ISBN : 2203026138
Éditeur : KSTR-Casterman (2011)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
Très douée pour la danse, la petite Polina Oulinov est sélectionnée pour suivre les cours de Nikita Bojinski, un maître d’une exigence absolue, à la fois redouté et admiré. Au fil de son enseignement, qu’elle suit des années durant, Polina devenue jeune fille développe ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 28 avril 2011

    LiliGalipette
    Roman graphique de Bastien Vivès.
    Polina Oulinov entre très jeune à l'académie de danse Bojinski. le professeur Bojinski règne avec exigence et fermeté sur les grandes classes et les admissions. "Si vous n'êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s'apprenent pas. C'est un don." (p. 17) Il remarque immédiatement Polina qui est une élève brillante. La jeune ballerine danse avec les classes supérieures et bénéficie de cours particuliers avec le maître. Elle entre au théâtre de Russie, mais continue à travailler avec Bojinski qui lui offre de danser un solo qu'il a écrit et n'a jamais présenté. Mais Polina grandit et cherche à échapper à l'emprise de son mentor. Elle quitte le théâtre avec son petit ami Adrian et rejoint la troupe de Mikhaïl Laptar, un chorégraphe contemporain, qui lui fait découvrir une nouvelle façon d'exprimer et de vivre la danse. Un professeur du théâtre lui avait lancé : "Je ne devrais pas te le dire, Polina, mais tu as du génie. Voilà. Mais le problème c'est que tu ne sais pas quoi en faire." (p. 81) Finalement, c'est en quittant les institutions que Polina se réalisera en tant que danseuse et comprendra enfin les préceptes de Bojinski.
    Polina travaille beaucoup et avec acharnement. "Un artiste est en permanence insatisfait car il recherche une certaine perfection." (p. 68) Suivant cette maxime et méprisant la fatigue et la douleur, elle cherche à satisfaire les exigences de Bojinskiqui lui répète à l'envi "Ne me faites pas regretter." Si elle se plie d'abord physiquement et machinalement aux demandes du professeur, Polina finit par briser le lien figé qui la rattache à son mentor pour en tisser un nouveau avec les fils du respect. Cheminement intime et apprentissage de la liberté, cet album ne s'embarasse pas de grandes phrases pour communiquer l'émotion. Polina gagne ses galons avec humilité : même si elle sait qu'elle mérite l'admiration, elle n'oublie pas qu'elle a été une enfant à qui un professeur hors du commun a tout appris.
    Avec cette étrange tâche noire sur le nez, Polina n'est pas très jolie. On suit l'évolution du personnage de l'enfance à l'âge adulte. L'ingratitude de son corps d'enfant et la maigreur musculeuse de son corps d'adulte ne sont pas non plus dans les canons de la beauté. Mais que Polina danse et elle est transfigurée : dans le mouvement, elle touche au sublime, elle est étoile parmi les plus lumineuses. Polina n'est pas faite pour le quotidien : quand elle danse, elle ne touche plus le sol et sa fragile beauté explose.
    Le professeur Bojinski est un personnage imposant : grand, les bras souvent croisés, on l'imagine avec une voix grave et coupante. Pour lui, "la danse est un art. Il ne s'apprend pas." (p. 31) Loin d'enseigner la danse, il exige de ses élèves qu'ils se dévouent tout entier à cet art. Ses phrases tombent comme des couperets et n'admettent aucune réplique. "Les gens ne doivent rien voir d'autre que l'émotion que vous devez faire passer. [...] Si vous ne leur montrez pas la grâce et la légèreté, ils ne verront que l'effort et la difficulté." (p. 37) Dissimulés par des lunettes qui font écran, on ne croise jamais ses yeux. Son regard qu'il pose sur les élèves est aussi pétrifiant que celui de Méduse. Dans ses lunettes, la danseuse voit son propre reflet et toutes ses imperfections démultipliées. En une case, le seul vrai portrait de lui et de ses yeux présente un homme aux cheveux blancs et au regard ridé, un homme dépassé qui admire la meilleure danseuse de sa carrière. Pour avoir dansé pendant quinze ans, je sais la valeur d'un regard appréciatif et d'un demi sourire et je connais l'accablement devant les pas qui se détournent et la main qui claque sur la barre. En quelques traits, Bojinski est une illustration fidèle et poignante des grands professeurs de danse dont la passion n'a d'égale que l'espoir de trouver une perle rare.
    L'image est en noir, blanc et gris. On est très loin du rose des tutus et des paillettes. Ici, la danse est une introspection intransigeante qui nécessite une concentration et une disponibilité de corps pleine et entière. Je suis subjuguée par le talent de Bastien Vivès qui sait rendre en quelques coups de pinceau la beauté des pas de danse, des enchaînement et des corps au travail. À tourner les pages de son oeuvre, j'ai envie de courir au ballet ou, pire, de remonter sur la scène, pas pour y briller mais pour vivre toute l'absolue splendeur de Terpsichore.
    Nul besoin d'être amateur de danse pour apprécier cet album, mais il faut aimer le mouvement : Polina est élancement et tourbillon. On ressort troublé de tant de grâce.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par mademoisellepenelope, le 24 août 2011

