ISBN : 2841725405
Éditeur : L'Atalante (2011)


Note moyenne : 4.56/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
Le 17 octobre 1960 à 11 h 45 du matin, la DS présidentielle fut prise sous le feu d'une mitrail­leuse lourde dissimulée dans un camion à la Croix de Berny. Le Général décéda quelques instants plus tard sur ces dernières paroles : « On aurait dû passer par le Petit-Clama... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Durdane, le 22 mai 2011

    Durdane
    Il y a des années maintenant, quand RCW m'avait parlé de ce projet d'uchronie sur l'Algérie, j'avais été bluffé une première fois. L'idée me semblait incroyablement audacieuse. Oserais-je avouer que j'ai cru, à une certaine époque, qu'il n'en viendrait jamais à bout, et qu'il finirait par laisser tomber ? Et puis, j'ai dû me rendre à l'évidence : RCW est de la race des têtus, des opiniâtres (je le savais, pourtant). Et j'ai été bluffé une seconde fois.
    Voilà, je viens de terminer Rêves de Gloire. Et je suis bluffé, une troisième fois. Jamais deux sans trois, rappelle la sagesse populaire.
    Tout le monde a lu la 4e de couverture du roman, ou, déjà, quelques chroniques sur la toile, et donc je ne gâcherai le plaisir de la découverte à personne en rappelant que le fameux « point de divergence » uchronique semble être l'attentat de 1960 contre le général de Gaulle, attentat réussi dans Rêves de Gloire. Mais tout est dans le « semble », car on s'apercevra vite qu'il est possible de trouver des divergences un peu antérieures (l'une concerne les événements de Budapest en 1956). C'est ce qui fait l'analogie entre ce roman et le classique Maître du Haut-Château , analogie ouvertement assumée et revendiquée d'ailleurs — même s'il ne faut pas en exagérer l'importance : l'uchronie wagnérienne penche du côté des univers parallèles, mais reste cependant une uchronie dans la règle de l'art (si, si, il y a une règle de l'art de l'uchronie qui est : Arrgh….). Simplement (si j'ose écrire), elle évite le piège du trop visible et dictatorial point de divergence unique. On dira qu'il y a saupoudrage modéré de points de divergences, assez large pour surprendre le lecteur, mais suffisamment contrôlé, cependant, pour lui éviter de perdre pied. La compréhension — et l'interprétation, surtout — du mécanisme uchronique demeure un enjeu majeur du récit. Bref, on n'est pas dans le n'importe quoi (du genre de celui, parfois sympathique, mais qui commence à me gonfler sévère, du « steampunk » dans sa dérive superficielle et envahissante actuelle).
    Le tour de force de RCW, c'est de profiter de cette uchronie pour bâtir une sorte de version alternative prodigieusement détaillée et vraie (on se comprend) de l'histoire des mouvements communautaires… alternatifs des années soixante-soixante-dix du siècle dernier, basés, en très très gros, sur la non violence, le rock, l'adoration des vinyles et le LSD… et de faire de la casbah d'un Alger uchronique, un des hauts lieux d'un de ces mouvements imaginaires ! Ou plutôt, le tour de force, c'est de rendre tout cela parfaitement plausible ! Je me demande qui d'autre que RCW aurait pu réussir une chose pareille !
    Je sors de la lecture de Rêves de Gloire avec une culture toute neuve — et aux neuf dixièmes, au moins, imaginaire — sur le monde de la musique rock, qui va me permettre de me ridiculiser encore davantage en société sur ce sujet ! (1)
    Comment un truc pareil peut-il tenir debout ?
    L'astuce consiste à tisser la trame du roman à partir d'une foultitude de fils qui sont autant d'histoires personnelles, se déroulant à des époques différentes, sur une durée d'une quarantaine d'années environ. On est un peu perdu au début, mais RCW sait remarquablement caractériser ses personnages, et l'impression de confusion ne dure pas. Tout au contraire, on se met rapidement à attendre le retour de telle ou telle « voix » (et « voie »), qui va révéler tel détail éclairant (ou non, RCW a le sens du suspense..) l'ensemble. Et on s'y attache, à ces personnages… On en oublie presque que l'on est dans une uchronie… presque, seulement, car de temps à autre, on est obligé de recadrer dans son esprit l'image générale que l'on s'était fabriquée (attention, ce roman est un roman de SF, c'est-à-dire qu'il demande AUSSI de l'imagination à son lecteur…)
    Je me rends compte qu'il serait un peu stupide d'en dire davantage (2) ; il faut s'immerger dans ce livre, qui est aussi, lâchons une expression un peu pompeuse, un roman philosophique s'interrogeant sur le sens de la vie. Sans apporter de réponse, fort heureusement, car il n'y en a pas (enfin... disons que la réponse, c'est la question).
    Un chef-d'œuvre, de mon point de vue, et l'uchronie française la plus originale et plus aboutie depuis… depuis… depuis…
    Oncle Joe
    (1) Par prudence – j'aime bien le rock écrit et décrit, mais il ne faut pas abuser de son son (hum…) — j'ai lu le roman en écoutant des tas de quintettes de Boccherini (9 volumes, ce qui fait 18 CDs, par La Magnifica Comunita, Brillant Classic (pas cher et sublime)).
    (2) Tout de même… quelle fête que de repérer les innombrables et savoureux clins d'œil… les citations cachées… les skorpis… qui fuient dans la nuit épouvantable…
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  • Par Gromovar, le 03 octobre 2011

