ISBN : 2709630400
Éditeur : J.-C. Lattès (2009)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.82/5 (sur 349 notes) Ajouter à mes livres
Chaque jour, Mathilde prend la ligne 9, puis la ligne 1, puis le RER D jusqu’au Vert-de-Maisons. Chaque jour, elle effectue les mêmes gestes, emprunte les mêmes couloirs de correspondance, monte dans les mêmes trains. Chaque jour, elle pointe, à la même heure, dans une ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 03 avril 2012

    cicou45
    Un chassé-croisé entre Thibault, un médecin de quarante ans et Mathilde, une mère de trois enfants, veuve et cadre dans une grande entreprise. Vous me direz, qu'est-ce que ces deux personnages pont en commun ? Rien a priori, et pourtant, ce qui les rapproche, c'est une grande lassitude de la vie, l'une à cause de son travail et qui a perdu dans un terrible accident de la route le père de ses enfants, l'homme qu'elle aimait plus que tout et l'autre parce que lui non plus ne croit plus en l'amour puisque lors de sa toute récente aventure amoureuse, celle-ci était en réalité plus physique que réellement fusionnelle. Aussi, ces deux personnages, cet homme et cette femmes qui travaillent tous les jours à Paris mais n'ont qu'une infime chance de se croiser auraient tellement de choses à partager. Si seulement si...La vie n'est parfois qu'un concours de circonstances, où la chance intervient souvent beaucoup !
    Roman très léger et très agréable à lire. Il s'agit d'une sorte de roman à deux voix car, même si l'auteure a préféré ne pas employer la première personne lorsqu'elle fait intervenir ses protagonistes, un chapitre est consacré à Thibault tandis que le suivant (la plupart du temps car il arrive que deux ou trois chapitres soient consacrés au même personnage) se focalise sur Mathilde. le seul reproche que je pourrais adresser à cet ouvrage est que j'ai trouvé qu'il y avait parfois des redites. Même s'il peut effectivement arriver que deux personnes ressentent exactement les mêmes sentiments, j'aurais préféré que Delphine de Vigan ne l'exprime pas avec les même mots car nous savons tous parfaitement que les hommes et les femmes n'étant pas constitués de la même façon, ils n'expriment certainement pas leurs sentiments de manière quasi-identique. Hormis ce petit détail, un moment très agréable à passer grâce à la lecture de cet ouvrage. A découvrir !
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par caro64, le 26 janvier 2010

    caro64
    L'intrigue se déroule sur une seule journée : le 20 mai, date cruciale pour deux êtres en bout de course.
    Mathilde, la quarantaine, mère de trois garçons, attend cette date « comme une vague promesse, suspendue au-dessus du vide », suite à sa visite chez une voyante, démarche considérée comme inconcevable auparavant. L'après, ce sont ses certitudes et son assurance balayées, conséquence d'une banale réunion de travail à la fin du mois de septembre. Après avoir osé défier Jacques, son supérieur, face à un intervenant plus charismatique que lui, elle subit une descente aux abîmes, « un lent processus de destruction ».
    Parallèlement , Thibault, médecin urgentiste, décide de mettre fin à sa liaison avec Lila, femme insaisissable qui ne peut et ne sait aimer. Outre ce désert affectif, il subit l'enchaînement des gardes et des patients anonymes. Une fatigue physique et mentale qui l'enserre doucement. Pourtant, il aurait pu connaître un sort ddes plus enviables en restant médecin à la campagne, comme ce fut le cas pendant quatre ans. Mais Thibault « voulait la ville, son mouvement, l'air saturé des fins de journées ». Il est désormais victime de violence.
    Se rencontreront-ils ? Rien de prévisible dans ce roman !
    Delphine de Vigan nous immerge dans la vie de ses personnages en rendant leur univers très réaliste et palpable : l'empathie pour Mathilde et Thibault est immédiate. Ce sont deux êtres cassés, mais encore debout malgré tout.
    L'auteur aborde la souffrance au travail, thème encore peu visité en littérature et pourtant bien inscrit dans notre société, avec les humiliations quotidiennes de manière presque analytique.
    Avec une grande justesse, elle démolit la ville, ce « mensonge assourdissant » mais aussi l'entreprise, « lieu de prédation, de démystification ». Elle décrit les rouages d'un monde empoisonné par la solitude.
    J'avais beaucoup aimé No et Moi et ce dernier roman de Delphine de Vigan ne m'a pas déçue. Je l'ai pratiquement lu d'une traite, tellement il est facile à lire. Il est prenant, attachant mais noir, si noir… sans toutefois tombé dans le pathos.
    Un roman de société tranchant, parfaitement maîtrisé ! A lire !!!
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lejardindestephanie, le 30 novembre 2011

