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ISBN : 2709630400
Éditeur : J.-C. Lattès (2009)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.71/5 (sur 1455 notes)
Résumé :
Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une entreprise où on ne l’attend plus. Car depuis quelques mois, sans que rien n’ait été dit, sans raison objective, Mathilde n’a plus rien à faire. Alors, elle laisse couler les heures. Ces heures dont e... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (279) Voir plus Ajouter une critique
marina53
15 avril 2014
  • 4/ 5
Ce matin-là, ce lundi 20 mai, Mathilde se réveille tôt et sait qu'elle n'arrivera pas à se rendormir. Parce qu'une voyante lui a prédit qu'un homme allait changer le cours de sa vie et qui la délivrerait, elle espère que quelque chose va effectivement se produire ce jour-là. Comme tous les matins, Mathilde se lève, file sous la douche et prépare le petit-déjeuner pour ses trois enfants qu'elle élève seule. Comme tous les matins, elle prend le métro puis le RER et se rend à son travail. Mais, aujourd'hui, plus que tout, elle est fatiguée, elle n'en peut plus de devoir s'enfermer dans un bureau, de ne plus avoir de travail à faire, de se rendre dans son entreprise où plus personne ne l'attend. Cela dure maintenant depuis le mois de novembre. 8 mois qu'elle vit un enfer. Cadre dynamique dans un grand groupe, elle excellait dans son travail et était le bras droit de son patron, Jacques. Mais parce qu'une fois, en réunion, devant des clients, elle a jugé utile de défendre son point de vue, celui-ci lui mène la vie dure: des réflexions en tout genre, des brimades, des dossiers dessaisis, des voyages d'affaires annulés ou des humiliations devant les collègues. Mathilde tait cette mise à l'écart, elle se sent humiliée et ignorée de tous. le pire est qu'elle ne comprend pas les raisons de ce changement si brutal...
De son côté, Thibault vient de passer un week-end en amoureux avec Lila. Mais parce qu'il sait qu'elle n'arrivera jamais à l'aimer, qu'elle se dérobe et ne se dévoile pas, il a décidé de la quitter. Ce lundi 20 mai, il reprend son travail aux services des urgences de Paris. Sa journée sera rythmée par l'attente d'un message de Lila, les visites chez les malades et les embouteillages. Entre les gastro-entérites et les rhino-pharyngites, il y a par-dessus tout la solitude, l'espoir de rencontrer au moins une personne dans la journée. Thibault connaît cette détresse, cette misère, cette solitude dans cette ville qui vous happe, vous enferme et vous oppresse...
Ici, l'on suit parallèlement la journée de Mathilde et Thibault, deux êtres en plein désarroi, coincés l'un dans sa voiture et dans la ville et l'autre dans son entreprise, deux âmes en peine qui se ressemblent étrangement, deux solitudes qui, on l'espère, finiront par se croiser. Delphine de Vigan nous offre un livre poignant, tragique et étouffant dans un monde stressant, terriblement anonyme, semblable à l'araignée qui vous emprisonne dans ses filets. le harcèlement moral, dans son incroyable cruauté, subi de plein fouet par Mathilde, est ici dépeint dans un silence consternant et assourdissant. D'une écriture précise et sensible, l'auteur nous happe avec ses mots et décrit avec une grande justesse ces maux du quotidien, cette cadence infernale que nos deux héros tentent de maintenir.
Les heures souterraines... des minutes sombres...
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latina
30 mai 2012
  • 3/ 5
Une perle ! Ce roman est une perle stylistique, l'auteur touche du doigt l'essence même de la vie de beaucoup de citadins, de travailleurs d'entreprises, avec une rare perspicacité !
Mais Dieu, que c'est loin d'être léger ! La 4e de couverture déclare que c'est « un roman vibrant sur les violences invisibles d'un monde privé de douceur » …C'est le moins qu'on puisse dire ! Ici, nul optimisme, nulle touche positive ne vient sauver les héros … et moi par la même occasion. Je n'en pouvais plus d'accompagner Mathilde dans l'engrenage du harcèlement sournois, ou Thibault dans la spirale de sa rupture à cause d'un amour non partagé. Tout est si bien expliqué, avec tellement de nuances dans la noirceur…
Un peu d'air SVP ! Un peu de campagne ! Je ne supporte plus l'air vicié de ce Paris peuplé de zombies. Delphine de Vigan a bien réussi son coup. Vite ! Que je saute hors de ce cycle infernal !
