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> André Gabastou (Traducteur)

ISBN : 2267020831
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (2010)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Samuel Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant. Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la déprime et le désœuvrement. Pour y reméd... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, le 25 mai 2010

    Bartleby
    Cap au pire. Enrique Vila-Matas, Dublinesca.
    « le monde est très ennuyeux ou, ce qui revient au même,
    ce qui s'y passe est sans intérêt si un bon écrivain ne le raconte pas. »
    EVM
    Le titre de ce nouveau roman d'Enrique Vila-Matas doit son nom à un poème éponyme de Philip Larkin qui décrit le cortège funèbre d'une vieille prostituée dans les rues de Dublin. Dans l'esprit du Barcelonais, ce poème a une valeur symbolique : celle qui est accompagnée en sa dernière demeure n'est nulle autre que « la vieille et grande putain qu'est la littérature. »
    La littérature est une nouvelle fois au centre de la réflexion de Vila-Matas. Dans Dublinesca, le lecteur croisera Auster, Rimbaud, Monterroso, Handke, Nabokov, Boccace, Calvino, Shakespeare, Perec, Yeats, Onetti ou encore Brendan Behan, cet « alcoolique qui avait des problèmes d'écritures ». Comme à son habitude, Vila-Matas raconte des anecdotes pour la plupart inventées, donne des citations souvent imaginaires ou s'en approprie d'autres et, bien entendu, construit son livre dans l'intertextualité.
    Après l'écrivain et le lecteur, c'est un acteur essentiel du monde du livre qui apparaît enfin sous la plume de Vila-Matas : l'éditeur, l'éditeur de littérature, c'est-à-dire celui qui n'est pas seulement un marchand, mais qui est animé par la passion des livres. Sans doute inspiré par ses propres éditeurs – Jorge Herralde et le regretté Christian Bourgois, hommes passionnés ayant su construire des catalogues exigeants –, Samuel Riba « a publié la plupart des grands écrivains de son temps ».
    Dans notre monde, hélas, les éditeurs de littérature sont condamnés à disparaître. Les grands livres ne se vendent pas. L'époque est à la littérature de consommation, aussi vite lue qu'oubliée. A presque soixante ans, Riba a dû renoncer et fermer sa maison :
    « Il appartient à la lignée de plus en plus clairsemée des éditeurs cultivés, littéraires. Emu, il assiste chaque jour au spectacle de l'extinction discrète, en ce début de siècle, de la branche noble de son métier – éditeurs qui lisent encore et ont toujours été attirés par la littérature. Il a eu des problèmes il y a deux ans, mais il a su fermer à temps sa maison d'édition qui, en définitive, même si elle jouissait d'un grand prestige, s'acheminait avec une étonnante obstination vers la faillite. En plus de trente ans d'indépendance, il y eut de tout, des succès, mais aussi de grands échecs. La dérive des derniers temps, il l'attribue à son refus de publier des livres qui racontent des histoires gothiques à la mode et autres balivernes, masquant ainsi une partie de la vérité : la bonne gestion financière n'a jamais été son fort et, comme si c'était trop peu, son goût fanatique de la littérature l'a peut-être desservi. »
    Comme aimait à le répéter Nabokov dans ses cours (cf. ici), une grand œuvre a besoin de rencontrer de grands lecteurs. Or, l'espèce des grands lecteurs est en voie de disparition, condamnant ainsi les grands textes à ne connaître, au mieux, qu'une diffusion confidentielle :
    « Il rêve d'un temps où la magie du best-seller cédera en s'éteignant la place à la réapparition du lecteur talentueux et où le contrat moral entre l'auteur et le public se posera en d'autres termes. Il rêve d'un jour où les éditeurs de littérature, ceux qui se saignent aux quatre veines pour un lecteur actif, pour un lecteur suffisamment ouvert pour acheter un livre et laisser se dessiner dans son esprit une conscience radicalement différente de la sienne, pourront de nouveau respirer. Il pense que, si l'on exige d'un éditeur de littérature ou d'un écrivain qu'ils aient du talent, on doit aussi en exiger du lecteur. »
    Sans doute Vila-Matas partage-t-il un peu ce constat, mais il ne faut pas oublier que c'est toujours avec un petit sourire ironique qu'il crée ses personnages. Comme Mayol, Riba est à la fois touchant et ridicule ; il ne faut donc pas assimiler l'auteur à son personnage et à ce qu'il dit du monde de l'édition, notamment de l'avènement du livre numérique qui signerait, selon lui, la fin de l'ère Gutenberg. le livre numérique est un non-livre, une abstraction parce que sans poids, sans format ni odeur et donc sans consistance.
    Rongé par la déprime (« Ma biographie, c'est mon catalogue. »), son âge et son sevrage alcoolique (« Comme il se trouve vieux, comme il est vieux depuis qu'il a pris sa retraite ! Et comme on s'ennuie quand on ne boit pas ! le monde en soi est presque toujours assommant et sans émotion vraie. On est perdu sans alcool. »), Riba, passe ses journées devant l'écran de son ordinateur, alors que sa femme, Célia, convertie au bouddhisme, forme branchée du nihilisme [1] contemporain, tente de l'empêcher de sombrer.
    Comme tous les mercredis, Riba déjeune chez ses vieux parents pour leur raconter ses voyages. Or, il n'a rien à leur dire de Lyon car, oublié des organisateurs d'un colloque, il est resté cloîtré dans sa chambre d'hôtel où il écrivit, à propos du Rivage des Syrtes de Julien Gracq, une théorie générale du roman.[2] Ce n'est que pour mettre fin à leurs questions embarrassantes et parce qu'il ne veut pas leur avouer la fermeture de maison d'édition qu'il annonce subitement qu'il se rendra le 16 juin prochain, jour du Bloomsday, donner une conférence à Dublin sur la fin de l'ère Gutenberg. Dublinesca n'est rien d'autre que le journal de ce voyage qui, de mai à fin juillet, raconte la préparation du voyage, le séjour à Dublin et ses ultimes conséquences.
    Sans Célia, mais accompagnés de trois écrivains, Riba a l'intention de procéder à l'enterrement de l'ère Gutenberg, mais aussi de fonder l'Ordre du Finnegans dont l'objectif est « de vénérer le roman Ulysse de James Joyce. » Dublinesca est d'ailleurs un exercice d'admiration envers l'œuvre de Joyce, les références ne se limitant pas seulement à Ulysse, mais aussi à Finnegans wake, à Gens de Dublin et, au-delà, aux plus célèbres commentaires, notamment au cours de Nabokov consacrés à Ulysse dont Dublinesca reprend la structure à partir de l'arrivée des protagonistes en Irlande : Heure, jour, style, lieu, personnages, action, etc. De Nabokov, Vila-Matas reprend également l'analyse concernant le mystérieux homme au macintosh brun qui apparaît onze fois dans Ulysse et qui serait nulle autre que le fantôme de Joyce lui-même. Rien d'étonnant à ce qu'il apparaisse la première fois pendant l'enterrement de Paddy Dignam :
    « A Dublin, il y a des morts partout. »
    La suite ici : http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2010/05/cap-au-pire-enrique-vila-matas.html