    mademoisellepenelope
    Bastien Vivès est incontestablement doué, extrêmement doué. Sa façon de découper ses scénarios, son dessin allusif, ses cadrages. Tout force le respect. Polina en est l'illustration la plus aboutie à mon sens.
    Il nous entraîne sur les pas de cette jeune fille qui va devenir un prodige de la danse au prix de travail et de sacrifices. Ce personnage, esquissé fluide et léger comme un pas de danse, une petite tâche noire en guise de nez, on la suit à travers ses questionnements, ses doutes. Les cadrages ici sont particulièrement beaux. Un très bel album certainement…
    Et pourtant… A chaque lecture d'un album de ce jeune auteur, j'ai toujours ressenti une réticence, une distance. Quelques mois après la lecture de Polina, je crois en comprendre enfin la raison, avoir saisi ce qui donnait à cette lecture un goût d'inachevé. Tout y est trop parfait, trop lisse, à un point tel que les stéréotypes ne sont pas loin. Toutefois, et c'est là où c'est le plus troublant, c'est la maîtrise de l'art de l'ellipse, si merveilleusement mise en œuvre qui aboutit à un tel résultat. L'allusif est tellement systématique que l'histoire en perd sa profondeur, que la narration perd son épaisseur, sa densité dans laquelle l'imagination du lecteur peut s'engouffrer, s'y perdre, rêver. Ainsi, l'alliance de personnages stéréotypés et de l'ellipse narrative rend l'album impénétrable à l'imagination du lecteur. L'œuvre, certes belle, maîtrisée est comme fermée.
    Alors oui, Bastien Vivès est un jeune auteur prodige. Il écrit et dessine merveilleusement bien. de beaux objets, sans faille, de ceux que l'on admire pas que l'on porte en soi.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 24 août 2011

