Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Christophe Claro (Traducteur)

ISBN : 2742760725
Éditeur : Actes Sud (2006)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Henry Tyler, privé neurasthénique, a été embauché par un homme d'affaires cynique à la recherche de la mythique "Reine des Putes" de San Francisco, dont il entend faire la vedette d'un bordel virtuel à Las Vegas. Comme en proie à un sortilège, Tyler se voue corps et âme... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

Critiques, analyses et avis (4)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par tedofkilter, le 28 février 2014

    tedofkilter
    Je vous ai déjà, par le passé, parlé de mon admiration pour William T. Vollmann. Les fusils est très certainement un des livres qui m'a le plus marqué et je peux le relire indéfiniment sans me lasser. Mais dans l'univers au combien tordu et atomisant de ce cher Vollmann il y a un roman issu de sa trilogie sur les prostituées qui est très certainement le plus représentatif de son univers et en fait une œuvre unique. C'est un pavé (1315 pages !) mais le genre de pavé que vous allez flinguer plus vite qu'un roman de 300 pages.
    Famille Royale c'est le nom d'un clan de prostituées de San Francisco, dans le Tenderloin. Un clan ravagé par le crack et gouverné par la « reine » des prostituées. Cette « reine » est le centre de l'affaire, car Henry Tyler, détective privé, frère d'un avocat (John) et secrètement amoureux de la femme de son frère (Irène), est chargé par un homme d'affaire de trouver et lui livrer « La reine » pour son bordel virtuel à Las Vegas.
    Mais voila trouver « La reine » à un prix ! Et Henry Tyler, qui est accessoirement neurasthénique, va le payer en tombant dans un premier temps amoureux d'elle, puis en étant intégré dans La Famille royale. Démarre alors pour lui une plongée dans un univers rempli de crack, de sexe, de valeurs familiales et même de shamanisme.
    Il a toujours été dit que William T. Vollmann est un auteur obsessionnel, qui vit littéralement ce qu'il raconte. Il est parti pour le pôle nord quand il écrivait « Les fusils », Fukushima quand il a écrit « Fukushima » ou même l'expérience « Hobo » pour le « Grand partout ». Mais à la lecture de « La Famille royale » on se demande si Vollmann ne va pas devenir fou à force de vivre ses expériences.
    Car l'univers au combien romanesque et psychédélique de « La Famille royale » a cette volonté qu'a le crack sur un drogué, vous faire retomber dedans et ne plus vous lâcher. Une fois plongé dedans vous allez vous surprendre à penser à ce livre, à vouloir connaître la suite, a comprendre les sous-entendu et les non dits, l'obsession guette à chaque ligne et cette histoire vous dévorera aussi vite que vous le lirez.
    Pas facile d'accès, mais, comme vous l'avez lu plus haut, hautement addictif, ce roman est avant tout une expérience unique, une œuvre qui se vie. La traduction ultra soigné de Claro renforce l'univers définitivement barré et sans limite de William T. Vollmann car une traduction plus chiche aurait pu nous faire passer à coté d'un monument. Un chef d'œuvre !


    Lien : http://www.undernierlivre.net
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          3 22         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 18 avril 2012

