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> Alain Defossé (Traducteur)

ISBN : 2207261697
Éditeur : Denoël (2010)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 119 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au hasard d'une urgence, Faraday, médecin de campagne, pénètre dans la propriété délabrée qui a jadis hanté ses rêves d'enfant : il y découvre une famille aux abois, loin des fastes de l'avant-guerre. Mrs Ayres, la mère, s'efforce de maintenir les apparences malgré la d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Arakasi, le 16 octobre 2013

    Arakasi
    Nous sommes au milieu du XXe siècle dans une Angleterre ébranlée par le séisme de la 2e guerre mondiale et par les secousses du Blackout. Dans une vieille demeure de campagne, Hundreds Hall, les trois derniers membres de la noble famille Ayres luttent pour conserver les cendres d'un passé splendide mais évanoui depuis bien des décennies. La mère, Mrs Ayres, est une vieille femme charmante et élégante, mais trop affaiblie pour aider ses deux enfants dans ce combat permanent. Son fils, Roderick, ancien pilote de la RAF grièvement blessé pendant la guerre, ploie chaque jour davantage sous le fardeau des responsabilités ; tandis que sa fille, Caroline – une jeune femme « forte et solide » selon le voisinage, comprenez par là : « quelconque » – souhaiterait s'affranchir de toute cette servitude familiale sans en trouver le courage. Isolés et ruinés, les membres de la famille Ayres ne reçoivent guère de visites, à l'exception de celles du docteur Faraday, un médecin de village qui a pris en pitié leur solitude et ne cache pas sa fascination pour l'antique demeure aux milles recoins mystérieux.
    Comme si la pauvreté et toutes les indignités qui s'ensuivent ne suffisaient pas, voici que d'étranges événements commencent à se produire à Hundreds Hall. Une agression troublante et atroce, des grattements dans les murs, des meubles qui se déplacent dans le silence de la nuit, d'effrayantes inscriptions griffonnées sur les tapisseries… Rien de bien inquiétant me diriez-vous ? Pourtant, les habitants de la maison en sont certains : quelque chose hante Hundreds Hall, quelque chose d'ignoble et de terriblement malin, quelque chose de nouveau et d'effroyablement ancien à la fois, un parasite, un indésirable qui n'aura de cesse de tourmenter les Ayres dans son désir venimeux de leur arracher leur demeure si douloureusement chérie.
    Dans cette brillante relecture du mythe de la maison hantée, Sarah Waters nous offre une œuvre fantastique « à l'ancienne », un lent crescendo dans l'anxiété où les frontières entre le surnaturel et la vie réelle sont si habilement brouillées que l'on peine à les différencier l'un de l'autre. Véritable esprit frappeur ou psychose collective ? Cette ambiguïté plane sur tout le roman et ne sera jamais tout à fait levée, accentuant subtilement l'atmosphère angoissante du récit. Elle est renforcée par le regard du docteur Faraday, principal narrateur du roman, dont les sentiments oscillent sans cesse entre le doute, la compassion et une attirance vaguement malsaine pour les événements qui ébranlent Hundreds Hall. A noter que, si les personnages – tous dotés d'une psychologie soignée – attirent facilement l'empathie, c'est bien le manoir lui-même qui marque le plus les esprits et se révèle un protagoniste à part entière qui, au fur et à mesure de l'avancée du récit, se mue en véritable monstre, décidé à dévorer ses occupants jusqu'à la moelle.
    Lent, subtil et complexe, « L'indésirable » laissera probablement sur leur faim les passionnés d'histoires horrifiques pures et dures. En revanche, il séduira sans aucun doute les amateurs de psychologie, de suspense et de scénarios à tiroirs. En ce qui me concerne, je sors très satisfaite de cette première excursion dans l'œuvre de Sarah Waters et ne manquerai pas de lui rendre à nouveau visite dans les mois à venir.
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    • Livres 5.00/5
    Par LePamplemousse, le 10 janvier 2014

