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ISBN : 2203020628
Éditeur : KSTR-Casterman (2009)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 136 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Depuis le moment où tu es venu me chercher devant la fac, j'avais envie de t'embrasser.
On parlait, on parlait, mais tu ne m'embrassais pas... "

Il la rencontre, un soir, dans une bibliothèque universitaire. Elle est étudiante, elle est séduisante... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 29 février 2012

    LiliGalipette
    Le narrateur – ou appelons-le plutôt le spectateur – rencontre une jeune et jolie étudiante à la BU. Son regard reste posé sur elle pendant toute l'histoire, il se gorge de son image autant qu'il le peut. Venu là pour lire, il ne savait pas qu'il tomberait amoureux de cette rouquine un peu mutine. « À ta place, j'irais lire autre part, c'est chiant la bibliothèque. » (p. 24) Elle, c'est une étudiante en Lettres Modernes qui ne lit pas beaucoup, mais qui a gardé de son enfance le souvenir d'un album qu'elle feuillète souvent.
    Elle est un peu timide, mais elle irradie. Son assurance fragile se brise souvent dans un éclat de rire. le spectateur veut la séduire, mais doucement, sans l'effaroucher. Il l'écoute parler d'elle, il l'accompagne au cinéma, au zoo et dans des soirées. Délicatement, il se rapproche d'elle sans la brusquer. Il a compris dès le début qu'elle était un peu fébrile, pas toujours à l'aise. Quand il la rejoint chez elle, on suit d'abord son trajet parisien jusqu'au studio qu'elle habite : ce voyage amoureux est propice à l'impatience et la rêverie. « Depuis le moment où tu es venu me chercher devant la fac, j'avais envie de t'embrasser. On parlait, on parlait, mais tu ne m'embrassais pas. » (p. 60) Impatience de sa part à elle, prudence de son côté à lui. Entre eux, les baisers sont toujours aveugles et ils lui ferment les yeux. Image noire quand elle est proche de lui.
    Le narrateur n'en est donc pas un, pas vraiment. Il se contente de regarder et d'écouter. Dans la disposition de la page, les cases vont par deux, comme deux yeux qui suivent tous les gestes de la jeune fille. Il y a un dialogue, des questions et des réponses, mais les seules répliques que nous avons sont celles de la jeune fille. Quoi que dise le garçon, finalement, cela a peu d'importance. Ce qu'il voit est plus puissant que tout ce qu'il peut dire, voire entendre. Parfois les paroles se brouillent et s'estompent pour former un brouhaha : quand il doit subir les autres qui ne sont pas elle, il n'entend plus rien et seul son regard compte, toujours posé sur cette fille si particulière, celle fille dont il est amoureux.
    Servi par un très joli crayonné et une réelle maîtrise du mouvement, cet album m'a bouleversée. Dès le début, les premières pages qui sont comme les planches-contact d'un souvenir. Car cette histoire est un souvenir, comme en témoigne la fin. L'émotion file dans tout l'album : on sent que cette jeune fille est sur le fil, qu'elle hésite et qu'elle doute d'elle-même et de ses désirs. La tension émotive qui s'accumule explose dans la dernière partie, et elle a explosé chez moi aussi. Cette histoire, je l'ai vécue (l'auteur aussi, mais nous ne nous connaissons pas) ou du moins j'ai vécu cette situation d'errance et de déséquilibre. Voir ce souvenir en images et en couleurs, c'est stupéfiant, d'autant plus que Bastien Vivès maîtrise d'un bout à l'autre toute la puissance émotive de son propos : pas de débordement dégoulinant, pas de voyeurisme et pas d'hyperbole. Cette histoire fait mal, mais les douleurs ne sont toujours que personnelles, donc minuscules pour les autres, et c'est ce tour de force auquel parvient l'auteur : partager la puissance intime d'une douleur qui n'est pas la nôtre.
    Polina m'a replongé dans mes années de danseuse, Amitié étroite rassemblait déjà de nombreux échos personnels : Dans mes yeux est une porte ouverte sur mes souvenirs. À chaque fois, Bastien Vivès vise juste. Précision : je ne prétends pas que l'auteur écrit sur mon histoire, je dis qu'il écrit pour le moi dans le sens où chacun de ses ouvrages me touche et interroge ma propre histoire. Ils sont rares les auteurs capables d'une telle prouesse. Ainsi, j'affirme que le dessinateur est aussi doué que l'écrivain : l'auteur, qu'il use de la plume ou du pinceau, mérite ce titre quand il emmène son lecteur au-delà de son histoire et qu'il lui ouvre les portes de sa propre réalité.
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    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 26 mars 2012

