> Claude Thiry (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253057029
Éditeur : Le Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Villon nous touche violemment par son évocation gouailleuse et amère de la misère, de la déchéance et de la mort. Mais c'est aussi un poète ambigu, difficile moins par sa langue que par son art de l'allusion et du double sens. La présente édition, entièrement nouvelle, ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 2.00/5
    Par vincentf, le 01 juillet 2010

    vincentf
    Impression de passer à côté d'une oeuvre parce qu'on n'en maîtrise pas la langue. Cette lecture de Villon dans le texte original mais annoté à chaque coin de vers ne m'a convenu que très moyennement. Certes traduire en moderne, c'est trahir, mais là, quand même, le lecteur peu scrupuleux et encore moins érudit que je suis, aurait aimé avoir, en regard de l'original, une traduction. Il y a dans ce poète éloigné sans doute beaucoup de cocasserie, mêlée à des sentiments plus noirs. Tout ça, on le repère par bribes, au détour d'un vers plus vite compris qu'un autre, ou d'un jeu de mot que les notes nous permettent de piger, mais jamais, ou rarement, je n'ai eu le sentiment d'être emporté par un texte qui, hélas, ne parvient plus à se désempêtrer de son époque. Dommage. Seule la fameuse "Ballade des pendus" a su me toucher, parce que j'y ai entendu la voix de Léo Ferré.
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 18 juin 2010

    BALLADE

    DES DAMES DU TEMPS JADIS.

    Dictes moy où, n’en quel pays,
    Est Flora, la belle Romaine ;
    Archipiada, ne Thaïs,
    Qui fut sa cousine germaine ;
    Echo, parlant quand bruyt on maine
    Dessus rivière ou sus estan,
    Qui beauté eut trop plus qu’humaine ?
    Mais où sont les neiges d’antan !

    Où est la très sage Heloïs,
    Pour qui fut chastré et puis moyne
    Pierre Esbaillart à Sainct-Denys ?
    Pour son amour eut cest essoyne.
    Semblablement, où est la royne
    Qui commanda que Buridan
    Fust jetté en ung sac en Seine ?
    Mais où sont les neiges d’antan !

    La royne Blanche comme ung lys,
    Qui chantoit à voix de sereine ;
    Berthe au grand pied, Bietris, Allys ;
    Harembourges, qui tint le Mayne,
    Et Jehanne, la bonne Lorraine,
    Qu’Anglois bruslèrent à Rouen ;
    Où sont-ilz, Vierge souveraine ?…
    Mais où sont les neiges d’antan !

    ENVOI

    Prince, n’enquerrez de sepmaine
    Où elles sont, ne de cest an,
    Qu’à ce refrain ne vous remaine :
    Mais où sont les neiges d’antan ?
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  • Par Spilett, le 19 juin 2010

    Ballade des pendus

    Frères humains qui après nous vivez
    N'ayez les coeurs contre nous endurciz,
    Car, se pitié de nous pauvres avez,
    Dieu en aura plus tost de vous merciz.
    Vous nous voyez cy attachez cinq, six
    Quant de la chair, que trop avons nourrie,
    Elle est pieça devoree et pourrie,
    Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
    De nostre mal personne ne s'en rie :
    Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre!
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  • Par Sodapop_Curtis, le 03 mai 2010

    Mort, j'appelle de ta rigueur,
    Qui m'as ma maîtresse ravie,
    Et n'es pas encore assouvie
    Se tu ne me tiens en langueur :

    Onc puis n'eus force ne vigueur ;
    Mais que te nuisoit-elle en vie,
    Mort ?

    Deux étions et n'avions qu'un coeur ;
    S'il est mort force est que dévie,
    Voire, ou que je vive sans vie
    Comme les images, par coeur,
    Mort !
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