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ISBN : 2879299829
Éditeur : Editions de l'Olivier (2015)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Le lieu : l’Amérique du Nord (les U.S.A., le Canada et le Mexique ont fusionné en une fédération.)
L’époque : le futur proche. La Société du spectacle a gagné, et la population hébétée par la télévision, les loisirs et la consommation à outrance ne songe plus qu’à se distraire.
Le décor : une académie de tennis et un centre de désintoxication.
Les personnages principaux : la famille Incandenza, qui rappelle la fameuse famille Glass des romans d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
Luniver
Luniver23 avril 2016
  • Livres 5.00/5
Roman d'anticipation écrit dans les années 90, L'Infinie Comédie a déjà rejoint notre réalité. L'action se situe en effet dans un monde où les loisirs occupent une place de premier plan, et la technologie ne sert qu'à rendre le divertissement plus accessible, avec, notamment, les vidéos à la demande.
Ces dernières modifient considérablement le comportement des citoyens : débarrassés désormais du carcan de l'attente, du rendez-vous imposé à heure fixe, ils veulent tout tout de suite, sans rien planifier, sans se soucier des conséquences et implications de leurs décisions. Les problèmes de dépendance explosent. Et lorsqu'une vidéo émerge de nulle part, qui apporte tellement de plaisir que ses spectateurs meurent peu de temps après le visionnage, la peur s'installe : car malgré toutes les belles idées sur la raison et le libre arbitre, l'espèce humaine se rend compte qu'elle pourrait bien se suicider devant son petit écran.
En plus de cette intrigue, on suit deux groupes d'individus : la famille du réalisateur de la vidéo mortelle, dont chaque membre est un peu cinglé à sa manière, toujours au bord de l'explosion ; et un centre de désintoxication, où se mêlent joyeusement alcooliques, héroïnomanes et adeptes d'autres substances qu'on ne manquera pas de vous détailler.
Alors, comment résumer mes impressions sur ce roman ? Disons que je me sens comment après un banquet qui a duré 2 jours, comporté 3 entrées, 7 plats principaux et 4 desserts. Faut-il retenir l'incroyable explosion de saveurs qu'on m'a offert, ou la terrible indigestion qui a suivi, me faisant jurer de ne plus me nourrir que de carottes cuites à l'eau et de pain sec pour le restant de mes jours ?
L'écriture est assez déstabilisante, avec un vocabulaire très soutenu, mêlant plusieurs styles différents, abusant des notes de fin de livre, que vous ne devez pas négliger puisque des chapitres entiers s'y trouvent. Mais plusieurs jours après avoir refermé le livre, je préfère me souvenir des meilleurs moments : des scènes glaçantes sur la dépendance, des situations délirantes mais jubilatoires, des réflexions cinglantes sur nos contemporains et des discussions délicieusement absurdes.
Une petite déception sur la fin tout de même, qui n'en est pas vraiment une, et laisse l'ensemble de l'histoire et des personnages sans point final. À croire qu'après quelques mois d'écriture, l'auteur en a soudain eu assez et a transmis le manuscrit sans le terminer.
Les critiques sont généralement divisés en deux camps : certains crient au chef-d'oeuvre, d'autres au roman terriblement prétentieux. À mon sens, il est peut-être bien les deux, mais ma foi, c'est un mélange qui me réussit plutôt bien.
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pleasantf
pleasantf02 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
Comment parler de ce roman-monde démesuré ? Il m’a bien fallu 90 jours de lecture pour en faire le tour et en venir à bout. Ce roman est l’œuvre d’un cerveau un peu dérangé qui prend un malin plaisir à torturer le lecteur, à le balader dans tous les sens. Mais quelle jubilation d’être ainsi traité de main de maître !