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viou1108
06 février 2013
  • 5/ 5
« Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants ».
Aucun doute, Mathilde et Thibault, les deux personnages du roman, sont des désespérés. Ils ne se connaissent pas, et on se pose d'emblée la question de savoir s'ils vont se rencontrer (se croiser, s'effleurer, se percuter, se repousser ?), et on se prend à espérer un « happy end », tant ces deux-là souffrent et auraient mérité un peu de répit.
Commençons par Mathilde, cadre supérieure dynamique hyper-compétente, elle est le bras droit de son patron depuis 8 ans. Jusqu'au jour où elle le contredit devant un client. C'est le début de la descente aux enfers : il dénigre son travail et ses compétences devant les collègues, lui retire peu à peu toute responsabilité, toute mission, la prive de son bureau puis d'ordinateur pour la remiser dans un bureau obscur près des toilettes. En droit du travail, on appelle ça harcèlement moral. Mais Mathilde est tellement abasourdie qu'elle nie d'abord l'évidence. Et à force d'attendre que « ça passe », elle se retrouve moralement laminée au point d'être incapable de réagir. Elle est à nouveau au fond du trou, comme il y a 10 ans, après la mort de son mari. Elle avait mis du temps, mais elle avait su remonter la pente, retrouver un travail, qu'elle adorait. Alors on se dit qu'elle a de la force, qu'elle va résister, qu'elle s'en sortira cette fois aussi. Qu'elle va porter plainte, mettre le syndicat et la DRH de son côté, se battre. Entre entreprise de destruction psychologique systématique et minuscules bouffées d'espoir et de courage, on oscille avec elle au bord du gouffre, au bord du quai du métro juste avant que la rame arrive.
Thibault, lui, est médecin aux « Urgences médicales ». Il passe ses journées à parcourir la ville dans sa voiture pourrie, pour aller soigner des angines, des gastro-entérites et surtout des solitudes. Il faut avoir le coeur et l'esprit bien accrochés pour ce travail, et ce n'est pas vraiment le cas de Thibault. Il vient de mettre fin à une relation à sens unique, dans laquelle la femme ne l'aimait pas. Mais la brisure (au propre et au figuré) est probablement plus ancienne, remontant au jour où une portière de voiture s'est claquée sur sa main, l'amputant de deux doigts et de son rêve de devenir chirurgien. Contrairement à Mathilde, dépossédée de son emploi, lui s'abrutit de travail pour éviter de penser. Mais ça ne fonctionne pas, ses patients lui rappelant la misère affective à l'oeuvre dans les grandes villes.
J'ai adoré ce roman. Il se lit en quelques heures, il est bien écrit, et comporte un certain suspense. Mais surtout, j'ai ressenti une totale empathie avec Mathilde, moins avec Thibault, dont l'histoire m'a moins interpellée. Pourtant on pourrait être tenté de prendre en grippe l'inerte Mathilde, et avoir envie de la secouer. Mais grâce à la justesse de l'analyse psycho-sociologique, on comprend qu'elle en est incapable tant son patron a réussi à l'anéantir.
J'ai adoré ce roman, pourtant il est démoralisant. Delphine de Vigan n'est pas une optimiste. Elle dénonce la violence sournoise mais inouïe qui règne parfois dans le monde de l'entreprise, en particulier le sadisme sans nom du harcèlement moral. Elle dépeint aussi, sans pleurnicheries ni misérabilisme, l'isolement, la solitude, la difficulté pour les faibles de résister à cette vie écrasante, impitoyable. Elle ne se/nous berce pas d'illusions en faisant miroiter des lendemains qui chantent. Peut-être que ça ira mieux, mais peut-être pas…
Peut-être que le message à retirer de ces deux tranches de vie, c'est qu'au-delà d'un certain degré de souffrance, on ne s'en sort pas seul. Mais qu'il est parfois difficile de voir la main tendue.
