ISBN : 9782362790003
Éditeur : Alma éd. (2011)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
Le voyage géographique et intime d'un jeune homme.
Walther quitte la femme qu'il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu'à l'Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener presque par hasard à l'essentiel, vers celle qui a... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ster, le 28 août 2011

    ster
    Il est composé de dehors et de dedans, du "dehors du dedans" et du "dedans du dehors", pour être précise, ce tout petit grand livre.
    La première partie nous parle de voyage, la seconde de vie « à la maison », deux faces d'une même manière de vivre.
    Nous sommes tout de suite dans les sensations, les notes de carnet. Tout de suite dans la capture de l'éphémère, de tout ce qui est anodin et fort, d'odeurs de café, de façons de serrer la main, de prêter attention à autour et autrui. J'ai aimé cette première partie surtout pour la sensation du voyage, j'avais l'impression d'être dans la poche de Walter même si je n'ai rien à voir avec l'oisillon devenu son compagnon après avoir été sauvé au cours d'une bataille d'oiseaux quelque part dans un pays flamand. Tout de suite dans la capture de ce qui s'envole, de ce que l'on ne pourra retenir qu'à travers des mots car tout est déjà passé, dans ce voyage essentiel, inévitable mais qui permet aussi de se rendre compte à quel point il a besoin de celle qu'il aime, point fixe auquel il envoie des lettres, notes, poèmes.
    Dans la seconde partie, « il » dit « je ». Il est auprès de celle qu'il aime, le ventre s'arrondit et l'enfant est bientôt là. Les notes continuent à se prendre par petits paragraphes, tout ce qui vaut la peine d'être vécu est écrit, tout ces menus riens qui rythment l'existence, qui confinent parfois au vide. La façon de réveiller le feu dans l'âtre est magiquement retranscrite, j'avais l'impression d'être « je » ranimant la braise tout en lisant, de même que j'avais l'impression de voyager en même temps que Walter dans la première partie. Cette seconde partie, « le dedans du dehors » est toute « intérieure », l'on y sent peut-être davantage que dans la première la fragilité mêlée de force du narrateur, la conscience des moments précieux mais aussi la peur de la perte, la peur de mourir, l'ombre des disparus. Avec beaucoup de sensibilité et de poésie, la joie et la douleur de vivre nous sont données en partage à travers tout ce qui est menu.
    Un livre musical.
    Un seul bémol, je me lasse parfois du style « prise de notes » qui me semble hacher le moment et aspirerais à une respiration plus profonde, à des phrases plus amples, aux architectures grammaticales diverses.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Desmaze, le 27 août 2011

    Desmaze
    ce livre est un double pari, magnifique : "Nos cheveux blanchiront avec nos yeux" est le premier roman de Thomas Vinau et c'est aussi le premier livre publié par une nouvelle maison, Alma Editeur.
    Pari brillamment tenu : l'objet est élégant et soigné, le roman est singulier et émouvant.
    C'est le livre des petits riens qui font le grand tout.
    Minimaliste, Thomas est un militant du minuscule comme il le définit sur son superbe blog [fr] et il excelle à brosser en quelques mots poétiques, en un titre de paragraphe parfois ("les matins qui m'éloignent de toi sont des nuits") des impressions légères ou des sentiments profonds.
    Il y a bien une histoire, en deux parties - l'errance du narrateur Walther [le dehors du dedans] puis un voyage plus intérieur [le dedans du dehors] - mais le livre vaut d'abord par les petites fulgurances d'un homme qui nous écrit à hauteur d'homme, conscient que "finalement la liste est longue des superbes insignifiances qui (le) tiennent debout".
    Avec douceur, avec humilité ("je ne fais que rajouter des miettes aux miettes"), il nous émeut en parlant du temps qui passe et même du temps qu'il fait : "On se dit tiens il pleut, et il fait déjà beau. On se dit, je l'aime, elle est déjà partie. On se dit c'était bien, c'est fini."
    La lucidité n'est pas triste : "Finalement ici ou là-bas, c'est toujours d'exil qu'il s'agit [...] La souffrance reste la souffrance. La lumière reste la lumière." et demeurent, permanentes murailles, la nature et la littérature : "le livre, c'est un après-midi de fin de Juillet après quelques jours de déprime."
    Celui de Thomas Vinau donnera du bonheur bien au-delà de l'été !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par patatipatata, le 27 mai 2012

    patatipatata
    La quatrième de couverture dit que ce livre est composé d'instantanés d'une grande délicatesse, qu'il est conçu en deux parties : les jours d'errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l'art des petits riens.
    Que dire de plus quand c'est aussi bien dit !
    Peut-être parler de la musique que l'on entend en sourdine derrière les mots . Celle de Chet Baker ...peut-être Alone together ? http://www.youtube.com/watch?v=3HMBmIGfetI
    Old man de Niel young et la musique orageuse de Jim Morisson pour le temps de l'errance.
    La voix de Billie holliday http://www.dailymotion.com/video/x17hbu_strange-fruit-b-holiday-sous-titree_music
    l'album Kind of blues de Miles Davis,
    et les variations Goldberg http://www.dailymotion.com/video/xl28f_gould-variations-goldberg-partiel-1_music pour le retour à demeure.
    Il y a beaucoup de bleu dans ce livre là.
    Ce matin j'ai planté trois pieds de lobélia sous ma fenêtre.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par LN, le 18 octobre 2011

