ISBN : 2709628619
Éditeur : J.-C. Lattès (2007)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 542 notes) Ajouter à mes livres
Elle avait l’air si jeune. En même temps il m’avait semble qu’elle connaissait vraiment la vie, ou plutôt qu’elle connaissait de la vie quelque chose qui faisait peur.

Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mo... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par cicou45, le 03 février 2012

    cicou45
    No (diminutif de Nolween) est une fille des rues, une fille à qui la vie n'a rien donné et qui a dû apprendre à se débrouiller toute seule. Elle n'a pas d'emploi, a arrêté ses études très tôt, n'a jamais reçu la moindre attention de la part de sa mère et ne croit plus en rien...elle vit au jour le jour, squatte chez les uns et les autres, est trimbalé de foyer d'accueil en foyer d'accueil jusqu'au jour où elle rencontre Lou Bertignac. Lou est une jeune fille extrêmement intelligente. Elle a 13 ans et est déjà en seconde, elle a un foyer et des parents, même si sa mère est tombée dans une grande dépression suite au décès prématuré de sa toute jeune soeur. Lou est néanmoins une jeune fille ambitieuse, curieuse de tout et secrètement amoureuse de Lucas, le beau gosse rebelle de la classe, de quatre ans son aîné. Lou et No n'ont donc a priori rien en commun, aucun centre d'intérêt qu'elles pourraient partager ni le même âge et pourtant elles ont un point commun qui n'est pas négligeable, celui de la solitude et de l'exclusion. L'une parce qu'elle est une sans-abri et l'autre parce qu'elle est trop précoce et qu'elle n'a donc, par conséquent, pas d'amis. Ces deux jeunes filles sont toutes les deux en marge de la société et entre elles va se créer un lien très fort que rien, si ce n'est la dure réalité de la vie, pourra rompre.
    Une très belle histoire d'amitié, d'amour aussi, probablement un peut trop utopiste mais qu'est ce que cela fait du bien de rêver de temps en temps...L'écriture est très simple et le roman se laisse dévorer en un rien de temps. Ouvrage probablement destiné aux adolescent(e)s pour les sensibiliser aux dures conditions de vie lorsqu'on vit dans la rue mais qui se laisse facilement lire, que l'on soit petit ou grand. J'ai acheté ce dernier suite aux conseils d'une amie, que je remercie d'ailleurs, car il s'agit pour moi d'une très belle découverte !
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par pages-de-lecture, le 18 juin 2009

    pages-de-lecture
    Quand j'ai ouvert les livres, que j'ai vu que c'était écrit la première personne et que la narratrice était une jeune fille de 13 ans, j'avoue avoir eu peur car les derniers livres que j'ai lus où le narrateur était un jeune adolescent, l'auteur s'était mit à écrire comme un adolescent lambda, c'est à dire mal. Dans ce livre, malgrès quelques expressions ou constructions qui m'ont dérangée (par exemple des phrases construites de cette manière : je me souviens de quand j'étais petite...) et bien j'ai trouvé un vrai style, une manière d'écrire qui concorde avec l'histoire, le personnage, ses sentiments, son évolution. Cette adolescente, Lou, "intellectuellement précoce" rencontre No, une très jeune SDF. Lou doit faire un exposé sur les jeunes femmes qui sont à la rue, No les décrit, pages 63-64 "elle parle des femmes, elle précise, pas des clochardes, non, pas des timbrées, elle dit note bien ça, Lou, avec tes mots, des femmes normales qui ont perdu leur travail ou qui sont enfuies de chez elle, des femmes battues ou chassées, qui sont hébergées en centres d'urgence ou vivent dans leur voiture, des femmes qu'on croise sans les voir, sans savoir, logées dans des hôtels miteux, qui font la queue tous les jours pour nourrir leur famille et attendent la réouverture des Restos du Coeur." , No, en fait partie de ses femmes et par ce livre, on découvre pages par pages, chapitres par chapitres, l'histoire de No, une histoire bien sur tragique.Lou, adolescente naive, quand à elle s'attache à No, la fait rentrer dans sa vie, puis chez elle, dans sa famille. Elle l'aide, ses parents aussi aident No, l'acceptent. La famille de Lou est aussi une famille brisée et parallélement à l'arrivée de No, elle se reconstruit. Donc No implicitement aide la famille de Lou à se relever des drames qu'elle a vécu dans le passé. Quant à elle, Lou grandit petit à petit, murit, j'aime beaucoup sa relation avec Lucas, qui est un personnage attachant. Oui, mais jusqu'où va l'aide des parents à No ? Seront ils toujours là quand No aura besoin de soutien? Au début du livre, Lou a des réflexions très utopistes comme une enfant de son âge. Puis un événement fait qu'elle va devenir tout d'un coup adulte et elle va comprendre le monde. Les pages 190-191 décrivent très bien ce moment, ce passage. "La vérité c'est que les choses sont ce qu'elles sont". A partir de là, elle essaye encore de croire qu'elle peut changer les choses, mais la réalité la rattrape. L'auteur a vraiment réussit à construire deux, No et Lou, voire trois si on ajoute Lucas, personnages humains, rééls, elle a réussit à entrer dans leur peau. Cependant, les parents de Lou sont aussi des personnages importants dans l'histoire et dans la vie de Lou, la narratrice, j'aurais aimé que l'auteur les développe plus, les travaille plus en profondeur. Je comprends la réaction des parents de Lou à la fin du livre mais je ne suis pas sur que les raisons pour lesquelles ils ont agis de telle manière sont celles qu'imaginaient l'auteur car rien n'est dit. En conclusion, c'est un livre que je conseille car les différentes réflexions de Lou sont vraiment très intéressantes.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par fee-tish, le 11 mars 2012