    Gromovar
    Un livre aussi personnel que “Rêves de Gloire” ne peut faire l'objet, me semble-t-il, que d'une chronique qui l'est aussi. Alors, c'est parti.
    Rêves de Gloire” est un pavé de 700 pages dans lequel RC Wagner revisite et réinvente l'histoire de la guerre d'Algérie et de l'indépendance subséquente, ce non-dit central de l'Histoire contemporaine de la France, ce passé qui ne veut pas passer. Uchronique, “Rêves de Gloire” utilise un point de divergence principal : de Gaulle est mort dans un attentat en 61, tout ce qui suit sur le plan politique est donc très différent de ce que nous connaissons...

    Lien : http://quoideneufsurmapile.blogspot.com/2011/10/vers-lorient-compliq..
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    • Livres 5.00/5
    Par BlackWolf, le 10 juin 2011

    BlackWolf
    En Résumé : Voici un livre de Roland C. Wagner qu'on attendait depuis quelques années déjà, mais l'attente fût pour moi récompensé par un livre qui ne m'a pas laissé indifférent. Ce livre, à travers la réécriture de l'histoire entre l'Algérie et la France est un appel à la tolérance, au respect des autres et de sois. Les personnages, malgré leur anonymat relatif sont vraiment convaincants, passionnants et attachants et le style de l'auteur est réellement efficace et envoutant. Un livre que je ne peux que vous conseiller de lire et découvrir.
    Retrouvez ma chronique complète sur mon blog

    Lien : http://blog-o-livre.over-blog.com/article-reves-de-gloire-roland-c-w..
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Citations et extraits

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  • Par Durdane, le 22 mai 2011