    MissG
    Une nouvelle fois, Bastien Vivès aborde les sentiments amoureux mais d'une façon novatrice, tant par le dessin que par son style narratif.
    "Depuis le moment où tu es venu me chercher devant la fac, j'avais envie de t'embrasser. On parlait, on parlait, mais tu ne m'embrassais pas ..."
    En effet, l'histoire est écrite en caméra subjective, c'est-à-dire du point de vue du garçon, un narrateur silencieux dont le lecteur ne verra jamais le visage ni se saura jamais le nom.
    Le lecteur va vivre cette histoire d'amour à travers les yeux du garçon et ne verra que la fille, sans jamais là non plus en connaître le nom.
    Il n'y a qu'elle, avec son côté irrésistible et gauche, ses arabesques et la sensualité qui s'en dégage, terriblement attachante et touchante et qui scotche le lecteur au récit dès sa première apparition.
    Cela tend à prouver, après "Amitié étroite", la forte dimension cinématographique dans l'oeuvre de cet auteur.
    De plus, Bastien Vivès a fait tomber les codes de la bande dessinée en offrant un livre gommé de cases ou de bulles, le tout dans un style très minimaliste, et avec des dessins uniquement réalisés aux crayons de couleur.
    Visuellement, cet album est une pure merveille et un régal à lire.
    Je ne le qualifierai tout de fois pas de parfait, car j'ai trouvé la fin trouble et un peu en-deçà du reste de l'histoire.
    J'aurai aimé un peu plus de clarté, ou un peu moins de trouble de l'héroïne, en tout cas pas une fin aussi insaisissable que celle-là.
    Et puis, alors que l'intégralité de l'oeuvre est visuellement splendide, je trouve que la couverture ne reflète pas la qualité des dessins, du graphisme et des couleurs.
    Une couverture est pourtant un élément important pour un livre, celle-ci pourrait presque rebuter une personne ne connaissant pas l'univers graphique de Bastien Vivès.
    Dans un style graphique et narratif différent d'"Amitié étroite", Bastien Vivès livre avec "Dans mes yeux" un album très touchant, un beau bijou à découvrir et à lire sans modération.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2012/03/dans-mes-yeux-de-bastien-v..
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    • Livres 4.00/5
    Par marie36, le 28 août 2011

    marie36
    Dans mes yeux raconte l'histoire d'une rencontre amoureuse.....
    toute simple, deux personnes, ici vraisemblablement deux étudians, se rencontrent à la bibliothèque....
    Tout y est, les premiers regards échangés, les premiers mots, puis les sentiments qui se dévoilent au fur et à mesure....
    Ca parait simple, basique, pas d'action....en fait ce qu'il y a dans cette bd, c'est tout d'abord la justesse des dialogues, du ressenti et puis le point de vue....On est à sa place à lui, le garçon, tout le récit se fait de son côté, comme si on l'avait elle en face....Ca peut paraître déroutant et c'est le propos de l'auteur, je pense, de vouloir nous donner un autre point de vue, de laisser parler l'image, et entre chaque planche....tout est centré sur elle....
    ce n'est pas facile de rentrer dans les albums de Bastien Vivès au premier abord, mais il est un jeune auteur à vraiment découvrir....Toutes les personnes qui se sont laissé tenter par Bastien Vivès ne l'ont pas regretté en tout cas.....;-)
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    • Livres 4.00/5
    Par Asil, le 07 juillet 2012

    Asil
    Cette bande dessinée ne sera pas celle que je préfère de Bastien Vivès. Néanmoins, j'ai trouvé le parti pris de départ très intéressant. Voir cette histoire, ce début d'histoire se dérouler d'un seul point de vue, suivant le regard d'une seule personne, en fait un récit subjectif, incomplet et c'est ce qui fait sa force et sa faiblesse. Je me suis tout de même laissée prendre, cherchant comme le narrateur, à comprendre cette jeune femme indécise.
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    • Livres 4.00/5
    Par vinyard, le 11 juin 2011