David Foster Wallace est un bricoleur avant-gardiste qui multiplie les expériences de toutes sortes mais son roman reste lisible et compréhensible. Certes l’entame du livre est déstabilisante et la chronologie est dans un premier temps totalement incompréhensible. Ecrit au milieu des années 90 et publié en 1996, le roman se situe dans un futur proche, mais les années de notre calendrier n’existent plus. DFW nous plonge dans un système d’années portant le nom de sponsors. Ainsi une grande partie du roman se déroule au mois de novembre de l’année des sous-vêtements pour adultes incontinents Depend, comprenez 2008 ou 2009. Comme le récit n’est pas du tout linéaire mais passe d’une période à une autre par de multiples flashbacks et allers-retours, le lecteur est donc en chute libre jusqu’au moment où il commence à se raccrocher aux branches et à comprendre un peu comment est construit le livre lorsqu’est livrée la clé de ce calendrier inédit en page 311. Et une fois la dernière page lue, vous retournez au début et vous comprenez que le livre commence par la fin et par la scène la plus tardive.

DFW déstabilise également son lecteur par de multiples récits et personnages. Le roman est construit sur trois fils narratifs principaux : l’histoire de la famille Incandenza, l’histoire d’un établissement de désintoxication et l’histoire de séparatistes québécois et de leurs adversaires des services secrets. Les récits finissent par se rencontrer et se croiser mais en partie seulement.

Le premier fil nous présente la famille Incandenza : le père, auteur notamment d’une œuvre de cinéaste expérimental et fondateur d’une académie de tennis, cadre d’une bonne partie du roman ; la mère, directrice de l’académie en question et les trois fils ; Orin le joueur de foot professionnel, Hal interne à l’académie de tennis et Mario le simple d’esprit. Il est possible d’y voir une référence au roman de Faulkner Le Bruit et la Fureur et aux destins des trois frères Compson mais aussi aux Frères Karamazov de Dostoiëvski, roman cité de manière explicite par DFW.

Le deuxième fil est celui de Ennet House, établissement de soins pour alcooliques et drogués, situé tout près de l’académie de tennis dont il est question plus haut et fonctionnant sur le principe des Alcooliques Anonymes . DFW commence par nous présenter de manière erratique divers personnages échoués dans cette maison avant leur admission à Ennet House. Le lecteur voit ainsi apparaître successivement de nombreux personnages sans comprendre immédiatement la finalité de ce foisonnement. Un point commun à tous : l’extrême déchéance dont ils sont issus. Parmi les pensionnaires, Joëlle , l’ex petite amie d’Orin Incandenza et actrice dans plusieurs films du père. DFW a effectué un véritable travail de terrain pour décrire cet univers et a passé je crois de longs moments à assister aux réunions d’une association d’aide aux alcooliques et aux personnes dépendantes.
Le troisième fil est celui des terroristes séparatistes québécois, poursuivis par les services secrets d’un état fédéral nord-américain regroupant Etats-Unis, Mexique et Canada et dirigé par un ancien crooner, obsédé par l’hygiène. Les Québécois cherchent à se rendre maître d’une arme terrible, un film réalisé par le père Incandenza (L’infinie comédie), ayant le pouvoir d’annihiler toute volonté chez les personnes qui le visionnent. La piste de ce fil également suivie par les services secrets mène à l’académie de tennis, à la famille Incandenza et à certains pensionnaires de Ennet House.

Le roman peut se déchiffrer de plusieurs manières. C’est un tableau effrayant, dystopique, du futur proche d’une Amérique noyée sous les divertissements , le culte de la performance et les psychotropes. Aucun personnage n’est vraiment ‘normal’. DFW nous dépeint une galerie de monstres de cirque, le cirque étant devenu la norme. Le pouvoir politique est tourné en ridicule. DFW nous livre un tableau critique très complet de l’Amérique contemporaine et de ses dérives. Le roman fait penser dans sa construction aux grandes fresque de l’histoire de la peinture, très fouillées avec de multiples scènes et personnages, comme celle de Giotto à Padoue, ou celle de Tiepolo à Würzbourg.

Au-delà de la critique politique, je vois aussi ce livre comme la peinture du mal-être de l’individu contemporain, de l’impossible communication entre les êtres (notamment dans les scènes où les personnages semblent se parler mais ne s’écoutent pas ou ne se comprennent pas). Le thème de la filiation, de la transmission entre générations et de la relation père-fils (ou plus généralement enfant-parent) est omniprésent dans le roman. Ne serait-ce que par le titre, tiré de Hamlet et de la scène du cimetière où Hamlet se retrouve face au crâne du bouffon Yorick. Hamlet, le fils sans père. Un autre passage du roman fait référence à la scène du spectre du roi dans la pièce de Shakespeare. Certains passages font également référence au mythe de Méduse qui avait le pouvoir de tuer tout mortel qui la regardait ; on peut penser aussi à Orphée et Euridyce, mythe où le regard signifie la disparition et la mort.

