Cela me plaisait de devoir être tué en Chine, sur une jonque à l'ancrage, devant un photogénique vieillard, dans une atmosphère chinoise saturée de puanteurs, de fumée de poisson frit, de tabac, de pétrole, d'eau sale. ... > voir plus
Tu te souviens des aventures que tu t'es racontées ou que tu as vécues avant le voyage. Tu te souviens de la fin de l'année du Coq, du début de l'année du Chien, de tes rencontres avec Gloria, des heures de nuit, des heures de folie, des étreintes étranges, des phrases étranges. Appelle en toi ce beau et douloureux théâtre. Tu sais marcher dans les rues comme entre les pages d'un livre, tu as appris cela il y a longtemps, appelle en toi cette science, réfugie-toi dans l'ombre qui brûle entre les murs. C'est là. Va en cercles. Tu aimes ces rues. De toute façon, tes vaticinations amoureuses sont assez fortes pour sécréter à chaque instant de nouvelles racines, de nouvelles raisons de continuer l'amour.
Lecture par Antoine Volodine, Ecrivains, septembre 2010 . La figure de l?écrivain telle que l?imagine Antoine Volodine. Ni alcoolique génial ni géant hugolien, ni romantique torturé, et encore moins sommité mondaine adulée par les médias. L?écrivain ici se débat contre le silence et la maladie, quand il n?est pas sur le point d?être assassiné par des fous ou des codétenus. Qu?il soit homme ou femme, il sait qu?il n?a aucun avenir. Souvent, il est analphabète, comme Kouriline, qui évoque oralement la terreur stalinienne en s?inclinant devant des poupées en ferraille. Il peut aussi lui arriver d?être déjà mort, comme Maria Trois-Cent-Treize, qui fait une conférence sur l?écriture dans l?obscurité totale qui suit son décès. Ou d?être en transe, comme Linda Woo, qui depuis sa cellule donne elle-même une définition des écrivains : « Leur mémoire est devenue un recueil de rêves. Ils inventent des mondes où l?échec est aussi systématique et cuisant que dans ce que vous appelez le monde réel. »En librairie le 9 septembre 2010Retrouvez tout l'univers Fiction & Cie sur www.fictionetcie.com