> Pierre-Louis Rey (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070411397
Éditeur : Gallimard (2001)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
On ne joue plus Chatterton depuis longtemps. C'est donc le moment de le lire. Car s'il y a une pièce qui montre le drame de l'artiste méconnu, condamné à la misère et à la mort, c'est bien celle-là. « C'est l'histoire d'un jeune homme, nous dit l'auteur, qui a écrit une... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par nastasiabuergo, le 24 avril 2012

    nastasiabuergo
    Chatterton. Pour beaucoup, ce nom évoque principalement un ruban adhésif en plastique coloré, vaguement élastique. Pour quelques nostalgiques de Serge Gainsbourg, ce patronyme rappelle au mieux un titre de 1967. Pour quelques autres, férus de littérature britannique et/ou moyenâgeuse, ce nom ravive faiblement le lustre de la poésie du XVIIIème siècle. Mais pour nous autres, amateurs à nos heures de dramaturgie française du XIXème, ce nom porte le sceau de l'inéluctable tournant romantique propre à la première moitié de ce siècle.
    Bon, soyons clairs, pour apprécier le Chatterton de Vigny, il faut soit avoir quinze ans révolus et impérativement moins de vingt, soit être adepte inconditionnel du romantisme pur jus, première pression à froid, dans l'acception la plus typique, caractéristique, presque caricaturale du terme. de puissants relents de tragédies antiques festonnent les trois actes de cette pièce qui est une relecture très libre, aménagée et fort peu historique de la vie de Thomas Chatterton, poète anglais disparu en 1770 dans sa dix-huitième année par ingestion volontaire d'arsenic. La postérité en a fait une icône du poète incompris, donnant tout à son art et le tenant en plus haute estime que tout le reste sur cette Terre d'où une certaine arrogance face au commun des mortels, crevant la misère, choisissant la mort à une vie de labeur ordinaire dans un quelconque patelin obscur sans aucune chance de reconnaissance. Ajoutons là-dessus que le bonhomme eut l'idée lumineuse d'écrire en vieil anglais et d'attribuer ses propres vers à un moine du XVème siècle ce qui eut pour mérite de le faire accuser de plagiat et de malhonnêteté, ce qui renforce bien évidemment son statut de « martyr » de l'Art, avec un grand A comme Autosuffisance. En somme, le candidat idéal pour Alfred de Vigny qui s'attelait à l'écriture d'une pièce sur le sort réservé aux gens de son engeance. Il y greffe certains clins d'œil à sa propre biographie ainsi qu'une histoire d'amour digne de plaire à Théophile Gautier (voir la peu digeste « Spirite » par exemple), mais probablement pas à moi qui hais le cul-culisme ou le gnan-gnantisme sentimental en littérature (et ailleurs aussi).
    Œuvre que je qualifierais pour son sujet ou pour le tempérament de ses personnages d'assez caricaturale dans l'ensemble mais il demeure la belle et solide écriture d'Alfred de Vigny, qui elle, reste limpide et rafraîchissante. le personnage du Quaker me semble le plus intéressant, sorte de vieux sage entremetteur et bienveillant. À noter également, la brève mais incisive et percutante dénonciation du capitalisme naissant à l'Acte I (la pièce a été écrite en 1834, beau coup d'œil Monsieur de Vigny, chapeau bas). Il ne vous reste plus qu'à faire votre choix, voici du bon et du moins bon, mais tout cela, bien sûr, n'est que mon avis, autant dire, pas grand-chose.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 23 décembre 2010

    Couperine
    Il s'agit d'un immense plaidoyer pour ce poète méconnu. Thomas Chatterton (1752-1770), était un jeune prodige qui avait commencé à écrire très tôt, vers l'âge de 11 ans. A 16 ans, il fera publier ses textes. Personnalité étrange, arrogante, Chatterton a une ambition démesurée. Il part à Londres afin d'y trouver le succès. Mais ses rêves de gloire se brisent très vite et il ne doit sa survie qu'à un protecteur qui lui offre une mansarde pour se loger. le décès de ce mécène provoquera le suicide du jeune poète qui, se sentant perdu, mettra fin à ses jours, à 17 ans, en avalant de l'arsenic. Il devient ainsi une des figures symboliques du romantisme.
    Vigny fut marqué par la destinée de Chatterton. Il décide alors de reprendre son histoire afin de souligner l'indifférence de la société face à l'art. S'il veut vraiment subsister, le poète va devoir accepter des fonctions utilitaires qui va le détourner de sa mission, chose qu'il regrette bien évidemment. Fidèle à son style et son courant, la pièce est également un drame d'amour, l'amour toujours suggéré de Chatterton pour Kitty Bell. Ceci dit, Vigny a pris là quelques libertés puisque cette histoire avec Kitty n'est que pure fiction.