    fee-tish
    Un livre court, un livre percutant, un livre sur l'enfance, sur la construction d'un individu ; un livre sur la difficulté de vivre dans la rue et celle de réapprendre à vivre en société.
    Lou Bertignac est une jeune fille de treize ans, qui a la particularité d'être surdouée. Ainsi, malgré son jeune âge elle est en classe de seconde, un peu en marge de ses camarades ; plutôt seule.
    Un jour, Lou rencontre No. No a dix-huit ans, elle est ce qu'on appelle communément les sans-abri.
    Ce livre est l'histoire de leur rencontre mais aussi de l'impact que chacune aura sur la vie de l'autre. Au fur et à mesure de leurs discussions et de l'immersion dans leur intimité, le lecteur découvre les travers de leur jeune vie.
    J'ai beaucoup apprécié l'écriture de Delphine de Vigan et sa façon de traiter un sujet très dur voire tabou, et d'en faire une histoire tragique mais douce et pleine d'espoir. Les personnages construits par l'auteur sont excellents. On voit la personnalité de Lou et sa confiance en elle se renforcer pour aider No à s'en sortir. On voit également la mère de Lou, cette femme brisée par la mort d'un enfant, s'ouvrir de nouveau à la vie grâce à l'arrivée de No dans leur sphère familiale.
    le personnage de No est le plus dramatique. Je me suis sentie envahie par une bouffée de tristesse, presque de culpabilité lorsque le père de Lou lui annonce que ce serait trop compliqué de recueillir des sans-abri chez soi, que la vie est complexe, que l'on y peut rien. Malheureusement, Lou ne peut se résoudre à abandonner sa nouvelle amie. Son propre bien-être est en jeu car No lui a permis de se révéler mais aussi d'appréhender la vie avec moins d'insouciance.
    On ne ressort pas indemne de cette lecture. Elle nous met face à la problématique des individus livrés à eux-mêmes, à la rue, notamment les femmes. Delphine de Vigan aborde le sujet de la construction du SDF une fois sorti de son environnement hostile. Et cette reconstruction est difficile car, dès l'instant où il retrouve un toit, le monde de la rue, ses anciennes connaissances, lui tourne définitivement le dos. Mais ce n'est pas pour cela que notre monde s'ouvre à eux les bras grands ouverts. Et peut-être cela le plus difficile à accepter.
    En conclusion, j'ai beaucoup aimé cette lecture, avec des personnages atypiques et des mots choisis avec finesse. Je recommande ce livre à tous. Il est magnifique et nous fait nous interroger sur un aspect de notre société qui reste parfois trop tabou.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Alexielle63, le 18 mai 2012