Le roman de DFW est aussi un exercice formel sur le langage. DFW multiplie les niveaux de langage différents, du plus recherché et du plus philosophique au plus relâché et au plus trivial. Certains passages prennent la forme de lettre, d’article de presse, de dissertation, de dialogue de théâtre. L’inventivité lexicale est foisonnante. DFW pose la question de la façon dont il est possible de décrire la réalité (par les mathématiques ? par la littérature ? par une prose fonctionnelle et objectiviste ?).
Autre exercice formel : la malice que met DFW pour perdre son lecteur entre le corps du texte et les renvois à la fin du livre. Il y en a 380 au total. Certains ont la longueur d’un chapitre entier et sont manifestement des passages du texte principal que l’auteur a simplement déplacés là pour forcer le lecteur à se balader entre les différentes parties du livre.

Quel que soit le style utilisé, l’écriture de DFW est toujours très précise, quasi-chirurgicale. Et son roman est d’une drôlerie irrésistible. Certains passages m’ont fait éclater de rire. La scène finale du règlement de compte entre truands est un sommet digne d’un Tarantino, baroque et excessif.

Ma critique est très longue comme le fut ma lecture ! Je ressors totalement enthousiaste de ce roman foisonnant et très riche, qui fait partie de ceux que l’on n’oublie pas. Un monument.
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eirenamg
eirenamg05 septembre 2015
  • Livres 3.00/5
D'abord, je tiens à signaler que je n'avais pas vécu une expérience de lecture comme celle-là depuis un moment. le narrateur est omniscient. Il nous fait passer du récit d'un personnage à l'autre. Il n'y a pas de vrai héros à mon sens, mais une galerie de personnage. La psychologie est détaillée pour tous, une véritable toile d'araignée où les personnages principaux ou secondaires se croisent forcément au cours des 1300 pages.
Le fil rouge, c'est la famille Incandenza, le père James brillant physicien optique qui a crée et dirigeait une école de tennis, avant de se tourner vers le cinéma. Sa femme Avril, mère possessive et intelligente. Hal, jeune prodige du tennis. Mario handicapé moteur, qui est le caméraman du centre d'entrainement. Mais aussi Orin, qui est un brillant punter au football américain. Hal est un personnage important. Il est obsédé par le tennis et ses performances, un véritable robot qui deviendra plus intéressant au fil du récit. Sa seule distraction, c'est de fumer de la drogue en cachette. On se prend d'affection pour ce gamin surdoué du langage mais incapable d'exprimer ses émotions. La famille est liée à un mystérieux film fait par James dont je parlerai plus loin. Une grande importance est accordée au sport et notamment au tennis dont l'auteur nous décrit le système concurrentiel, mais aussi la camaraderie, les règles, la quête de célébrité et la peur de décevoir. le roman se déroule dans le futur, les EU ont établi un vaste protectorat (fédération entre EU-Mexique, Canada appelé la Grande concavité). Un nouveau territoire des EU a été dessiné par le président américain Gentle, ancien crooner, obsédé par l'hygiène. Il a décidé d'abandonner des parties de son territoire au Nord Ouest, à proximité du Canada. Celui-ci sert de décharge à ciel ouvert polluée, par les déchets ménagers. Il y a donc une réflexion politique sur la société de consommation, le rêve américain, la nation. Mais aussi sur la liberté et le libre arbitre. L'auteur parsème sa fresque de nombreuses références littéraires, de séries. Il décrit de manière très précise les nouvelles règles de cette société. Dans celle-ci, le temps est sponsorisé par des marques, les émissions sont disponibles à la demande et en temps réel. On finit par être totalement immergé par celui-ci. Un monde foisonnant, complexe où l'ombre domine.