    le_Bison
    Henry Tyler est un privé neurasthénique. Il excelle, non pas dans les filatures, les constats d'adultères et les recherches de personnes disparues comme son métier pourrait le prévoir, mais dans la médiocrité négative. Sans aucune estime de lui, il considère sa vie sans saveur et sans intérêt. Il est même du genre à faire fuir ses éventuels clients plutôt que de les embobiner pour obtenir l'enquête. Ses journées, il les passe dans les tréfonds de San Francisco, dans les bars les plus miteux du quartier chaud de Tenderloin.
    Elles se prénomment Domino, Kitty, Tournesol, Fraise, Saphir, Oiseau Jaune ou même Chocolat. Sous la plume de Vollmann, elles apparaissent comme les héroïnes de ce roman. Elles sont belles ou laides, parfois grosses et souvent sales, rarement en bonne santé physique ni même mentale. Elles chevauchent la rue de nuit comme de jour, étalent leurs formes et leurs charmes sur les trottoirs du Tenderloin, dans les parkings et sous-sols du quartier. Elles, ce sont des prostituées qui triment toute la sainte journée pour obtenir simplement de quoi se payer un fixe ou une dose le soir et ainsi tenir une heure, un jour de plus dans cette vie foutue et merdique. Sous un job des plus dégradants, ces travailleuses buccales ou vaginales m'apparaissent sous un nouveau jour : tendresse et émotion se dévoilent sous les tas d'immondices. Alors que certains salivent devant les vitrines des restaurants de Chinatown où pendent au dessus des plats de légumes fumants et riz cantonnais les canards laqués, poulets rôtis et tranches de porc rouges et craquantes, ces dames restent obnubilées par la coke pure, la coke crack (connu également sous le nom de blanche), le fentanyl, le speedball, la crystal blue persuasion, les quaaludes, le poppers, le speed rouge, le speed noir, le valium, la thorazine, la mescaline, la marijuana, la codéine, la morphine, le cognac et la bière.
    A moins que l'héroïne de « La Famille royale » soit en fait la Reine des Putes, une prostituée à la retraite qui prend soin de toutes ces (ses) filles. Elle les protège, les conseille, les aide telle une Mama africaine ou une maquerelle bienfaitrice. D'ailleurs existe-t-elle réellement ? N'est-ce pas une simple chimère, une illusion servant à illuminer de son aura ce pauvre quartier du Tenderloin.
    Mais revenons à Henry Tyler, ce privé au bord du gouffre. Il semble avoir touché le pactole lorsqu'un riche investisseur l'engage pour retrouver... justement cette Reine des Putes. Il va errer dans les bas-fonds de San Francisco à la recherche de cette reine, celle qui deviendra plus tard SA reine. Mais que lui arrive t'il ? Tel un zombi fatigué, il navigue dans la chaleur et la puanteur de ces déchets de la société. Il est proche du précipice, d'un abîme dans lequel il semble incapable de sortir. Son seul tort : aimer Irène, la femme de son frère prétentieux et imbu. Alors lorsque le jour où Irène met fin à ses jours, Henry s'enfonce encore plus dans son gouffre. Peut-être sera-t-il sauver par sa reine ? Quelle doit être sa rédemption pour expier ses péchés, pour le punir d'avoir aimer sa belle-sœur ?
    Mais revenons au roman, Henry met 200 pages à retrouver la reine des putes. Alors que va-t-il faire dans les 1100 pages restantes ? Il erre, il s'enfonce, il boit et baise des putes dans le Tenderloin. Il navigue parmi la pourriture tel une âme en peine. Il se clochardise petit à petit, en sombrant de plus en plus bas dans l'échelle de l'humanité. Il cherche sa voie, en même temps que sa foi parmi les autres détritus de la société. Et si en fait la réelle héroïne de ce roman était tout simplement la ville de San Francisco et son quartier chaud de Tenderloin. Je sens cet amour de l'auteur pour ce secteur et la passion qu'il s'est découvert pour ses prostituées. le langage est cru, celui de la rue des putes, les images plutôt immondes et la morale loin d'être saine. Mais c'est la vie et Henry côtoiera parfois avec plaisir, parfois avec dégoût d'autres déchets humains, tel Dan Smooth, un pédophile qui se prétend son ami et qui affirme que sa nièce de 5 ans prenait réellement du plaisir sexuellement. Rien ne lui sera épargné dans le Tenderloin où il découvrira tous les plaisirs sexuels les plus extrêmes dont j'ignorais presque leur existence tels l'ondinisme, la scatophilie ou la coprophagie. J'éviterai d'insister trop sur l'abject Smooth, et d'ailleurs Henry n'a même plus la force de le remettre à sa place, sur les abus sexuels sur des handicapées mentales ou sur les scènes sado-masochistes. Mais au milieu de toutes les ordures de notre société, ce roman rend l'un des plus bel et vibrant hommage aux prostituées en même temps qu'une vision plus que sombre de la vie californienne.
    La nouvelle bible de San Francisco. Indispensable !

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          3 13         Page de la critique

  • Par de, le 19 août 2012

    de
    Un roman sur ces États-Unis, nommés souvent par gonflement idéologique Amérique, un centre du monde autoproclamé, sous la lumière irisée de la statut de la liberté. de la fantasmagorie à la réalité. Une fiction de l'autre coté du miroir. La confrontation avec l'interne « empire du mal », au sens religieux du terme. Mais aussi l'empire de l'amour, de l'humanité derrière les mesquineries, les violences, le sexisme, le racisme…
    Une fable sur une particulière « famille royale ».
    Difficile de lâcher ce flot de près de 1000 pages, ces personnages de femmes, la plupart prostituées, et ce couple formé de Henry et de son frère John, le premier souvent simplement nommé Tyler, un détective, amoureux d'Irène, de la « Reine des putes », un errant au pays de la violence, de la violence quotidienne banalisée contre les femmes. Des femmes jamais réduites à de misérables victimes. Derrière les ordures et les obscénités, des êtres humains. Peut-être aussi un roman aussi contre les prostitueurs.
    L'envers littéraire puissant d'un décor frelaté d'Hollywood.
    Épuisant.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la critique

  • Par Gillovitch, le 28 avril 2013

    Gillovitch
    Expérience inoubliable . Longue glissade d'un homme dans un monde underground peuplé de prostitués dont la reine a des pouvoirs surnaturels.
    Sacrée trip que la lecture de ce livre ...