    Alexielle63
    Lou rencontre No à la gare d'Austerlitz, où elle aime venir observer les départs et les arrivées de parfaits inconnus, échapper pour quelques instants à son quotidien, à ce qui se passe chez elle, avec sa mère absente, retirée dans sa bulle. le lendemain, son professeur, Monsieur Marin, lui demande si elle a choisi son thème d'exposé. Spontanément, elle repense à No et annonce qu'elle étudiera le quotidien d'une jeune femme SDF. C'est ainsi que nous ferons plus ample connaissance avec No. Lou prendra conscience de son existence difficile, de la fatigue, du désespoir, de l'insécurité, des doutes de la jeune femme en même temps que nous. Une jolie façon d'ouvrir les yeux sur ceux que l'on ne regarde même plus et de se dire qu'il suffit de bien peu pour arriver là où ils sont : une perte d'emploi, un divorce, une fugue pour échapper à des parents indignes ou un mari violent… Et si nous nous retrouvions à leur place ?
    Peu à peu, No et Lou nouent une réelle amitié, elles trouvent l'une en l'autre une confidente, une comparse de solitude car le quotidien de Lou n'est pas non plus de toute quiétude. On sent bien que son intelligence hors norme lui pèse. Ce qui pour nous apparait comme un don, elle le vit comme un handicap, une malédiction qui l'isole des jeunes de son âge (elle n'a que treize ans et est en classe de seconde) et qui ne la laisse jamais en paix. Les idées fusent dans son cerveau, à longueur de temps, sans répit. Cela se ressent dans l'écriture : les phrases sont souvent courtes ou contiennent une succession de verbes séparés par des virgules qui montrent ce déferlement, comme si nous étions dans sa tête. Ainsi, elle est très mature mais cette maturité s'explique aussi par sa situation familiale. Et pourtant, elle reste une ado comme les autres, avec des problèmes d'ado et notamment ses premiers émois amoureux. Elle est très touchante et m'a souvent mis les larmes aux yeux ! Lucas est également craquant : son comportement change du tout au tout en sa compagnie. Il passe du rebelle qui envoie tout emballer au parfais gentleman, très protecteur avec sa Pépite ! Il vient compléter le duo formé avec No à merveille : lui aussi est hanté par la solitude, l'abandon de ses parents. Ensemble, ils vont se reconstruire un cocon, un foyer chaleureux et calfeutré. La vie de tous va être chamboulée par l'arrivée de No. Les parents de Lou n'y échappent pas, sa mère en est la meilleure preuve. Cela la fait sortir de sa léthargie, reprendre sa vie en main, continuer d'avancer malgré la douleur. Néanmoins, toute bonne chose à une fin et les démons de No vont la rattraper : l'expérience de la rue et surtout le rejet de sa mère à son égard l'ont irrémédiablement abîmée. Elle m'a fait de la peine et même si je la trouve moins attachante que Lou parce que plus distante, du moins au premier abord, sa douleur est palpable. Difficile de passer à une autre lecture après ça ! Les personnages créés par l'auteur sont toujours avec moi et j'ai du mal à les laisser partir. Ils paraissent tellement réels, tellement vrais ! D'ailleurs, j'ai pris mon temps pour lire, pour ne pas arriver à la fin, ne pas refermer la dernière page tout de suite !

    Lien : http://lecturesdalexielle.over-blog.com/article-no-et-moi-de-delphin..
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 29 août 2010