    LePamplemousse
    Dans les années 50, en Angleterre, il reste de vieilles demeures "hors du temps". Faraday, un médecin de campagne, fait ainsi la connaissance de la famille Ayers, qu'il a connu enfant, et qui aujourd'hui se retrouve isolée et très démunie.
    Peu à peu des événements étranges se succèdent dans la maison.
    La fréquence de ces "accidents" devient très vite inquiétante et on plonge alors dans une ambiance mystérieuse tout autant que malsaine...
    On oscille dès le début dans une atmosphère un peu gothique, la maison semble immense, humide et angoissante, les personnages sont assez étranges, certains n'étant peut-être pas tout à fait ce qu'ils paraissent être.
    L'écriture est de qualité et la montée du suspense se fait crescendo.
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 28 novembre 2010

    caro64
    A quoi peut bien ressembler le quotidien d'une famille désargentée de la gentry britannique, après la fin de la seconde guerre mondiale ? C'est ce que découvre le docteur Faraday, appelé à Hundreds, l'imposante maison des anciens châtelains, cette maison même qu'il avait découvert trente ans auparavant, avec deux yeux d'enfant, dans tout son faste. Mais le temps des réceptions et du luxe est terminé pour les Ayres : la matriarche, veuve, pleure encore la perte de son aînée plusieurs décennies auparavant, Roderick, le fils, souffre de graves séquelles après la guerre, et Caroline, la fille, est une vieille fille au caractère bien trempé. Au fur et à mesure, ému par le dénuement et par le courage de cette famille, le docteur Faraday va s'attacher à eux, et à la maison, qui l'a fortement marqué dans son enfance. Mais justement, cette vieille maison aux proportions grandioses semble receler le secret d'une autre présence : bientôt, d'étranges évènements perturbent le quotidien. Oserait-on penser qu'Hundreds est hanté ? Mais que se passe-t-il donc dans la maison des Ayres ?
    Sarah Waters manie avec habileté la psychologie des personnages et n'a rien à envier aux auteurs auxquels elle rend hommage.
    La maison "hantée" devient alors le reflet des bouleversements d'une époque et d'un pays... hanté par son passé.
    On peut lire un récit gothique, la déchéance d'une classe sociale, une saga familiale, tout cela réuni en un seul roman. Pendant 708 pages, l'auteure arrive à tenir le rythme et à divulguer toujours juste ce qu'il faut pour intriguer, pour inquiéter, sans ennuyer. Impossible à lâcher une fois commencé !
    Un livre idéal pour les journées pluvieuses et froides que nous réserve cette fin d'année.
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    • Livres 4.00/5
    Par KarmaBoomerang, le 19 mai 2011

    KarmaBoomerang
    Mon avis :
    Le livre commence de façon "classique", très XXème siècle, on suit le docteur Faraday dans la campagne anglaise des années 1950 (approximativement hein) qui, au hasard d'une visite, va se retrouver lié à la famille noble de la région, les Ayres. Tout est dans les statuts, les rôles. Ce début de roman nous offre donc une vision très sociale, on nous dépeint les différents rapports entre des personnages de classes et de milieux différents, on voit l'envers du décor, les changements qui s'effectuent, les relations qui changent. En effet, on suit d'abord le quotidien banal du médecin de campagne célibataire, une vie simple, mais qui semble tout de même largement privilégiée comparée à celle de ses patients. Puis il se retrouve dans le cercle familiale des Ayres, au coeur du Manoir d'Hundred Hall, qui était dans ses souvenirs d'enfance un endroit fascinant et gigantesque. Mais on découvre bien vite avec lui que sous les efforts pour maintenir les apparences, tout tombe en ruine. Hundred Hall n'est plus ce qu'il était.
    On dépasse alors le rang social pour s'attarder sur les trois membres de la famille Ayres, délaissant notre médecin (quand bien même le roman est écrit à la première personne, Faraday étant le narrateur. Ça en est même encore plus simple de l'oublier.):
    ♦ Mrs Ayres, la matriarche, qui donne le change, continue à se donner l'allure d'une grande dame alors qu'elle n'en a plus les moyens. Elle a tout de la vieille femme noble, élégante, pleine d'un savoir-vivre qui semble dépérir progressivement avec elle.
    ♦ Roderick, le fils qui tente de gérer le domaine, de se comporter comme l'homme de la famille. Mais la guerre l'a blessé dans son orgueil et dans sa chair, il souffre tant physiquement que mentalement, et malgré tout ses efforts, rien ne semble assez pour sauver la propriété. Cette charge pèse de plus en plus sur ses épaules, le rendant d'autant plus instable...
    ♦ Caroline, la fille ainée, presque une "vieille fille", pas spécialement belle, elle est spontanée et indépendante, et finalement, c'est celle qui semble la moins attachée à sa noblesse, on la sent presque prête à y renoncer pour une existence plus terre-à-terre.

