyme, mais ces termes sont trop littéraires par rapport à la force de ce récit.
    N'hésitez pas : lisez-le.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-jour-sans-faim-de-del..
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 15 avril 2012

    mimipinson
    Publié à l'origine sous un pseudonyme, Jours sans faim paraitra ensuite sous la véritable identité de son auteur. Delphine de Vigan se cache derrière Laure, la narratrice, pour expliquer, son combat contre l'anorexie. Ce texte est court ; l'écriture est incisive, presque précipitée. J'ai perçu dans cette façon d'écrire le souffle de vie qu'il manquait à Laure.
    Je ne peux m'empêcher de faire le parallèle entre ce premier roman, et le dernier ouvrage de l'auteur. Sa mère y est présente, mais de manière radicalement déférente. Ici Laure va s'attacher à comprendre ce qui l'a amenée à l'anorexie ; sa relation avec sa mère, le passé de sa mère y est pour beaucoup. Dix ans plus tard, c'est un rapport apaisé à la mère. C'est comme un cycle qui s'achève, un niveau départ.
    J'ai apprécié l'absence de misérabilisme, la pudeur pour dire les choses, pour faire part de sa souffrance au quotidien, de sa lutte contre son double - Lanor, et, de son envie malgré tout de se sortir de là.
    Ce premier ouvrage, contient déjà la sensibilité et la faculté à émouvoir que j'ai appréciée dans Rien ne s'oppose à la nuit.

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/04/jours-sans-faim.html
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    • Livres 1.00/5
    Par FRANGA, le 29 mars 2012

    FRANGA
    Je n'ai pas du tout apprécié ce témoignage.
    Peu de temps après avoir commencé sa lecture, j'ai du abandonner... le médecin idéalisé et totalement impliqué dans la guérison de la malade m'a semblé tout à fait irréel...
    Les premières lignes donnent le ton de cette implication médicale : "C'est à cause du froid qu'elle a accepté le rendez-vous. La première fois, quand il l'a appelée. Une voix inconnue, nasillarde, lui proposait de l'aide, un soir d'automne, un soir comme tous les autres : enchaîné au radiateur."
    La prise en charge de cette maladie n'est pas aussi simple qu'elle apparaît dans ce roman. Je pense qu'il existe beaucoup de personnes qui vivent comme elles peuvent avec leur maladie et qui ne suscitent aucune inquiétude ou prise en charge de leur entourage, même médical, comme si leur état physique n'était le reflet que d'un caprice qui allait tôt ou tard disparaître...
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    • Livres 3.00/5
    Par Freelfe, le 26 janvier 2012

    Freelfe
    Parfois, il faut savoir prendre du recul. Il faut savoir combattre. Combattre la maladie et soi-même. Trouver la force en soi de se relever avant qu'il ne soit trop tard. C'est ce que Laure a décidé de faire. Elle a décidé de vaincre l'anorexie…
    Jour sans faim est le premier roman de Delphine de Vigan, publié dans l'édition de poche J'ai lu. C'est un petit roman d'histoire de vie de 130 pages environ.
    L'histoire se déroule en grande partie dans l'hôpital où Laure, notre protagoniste, séjourne dans le but de vaincre son anorexie. On ne découvre le prénom de Laure que plus tard dans le roman. Au début, on nous décrit l'image d'une jeune fille que l'on s'imagine très maigre et désespérée. Laure est en effet un personnage vraiment très attachant et plein de profondeur, dont sa tristesse, son sentiment d'être perdu, son appel à l'aide, sa candeur, sa fragilité et sa persévérance nous saisit. Nous nous attachons à cette jeune fille qui semble perdue, dépassée par les évènements et qui ne sait plus que faire. Petit à petit, au cours du livre, nous semblons découvrir quelques raisons qui a poussé Laure à commencer sa grève de la faim. Nonobstant, elle-même ne découvrant jamais la réponse, nous ne pouvons qu'émettre des suppositions.
    Delphine de Vigan nous apporte un récit avec un narrateur externe, rédigé à la troisième personne du singulier. Les phrases sont courtes et les chapitres découpés en de nombreux paragraphes, renforçant l'émotion du texte. Il n'y a pas de suspense : nous lisons la vie de Laure à l'hôpital, sans autre formalité, les rencontres qu'elle y fait, son combat. Nous plongeons dans son passé comme dans son présent car Laure se remet en question, se remémore des souvenirs qui font mal et qui surgissent de sa mémoire.
    C'est donc un beau roman que nous avons là, plein d'espoir et d'un combat pour vivre. Cependant, Jour sans faim n'est pas le meilleur roman de Delphine de Vigan. Toute personne désintéressée de ce sujet pourrait en effet rapidement refermer le livre et laisser Laure à son combat. le style aurait pu être plus captivant cependant qu'il convient parfaitement à la situation. Je recommande ce livre à toute personne, pour un agréable moment.