    Mare Nostrum


    Je suis allé à la pointe Pescade, comme dans la chanson, mais je n’avais avec moi ni vautriens, ni ami marocain. Il n’y avait pas non plus la moindre trace d’une roue de feu dans le ciel.
    La plage était déserte en cette saison. La peinture blanche s’écaillait sur les planches de la buvette fermée. La mer bleu vert ondulait doucement dans le soleil d’hiver. Quelques barques retournées reposaient sur le sable ; assis sur l’une d’elles, un vieil arabe au crâne enturbanné de blanc buvait le thé en fumant une cigarette.
    Je me suis senti étranger.
    Je suis allé me planter face à la mer. La Mare Nostrum des anciens, chargée d’une histoire multimilllénaire. Il faisait beau mais plutôt frais. Dans les montagnes, la neige avait atteint par endroits une jolie épaisseur ; la Kabylie et l’Aurès avaient décrété l’état d’urgence et réclamé l’aide internationale pour désenclaver les villages coupés du monde. Deux cents réservistes avaient quitté Alger le matin même en compagnie de cinq cents volontaires civils pour aller donner un coup de main. De son côté, la Tunisie envoyait des hélicoptères, et le Maroc du personnel médical.
    La solidarité du Maghreb jouait une fois de plus, en dépit des antagonismes qui en opposaient les différents pays. Et la seule chose qui m’avait fait plaisir en ce foutu samedi matin était la rapidité avec laquelle on avait annoncé la participation de l’Algérois aux opérations de sauvetage et de déblaiement.
    Au bout d’une dizaine de minutes, je me suis détourné du spectacle de la baie et de ses rochers. Là-bas, très loin, c’était la France, un pays désormais lointain et menaçant, une ombre inquiétante tapie au-delà de l’horizon. Je lui ai tourné le dos et je suis remonté vers ma voiture.
    J’arrivais sur le parking lorsque je l’ai vu.
    Debout au bord de la route, vêtu d’un costume blanc, appuyé sur une canne toute simple à côté de laquelle une bouteille métallique scintillait dans la lumière du matin, il regardait vers moi. À quelques mètres de là, une grosse Mercedes aussi blanche que ses vêtements était garée près de ma Deux-Chevaux — qu’un homme de haute taille en complet veston noir contemplait d’un air pensif en tirant sur une cigarette. Il m’a lancé un bref coup d’œil avant de reporter ostensiblement son attention sur ma voiture.
    Le vieillard a fait deux pas dans ma direction. J’ai ressenti une impression de déjà-vu. Ou de déjà-lu.
    C’était étrange, cet homme en blanc et la plage vide, le chauffeur discret et le pêcheur nonchalant.
    C’était étrange, et il manquait quelque chose.
    Je suis allé à la rencontre du vieil homme. Je me suis incliné, la main sur le cœur.
    « Bonjour, monsieur Camus. »
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  • Par Durdane, le 22 mai 2011

    Cette nuit-là, mon père est venu m'éveiller comme convenu. Les aiguilles du gros réveil qui tictacquait sur la table de nuit indiquaient deux heures moins dix.
    Je me suis assis dans mon lit, j'ai demandé si les Russes étaient toujours en tête malgré leurs problèmes techniques.Mon père a secoué la tête. « Aucune idée, mon fils. Le poste de télévision vient de tomber en panne. »J'ai cru que le monde s'écroulait.Et si tout était déjà fini ?
    « Quand ?
    — Il y a dix minutes.
    — Il faut mettre la radio !
    — Je croyais que tu voulais voir l'at… l'alunissage ?
    — Ben oui.
    — Alors habille-toi : on va chez Sebaoni. Là-bas, on est sûr de trouver un poste qui marche ! »
    J'ai enfilé mes vêtements en quatrième vitesse et j'ai dévalé l'escalier. Mes parents étaient dans le salon, en train d'écouter Radio-Alger. En chemin, ma mère m'a résumé la situation. Le suspense était à son comble. Shepard et Armstrong atteindraient-ils la surface lunaire avant Gagarine et Valentina Tereshkova ? Les Soviétiques taisaient en effet la position de leurs cosmonautes, alors que la Nasa retransmettait en direct et en Mondovision les manœuvres de ses astronautes.
    Malgré l'heure tardive, les trottoirs et les jardins du boulevard Guillemin grouillaient de monde. À croire que toute la ville s'était donné rendez-vous dans ses rues pour cette nuit à nulle autre pareille. Juste avant la Bouzaréa, un groupe de jeunes européens s'agitait autour d'une lunette astronomique, au milieu de débris suggérant qu'ils venaient de la tirer de son emballage. Il y avait pas mal de gens allongés sur les pelouses qui regardaient le ciel.Nous avons tourné à gauche dans la rue Rochambeau. Le magasin de monsieur Sebaoni était un peu plus loin, bien visible à cause de la luminosité qui se dégageait de sa vitrine et de la foule qui se serrait devant. En approchant, j'ai vu qu'il y avait un véritable mur de téléviseurs de toutes les tailles, au moins une vingtaine qui reproduisaient tous la même image en noir et blanc — la couleur n'était pas encore arrivée sur l'unique chaîne algéroise.
    Échappant à la main de ma mère, je me suis faufilé au premier rang à travers la foule qui bruissait de rumeurs et de conversations. Sur les écrans, une surface tremblotante qui devait être le sol lunaire se rapprochait lentement.
    « Y z'y seront dans dix minutes, a dit quelqu'un.
    — Y z'ont gagné, a dit quelqu'un d'autre, une femme.
    — Zbouba ! a dit une troisième voix. Si ça s'trouve, les Russes y z'y sont déjà !
    — Les Russes, leur foutu matériel communiste il a fait tchoufa ! a lancé une quatrième
    — C'est vrai, si z'y étaient, y l'auraient annoncé ! » a dit la femme.
    Le ton a continué à monter entre les partisans des uns et des autres. À tel point que ça n'a pas tardé à sentir la baroufa. J'étais plutôt étonné de voir que la course à la Lune déclenchait chez les adultes les mêmes disputes que dans la cour de l'école.
    Les insultes commençaient à voler lorsque l'imminence de l'alunissage a apaisé tout le monde. C'est dans un silence presque total que nous avons assisté aux dernières secondes de ce vol historique.L'image a tremblé au moment du contact, puis s'est stabilisée, montrant un horizon lunaire parfaitement sinistre.
    Ça y est, ils l'ont fait. Et je l'ai vu. J'étais là.
    Une clameur exaltée s'est élevée de toute la ville, et sans doute de toute la planète. Un milliard d'êtres humains en train de hurler d'enthousiasme.Puis le sas s'est ouvert, et Alan Shepard a descendu l'échelle de coupée et posé le pied sur un autre monde.
    On a monté le son d'un transistor à piles. La voix de Shepard, sur laquelle se superposait une traduction hésitante :
    « C'est un petit pas pour l'homme, mais un grand pas pour l'humanité… » Shepard a laissé passer quelques secondes avant de poursuivre. « Mais c'est aussi un bien triste pas car cette victoire est une victoire amère. »
    Un journaliste a expliqué qu'il faisait allusion au vaisseau soviétique, qui n'avait pas reparu après être passé derrière la Lune. Avait-il atterri ? S'était-il écrasé ?
    Et, surtout, à quel moment ?
    Je n'aurais jamais imaginé que cette question continuerait à soulever des polémiques pendant des lustres et des décennies.
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  • Par Durdane, le 22 mai 2011