    LN
    En quelques mots, se souvenir qu'on est vivant. Que la vie est là, maintenant, tout de suite, et pas dans nos souvenirs malheureux ou dans nos espoirs insensés. « Ne regarde pas devant. Ne regarde pas derrière. Reste là. » (p. 67) nous dit l'auteur, et ces quelques mots épicuriens résonnent en moi et flottent, insouciants, comme évidents au dessus de mon âme empesée. Je ne peux qu'aimer un auteur qui me susurre ce que je sais intimement au fond de moi mais que j'oublie trop souvent happée par le quotidien. Alors j'écoute, religieusement, admirativement, amoureusement :

    « Il y a toutes ces choses qui nous remplissent. Tous ces gens croisés, tous ces paysages. Ils infusent tout doucement en nous comme un sachet de thé dans un verre d'eau tiède. Nous ne nous rendons compte de rien. » (p. 30)

    « Je m'occuperai de vous en essayant de ne pas trop penser à Billie. En essayant de ne pas trop penser à ce monde dans lequel des femmes belles et tristes doivent chanter des chansons d'amour tout en prenant des poings dans la gueule. En essayant de ne pas trop penser aux nègres pendus qui se balancent dans l'air des soirs de juin. On se serrera tous les trois. Je respirerai dans son cou. Je me dirai qu'il y a des matins où es magnolias sentent bon, qu'il y a des musiques, qu'il y a des Billie, qu'il y a des demains. » (p. 47)

    « J'écris à ras de terre. Je ne parle que de ce que je vis. C'est pour ça que c'est peu. C'est pour ça que c'est tout. Je ne parle pas d'Iran, je n'y ai jamais foutu les pieds. Je parle du vieux qui siffle le générique d'Indiana Johns un matin à huit heures en jetant ses bouteilles dans le récupérateur de verre. (…) » (p. 60)

    « Ces heures de rien-
    Ces jours de rien qui passent sans faire de bruit. Ces heures comme des courants d'air dans la pièce entrouverte. La lumière sur le carrelage propre. L'inclinaison de l'ombre du tilleul sur l'herbe. Ces heures de paix à regarder les premières abeilles butiner les pissenlits. A montrer les fleurs qui poussent à un nourrisson ? Les escargots. A lui dire des bêtises du genre : « Tu vois, on peut survivre en butinant. » A finir presque par s'en convaincre. A se demander lequel de ces instants anodins restera gravé dans sa mémoire d'enfant. La langue du chien. le lézard. Mes bisous mal rasés. le goût d'une fraise. Peut être rien. Peut être la laideur de mon visage quand je crie. Qu'en retiendra –t-il de tout ce qu'il m'a appris à apprendre. de ces heures d'avril à semer des radis. de ces heures de rien qui remplissent ma vie. Qui me débordent. Qui me sauvent. » (p. 71)

    Pour prolonger le délice, le site de l'éditeur propose une play-list de l'auteur : http://www.alma-editeur.fr/images/stories/Alma/Catalogue/la-playlist-de-nos-cheveux-blanchiront-avec-nos-yeux.pdf
    Conclusion : je suis aussi amoureuse de l'éditeur maintenant !


    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-nos-cheveux-blanchiront-av..
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    • Livres 4.00/5
    Par lbvander2, le 18 septembre 2011