    Lien : http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2010/05/cap-au-pire-enriq..
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 04 juillet 2011

    brigittelascombe
    La littérature. Voilà le thème récurrent des romans d'Enrique Vila Matas, écrivain espagnol né en 1948 à Barcelone, auteur d'une quinzaine de livres dont "Le mal de Montano" prix Médicis étranger 2003.
    Réflexion sur l'écriture,l'après Gutenberg, le passage au numérique qui signe la fin de l'édition,les écrivains montés de toute pièce et les vrais génies qui ne sont plus, la mort des vraies idées, le langage en danger,voilà les pensées qui se bousculent dans la tête bien faite de Samuel Riba éditeur érudit mais désoeuvré suite à la faillite de sa maison d'éditions.
    Son couple bat de l'aile, la soixantaine mélancolique, cet ancien alcoolique va partir revisiter Joyce à Dublin, lui au moins a su transmettre son esprit.Joyce,cet écrivain irlandais du XX° siècle dont l'"Ulysse" fit scandale et fut interdit pour pornographie aux Etats Unis et en Grande bretagne a, lui,au moins, révolutionné la littérature, transformant le vécu présent et passé à travers le monologue intérieur de ses héros.
    Qu'il pleuve ici ou ailleurs, là bas il sera l'étranger comme Bloom l'a été.
    Car il partira le 16 juin, date culte, celle du Bloomsday, celle de la journée de 1904 à Dublin, commémorée chaque année par les admirateurs de l'écrivain phare qui parcourent les rues de la ville en récitant son oeuvre.
    Les écrivains sont de grands buveurs se souvent Riba en repensant à des cuites mémorables. Les rencontres occasionnées par ces funérailles, traitées avec ironie, de la pensée au cours de l'histoire, ne vont elles pas me faire replonger? Il y perdrait sa femme!
    Pas besoin de perdre son temps pour penser à la mort!
    Cet exclusif immodeste, dont le catalogue ne brillait que de ses coups de coeur sans tenir compte de données commerciales, s'expatrie dans cette ville d'exil. Il aurait tant aimé éditer un génie!
    Un superbe portrait d'homme qui émeut au fil des pages et émeut tout en questionnant: Qui suisje? Qui aurais je pu être que je ne suis pas?
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    • Livres 5.00/5
    Par queenjude, le 28 août 2013

