> Yvonne André (Traducteur)
> Stéphane Lévêque (Traducteur)

ISBN : 2877308065
Éditeur : Editions Philippe Picquier (2006)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Il est des livres qui, par la richesse des Miens qu'ils savent créer et la beauté ciselée de leur écriture, prennent dès la première lecture la dimension d'un classique. Tel est le cas du chef-d'œuvre de Wang Anyi, le Chant des regrets éternels. Ce roman est tout entier... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par sandrine57, le 03 juin 2011

    sandrine57
    En 1946, Ts'iyao a 16 ans, la beauté et l'insouciance de la jeunesse. Elle fréquente les studios de cinéma, pose pour un photographe et devient "Troisième Miss" de Shangaï. La guerre n'est pas loin mais la jeune fille et la ville s'en moquent. Découvrir la vie, en profiter, c'est tout ce qui importe. Modernes, joyeuses, libres et terriblement vivantes, telles sont Ts'iyao et shangaï.
    Entretenue par un haut dignitaire, Ts'iyao est obligée de s'exiler à la campagne quand les évènements politiques s'emballent. Elle goûte aux joies d'une vie plus simple mais, très vite, sa ville lui manque cruellement. Elle y retourne et s'installe dans l'une de ces petites ruelles qui font le charme de la ville. Encore jeune, Ts'iyao n'a cependant plus d'espoir de se marier. Des rumeurs courent sur son passé de courtisane...Elle devient donc infirmière, se fait des amis dans son quartier et tombe même amoureuse. Shangaï a changé avec le communisme mais fondamentalement la ville est restée la même. Seules les priorités se sont déplacées de la recherche du dernier accessoire à la mode à la recherche de nourriture mais la joie de vivre est toujours là. L'ère Mao a bouleversé le quotidien mais les mentalités sont intactes et , les temps ont beau être durs, Ts'iyao reste sereine. Entre parties de mah-jong et goûters improvisés, elle porte un enfant qu'elle choisit de garder malgré l'impasse de sa situation amoureuse.
    Dans les années 80, Shangaï semble revivre après des années de plomb. A nouveau, les jeunes filles -dont Wei-Wei, la fille de Ts'iyao- arpentent le Bund, l'artère principale de la ville, pour faire les boutiques et s'afficher dans les dernières tenues à la mode. Ts'iyao n'est pas en reste. de sa jeunesse, elle a gardé le charme, l'élégance et le goût des belles choses. Ses amis font partie de la jeunesse qui fait la ville. Ts'iyao sort le soir et retrouve l'insouciance de ses 20 ans.
    En 1986, Ts'iyao a vieilli. Sous les fards, les traits sont marqués par l'âge. Shangaï brille de mille feux mais si on y regarde de plus près, les façades se lézardent, elles aussi marquées par le temps qui passe...
    1946/1986: 40 ans de la vie d'une femme, 40 ans de la vie d'une ville.
    Un roman magnifique tout en finesse et élégance qui conte le destin d'une femme et à travers elle d'une ville. A l'insouciance succèdent les désillusions mais on ne ressent aucune amertume, plutôt une magnifique aptitude à s'adapter à tout, à accepter son sort et à tirer le meilleur de chaque situation. le style est poétique, le ton n'est jamais larmoyant et les choses sombres sont abordées par petites touches pudiques. Ce livre est un hymne à la vie, et même la survie, à la beauté des choses et à l'espoir doux-amer d'un avenir meilleur.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par nadejda, le 16 décembre 2010

    nadejda
    J'ai constaté que Le Chant des regrets éternels n'avait eu aucune critique sur Babelio et cela me peine car c'est un livre empreint d'une beauté mélancolique, d'une nostalgie douce et superbement écrit. Wang Anyi vit à Shanghaï depuis son enfance et Shanghaï est au centre de ce livre dont le titre à lui seul fait rêver, titre emprunté à celui d'un conte ancestral chinois du poète Bai Juyi (IXème siècle).
    Le destin du personnage féminin qui porte le nom de T'siyao «Pure Jade» est intimement lié à celui de la ville de Shanghaï qui est comme une partie d'elle-même. «Pure Jade « est une jeune fille de 16 ans au début du livre en 1945 et en a 57 à la fin, dans les années 80.
    Nous partageons sa joie de vivre, son insouciance comme celle de la ville grouillante de vie, aux ruelles animées jusqu'en 1948 puis les désillusions, la difficile survie sous le régime maoïste et l'ouverture économique des années 1980 . Tout au long du récit la ville comme l'héroïne survivent à tout et gardent toujours charme et beauté.
    Tout cela dans une langue très belle poétique et sensuelle.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par nymeria, le 10 décembre 2010

    "Les ruelles de Shanghai sont sensuelles, intimes comme le contact de la peau ; fraîches et tièdes au toucher, on les peut appréhender mais elles gardent leur part de secret. "
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  • Par nadejda, le 16 décembre 2010

    Si on avait pu soulever le toit de cette résidence, on aurait découvert un gracieux spectacle, formé d'un monde de mousselines, de franges et de velours, où même les meubles irradiaient la douce luisance du brocart. Ce monde doux et chatoyant était orné à profusion de mousseline et de crêpe du sol au plafond. Il se paraît d'une débauche de broderies sur les tapis de bain, les coussins des fauteuils, le dessus-de-lit et le jeté de table. C'était un univers créé de mille points et de dix mille aiguillées de soie à broder, dans une gamme infinie de coloris qui pouvait aller jusqu'à cent nuances différentes de rouges.
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  • Par nadejda, le 16 décembre 2010

    Dans les ruelles de Shanghaï, les gens ont une humanité qui vient du coeur et de l'esprit, ils s'appliquent entièrement à être des hommes, ne s'intéressent qu'à eux-mêmes, sans explorer plus avant. Ils ne cherchent pas à créer l'histoire, ils tentent de se créer eux-mêmes.
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  • Par nymeria, le 11 décembre 2010

    "Ce n'était rien que du néant, de l'éphémère, mais dans une vie qui ressemble à de l'eau que l'on recueille dans ses mains et qui ne cesse de fuir, rien n'est éternel."
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  • Par nymeria, le 10 décembre 2010

    "Selon la tradition, l'ombre d'un individu représente son âme."
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