    Il y a donc un réel travail social et psychologique dans le livre de Sarah Waters, ce que les adeptes comme moi apprécieront, car c'est sans doute ce qui domine les premières 200 pages du roman et cette tendance restera marquée jusqu'à la toute fin du livre. Mais à cet instant, le classicisme du roman cède et glisse dans le fantastique, voir l'horreur informulée. Il faut insister sur le terme de "glisser", car c'est pour moi la plus grande force de ce roman: tout se fait avec une subtilité incroyable. L'auteur parvient à distiller un malaise, une angoisse que l'on ne s'explique pas. Tout semble se poursuivre "normalement", et pourtant, l'appréhension inexplicable est là, quelque chose cloche, on ne sait juste pas encore quoi.
    Et puis soudain, notre crainte se concrétise, trouve une raison d'exister. Mais a-t-on vraiment raison d'avoir peur? Comme les personnages, on se sent un peu bête de s'inquiéter "pour si peu". Un accident horrible, mais compréhensible, un incendie, des marques que l'on n'avait jamais remarquées auparavant... On peut trouver des explications plausibles pour tous les événements qui se déroulent à Hundred Hall, et pourtant, on n'arrive pas à y croire. On sent, on pressent qu'il y a autre chose. Et puis on change d'avis.
    A aucun moment, Sarah Waters ne nous impose du fantastique ou de l'horreur visible, tout est voilé, sous-jacent. Si vous voulez lire un livre avec de "vraies" apparitions de fantomes, des voix venues d'outre-tombe ou ce genre de choses, passez votre chemin.
    La fin du roman est à l'image du reste, tout en subtilité et finesse, j'ai trouvé ça très intelligent et intéressant, j'aime l'interprétation que j'en ai tiré, tout en sachant que ce n'est peut-etre pas la bonne.
    Comme l'a dit Ophélie avant moi, une grande part de l'ambiance est également dûe au manoir, à Hundred Halls. La demeure est un véritable personnage dans ce roman, jouant l'un des rôles majeurs. Il ne s'agit pas simplement d'un décor, ce lieu a une portée sur les personnages, on apprend à la craindre, à frissonner de ses défauts, de ses failles et crevasses.
    Ce qui est angoissant dans cette oeuvre, c'est ces doutes qui ne s'éteignent finalement jamais: est-ce que le danger est réel, ou ne se trouve-t-il que dans la tête des personnages, dans la nôtre? Et finalement, qu'est-ce qui serait le pire? Comment se protéger de soi-même? Comme fuir ce qui est en nous?

    Ma note : 4/5
    Je le conseillerais à... : des gens qui aiment prendre leur temps, ne pas savoir tout tout de suite, qui apprécient la subtilité, le doute, la psychologie également.
    Je le déconseillerais à... : des gens qui cherchent avant tout à se faire peur, à ressentir le grand frisson. Ce qui ne m'a pas empêché de passer de longues minutes dans le noir, après avoir fermé le livre, à guetter le moindre bruit, à ressasser, à me questionner etc. Je le déconseille aussi à ceux qui n'aiment pas les passages plus calmes, les descriptions, car comme je l'ai dit, outre la trame fantastique, il y a un grand aspect humain, social, on alterne les scènes d'effroi avec d'autres de la vie courante, banale. Sans compter qu'il se passe environ 200 pages avant qu'on découvre vraiment les premières traces du fantastique, donc il ne faut pas attendre que ça, au risque d'être deçu. Ah, et je le déconseille aux gens fauchés, aussi.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 novembre 2013