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la critique

> voir toutes (7)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par le_Bison, le 06 avril 2013

    Au bout d’une heure, Béatrice, amère et épuisée, était sur le point de renoncer quand un de ses clients réguliers, un veuf d’une cinquantaine d’années dont la bedaine s’incurvait comme une vieille rotonde d’Union Pacific, se gara le long du trottoir. Elle se précipita vers sa voiture. Ils allèrent au Lonely Island Hotel.
    [...] Dans la poubelle, il y avait une capote qui venait de servir et d’où dégoulinait du liquide gluant.
    Béatrice se déshabilla, s’allongea sur le matelas instable et moisi, et s’endormit aussitôt. Elle rêva de Tournesol. Le type, qui était quelqu’un de bien, resta là un moment à observer sa grosse et belle putain qui ronflait les jambes écartées sur le lit, en remuant presque imperceptiblement son pelvis marbré d’abcès. Puis il déposa trente dollars sur la table de chevet et sortit, en refermant doucement la porte derrière lui.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la citation

  • Par le_Bison, le 11 avril 2013

    Ils t’ont lavé le cerveau, ma chérie, avait dit la Reine à Domino à cette occasion. Tu es une gentille fille. Tu as juste rencontré les mauvaises personnes. Ils se servent de toi pour avoir ton corps. Tu n’es pas obligée de sucer la bite du premier venu juste pour avoir ta dose.
    Qui es-tu pour me dire ce que je ne dois pas faire ?
    Je suis une prostituée, lui dit la Reine. Tout comme toi. Bon, d’accord, une prostituée en semi-retraite. Je m’occupe à présent de mes filles. Et je dis à toutes mes filles : Si vous voulez sucer une bite, allez-y. Mais faites vous payez pour ça. Si vous voulez votre dose, très bien. Mais vous avez le droit d’acheter la came de votre choix avec votre propre argent et celui de ne pas vous faire arnaquer, tu comprends ?
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 10         Page de la citation

  • Par le_Bison, le 20 avril 2012

    Domino fit glisser une capote sur le pénis de son client avec la langue, entreprit de le sucer, écarta un instant son visage, cligna de l’œil et dit : C’est le pire chewing-gum que j’ai jamais goûté.
    Le type se marra si fort qu’il débanda.
    Et voilà le travail, dit Domino. T’es cuit.
    Hé, une minute, dit le type. Ils regardèrent tous deux son pénis raplapla, comme s’il était en mesure de les sauver l’un de l’autre, mais rien ne se passa.
    Plus de chance la prochaine fois, dit Domino. Merci d’être aussi correct.
    Elle se leva et sa jupe retomba sur ses genoux, elle enfila ses talons hauts et s’éloigna à longues enjambées triomphantes tandis que le type restait là incrédule, sa bite à la main.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par le_Bison, le 08 avril 2013

    Tu ne trouves pas que je suis belle à mourir ? demanda Domino, en proie à une euphorie quasi démentielle.
    Ça oui, dit le type.
    Tu n’es pas obligé de mourir pour moi. C’est moi qui vais te tuer - ha, ha, ha !
    Dans une chambre d’hôtel, le type se masturba lentement, puis éjacula sur son visage. Domino alla se laver au lavabo. Cinq minutes plus tard, elle s’était convaincue que rien ne s’était passé, et l’euphorie revint.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la citation

  • Par luluberlu75, le 12 novembre 2010

    Croire que des choses créées par une suite incalculable de causes peuvent durer éternellement est une grave erreur et s'appelle la théorie de la permanence ; mais c'est également une grave erreur que de croire que des choses disparaissent complètement ; cela s'appelle la théorie de la non-existence.

    Les Enseignements de Bouddha
    (dès le V° siècle av. J.-C.).
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

> voir toutes (1)

Video de William T. Vollmann

>Ajouter une vidéo
Vidéo de William T. Vollmann

Payot - Marque Page - William-T Vollmann - Le grand partout








Sur Amazon
à partir de :
15,96 € (neuf)
11,65 € (occasion)

   

Faire découvrir La Famille royale par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz