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> Alain Defossé (Traducteur)

ISBN : 2207261697
Éditeur : Denoël (2010)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 96 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au hasard d'une urgence, Faraday, médecin de campagne, pénètre dans la propriété délabrée qui a jadis hanté ses rêves d'enfant : il y découvre une famille aux abois, loin des fastes de l'avant-guerre. Mrs Ayres, la mère, s'efforce de maintenir les apparences malgré la d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par KarmaBoomerang, le 19 mai 2011

    KarmaBoomerang
    Mon avis :
    Le livre commence de façon "classique", très XXème siècle, on suit le docteur Faraday dans la campagne anglaise des années 1950 (approximativement hein) qui, au hasard d'une visite, va se retrouver lié à la famille noble de la région, les Ayres. Tout est dans les statuts, les rôles. Ce début de roman nous offre donc une vision très sociale, on nous dépeint les différents rapports entre des personnages de classes et de milieux différents, on voit l'envers du décor, les changements qui s'effectuent, les relations qui changent. En effet, on suit d'abord le quotidien banal du médecin de campagne célibataire, une vie simple, mais qui semble tout de même largement privilégiée comparée à celle de ses patients. Puis il se retrouve dans le cercle familiale des Ayres, au coeur du Manoir d'Hundred Hall, qui était dans ses souvenirs d'enfance un endroit fascinant et gigantesque. Mais on découvre bien vite avec lui que sous les efforts pour maintenir les apparences, tout tombe en ruine. Hundred Hall n'est plus ce qu'il était.
    On dépasse alors le rang social pour s'attarder sur les trois membres de la famille Ayres, délaissant notre médecin (quand bien même le roman est écrit à la première personne, Faraday étant le narrateur. Ça en est même encore plus simple de l'oublier.):
    ♦ Mrs Ayres, la matriarche, qui donne le change, continue à se donner l'allure d'une grande dame alors qu'elle n'en a plus les moyens. Elle a tout de la vieille femme noble, élégante, pleine d'un savoir-vivre qui semble dépérir progressivement avec elle.
    ♦ Roderick, le fils qui tente de gérer le domaine, de se comporter comme l'homme de la famille. Mais la guerre l'a blessé dans son orgueil et dans sa chair, il souffre tant physiquement que mentalement, et malgré tout ses efforts, rien ne semble assez pour sauver la propriété. Cette charge pèse de plus en plus sur ses épaules, le rendant d'autant plus instable...
    ♦ Caroline, la fille ainée, presque une "vieille fille", pas spécialement belle, elle est spontanée et indépendante, et finalement, c'est celle qui semble la moins attachée à sa noblesse, on la sent presque prête à y renoncer pour une existence plus terre-à-terre.

    Il y a donc un réel travail social et psychologique dans le livre de Sarah Waters, ce que les adeptes comme moi apprécieront, car c'est sans doute ce qui domine les premières 200 pages du roman et cette tendance restera marquée jusqu'à la toute fin du livre. Mais à cet instant, le classicisme du roman cède et glisse dans le fantastique, voir l'horreur informulée. Il faut insister sur le terme de "glisser", car c'est pour moi la plus grande force de ce roman: tout se fait avec une subtilité incroyable. L'auteur parvient à distiller un malaise, une angoisse que l'on ne s'explique pas. Tout semble se poursuivre "normalement", et pourtant, l'appréhension inexplicable est là, quelque chose cloche, on ne sait juste pas encore quoi.
    Et puis soudain, notre crainte se concrétise, trouve une raison d'exister. Mais a-t-on vraiment raison d'avoir peur? Comme les personnages, on se sent un peu bête de s'inquiéter "pour si peu". Un accident horrible, mais compréhensible, un incendie, des marques que l'on n'avait jamais remarquées auparavant... On peut trouver des explications plausibles pour tous les événements qui se déroulent à Hundred Hall, et pourtant, on n'arrive pas à y croire. On sent, on pressent qu'il y a autre chose. Et puis on change d'avis.
    A aucun moment, Sarah Waters ne nous impose du fantastique ou de l'horreur visible, tout est voilé, sous-jacent. Si vous voulez lire un livre avec de "vraies" apparitions de fantomes, des voix venues d'outre-tombe ou ce genre de choses, passez votre chemin.
    La fin du roman est à l'image du reste, tout en subtilité et finesse, j'ai trouvé ça très intelligent et intéressant, j'aime l'interprétation que j'en ai tiré, tout en sachant que ce n'est peut-etre pas la bonne.
    Comme l'a dit Ophélie avant moi, une grande part de l'ambiance est également dûe au manoir, à Hundred Halls. La demeure est un véritable personnage dans ce roman, jouant l'un des rôles majeurs. Il ne s'agit pas simplement d'un décor, ce lieu a une portée sur les personnages, on apprend à la craindre, à frissonner de ses défauts, de ses failles et crevasses.
    Ce qui est angoissant dans cette oeuvre, c'est ces doutes qui ne s'éteignent finalement jamais: est-ce que le danger est réel, ou ne se trouve-t-il que dans la tête des personnages, dans la nôtre? Et finalement, qu'est-ce qui serait le pire? Comment se protéger de soi-même? Comme fuir ce qui est en nous?

    Ma note : 4/5
    Je le conseillerais à... : des gens qui aiment prendre leur temps, ne pas savoir tout tout de suite, qui apprécient la subtilité, le doute, la psychologie également.
    Je le déconseillerais à... : des gens qui cherchent avant tout à se faire peur, à ressentir le grand frisson. Ce qui ne m'a pas empêché de passer de longues minutes dans le noir, après avoir fermé le livre, à guetter le moindre bruit, à ressasser, à me questionner etc. Je le déconseille aussi à ceux qui n'aiment pas les passages plus calmes, les descriptions, car comme je l'ai dit, outre la trame fantastique, il y a un grand aspect humain, social, on alterne les scènes d'effroi avec d'autres de la vie courante, banale. Sans compter qu'il se passe environ 200 pages avant qu'on découvre vraiment les premières traces du fantastique, donc il ne faut pas attendre que ça, au risque d'être deçu. Ah, et je le déconseille aux gens fauchés, aussi.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 28 novembre 2010

    caro64
    A quoi peut bien ressembler le quotidien d'une famille désargentée de la gentry britannique, après la fin de la seconde guerre mondiale ? C'est ce que découvre le docteur Faraday, appelé à Hundreds, l'imposante maison des anciens châtelains, cette maison même qu'il avait découvert trente ans auparavant, avec deux yeux d'enfant, dans tout son faste. Mais le temps des réceptions et du luxe est terminé pour les Ayres : la matriarche, veuve, pleure encore la perte de son aînée plusieurs décennies auparavant, Roderick, le fils, souffre de graves séquelles après la guerre, et Caroline, la fille, est une vieille fille au caractère bien trempé. Au fur et à mesure, ému par le dénuement et par le courage de cette famille, le docteur Faraday va s'attacher à eux, et à la maison, qui l'a fortement marqué dans son enfance. Mais justement, cette vieille maison aux proportions grandioses semble receler le secret d'une autre présence : bientôt, d'étranges évènements perturbent le quotidien. Oserait-on penser qu'Hundreds est hanté ? Mais que se passe-t-il donc dans la maison des Ayres ?
    Sarah Waters manie avec habileté la psychologie des personnages et n'a rien à envier aux auteurs auxquels elle rend hommage.
    La maison "hantée" devient alors le reflet des bouleversements d'une époque et d'un pays... hanté par son passé.
    On peut lire un récit gothique, la déchéance d'une classe sociale, une saga familiale, tout cela réuni en un seul roman. Pendant 708 pages, l'auteure arrive à tenir le rythme et à divulguer toujours juste ce qu'il faut pour intriguer, pour inquiéter, sans ennuyer. Impossible à lâcher une fois commencé !
    Un livre idéal pour les journées pluvieuses et froides que nous réserve cette fin d'année.
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    • Livres 4.00/5
    Par Mandarinette, le 25 novembre 2012

    Mandarinette
    700 pages et pas une minute d'ennui ! Si, si c'est possible !
    Une vielle demeure anglaise qui tombe en ruine sous le poids de son histoire et de l'usure du temps, une mort injuste, des fantômes dans chaque recoin, une famille qui a connu le faste et qui résiste comme elle peut mais qui finalement sombre petit à petit, et des phénomènes inexpliqués : tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment !
    J'avoue que je suis assez fan de la littérature anglaise de la fin du XIX, et cette ambiance est parfaite pour une lectrice pour moi, même si l'auteure est pour le coup contemporaine.
    Le fil conducteur, c'est ce fameux docteur : Dc FARADAY que l'on suit et qui par une succession d'évènements va être littéralement phagocyté par cette famille et ses problèmes. le jeu des sentiments, le jeu des dialogues m'a beaucoup plu. Les descriptions de la maison, sont vraiment bien travaillées, on a littéralement l'impression d'aller de pièce en pièce.
    Le seul bémol que je pourrais trouver est peut-être la fin de l'histoire qui s'arrête de manière un peu trop abrupte. Car après avoir passé autant de temps en compagnie des personnages, j'aurais aimé une fin un peu plus explicite.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cylhis, le 08 février 2012