    lejardindestephanie
    Delphine de Vigan, je n'avais jamais lu.
    Mon côté râleuse qui se méfie des gens dont on parle beaucoup, ronchonnait sur le fait que forcément, madame de Vigan devait bénéficier de l'effet "compagne de" François Busnel: France Inter, presse, téloche... Bref je doutais fortement.
    Alors j'ai empoigné Les heures souterraines (parce que quand même, je n'allais pas tomber dans le panneau et acheter celui dont on parle, d'autant que l'autre est en poche...)
    Et là.
    Là, j'ai découvert un livre et un auteur.
    Les heures souterraines (pour les retardataires de mon espèce), c'est un livre sur l'anéantissement. Au travail.
    Comment de tout, par la volonté et le machiavélisme d'un seul, on devient moins que rien.
    Dans ce livre on entend tout.
    On entend le silence de Mathilde, la douceur de sa personne, le paisible de son cocon. le silence de son bureau. Son nouveau bureau. Sans fenêtre.
    Et le bruit s'insinue.
    Les toilettes contiguës à son nouveau bureau (écoute: jet d'urine, chasse d'eau, sèche-main), les couloirs et les open-space (les pas des autres, les rires des autres, les copieurs des autres, les sonneries de téléphone des autres), la brasserie (le percolateur, la radio, les autres qui parlent), le métro (les crissements, les portes, le brouhaha).
    Le silence des autres.

    Ça m'apprendra. A avoir des préjugés. Je me suis pris une 'tite claque. Voilà.
    30 novembre 2011 / Challenge 2011-2012

    Lien : http://ausautdulivre.blogspot.com/2011/11/comme-quoi-des-fois-hein.h..
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lostinmypal, le 28 mars 2012

    Lostinmypal
    Ce roman nous présente le chassé-croisé de Mathilde et Thibault, deux êtres perdus dans la ville et dans leurs vies. Mathilde m'a particulièrement touchée. Elle est au bord du gouffre et n'ose plus vraiment espérer qu'une main se tendra.
    Ce livre est excellent sur le fond et nous montre, si on en doutait, combien la grande ville dévore les êtres, les vide, en fait des automates. Mais il nous expose aussi des vies en quête de sens, des personnages lucides qui voudraient reprendre la main sur le cours de leurs existences. J'ai été véritablement happée par ce roman.
    Sur la forme, en revanche, le style est insuffisant. Delphine de Vigan a des mots terriblement justes et porte sur ces situations un regard aigu mais il manque à sa plume un peu de caractère qui aurait conféré une véritable intensité / densité à l'intrigue. Je doute, en effet, qu'un lecteur exigeant n'ayant pas vécu la situation de Mathilde ou celle de Thibault se laisse complètement prendre aux tripes.
    A lire quand on a (vraiment) le moral car ce roman n'est pas de ceux qui apportent des réponses …
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par liliba, le 04 décembre 2011

