Il aurait été plus honnête de la part des éditions le Livre de Poche de préciser sur la couverture de "
L'Affaire Calas,
Traité sur la tolérance" de
Voltaire, qu'il ne s'agissait pas du texte intégral. Mais l'intérêt de l'œuvre n'en est toutefois pas tronqué, le fameux esprit voltairien s'y développe à merveille pour mettre à nu la bestialité et la barbarie qui domine dans une société vaniteuse et se disant civilisée.
Le point de départ de ce traité est
L'Affaire Calas : une famille toulousaine est accusée du meurtre de leur fils et, suite à une procédure bâclée, le père, Jean Calas, est roué, torturé et tué sur la place publique.
Voltaire s'empare de cet événement pour, une fois de plus, écraser l'infâme, cette effroyable intolérance, principe moteur de toutes les religions.
Mais rien ne sert de palabrer pendant des heures pour tenter de transmettre l'essence d'une œuvre quand l'auteur lui même use de sa plume pour nous donner un avant goût des choses, dans une lettre adressée à Damilaville en 1763 : « Gardez-vous bien d'imputer aux laïques un petit ouvrage sur la tolérance qui va bientôt paraître. Il est dit-on d'un bon prêtre ; il y a des endroits qui font frémir, et d'autres qui font pouffer de rire ; car, Dieu merci, l'intolérance est aussi absurde qu'horrible. » Mais on pourrait y ajouter cette citation encore plus évocatrice : « Cet écrit sur la tolérance est une requête que l'humanité présente très humblement au pouvoir et à la prudence. Je sème un grain qui pourra un jour produire une moisson. Attendons tout du temps, de la bonté du roi, de la sagesse de ses ministres, et de l'esprit de raison qui commence à répandre partout sa lumière. »