    Cylhis
    Même si son titre français est bien loin de celui original, The Little Stranger, il est parfait pour l'histoire. Et cette histoire, elle devient irrésistible à mesure qu'on l'arpente et la mène. Ce livre met en scène une maison, Hundreds Hall. La famille qui y vit depuis quelques générations sont les Ayres, pure famille de l'ancienne aristocratie anglaise, aristocratie qui débute, à cette époque d'entre-deux guerres, son déclin. Et ce déclin est amorcée par les grandes propriétés telles ce manoir qui, faute d'investissement suffisant pour l'entretenir, glisse lentement vers la torpeur, noyé sous les ronces qui le submergent, les pierres se flétrissant, les papiers peints se décollant, jaunissant, le tout baignant peu à peu dans un passé désuet que la lumière timide d'un soleil anglais ne perce que difficilement, à travers les nuages soporifiques de poussières envahissants.
    L'ambiance y est de cette teneur. Et le mal guette, grandit.
    C'est le récit de fantôme à la mode anglaise, qui se tapie dans les manoirs croupis et ne surgit qu'à la douce lueur de la Lune, vers 3-4 heures du matin, ou bien à la tombée de la nuit, entre chiens et loups.
    L'histoire progresse lentement, et lentement le lecteur s'immerge dans ce manoir, dans cette famille qui semble ainsi touchée par une malédiction. Elle commence avec le chien, qui lors d'une cérémonie (la première depuis bien des années, la dernière datant de l'époque faste de la demeure où Monsieur vivait encore), mord violemment une fillette venue le tirailler dans sa somnolence. Un chien doux, docile, qui ne montre jamais les crocs. Un bon pataud prêt à faire la fête au premier cambrioleur venu. Elle continue avec le frère qui semble devenir fou suite à des "hallucinations" qu'il aurait eu, et suite à un incendie qui se déclare dans sa chambre, alors qu'il est profondément endormi d'un sommeil alcoolisé. Et cela va crescendo, la "présence maligne" persécutant de plus en plus intensément les membres de la famille.
    Je n'en dirais pas plus, il faut lire ce livre. Amoureux des histoires anglaises que je qualifierais d'un peu désuètes (sans que cela soit péjoratif, bien au contraire), de ces histoires de fantômes qui tapissent les vieux manoirs embrumés de brouillards, auréolés de mystères les plus épais, lieux que le soleil ne peut atteindre, juste touchés par ce passé trop présent, lisez-le. Parce qu'en plus d'être une histoire très bien menée, au rythme parfait, il est superbement écrit.
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    • Livres 4.00/5
    Par Pouletitto, le 19 novembre 2011

    Pouletitto
    Un livre à l'atmosphère envoûtante qui brouille les cartes du temps.
    A quelle époque sommes nous? Les personnages viennent de traverser les troubles et souffrances de la seconde guerre mondiale et pourtant...
    Les indices chronologiques sont floutés par une ambiance fantastique subtile et de nombreuses références à des auteurs de genre : E. A. Poe, H. James ...
    Entre roman social et psychologique, entre sentiments et sournoises présences de l'ombre, la plume de cette brillante romancière suit le déclin de ce qui fut une fastueuse propriété de la campagne anglaise et de ses habitants.
    Parfait pour une lecture d'automne!
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Citations et extraits

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  • Par anyuka, le 23 novembre 2010

    Si Hundreds Halls est hanté, son fantôme ne se montre pas à moi. Car si je me détourne alors, c'est pour être déçu, en me rendant compte que ce que j'ai là, devant les yeux, n'est rien d'autre qu'une vitre fêlée, et que le visage déformé qui me fixe, l'air perplexe, en attente, est le mien.

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  • Par Taraxacum, le 05 janvier 2013

    Nous sommes là devant une situation encore plus étrange que l'hystérie. C'est comme si...ma foi, c'est comme si quelque chose aspirait lentement la vie de cette famille.
    -Sans aucun doute! fit-il avec un nouvel aboiement de rire. Et cette chose s'appelle Gouvernement Travailliste. Le problème des Ayres -ne croyez-vous pas - c'est qu'ils ne peuvent pas ou ne veulent pas s'adapter. Comprenez-moi bien: j'ai beaucoup de compassion pour eux. Mais que reste-il pour une famille comme la leur dans l'Angleterre d'aujourd'hui? Du point de vue social, ils sont fichus. Et d'un point de vue nerveux, ils sont peut-être en bout de course.
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  • Par le-mange-livres, le 13 décembre 2011

    J'allai de nouveau observer les trois marques de brûlures : je me rendis soudain compte qu'elles étaient semblables aux cicatrices que Rod portait au visage et aux mains. Comme si la maison se couvrait de ses propres cicatrices, peut-être en réponse à sa tristesse et à sa colère - ou bien à celles de Caroline ou de sa mère -, en réponse aux chagrins et désillusions de toutes la famille. Cette pensée était horrible. Je compris soudain ce que Caroline voulait exprimer quand elle disait que les marques sur les murs et les meubles lui faisaient froid dans le dos
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  • Par caro64, le 28 novembre 2010

    C'était en juillet que Mrs Ayres m'avait offert cette photo et nous étions maintenant en décembre. Comment était-il possible, me demandais-je, qu'en quelques mois à peine ma vie soit ainsi devenue mêlée à celle de cette famille, au point de me retrouver si déstabilisé, si bouleversé.

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  • Par le-mange-livres, le 13 décembre 2011

    -Une illusion ? C'est cela que vous pensez ?
    - ... une illusion qui se nourrit de votre fatigue. Je pense que vous devriez quitter le Hall un certain temps. Et tout de suite. Prendre des vacances, quelque chose comme ça.

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Bande annonce du film "Fingersmith" adapté du roman de Sarah Waters.








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