    a foule sur le trottoir était aussi bigarrée et cosmopolite que d'habitude. Des marins soviétiques en goguette croisaient des fatmas portant la tenue blanche traditionnelle ; des groupes de jeunes Algérois, robes légères et chemises à manches courtes, en côtoyaient d'autres composés de touristes asiatiques ; des noirs élancés à la peau presque bleue et d'autres plus petits chez qui elle tirait sur le brun ; des musulmans portant le fez et d'autres au crâne coiffé d'un turban, mais tous habillés à l'européenne… Et tous avaient le regard tourné en direction du Targui tout de bleu vêtu qui remontait l'avenue à dos de dromadaire.
    J'ai ouvert de grands yeux. Ce n'était pas une vision ordinaire. D'habitude, les Touareg ne quittent jamais leur coin de désert. Et les chameaux sont plutôt rares dans les rues encombrées de voitures d'Alger.
    « Qu'est-ce qu'il fait là ? » a demandé une voix d'enfant derrière moi.
    Il n'a pas obtenu de réponse.
    Un instant, tout a paru s'arrêter. Les gens, les voitures, le temps lui-même. Et, au milieu de cette immobilité subite, l'archétype de l'Homme bleu du désert avançait sur sa monture — une bête énorme, impressionnante, au harnachement tout de cuir ciré couleur sable.
    Je me suis rendu compte qu'il se dirigeait vers la place du Gouvernement. Logique. Ce n'est pas parce qu'ils vivent en nomades dans le désert que les Touareg n'ont pas conscience de l'impact des images. Des symboles.
    Cet homme bleu qui remontait l'avenue effectuait une démonstration. Et il attirait autant l'attention à lui seul qu'une manifestation de dix mille personnes.
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Zone Franche : Science-fiction et recherche en astrophysique : influences réciproques ? 4/4
avec Stephen Baxter, Roland C. Wagner, auteurs, Jean-Claude Dunyach, auteur et ingénieur aéronautique, Raphaël Granier de Cassagnac, auteur et physicien des particules et François Hammer, astrophysicien, chercheur au CNRS et fondateur du (GEPI) laboratoire Galaxies, Etoiles, Physique et Intrumentation de l'Observatoire de Paris-Meudon. Table ronde animée par Laurent Kandel. Traduction Sylvie Miller








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