    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,vigny-alfred-de,119..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)

> voir toutes (11)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Couperine, le 23 décembre 2010

    M. Beckford : John Bell, n'avez-vous pas chez vous un jeune homme nommé Chatterton, pour qui j'ai voulu venir moi-même ?

    Chatterton : c'est moi, milord, qui vous ai écrit.

    M. Beckford : Ah ! c'est vous mon cher ! Venez donc ici un peu, que je vous vois en face. J'ai connu votre père, un digne homme s'il en fut ; un pauvre soldat, mais qui avait bravement fait son chemin. Ah ! c'est vous qui êtes Thomas Chatterton ? Vous vous amusez à faire des vers, mon petit ami ; c'est bon pour une fois, mais il ne faut pas continuer. Il n'y a personne qui n'ait eu cette fantaisie. Hé ! hé ! j'ai fait comme vous dans mon printemps, et jamais Littleton, Swift et Wilkes n'ont écrit pour les belles dames des vers plus galants et plus badins que les miens.

    Chatterton : je n'en doute pas milord.

    M. Beckford : Mais je ne donnais aux Muses que le temps perdu. Je savais bien ce qu'en dit Ben Johnson : que la plus belle Muse au monde ne peut suffire à nourrir son homme, et qu'il faut avoir ces demoiselles-là pour maîtresses, mais jamais pour femmes.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 24 avril 2012

    Il est atteint d'une maladie toute morale et presque incurable, et quelquefois contagieuse ; maladie terrible qui se saisit surtout des âmes jeunes, ardentes et toutes neuves à la vie, éprises de l'amour du juste et du beau, et venant dans le monde pour y rencontrer, à chaque pas, toutes les iniquités et toutes les laideurs d'une société mal construite. Ce mal, c'est la haine de la vie et l'amour de la mort : c'est l'obstiné Suicide.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 25 avril 2012

    JOHN BELL : (...) ce que je ne veux pas, c'est que, dans ma maison, vous veniez, en public, autoriser mes inférieurs à l'insolence.
    LE QUAKER : Eh ! que te fait, je te prie, leur insolence ? Le bêlement de tes moutons t'a-t-il jamais empêché de les tondre et de les manger ? Y a-t-il un seul de ces hommes dont tu ne puisses vendre le lit ? Y a-t-il dans le bourg de Norton une seule famille qui n'envoie ses petits garçons et ses filles tousser et pâlir en travaillant tes laines ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 25 avril 2012

    Voilà les deux poésies possibles, ça ne va pas plus loin que cela ! Les divertir ou leur faire pitié ; faire jouer de misérables poupées, ou l'être soi-même et faire trafic de cette singerie ! Ouvrir son cœur pour le mettre en étalage sur un comptoir ! S'il y a des blessures, tan mieux ! il a plus de prix ; tant soit peu mutilé, on l'achète plus cher !
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par nastasiabuergo, le 24 avril 2012

    ô Publicité ! vile Publicité ! toi qui n'es qu'un pilori où le profane passant peut nous souffleter.
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)

> voir toutes (4)

Video de Alfred de Vigny

>Ajouter une vidéo

Toulouse : l'oliphant de Roland au musée Dupuy
Visite du musée Paul DUPUY avec Madeleine HOURS conservateur au musée du Louvre. Elle s'entretient avec Robert MESURET (?) au sujet de l'oliphant qui servit à Roland à Roncevaux. LA la fin du reportage, lecture du poème de Vigny sur images du cor de Roland.











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Chatterton par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (37)

> voir plus

Quiz