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michemuche
17 juin 2014
  • 5/ 5
Il y a quelque temps de cela j'ai remarqué une citation de Lewis Carroll qui disait à peu-prés ceci : "Si vous trouvez que la vie n'a pas de sens, rien ne vous empêche de lui en donner un."
J'ai trouvé cette phrase très belle et très juste. Mais après avoir lu ce récit de Delphine de Vigan je ne suis pas sur quelle soit appropriée pour certaine circonstance.
Prenez le cas de Thibault ce médecin urgentiste qui a vu sa carrière de chirurgien arrêté net à cause d'un stupide accident. Thibault aime Lila d'une façon irraisonné ,exclusif... Lila quand à elle veut juste passer des petits moments intimes, mais ne veut pas s'investir dans cette relation à sens unique.
Thibault va finalement quitter Lila; Ajoutez à cela une ville inhumaine, un job de galérien bref une vie de merde.
Et voila où la citation de Lewis Carroll prend tout son sens.
Thibault est gentil mais j'avais envie de le secouer, de lui dire "qu'est-ce-que tu attends pour donner un sens à ta vie, part, bouge toi" en un mot vit ta vie, une autre vie.
Pour Mathilde c'est plus délicat; cette mère de famille, cadre dans une agence de marketing doit affronter le harcèlement moral de son supérieur.
Dans cet univers inhumain Mathilde va perdre tous ses repères ,changement de bureau, lâcheté de se amis et collègues....
Au fil des pages elle s'enfonce dans ce sable mouvant qu'est le désespoir.
Sa vie part en vrac , et rien pour se raccrocher. Face à toute cette peine ce chagrin moi le lecteur j'ai souffert vraiment souffert .Mathilde m'a vraiment
ému, plus que Thibault, car Delphine de Vigan sait appuyer là où ça fait mal.
Pour clore cette critique un peu longue, je voulais vous faire découvrir une chanson qui résume très bien ce livre . La chanson s'appelle "Saint-Anne" le groupe s'appelle "fauve" c'est sur youtub
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1967fleurs
10 novembre 2015
  • 4/ 5
Ce livre ne m'a pas laissée indifferente, c'est une illustration du harcèlement
moral : d'un jour à l'autre vous n'êtes plus rien parce que vous n'avez rien vu arriver, vous avez beau faire tous les efforts, vous êtes échouée au fond du couloir dans un bureau. Ceux que vous pensiez être vos collègues restent à distance c'est chacun pour soi, c'est l'histoire de Mathilde et de sa descente aux enfers : petits mensonges et grosses trahisons de l'entreprise.
Elle est veuve et vit seule avec ses trois enfants.
En parallèle, il y a l'histoire de ce médecin urgentiste Thibault qui décide de mettre fin à sa relation avec Lila car lorsqu'il lui dit "je t'aime" elle lui dit : "non". Lorsqu'il trouve le courage de mettre fin à cette relation, elle lui dit : "merci", "merci pour tout". Il attend ensuite une manifestation de sa part, mais rien : pas de SMS, pas d'appels. Il continue à vivre sa vie professionnelle. Il est seul et le parfum de Lila encore dans sa voiture. Il n'a rien construit, il travaille sans relâche et personne ne l'attend lorsqu'il rentre le soir.
C'est l'histoire de deux êtres qui se bousculent physiquement, mais ne se rencontrent pas....
C'est le style Delphine de Vigan, on se sent à nouveau dans "la peau" des personnages, après je pense que "les Heures souterraines" c'est -d'après une histoire vraie- :
car dans "Rien ne s' oppose à la nuit", elle écrit page 15 :
" dans les mois qui ont suivi j'ai écrit un autre livre sur lequel je prenais des notes depuis plusieurs mois. Avec le recul, j'ignore comment cela a été possible, si ce n'est qu'il n'y avait rien d'autre une fois que mes enfants étaient partis à l'école et que j'etais dans le vide, rien d'autre que cette chaise devant l'ordinateur allumé, je veux dire pas d'autre endroit où m'asseoir, où me poser.