    lbvander2
    Un livre qui place en épigraphe le fameux « Quand on aime il faut partir » de Cendrars est un livre qu'il faut regarder de plus près.
    Soit un homme qui veut s'éloigner de sa compagne, parce qu'il ressent le besoin « d'essayer des choses ». L'un des moyens les plus sûrs pour mettre de la distance est le bateau, le bon vieux bateau de pêche qui reste plusieurs jours en mer. C'est donc par là que le périple – le road-movie, pour faire moderne – de Walther commence. Puis viennent les « îles ans routes » et les villes avec hôtels et personnel avenant. Lui « a l'impression de marcher au milieu d'une galerie de tableaux magnifiques ». Prague. Bruxelles. Les Flandres. L'Espagne. Et d'autres horizons. Si loin, et si près. « Je ne suis pas chez moi ici. Je ne suis nulle part chez moi. Il y a ce gros bloc de nuit et de temps qui nous sépare. Mais je n'ai pas la sensation de subir cette distance. Au contraire, elle est toute chaude. Elle me rapproche de toi. » Ce pourrait être la conclusion de la première partie « le dehors du dedans… »
    La seconde partie, intitulée « le dedans du dehors… » raconte la fin de l'errance et l'installation du couple, avec la femme qui a su le laisser partir, et revenir, avec des questions sur la vie « à ras de terre » et l'environnement. Bouleaux, mésanges, chansons douces remplacent le port, les bruits et les lumières du voyage. Un enfant remplace les compagnons de route.
    Chaque chapitre est un petit poème en prose, des instantanés, avec un titre et une douzaine de lignes. Les textes décrivent le réel avec beaucoup de poésie. Un livre qui sonne bien, doux, intimiste, presque mélancolique.
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 31 août 2011
    Devenir père, toute une histoire ! Une plongée intime dans la vie d'un jeune homme. Un récit d'une grande délicatesse.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Actualitte , le 08 août 2011
    A la fin de ce roman, sensible, qui sonde les reins et le cœur, on est comme rasséréné. La littérature permet définitivement de mieux comprendre ce qui dans le vécu de chacun palpite sans mot. Thomas Vinau nous le prouve avec grâce.
    Lire la critique sur le site : Actualitte

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Citations et extraits

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  • Par patatipatata, le 27 mai 2012

    C'est drôle comme les matins changent.
    Les rythmes sont différents et avec eux, la façon d'aborder le monde. Avant, je bécotais lentement mon café devant mon ordinateur ou la télé ou la fenêtre. j'enlevais avec fatigue les brousailles de mes yeux pour atterrir lourdement dans le monde en bouillie. C'était comme si, chaque matin il fallait reconstruire un regard. Je me levais plus tard bien sûr, je prenais mon temps. je m'occupais de moi. Je n'avais pas d'enfant. À présent, je me redresse dans les éclats, les cris, les joies et la lumière. Il faut être là, tout de suite, dans le monde. Prêt à le croquer.
    Il faut trouver les forces ailleurs. À l'extérieur de soi. Et on les trouve. Et elles sont fortes ces forces-là.
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  • Par patatipatata, le 27 mai 2012

    Le gris uni d'un ciel de pluie. Les variations Goldberg.
    Le cri rouillé d'un train au loin. Le matin qui hésite.
    La carcasse des cendriers pleins. Les troncs brûlés des derniers incendies.
    Beaucoup de thé et les poèmes d'Antoine Emaz. Dernier dimanche d'août.
    Ce gris tiède des derniers dimanches on l'a appris en enfance.
    C'est une des choses qui ne changent pas.
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  • Par ster, le 26 août 2011

    J'écoute Vic Chesnutt en donnant le biberon du matin à mon fils. C'est le dernier album qui est sorti avant qu'il ne se suicide. Il y a comme une contradiction entre ces deux éléments, Vic Chesnutt et le biberon du matin. Il y a comme une contradiction entre toute cette vie entre mes bras et toute cette mort dans la musique. Mais ce n'est pas une contradiction qui pose plus de problème que ça. Je veux dire, elle se résout toute seule, dans la lumière du soleil levant qui filtre à travers la vitre. Ce type à genoux. La défaite de sa voix. Et la petite main de mon fils qui caresse mon bras en s'enquillant une double dose de lait. Il y a le soleil dehors, et le gel qui fait un peu plus briller les choses en les tuant doucement. Il y a la poussière dans les rayons. Tout ça s'accommode malgré tout, dans le même tourbillon de vie et de mort, de peine et de lumière, d'os et de jouets d'enfant, qui constitue le délicat chaos de nos vies.
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  • Par nguyencandice, le 01 septembre 2011

    La vraie question est de savoir comment tu peux encore t'intéresser à cette imposture que j'incarne, à ce chat peureux qui se fait passer pour un lion. C'est à croire que tu es sourde au vacarme de mes défaites, que ce n'est pas cette musique-là que tu écoutes, ou que tu aimes le bruit déchiré de ma peau lorsque j'enlève les masques. C'est à croire que tu m'aimes bien au-delà de moi.
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  • Par nguyencandice, le 01 septembre 2011

    Je parle de la couleur du ciel le soir quand je fume ma clope ou des cheveux en chou-fleur de ma douce au réveil. Je parle de mon enfance. Du bonhomme bancal que je suis devenu. J'essaie de dire je t'aime. J'essaie de dire les choses. Au pire de les écrire. A hauteur d'homme.
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