    brigittelascombe
    Polina, bande dessinée en noir et blanc suit la loi du tout ou rien, celle de la danse car il faut TOUT donner pour devenir étoile au firmament des scènes prestigieuses.
    Un début de Black swann, une fin de Pina Bausch.
    Ces deux films récents me viennent à l'esprit.
    Black Swann, film dramatique de Darren Aronofoky dans lequel Nina jeune fille sage, fragile, perfectionniste et soumise aux dures rivalités de la danse ressemble à Polina face au professeur Bojinski qui l'accepte dans son académie de danse classique, mais se montre impitoyable pour tirer le meilleur d'elle même.
    On cherche l'amplitude,on refait l'enchainement,on a mal,on grimace,on gagne en souplesse,on reprend,on se tient droit,on se détend,on pleure,on se décourage,on maitrise l'émotion,on s'accroche,on descend les omoplates,on rentre le ventre, on se perfectionne. Un vrai goulag!
    Mais alors que Nina tombe amoureuse de son "maître" et que Black Swann bascule dans la folie, Polina plus équilibrée,vit... lorsqu'elle se l'autorise, une vie de jeune fille de son âge entre Oxana sa meilleure amie et Adrian son copain.
    Après l'académie,c'est le théatre.
    Après le professeur Bojinski ce sera la grande scène avec Madame Livotski, implaccable elle aussi.
    Après le classique du plus moderne, puis de l'atypique.
    Après la Russie, Mikahail Laptar, puis Berlin,les tournées internationales, puis Paris.
    Elle a du génie c'est la consécration car "l'energie passe entre le spectateur et le danseur".
    Une fin de Pina Bausch, un film réalisé par Win Wenders en hommage à la chorégraphe allemande Pina Bausch, directrice du Tanz théater de Wuppertal dont le travail a révolutionné le monde de la danse entre danse et théatre et je pense que Bastien Vivés s'en est inspiré pour creer le personnage de Polina.
    Une bande dessinée forte au tracé expressif,émaillée de belles citations sur cet Art "sans adversaire ni partenaire". Un reportage interessant sur le parcours sans faille des étoiles et sur la danse qui, bien qu'extrème est une écriture du corps dans l'espace.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par colimasson, le 14 novembre 2011

    colimasson

    Cet album est beau. Il fait de l'effet, avec sa couverture magistrale, ses traits racés, la sobriété du dessin en noir et blanc, et son épaisseur. Rien que pour ça, j'aimerais pouvoir aimer l'histoire de Polina. Malheureusement, il faut bien l'avouer, ces critères ne font pas tout. Au-delà des aspects très engageants de l'album, l'enthousiasme n'a pas suivi. J'ai trouvé une histoire intéressante mais à la progression et au dénouement convenus ; un personnage que l'on suit de l'enfance jusqu'à l'âge adulte et que l'on croît connaître, mais auquel je n'ai pas réussi à m'attacher une seconde.

    Polina fait ses premiers pas dans l'univers de la danse classique à l'âge de six ans. Portant déjà en elle les germes de sa gloire future, elle passera sa jeunesse à l'école de danse puis au théâtre.

    Rapidement, Bastien Vivès aborde les questions essentielles de l'amitié puis de l'amour, comme des passages obligés qu'il faut bien se coltiner pour donner un semblant de réalisme à l'histoire d'une adolescente. Tout ceci cache la véritable ambition poursuivie par l'auteur : montrer l'accomplissement de la destinée d'une artiste dans le milieu dans lequel elle excelle.
    On trouve ici les thèmes et les questions que l'on retrouve partout où le sujet est traité : faut-il suivre son cœur ou sa raison lorsqu'il est question de mettre en jeu sa carrière ? Faut-il s'engager sur des chemins balisés ou tenter de révolutionner d'anciennes conceptions ? Peut-on sacrifier ses amours et ses amis à l'exercice de son art ? le bonheur se trouve-t-il dans la réussite professionnelle et artistique ?

    Finalement, on nous plonge Polina dans le milieu de la danse classique, mais n'importe quel autre domaine aurait pu convenir : la musique, le dessin, la boxe, la natation… Ce n'est pas plus mal et cela évite de se taper les écueils habituels des œuvres qui abordent le domaine du ballet. Ici, les questions du surmenage physique, des douleurs corporelles et des règles propres au monde de la danse sont survolées. Bastien Vivès dessine une ou deux cases à ce sujet pour se donner bonne conscience et retourne aussitôt aux questions qui l'intéressent le plus. On devine que Polina le représente dans ses interrogations artistiques les plus personnelles, et peut-être est-ce pour cette raison que l'évolution de l'héroïne ainsi que l'aboutissement de sa carrière sont-ils si convenus ? Cherchant à se rassurer, Bastien Vivès offre à son lecteur une histoire secouée par quelques petits soubresauts dramatiques qui justifient l'épaisseur de l'album. Mais en tournant la dernière page, Polina disparaît dans des souvenirs vagues et confus.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-polina-2011-de-bastien-vives..
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    • Livres 5.00/5
    Par melusine1701, le 10 mars 2012