    Woland
    The Little Stranger
    Traduction : Alain Defossé
    ISBN : 9782264052377
    A notre connaissance, il s'agit du seul roman à thème fantastique pour l'instant écrit par Sarah Waters, auteur encensée outre-Manche pour un tout autre type d'ouvrages. Et force est de reconnaître que pour un coup d'essai, c'est un coup de maître.
    Le thème de la maison "malade", de la maison "hantée", est l'un des grands favoris du genre Epouvante. Selon notre humble avis, peu d'auteurs ont su en tirer d'authentiques chefs-d'oeuvre. Citons cependant "Hill House" de Shirley Jackson - inoubliable - Stephen King et son "Shining", Graham Masterton avec son "Walhalla", le Belge francophone Jean Ray dans la variation très originale de "Malpertuis" et enfin Ann Rivers Siddons avec "La Maison d'A-Côté." Nous ne parlons ici que des romans car, en matière de Nouvelles, le lecteur érudit pourrait certainement agrandir le cercle.
    A ce cercle très fermé, vient se joindre aujourd'hui Sarah Waters avec "L'indésirable", un "pavé" de plus de six-cents pages paru chez 10/18 et qui, en dépit de son ampleur, n'est pas loin d'évoquer pour la fanatique du genre que je suis les grandeurs subtiles et cruelles de "La Maison du Diable / Hill House" de Shirley Jackson.
    Attention, pourtant ! Serpent diabolique aux mille anneaux, le texte de Jackson est ramassé sur lui-même et ne doit pas dépasser les deux-cent-cinquante pages - en tous cas chez le Masque-Fantastique. le thème de la Maison hantée y est annoncé haut et clair puisque, dès le début, le lecteur s'attend à une expérience parapsychique organisée dans une maison mal famée enfouie dans la campagne américaine par un scientifique ayant réduit au minimum (4 personnes, lui compris) le nombre des participants. Et d'emblée aussi, Jackson, bien que jouant avec son lecteur, fait bien comprendre que Hill House est hantée. Par qui ? Par quoi ? On ne le saura jamais mais c'est un fait.
    Chez Waters au contraire, "L'indésirable" se déploie avec faste, à travers des pages qui, pour le lecteur impatient, ne sembleront au hasard que des descriptions plus ou moins réjouissantes de la campagne et de la gentry anglaises de l'immédiat Après-guerre. Il y a gros à parier que beaucoup abandonneront, y compris parmi les habitués de l'auteur car ce roman est vraiment différent des précédents et ils pourraient en concevoir quelque déception.
    Mais, comme chez Jackson et pratiquement jusqu'aux dernières pages, il existe ici deux niveaux de lecture :
    - ou bien l'on admet que la maison est hantée, qu'il y a en elle quelque chose - ou quelqu'un - qui, peu à peu, la détraque, elle et ses habitants ;
    - ou bien, en digne compatriote de Descartes, l'on se dit que tous ces événements étranges et étouffants, tous inexpliqués en apparence, sont le fruit de la folie tapie dans l'un des habitants - bien vivant celui-là - du manoir.
    Certains d'autre part verront dans la fin du livre l'une de ces fins dites "ouvertes". D'autres - dont je suis - concluront à la victoire totale du surnaturel, quel que soit le medium dont il a pu se servir pour arriver à ses fins.
    En tous cas, si la progression est lente et comme tissée au petit point, l'ensemble devient vite anxiogène et l'on a du mal à s'arracher à ce livre pour se consacrer à ses obligations quotidiennes. Signe suprême de la puissance de l'histoire : jamais, en dépit de ce que certains tiendront pour des longueurs, on ne se trouve tenté de regarder la fin avant l'heure.
    Bref, un excellent roman d'épouvante, tout en subtilité et en finesse, sans aucune concession au gore. A ne pas rater pour tous les amateurs. ;o)
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 26 novembre 2013

    [...] ... Et, comme en réaction à cette nouvelle angoisse, les coups de téléphone cessèrent et une nouvelle vague de soucis prit le relais. Cette fois, j'étais présent, entre deux visites à mes patients, quand ils commencèrent : Caroline et moi étions seuls dans le petit salon - en fait, je venais de l'embrasser pour lui dire au revoir, et elle venait de s'échapper de mes bras - quand la porte s'ouvrit brusquement, nous surprenant tous deux. Betty apparut, fit une petite révérence et demanda "ce qu'elle pouvait faire."

    - "Comment cela ?" fit Caroline d'une voix dure, le rouge aux joues, remettant de l'ordre dans ses cheveux.

    - "La cloche a sonné, Miss.

    - Eh ! bien, ce n'était pas moi. Ce doit être ma mère qui a besoin de vous."

    Betty parut perplexe. "Madame est en haut, Miss.

    - Oui, je sais bien qu'elle est en haut.

    - Mais excusez-moi, Miss, mais c'est la cloche du petit salon qui a sonné.

    - Ma foi, ce n'est pas possible, n'est-ce pas, puisque je n'ai pas sonné, et le Dr Faraday non plus ! Vous pensez qu'elle a sonné toute seule, c'est cela ? Montez plutôt à l'étage voir si ma mère a besoin de vous."

    Betty sortit à reculons, clignant des paupières. (...)

    Et c'est là, arrivé dans le hall, que je vis de nouveau Betty. Elle descendait l'escalier, l'air plus perdu que jamais, et légèrement vexé aussi. Apparemment, Mrs Ayres était profondément endormie dans sa chambre et n'avait donc pas pu la sonner. Mais de toute façon, ajouta-t-elle, elle était bien persuadée que ce n'était pas elle : c'était la clochette du petit salon qui avait résonné - elle était prête à jurer sur le lit de mort de sa mère - et si Miss Caroline et moi ne la croyions pas, eh ! bien, ce n'était pas juste de douter comme ça de ce qu'elle disait. Sa voix monta d'un cran au fur et à mesure qu'elle parlait, et bientôt, Caroline apparut, se demandant ce qui se passait. Trop heureux de m'échapper, je les abandonnai en pleine dispute et n'y pensai plus.