Un autre fil rouge du roman est la recherche du mystérieux dernier film de James Incandenza. Une histoire d'espionnage se développe alors, avec les personnages de Marathe et ses associés, qui sont des assassins en fauteuil roulants. Les EU avec Steeply et les séparatistes québécois cherchent ce mystérieux film. Celui ci provoque une addiction extrême et ceux qui le regardent sont obsédés par lui. Où est-il ? Dans quel but a-t-il été crée ? Cette enquête prend une part importante dans le roman et donne envie de le poursuivre pour savoir ce qu'il y a sur ce fameux film. L'univers décrit est centré sur la violence, la drogue. L'auteur critique la société du spectacle, l'américain moyen toujours en quête de plaisir et de divertissement. C'est un monde de fantasmes et d'obsessions autour des médicaments, de l'herbe. Ce monde de la drogue est hyper décrit, les phénomènes de manque, la dépendance et ses conséquences sur le corps et le mental avec les personnages de Lenz, Poor Tony. La violence est aussi présente comme l'inceste et le viol qui sont au coeur de la vie de plusieurs personnages. Les relations familiales compliquées sont disséquées à travers cette fresque de personnage, l'image de la femme, de l'être humain n'est pas très positive. Ils luttent tous contre leurs démons intérieurs, la maladie, la dépression. On a la sensation d'être enfermée dans un cerveau enfiévré et malade. C'est une véritable expérience de lecture, extrême parfois.
L'auteur décrit et analyse aussi l'obsession pour les nouvelles technologies et la dépendance qu'elle crée. Ce récit est donc très visionnaire car il a été écrit dans les années 1990. Il brosse un portrait sans concession de notre monde moderne, obsédé par le plaisir et les nouvelles technologies. Parallèlement à cela, la maladie, les handicaps physiques comme celui de Joëlle , défigurée après un accident et ancienne petite amie d'Orin, sont aussi un thème lancinant dans le livre. Les descriptions des corps, des sensations, du décor sont très importantes. J'ai eu l'impression de me retrouver dans un tableau du peintre Jérôme Bosch digne de l'enfer par moment, ce qui est assez déroutant. le style de l'auteur est parfois vulgaire, ou hyper pointu, ce qui est parfois déstabilisant. Mais il fait réfléchir à ses propres démons intérieurs et obsessions, à cet enfer comme celui de Dante dont le titre français du roman fait écho. J'ai eu l'impression de descendre avec les personnages « au fond du trou. »
Les récits sont parfois difficiles à suivre par leur densité, des conversations qui s'entremêlent et une confusion entre réalité et hallucination. le style est exigeant et demande une attention soutenue pour ne pas perdre le fil. Mais au fil des pages, on s'habitue à cette folle construction et à ce style. Je n'ai qu'un conseil à vous donner : partez pour une expérience de lecture non identifiée si vous aimez être dérouté et surpris sinon passez votre chemin.
Lien : http://eirenamg.canalblog.com/archives/2015/09/0..
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Pemulis
Pemulis20 novembre 2010
  • Livres 5.00/5
Et si nous donnions une chiquenaude à la réalite?
Voilà le défi que David Foster Wallace s'est donné dans cette oeuvre gargantuesque, en cours de traduction française.
Une chiquenaude qui déplace le monde d'aujourd'hui jusqu'à ses limites. Un monde devenu grotesque, névrosé, entraîné dans la démesure de l'entertainment, du divertissement, dans lequel évoluent des personnages pleins, loufoques, profondément tristes et pourtant délicieusement cyniques.
Le monde de demain, où, comme dirait Neil Postman, on se distrait à en mourir.
En plus d'un cadre spatio temporel extraordinaire, si loin et pourtant si proche de nous, Wallace joue, flirte, drague avec les mots, et passe du slang des ghettos de Harlem au français québécois soutenu, qu'il réinvente pour notre plus grand plaisir.
On passe d'une réunion d'Alcooliques Anonymes, aux élucubrations d'un adolescent aisé, joueur de tennis, aux plans terroristes de clans québécois extrémistes, le tout dans un style parfait, virevoltant.
Et dans tout ce souk, une cassette, de l'entertainment parfait, qui, une fois enclenchée, provoque la mort de son audience par passion. Une fois visionnée, cette cassette rend tout risible. d'ou vient-elle? Que contient-elle? Impossible de le savoir.