    Seraphita
    Lou Bertignac, 13 ans, est une enfant intellectuellement précoce, scolarisée en seconde. Un jour, elle croise une jeune fille à peine plus âgée qu'elle qui fait la manche et dort dans la rue. Cette jeune fille s'appelle No. Lou décide de l'interviewer pour son exposé de sciences économiques et sociales. Lou s'attache très vite à No. Mais cette dernière que la vie a brisée sera-t-elle capable à son tour de tisser un lien fort avec Lou ?
    Voici un livre très poignant qu'a écrit Delphine de Vigan dont je découvre l'écriture. le sujet est interpellant et demeure d'actualité. Il nous décrit la condition des sans-abris, blessés par la vie. No est une jeune fille rejetée par sa mère, jamais elle n'a pu grandir sur une base d'attachement sûr. Cette carence maternelle fait écho à celle vécue par Lou : depuis la mort tragique de sa petite sœur Thaïs, Lou a vu sa mère sombrer dans une profonde dépression, incapable d'aimer à nouveau sa fille. Lou vit dans un cocon matériel doré mais souffre de la pathologie de sa mère.
    Cette enfant précoce vit dans le tourment existentiel de l'adolescence, exacerbé par sa précocité : elle se pose de multiples questions, souvent saugrenues (dans quel sens faut-il tourner sa langue quand on embrasse un garçon ?), en réaction à sa très forte angoisse. Quand elle rencontre No, elle découvre à la fois l'altérité (No lui est si dissemblable, dans une précarité et un dénuement extrêmes) et une occasion de s'identifier à quelqu'un qui lui tend un miroir (No est perdue tout comme l'est Lou qui traverse sa période d'adolescence).
    Delphine de Vigan raconte cette fable tragique avec beaucoup de pudeur, une écriture simple, peu recherchée (c'est une adolescente qui s'exprime, à la manière d'un journal intime). La trame narrative reste assez prévisible, le lecteur sent bien le ton tragique. Lou apprend une importante leçon de vie en quelques mois : elle se confronte au dénuement, à la toxicomanie, à la dépendance, à l'instabilité. Elle ressort de l'aventure avec No métamorphosée à jamais, grandie : faut-il voir ici un roman d'initiation ?
    Ce livre compte aussi les tourments amoureux d'une adolescente, à la fois grande et petite comme le souligne Lucas, son amoureux : grande sur le plan intellectuel, avec des capacités de réflexion solides (elle réalise un brillant exposé sur le thème des sans-abris suite à l'interview de No) et petite sur le plan émotionnel (ses réactions ne sont pas toujours appropriées, elle ne maîtrise pas toujours bien ses émotions).
    Une histoire poignante et tragique qui nous fait réfléchir sur le sens de la vie à travers le regard d'une adolescente précoce.
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 décembre 2007
    Lecture jeune, n°124 - Lou, 13 ans, est une enfant précoce qui entre en classe de seconde. Elle va faire alors deux rencontres décisives ; un jeune homme peu préoccupé par ses études, beau garçon et coqueluche des filles de sa classe, et No, une jeune adulte qui vit dans la rue. Un lien très fort unit les trois personnages, tous tournés vers la solitude. Lou se sent isolée au sein de sa famille « disloquée » et rejetée par sa mère qui ne parvient pas à faire le deuil de l’enfant qu’elle a perdu. Lucas est lui aussi l’enfant d’une famille déchirée et se sent délaissé. Enfin, No n’a jamais connu ses parents et se retrouve en marge de la société. Avec beaucoup de réalisme, l’auteur nous livre une histoire juste et sensible, accessible pour un jeune public. Un roman émouvant, bien écrit et facile à lire, qui peut être un « livre passerelle » entre la littérature de jeunesse et le roman « pour adultes ». Cécile Robin-Lapeyre

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Citations et extraits

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  • Par MissMarty, le 26 mai 2012

    Hier elle était à la Soupe Saint-Eustache, il y a eu une bagarre entre deux femmes, pour une histoire de mégot qui traînait par terre, la cigarette n’avait été fumée qu’à moitié, elles se sont battues à mort, quand on les a séparées la plus jeune avait une pleine poignée de cheveux dans les mains et l’autre du sang dans la bouche. Pour la première fois la voix de No s’altère, elle se tait, elle a les images dans les yeux et je vois que ça lui fait du mal, elle dit voilà ce qu’on devient, des bêtes, des putain de bêtes.
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  • Par Lusitana33, le 26 mai 2012

    Peut-être qu'il n'y aura pas d'autre fois. Peut-être que dans la vie on a une seule chance, tant pis si on ne sait pas la saisir, ça ne revient pas.
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  • Par Lusitana33, le 24 mai 2012

    Ça m'a fait de la peine parce qu'il suffisait de voir son regard, comme il était vide, pour savoir qu'elle n'avait personne pour l'attendre, pas de maison, pas d'ordinateur, et peut-être nulle part où aller.
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  • Par Lusitana33, le 24 mai 2012

    Depuis toute la vie je me suis toujours sentie en dehors, où que je sois, en dehors de l'image, de la conversation, en décalage, comme si j'étais seule à entendre les bruits ou des paroles que les autres ne perçoivent pas, et sourde aux mots qu'ils semblent entendre, comme si j'étais hors du cadre, de l'autre côté d'une vitre immense et invisible.
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  • Par Lusitana33, le 24 mai 2012

    Ses yeux sont immenses, je pourrais me noyer à l'intérieur, disparaître.
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