Après onze années passées dans la même entreprise -et un long bras de fer qui m'avait laissée exsangue- je venais d'être licenciée, consciente d'en éprouver un certain vertige quand j'ai trouvé Lucile chez elle....."
Je pense que chaque livre de Delphine de Vigan fait écho à sa propre histoire d'une façon ou d'une autre.
Enfin, par le pur des hasards, j'ai vu sur Arte ce dimanche matin, l'adaptation "des Heures souterraines", bien sûr il n'apporte pas autant de détails que la lecture du livre, mais le film est assez fidèle.
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Les critiques presse (1)
Lecturejeune17 février 2012
Lecture Jeune, n°131 - septembre 2009 - Mathilde travaille depuis plus de huit ans dans la même entreprise, en tant qu'adjointe du directeur marketing. Elle élève seule ses trois enfants depuis la mort de son mari. Elle est heureuse et épanouie professionnellement, mais sa vie bascule lorsque son supérieur hiérarchique lui retire peu à peu toute responsabilité, dénigre son travail et la relègue dans un sombre bureau à proximité des toilettes... Mathilde est victime de harcèlement moral et démolie psychologiquement. En parallèle, un médecin urgentiste d'une quarantaine d'années, Thibault, quitte son amante, qui ne partage aucun sentiment pour lui. Il dresse un bilan sombre de sa vie, hanté par la solitude.
Après No et Moi (voir LJ n° 124) Delphine de Vigan poursuit sa critique de nos sociétés contemporaines fortement déshumanisées. Elle aborde ici la question du harcèlement moral, rarement traité dans la littérature française. Le roman se déroule sur vingt-quatre heures. Mathilde et Thibault ne feront que se croiser le temps d'un trajet de métro, dans cette ville cannibale, mais leurs vies vont-elles changer ? Bien que la thématique ne concerne pas les adolescents, les bons lecteurs (lectrices certainement) seront touchés par cette description du monde du travail et par la justesse des émotions. Le roman de Delphine de Vigan se lit d'une traite, porté par une écriture accessible et sincère et, en cela, en mesure de séduire un jeune public. Enfin, elle évite les clichés et un happy end qui aurait pu sonner faux. Un roman sur le monde de l'entreprise à faire découvrir aux plus jeunes. Anne Clerc
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations & extraits (275) Voir plus Ajouter une citation
She_NightShe_Night02 octobre 2010
- A partir de quand on est en couple?
- Quand on pense à l'autre tous les jours, quand on a besoin d'entendre sa voix, quand on s'inquiète de savoir si il ou elle va bien. Quand on est capable d'aimer l'autre tel qu'il est, quand on est seul à voir ce qu'il peut devenir, quand on a envie de partager l'essentiel. Quand cela devient plus important que tout le reste.
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viou1108viou110804 février 2013
Elle rêve parfois d'un homme à qui elle demanderait: est-ce que tu peux m'aimer? Avec toute sa vie fatiguée derrière elle, sa force et sa fragilité. Un homme qui connaîtrait le vertige, la peur et la joie. Qui n'aurait pas peur des larmes derrière son sourire, ni de son rire dans les larmes. Un homme qui saurait.
Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants. Il y a longtemps qu'elle le sait.
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caro64caro6426 janvier 2010
Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s’effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants.
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latinalatina30 mai 2012
La compassion n’avait lieu qu’au moment où l’on se reconnaissait dans l’autre, au moment où l’on prenait conscience que tout ce qui concernait l’autre pouvait nous arriver, exactement, avec la même violence, la même brutalité.
Dans cette conscience de ne pas être à l’abri, de pouvoir descendre aussi bas – et seulement là – la compassion pouvait survenir. La compassion n’était rien d’autre qu’une peur pour soi-même.
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viou1108viou110805 février 2013
(...) Mathilde a pensé que la compassion n'avait lieu qu'au moment où l'on se reconnaissait dans l'autre, au moment où l'on prenait conscience que tout ce qui concernait l'autre pouvait nous arriver, exactement, avec la même violence, la même brutalité.
Dans cette conscience de ne pas être à l'abri, de pouvoir descendre aussi bas - et seulement là - la compassion pouvait survenir. La compassion n'était rien d'autre qu'une peur pour soi-même.
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