    queenjude
    Emaillé de références littéraires, surtout à Ulysse de James Joyce, ce récit est une tranche de vie qui me semble assez juste. Ce n'est certes pas un texte à multiples rebondissements, mais j'ai suivi Riba dans ses errances intérieures avec un certain plaisir, doux-amer, comme les émotions du personnages.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 08 juillet 2011

    brigittelascombe
    Un éditeur dépressif, en faillite,fan de Joyce, va partir à Dublin pour le "bloomdays" où il va participer à la fête en l'honneur du grand écrivain
    qui a lieu tous les ans à la même date. Qui est il? Et qui aurait il pu être? That is the question!

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    • Livres 3.00/5
    Par reveur_immobile, le 26 octobre 2013

    reveur_immobile
    plein de références, bien écrit mais j'ai éprouvé quelques difficultés à m'y sentir chez moi.

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Citations et extraits

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  • Par liberlibri, le 16 juillet 2010

    Riba sait bien que l’une des caractéristiques majeures de l’imagination est de toujours nous donner l’impression d’être à la fin d’une époque. Depuis qu’il fait usage de la raison, il a toujours entendu dire que nous vivons des temps de crise majeure, une transition catastrophique vers une nouvelle culture. Mais l’idée d’apocalypse a toujours existé. Sans aller chercher plus loin, on la trouve dans la Bible, dans l’Enéide, dans toutes les civilisations. Selon Riba, l’apocalypse ne peut être de nos jours qu’abordée sur le mode parodique. [...] Il en a finalement par-dessus la tête d’entendre dire depuis sa plus tendre enfance que notre situation historique et culturelle est plus terrible que jamais et d’une certaine façon privilégiée, un point cardinal dans le temps. [...] Toute crise n’est au fond que la projection de notre angoisse existentielle. Notre seul privilège est peut-être d’être vivants et de savoir que nous allons mourir tous ensemble ou séparément. Finalement, pense Riba, l’apocalypse a un splendide état romanesque, mais il ne faut pas la prendre trop au sérieux [...].
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  • Par liberlibri, le 16 juillet 2010

    Il rêve d’un temps où la magie du best-seller cédera en s’éteignant la place à la réapparition du lecteur talentueux où le contrat moral entre l’auteur et le public se posera en d’autres termes. [...] Parce qu’il ne faut pas se leurrer : ce voyage qu’est la lecture passe très souvent par des terrains difficiles qui exigent une aptitude à s’émouvoir intelligemment, le désir de comprendre autrui et d’approcher un langage différent de celui de nos tyrannies quotidiennes.
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  • Par liberlibri, le 16 juillet 2010

    Une puissante et angoissante psychose de la fin de tout s’est emparée de lui. Et rien ni personne n’a réussi à le convaincre que vieillir a du charme.

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  • Par brigittelascombe, le 04 juillet 2011

    Impossible de se sentir mieux. Il a obtenu ce qu'il cherchait:commencer à tomber de l'autre côté.

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  • Par brigittelascombe, le 04 juillet 2011

    Il appartient à la lignée de plus en plus clairsemée des éditeurs cultivés littéraires.

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Videos de Enrique Vila-Matas

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Vidéo de Enrique Vila-Matas

Enrique Vila-Matas - Impressions de Kassel .
Enrique Vila-Matas vous présente son ouvrage "Impressions de Kassel" aux éditions Bourgois. Traduit de l'espagnol par André Gabastou. http://www.mollat.com/livres/vila-matas-enrique-impressions-kassel-9782267026573.html Notes de Musique : Chad Crouch/Vol 4_ Satie_ Rearranged Furniture Music/09 Sarabande 1. Free Music Archive.








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