    liliba
    Les heures souterraines, ce sont ces heures dont Mathilde a honte. Ces heures qu'elle cache à son entourage, sa famille, ses amis. Ces heures qui la minent, pourtant. Ce sont les heures qu'elle passe à ne rien faire au bureau, reléguée en fond de couloir près des toilettes, dans un local sans fenêtre ni ordinateur, parce qu'un jour elle a osé émettre un avis légèrement différent de celui de son patron en réunion. Il ne l'a pas supporté et insidieusement, les choses se sont dégradées sans que Mathilde ne puisse rien faire pour inverser cette spirale. Brimades, perversions, mises en scènes, mensonges et calomnies, c'est bien de harcèlement moral dont il s'agit ici, mais dont le nom ne sera jamais écrit noir sur blanc par l'auteur.
    Alors Mathilde, au bout du rouleau, hante le métro et ses couloirs, ainsi que le RER qu'elle prend pour son long trajet vers son bureau. Elle vit comme un automate, n'arrive plus à penser, réfléchir. Elle ne dort plus, ne mange plus, ne parle plus non plus. Elle ne sait pas à qui s'adresser, elle a l'impression d'être seule contre tous, alors elle se terre en elle-même, dont elle devient l'ombre.
    En parallèle, nous faisons la connaissance de Thibault, un médecin urgentiste parisien, qui passe ses nuits à sillonner la ville pour aller de détresse en détresse. A trop s'occuper des autres, Thibault se retrouve seul, et cette solitude lui pèse douloureusement.
    On se demande s'il vont se rencontrer, si ces deux êtres écorchés, malheureux vont pouvoir se rejoindre et tenter, à deux, de remonter la pente, renouer avec le monde, trouver en l'autre du courage pour supporter leur situation, et même tenter de la modifier. « Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants. »
    La ville, « cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections, où l'on ne se rencontre pas » bruisse autour d'eux, présente comme un troisième personnage de ce roman, qui la rend vraiment vivante. Alors que ces deux êtres stagnent dans leur vie, sont à un point mort, n'arrivent plus à avancer, Paris est en mouvement perpétuel, fourmille, étend ses tentacules et sa violence.
    Voici un roman que j'ai lu d'une traite tant je l'ai trouvé vrai, et actuel, poignant. C'est un roman sur la solitude et la violence, sur la lâcheté et la méchanceté des hommes, sur la jungle urbaine dans laquelle chaque jour il faut se battre pour survivre.
    C'est une histoire sombre, mais terriblement réaliste, qui fait réfléchir sur ce que peut être la souffrance de personnes pourtant bien intégrées au départ dans la société. La plume de Delphine de Vigan est percutante, incisive et ces quelques heures passées à ses cotés vous marqueront longtemps du désespoir qu'elle dépeint avec grand art.

    Lien : http://liliba.canalblog.com/archives/2011/11/30/index.html
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°131 - septembre 2009 - Mathilde travaille depuis plus de huit ans dans la même entreprise, en tant qu'adjointe du directeur marketing. Elle élève seule ses trois enfants depuis la mort de son mari. Elle est heureuse et épanouie professionnellement, mais sa vie bascule lorsque son supérieur hiérarchique lui retire peu à peu toute responsabilité, dénigre son travail et la relègue dans un sombre bureau à proximité des toilettes... Mathilde est victime de harcèlement moral et démolie psychologiquement. En parallèle, un médecin urgentiste d'une quarantaine d'années, Thibault, quitte son amante, qui ne partage aucun sentiment pour lui. Il dresse un bilan sombre de sa vie, hanté par la solitude.
    Après No et Moi (voir LJ n° 124) Delphine de Vigan poursuit sa critique de nos sociétés contemporaines fortement déshumanisées. Elle aborde ici la question du harcèlement moral, rarement traité dans la littérature française. Le roman se déroule sur vingt-quatre heures. Mathilde et Thibault ne feront que se croiser le temps d'un trajet de métro, dans cette ville cannibale, mais leurs vies vont-elles changer ? Bien que la thématique ne concerne pas les adolescents, les bons lecteurs (lectrices certainement) seront touchés par cette description du monde du travail et par la justesse des émotions. Le roman de Delphine de Vigan se lit d'une traite, porté par une écriture accessible et sincère et, en cela, en mesure de séduire un jeune public. Enfin, elle évite les clichés et un happy end qui aurait pu sonner faux. Un roman sur le monde de l'entreprise à faire découvrir aux plus jeunes. Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par sabina, le 20 mai 2012

    Il regarde la ville, cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections, où l'on ne se rencontre pas.
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  • Par sabina, le 20 mai 2012

    ...Même s'il sait depuis longtemps que le singulier l'emporte sur le pluriel, et combien les conjugaisons sont fragiles.
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  • Par Abilene, le 17 mai 2012

    Il est écrit qu'aujourd'hui elle serait parvenue exactement là, au point de non retour, là où plus rien de normal ne peut modifier le cours des heures, là où rien ne peut advenir qui ne menace l'ensemble, ne remette tout en question. Il faut que quelque chose se passe. Quelque chose d'exceptionnel. Pour sortir de là. Pour que ça s'arrête.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par caro64, le 26 janvier 2010

    Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s’effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants.
    Citation de qualité ? (53 votes positifs)
  • Par She_Night, le 02 octobre 2010

    - A partir de quand on est en couple?
    - Quand on pense à l'autre tous les jours, quand on a besoin d'entendre sa voix, quand on s'inquiète de savoir si il ou elle va bien. Quand on est capable d'aimer l'autre tel qu'il est, quand on est seul à voir ce qu'il peut devenir, quand on a envie de partager l'essentiel. Quand cela devient plus important que tout le reste.
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