    Lien : http://freelfe.blogspot.com/2011/04/jour-sans-faim-de-delphine-de-vi..
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Citations et extraits

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  • Par Ganamera, le 18 mai 2012

    Elle se sentait de mieux en mieux, plus légère, plus pure aussi. Elle devenait plus forte que la faim, plus forte que le besoin. Plus elle maigrissait, plus elle recherchait cette sensation pour mieux la dominer. A ce prix seulement elle parvenait à une forme de soulagement, d'apaisement. Mais il fallait s'affamer toujours un peu plus pour retrouver ce sentiment de puissance, dans un enchaînement qu'elle savait toxicomaniaque, supprimer par paliers, réduire encore le nombre de calories absorbées. Elle mesurait son indépendance, sa non-dépendance. Maigrir était une conséquence, dans le miroir, la preuve tangible de sa puissance, de sa souffrance aussi. Elle regardait l'aiguille de la balance aspirée vers la gauche, pliant chaque jour un peu plus sous le poids de sa volonté. Elle faisait peur.
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  • Par Litterature_et_Chocolat, le 30 décembre 2011

    Avec une précision chirurgicale, Delphine de Vigan dissèque les sensations de Laure et sa renaissance :

    Petit à petit elle sort d’une torpeur dont elle avait à peine conscience. Petit à petit, elle retrouve malgré elle le goût des autres. Elle en paie le prix. Il se compte en kilos. Enfermée dans un frigo infernal, elle ne percevait rien d’autre que le bruit de sa respiration. Elle pouvait à peine parler. Elle ne pouvait rester plus de dix minutes au cinéma, elle ne pouvait plus lire un livre, elle était rongée de l’intérieur, elle avait perdu toute perception affective des gens et des choses, elle crevait de froid et de peur. Elle a peine à y croire. Elle revient d’une terre aride qu’elle ne peut raconter (…).
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  • Par Burnt-cream, le 22 septembre 2010

    De retour chez elle, Laure s'était regardée dans le miroir de la salle de bains, elle n'avait rien vu, ni la mort sur son visage, ni ses épaules pointues comme des pics à glace. Elle avait cessé de se voir. C'était trop tard. Ni la peur ni la révolte ne pouvaient plus l'atteindre. Elle se sentait bien. Tellement plus légère. Elle ne voulait pas mourir, juste disparaître. S'effacer. Se dissoudre.
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  • Par Marsup, le 17 mai 2010

    C'était quelque chose en dehors d'elle qu'elle ne savait pas nommer. Une énergie silencieuse qui l'aveuglait et régissait ses journées. Une forme de défonce aussi, de destruction.
    Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux.
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  • Par Mcxorphine-B, le 05 janvier 2012

    " Pour l'instant elle sent juste une chose: elle voulait leur faire mal, les blesser dans leur chair, les détruire peut-être. Son père et sa mère. Qu'ils ne s'en tirent pas comme ça. Toxiques tous les deux. Mais maintenant elle sait aussi que cela ne changera rien, qu'elle peut leur balancer en pleine gueule son corps décharné comme une insulte, et tout ce dégoût qu'elle a d'eux, elle sait que cela peut durer encore longtemps, qu'elle y laissera sa peau sans qu'ils accusent réception. C'est un bon point de départ. "
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