Après la découverte du très touchant "
Jimmy Corrigan", j'ai souhaité poursuivre mon exploration de l'univers de
Chris Ware avec "
Quimby the Mouse". C'est bien plus qu'un album : l'objet-livre est en lui-même une œuvre d'art. A la manière des livres anciens, la couverture offre aux regards de belles structures en arabesques, des motifs décoratifs, qui incitent à une délicate et respectueuse manipulation.
Chris Ware nous informe dès les premières pages que la réalisation de cet album s'est un peu faite pour répondre à une demande de son éditeur. Pas d'unité et de continuité d'un long récit, mais un recueil de dessins, chroniques, notes et planches parus dans sa revue The
Acme Novelty Library. le côté obsessionnel de
Chris Ware s'y dévoile à merveille, on se retrouve submergé par des planches saturées de brèves et d'annonces toutes aussi farfelues qu'idiotes, suivies de courtes histoires très souvent muettes montrant les aventures rocambolesques d'une souris à deux têtes et, plus tard, d'une tête de chat. Chaque personnage paraît se mouvoir dans un dédale, qu'il soit celui des couloirs du temps que celui de nos architectures urbaines. Aucun espace n'est laissé vacant, comme si
Chris Ware avait la phobie du vide, comme s'il voulait oublier, à travers le dessin, les angoisses d'une absurde existence. Par une dominante des planches en noir et blanc, cet album nous fait remonter dans le temps. Les souris siamoises et la tête de chat évoquent les premiers Mickey et Félix le Chat, leurs aventures étant souvent présentées sous la surveillance protectrice d'un super-héros sortis d'un vieux comix.