    melusine1701
    Difficile de faire un résumé efficace d'une histoire qui se déroule sur peut-être une vingtaine d'année. Au cœur de ce récit, c'est d'abord la danse, non pas comme art, mais comme discipline exigeante, qui demande énormément d'efforts qui ne doivent surtout pas se voir. “Il est important que ça paraisse”. Véritable enjeu que cette danse: jusqu'où Polina est-elle prête à pousser son corps et sa tête dans leurs derniers retranchement pour elle? Pourquoi danse-t-elle vraiment? Est-ce vraiment ça, la danse, comme le demandent toutes les filles qui s'effondrent en pleurs après chaque cours de Bojinski? Polina, elle, danse sans trop se poser de questions, essaye de concilier sa vie de pensionnaire avec les autres filles et, bien sûr, les garçons, et les grands projets que Bojinski semble avoir pour elle… Et un jour, elle plaque tout. du carcan de la danse, souvent représenté par les mains qui forcent les muscles de Polina à obéir, les muscles tendus, le trait en noir et blanc qui va droit à l'essentiel, vers l'errance et la bohème, Polina nous entraîne dans un chemin à la fois poétique et pathétique, sans qu'on comprenne vraiment quel en est le but. Solitaire, physiquement capable d'endurer les pires tortures mais si fragile et perdue, Polina m'a énormément touchée. Son trajet, c'est celui qui la rapproche ou qui l'éloigne de son professeur, le controversé Bonjinski, qui lui a tout appris, pour qui elle délaissera beaucoup, dont on voudra la sevrer, qu'elle fuira, qu'elle retrouvera sur son chemin. Son dessin, noyé derrière ses verres blancs et sa barbe noire, m'a beaucoup marquée.

    Lien : http://mabouquinerie.canalblog.com/archives/2012/02/13/23319989.html
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)

Critiques presse (2)


  • LeFigaro , le 12 décembre 2011
    À travers cet album fluide, élancé, au trait jeté, on suit sans s'arrêter l'histoire dense et bondissante de la jeune Polina Oulinov, future étoile de la danse.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro
  • BullesEtOnomatopees , le 23 juillet 2011
    Bastien Vivès s’exprime tout en toucher, tout en finesse. Vous voulez de la grâce, lisez Vivès et oubliez Black Swan. Sérieusement.
    Lire la critique sur le site : BullesEtOnomatopees

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Citations et extraits

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  • Par OliZ, le 16 mai 2011

    Quand je t'ai vue danser, je me suis rendu compte que tu faisais passer beaucoup d'émotions de manière très simple. On comprend tout, il suffit de te regarder.
    Cela me rappelle une phrase de mon professeur quand j'étais petite. Il m'a dit : Les gens ne voient pas ce qu'on ne leur montre pas
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  • Par Theoma, le 31 août 2011

    Il faut être souple si vous voulez espérer un jour devenir danseuse. Si vous n'êtes pas souple à 6 ans, vous le serez encore moins à 16 ans. La souplesse et la grâce ne s'apprennent pas. C'est un don. Suivante...
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par colimasson, le 14 novembre 2011

    Il ne sert à rien d’aller le plus haut possible si on ne prend pas le temps de contempler. Alors, quand vous êtes en haut, prenez votre temps.
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par colimasson, le 14 novembre 2011

    Un artiste est en permanence insatisfait. Car il recherche une certaine perfection. Mais ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’il pourra se rendre compte de la valeur réelle de ce qu’il aura réalisé.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 24 août 2011

    Les gens se trouvent toujours de bonnes raisons avant d'agir.Sachez qu'il n'y a pas de bonnes ou mauvaises raisons,et que les gens qui se justifient ont déjà perdu.
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