    vinyard
    Très beau dessins! Très belles couleurs! J'ai beaucoup aimé l'utilisation des crayons de couleurs qui créent une atmosphère très douce pour un amour naissant! On vit la relation à travers les yeux du garçon et on entend, on voit ce qu'il entend et ce qu'il voit sans jamais entendre ce que lui-même dit... Tout est dans la suggestion, on imagine ce que le garçon dit, ce qu'il répond à la jeune fille... On a tellement envie de connaître une telle histoire avec une rencontre si réelle car elle peut vraiment nous arriver dans notre propre vie! La fin nous laisse imaginer la suite de cette romance comme à l'habitude de B. Vivès.
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 17 février 2012
    Lecture Jeune, n°130 - juin 2009 - L'histoire pourrait tenir en deux lignes : un jeune homme rencontre une charmante étudiante à la bibliothèque universitaire. Ils se revoient par la suite, dans des lieux qui sont propices au flirt : au cinéma, au restaurant, à une fête chez des amis, etc. Vient alors le premier baiser puis la première nuit. Une histoire d'amour ordinaire si ce n'est que le récit « est vu » exclusivement par les yeux de « l'amoureux », qui n'apparaîtra jamais au fil des pages - si ce n'est ses mains qui enlacent la jeune fille - et auquel le lecteur se substitue. Après Le Goût du chlore et La Boucherie, Bastien Vivès poursuit ses investigations sur la question amoureuse qu'il semble « décortiquer » en usant d'une multitude de points de vue. Ici, peu de dialogues, mais les scènes se succèdent avec ce personnage féminin, dont il a dessiné les moindres faits et gestes : lorsqu'elle enfile son manteau puis s'enroule dans son écharpe, quand elle danse ou qu'elle l'embrasse, etc. Il est aussi question d'une relation fragile qui semble vouée à l'échec dès ses balbutiements. Une relation intense mais précaire. Fragile, insaisissable, frivole, voire immature, cette jeune fille est d'abord un corps en mouvement. Le lecteur est fasciné dès la couverture, par ses cheveux au roux flamboyant et sa bouche vermeille. L'auteur a utilisé le crayon de couleur, qui témoigne de la fraîcheur du sentiment amoureux naissant et de la spontanéité du jeune homme, littéralement envoûté par cette étudiante. Bastien Vivès le rappelle : « le dessin est une écriture » et les mots ne peuvent pas rendre compte de toutes les émotions. Aussi, cet album s'observe et se regarde, plus qu'il ne se lit, et il enchante le lecteur par sa justesse. Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par jovidalens, le 06 février 2012

    Dans une bibliothèque "on" regarde une étudiante en train de lire et prendre des notes.
    6 dessins par page et...quelques bulles : ce qu'elle dit.
    On ne voit qu'elle, on n'entend qu'elle. Pas lui. On devine les questions qu'il lui pose à partir de ses réponses à elle.
    On est dans le corps de celui qui la regarde, qui la rencontre, qui l'écoute.
    L'aime-t-il ??? S'en amuse-t-il ???
    Il y a elle, avec sa timidité, avec son envie de le séduire, avec ses pudeurs, avec ses maladresses, avec ses larmes et émotions dont elle a honte, avec son merveilleux sourire, avec ses yeux qui se dérobent ... et les lieux qu'il voit quand il marche à côté d'elle.

    Malin, le procédé ! et tendrement efficace !
    Décidément, M. Bastien Vivès est un grand !
    Capable avec des phrases anodines et de merveilleux dessins aux couleurs chatoyantes de nous faire comprendre (au sens propre, de prendre avec soi) toute un épisode de vie.
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  • Par jovidalens, le 06 février 2012

    Ooh ! Le singe c'est mon animal préféré.
    [...]
    Regarde comme il creuse.
    Il continue de creuser en regardant autre part...Aucun autre animal ne peut faire ça.
    Il est capable de faire quelque chose en pensant à autre chose...comme nous.
    [...]
    D'habitude je pleure pas facilement, je comprends pas.
    Je sais pas, c'est le singe...derrières la vitre. C'est triste
    Oh ! merde; c'est n'importe quoi !
    Je suis vraiment désolée, ça veut pas s'arrêter...
    Pardon...
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  • Par LiliGalipette, le 29 février 2012

    « À ta place, j’irais lire autre part, c’est chiant la bibliothèque. » (p. 24)

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  • Par MagB, le 19 janvier 2012

    Tu sais, je suis en lettres, mais en fait je lis pas grand chose [...] Si si, je lis des bouquins pour moi... mais je lis surtout des bouquins pour mes études... Quand j'ai du temps libre, je préfère faire autre chose.

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  • Par juanilin, le 22 mars 2009

    Depuis le moment où tu es venu me chercher devant la fac, j'avais envie de t'embrasser.
    On parlait, on parlait, mais tu ne m'embrassais pas...

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Bastien Vives dessine Lastman au festival d'Angoulême 2014








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