Attention, intense.
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Errant
Errant19 décembre 2015
  • Livres 3.00/5
Passer à travers cet immense pavé constitue une expérience de lecture spéciale qui, dans mon cas, a ressemblé à un parcours du combattant! Malgré certains passages géniaux, cette brique comporte d'innombrables longueurs et digressions qui m'ont quelques fois poussé à l'abandon. Mais quelque part, ce livre qui parle abondamment de dépendances, réussit en en créer une en dépit de ses côtés rébarbatifs.
D'emblée ce livre débute par la fin et finit par ce qui pourrait être un début tout en étant une queue de poisson magistrale! L'écriture, souvent atypique, est aussi occasionnellement déroutante, comme lorsqu'un changement de scène apparait en plein paragraphe sans indication aucune, autre que l'intelligence du lecteur qui doit le réaliser! Et d'accord, je ne suis pas maître es lettres, mais je ne suis pas non plus habitué à consulter compulsivement le dictionnaire tellement la recherche de mots rares semble un objectif de l'auteur.
Par contre ma longue incursion dans le monde du tennis, récréatif précisons-le, m'a fait apprécier tous les passages, et ils sont nombreux, traitant de ce sport incluant les descriptions minutieuses de la beauté des lobs brossés, de la cruauté des passing-shots camouflés et toutes les autres analyses outrancièrement techniques. En prime, et plus important encore, la psychologie et les dynamiques relationnelles de tous ces ados de l'Académie de tennis sont venus m'interpeller grandement.
À mon sens, car plusieurs interprétations sont sans doute possibles, le thème principal de l'oeuvre tourne autour de la dépendance aux drogues bien sûr, mais aussi aux évasions de toutes natures. Certains passages concernant les toxicomanes de la maison de désintoxication et des groupes A.A. et N.A. sont des pièces d'anthologie. Dommage que l'auteur nous assomme avec une multitude de références pharmacologiques hyper pointues qui n'apportent rien, mais vraiment rien, au propos.
Impossible de parler de ce livre sans mentionner qu'il prend place dans une Amérique unifiée (USA, Canada et Mexique) où le nord-est des É.-U. et une partie du Québec sont utilisés comme vaste dépotoir de produits toxiques catapultés par de géants mécanismes... D'où l'émergence des AFR (assassins en fauteuils roulants), sorte de terroristes québécois dont les buts politiques restent obscurs, mais dont les actions radicales inquiètent les services de sécurité dont le fonctionnement est pour le moins curieux, pour ne pas dire complètement contreproductif.
Les tribulations des membres de la famille Incandenza, incluant le père décédé, sont sans doute un point d'ancrage fort bienvenu dans tout ce salmigondis bien que leurs destins relatifs ne soient pas non plus ni typiques ni faciles à suivre. Mais reste qu'ils nous conduisent dans divers aléas de la vie tout aussi déconcertants que bienvenus. C'est en grande partie par amour de ces personnages que j'ai persévéré. Et finalement, ça valait le coup...mais je ne recommencerais pas!
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Les critiques presse (3)
Bibliobs07 septembre 2015
"L’Infinie comédie", le roman culte d’un écrivain génial et malheureux.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LePoint26 août 2015
Roman encyclopédique réputé intraduisible et délirant, L'Infinie Comédie est son chef-d'œuvre.
Lire la critique sur le site : LePoint
Lexpress21 août 2015
Si l'on accepte de s'y perdre, L'Infinie Comédie se montre aussi inoubliable qu'une finale mythique d'un tournoi du Grand Chelem.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
LuniverLuniver31 mars 2016
TINE : Il est hors de question qu'un terme humanitaire déprimant comme "réfugié" soit employé ici. Je ne saurais trop insister là-dessus. Reproprié : oui. Sacrifié sur l'autel du renouveau de la nation : tout à fait. Des héros, une nouvelle race de pionniers dans une ère nouvelle, partant à la conquête d'un territoire américain déjà conquis mais non souillé : bien sûr.

SEC. PRESSE : Neil, à la direction de la Com., a épluché la documentation. Apparemment, le terme "réfugié" peut être contesté si... je cite directement son mémo :
a) si aucun chariot de fortune contenant des biens mobiliers n'est tracté par des bovins à cornes incurvées,
b) si le nombre d'enfants de moins de six ans nus (a), hurlants (b) ou les deux (c) est inférieur à 20% du nombre total d'enfants de moins de six ans en transit.
Il est vrai que Neil s'appuie sur le Guide totalitaire de la propagande à poigne de Pol et Diang mais, à la Com, ils pensent que ça peut se régler sans difficulté.

TINE : Les équipes de Marty et Jones ont bossé jour et nuit sur des stratégies pour parer à toute forme visible de réfugisme.

SEC. PRESSE : Tout bovin à cornes incurvées sera abattu à vue. Les meilleures agents de l'organisation de Rod se sont postés à des endroits stratégiques dans des camions rutilants pour distribuer des vêtements d'enfants de la ligne "Winnie l'Ourson" fournis gracieusement par Sears, afin d'éradiquer la nudité à la source.
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IeronimIeronim16 septembre 2015
Le visage de Steeply avait cette grimace de dédain que les Québécois, il le savait, trouvaient répugnante chez les Américains. "Mais vous supposez que c'est toujours un choix, une décision consciente. N'est-ce pas un peu naïf, Rémy ? Vous vous asseyez devant un petit catalogue et vous choisissez tranquillement ce que vous aimez ? Toujours ?
_ L'alternative est...
_ Qu'en est-il si vous n'avez pas le choix ? Si le temps est celui de Mahomet ? Si vous aimez simplement, sans décider ? Vous êtes là, vous la voyez et, en un instant, le catalogue est oublié, vous n'avez plus d'autres choix que d'aimer."
Reniflement méprisant de Marathe. "Dans ce cas, votre temple n'est que le moi et le sentiment. Dans ce cas, vous êtes fanatisé par le désir, un esclave des sentiments de votre petit moi individuel subjectif. Un citoyen de rien. Vous devenez un citoyen de rien. Vous êtes seul, agenouillé devant vous-même.
Un silence s'ensuivit.
Marathe bougea dans son fauteuil. "Dans ce cas précis, vous devenez l'esclave qui se croit libre. La plus pathétique des servitudes. Pas de tragédie. Pas de chansons. Vous vous croyez prêt à mourir deux fois pour une autre mais, en réalité, vous ne mourriez que pour vous seul, pour vos sentiments."
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LuniverLuniver08 avril 2016
— Mes jambes, je les ai perdues à l'adolescence, percutée par un train.
— Ça a dû faire vachement mal.
— Je serais tenté de répondre que vous n'imaginez pas à quel point. Mais je vois que vous savez ce qu'est la souffrance.
— T'imagines pas à quel point.
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ErrantErrant19 décembre 2015
Oubliez la prétendue pression des pairs. C'est plutôt un appétit pour les pairs. Non? Nous entrons dans une puberté spirituelle où nous découvrons que la grande horreur transcendante est la solitude, l'exclusion, le confinement à l'intérieur du moi. Quand nous avons atteint cet âge, nous sommes prêts à tout donner et à tout prendre, à porter n'importe quel masque, pour être intégrés, participer n'être pas Seuls, nous les jeunes
+ Lire la suite
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ErrantErrant19 décembre 2015
Vous, aux États-Unis, vous n'avez pas l'air de croire que chacun peut choisir ce pour quoi il veut mourir. L'amour d'une femme, le sexe, tout ça vous ramène au moi, ça vous rétrécit l'esprit, parfois ça vous rend fou. Choisissez avec soin. L'amour de votre nation, de votre pays, de votre peuple, ça agrandit le cœur. Quelque chose qui dépasse le moi.
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Videos de David Foster Wallace (55) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Foster Wallace
Hippolyte Girardot lit L'Infinie Comédie, de David Foster Wallace.
Parution le 20 août 2015 aux Éditions de l'Olivier.
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