    Toutefois, lors de ma visite suivante, à la fin de la semaine, je trouvai le Hall transformé en "maison de fous" selon les termes de Caroline. Les sonnettes s'étaient mystérieusement mises à vivre d'une vie propre, s'agitant à n'importe quelle heure, de sorte que Betty et cette pauvre Mrs Bazeley passaient leur temps à courir d'une pièce à l'autre en demandant ce qu'elles pouvaient faire, et du même coup rendant folles Caroline et sa mère. Caroline était descendue vérifier la boîte de dérivation des câbles correspondant à chaque sonnette, au sous-sol, et n'avait rien trouvé de particulier. ... [...]
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  • Par Woland, le 26 novembre 2013

    [...] ... Un médecin voit couler beaucoup de larmes. Certaines le touchent plus que d'autres. J'avais réellement quantité de choses à faire chez moi et cela ne m'amusait pas du tout d'avoir été retardé pour rien. Mais [Betty] paraissait si jeune, si désespérée, que je la laissai pleurer tout son saoul. Puis je posai doucement une main sur son épaule.

    - "Allons, ça suffit, maintenant. Dis-moi ce qui ne va pas. Tu ne te plais pas ici ?"

    Elle tira, de sous son oreiller, un mouchoir bleu tout chiffonné, et se moucha.

    - "Non, pas du tout.

    - Pourquoi ça ? Trop de travail ? "

    Elle esquissa un mouvement d'épaules résigné.

    - "Non, le travail, ça va.

    - Tu ne fais pas tout toute seule, quand même ?"

    Elle secoua la tête.

    - "Mrs Bazeley vient tous les jours, jusqu'à trois heures ; enfin, tous les jours, sauf le dimanche. Elle s'occupe de la lessive et de la cuisine, et moi, de tout le reste. Et puis, il y a un homme qui vient pour le jardin, de temps en temps. Miss Caroline fait un peu de ...

    - Eh ! bien, ça n'a pas l'air trop terrible."

    Elle ne répondit pas. J'insistai. Ses parents lui manquaient ? - A cette question, elle fit la grimace. Elle aurait voulu avoir un petit ami ? - A cette question, elle fit une grimace plus affreuse encore.

    Je pris ma sacoche. "Ma foi, je ne peux pas t'aider si tu ne me dis rien."

    Me voyant me lever, elle parla enfin : "C'est cette maison !

    - Cette maison ? Mais qu'est-ce qu'elle a, cette maison ?

    - Oh ! Docteur, ce n'est pas comme une maison normale, du tout ! Elle est trop grande, il faut faire un kilomètre pour aller ici ou là ; et puis, tout ce silence, ça fait froid dans le dos. Le jour, quand je travaille, ça va, et puis Mrs Bazeley est là. Mais la nuit, je suis toute seule. Et il n'y a pas un bruit ! Je fais des rêves horribles ... Et puis, en plus, ils me font passer sans arrêt par ce vieil escalier du fond, et il y a des coins et recoins partout, et on ne sait pas ce qu'on va trouver à chaque tournant. Quelquefois, j'ai l'impression que je vais mourir de peur ! ..." [...]
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  • Par anyuka, le 23 novembre 2010

    Si Hundreds Halls est hanté, son fantôme ne se montre pas à moi. Car si je me détourne alors, c'est pour être déçu, en me rendant compte que ce que j'ai là, devant les yeux, n'est rien d'autre qu'une vitre fêlée, et que le visage déformé qui me fixe, l'air perplexe, en attente, est le mien.

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  • Par Taraxacum, le 05 janvier 2013

    Nous sommes là devant une situation encore plus étrange que l'hystérie. C'est comme si...ma foi, c'est comme si quelque chose aspirait lentement la vie de cette famille.
    -Sans aucun doute! fit-il avec un nouvel aboiement de rire. Et cette chose s'appelle Gouvernement Travailliste. Le problème des Ayres -ne croyez-vous pas - c'est qu'ils ne peuvent pas ou ne veulent pas s'adapter. Comprenez-moi bien: j'ai beaucoup de compassion pour eux. Mais que reste-il pour une famille comme la leur dans l'Angleterre d'aujourd'hui? Du point de vue social, ils sont fichus. Et d'un point de vue nerveux, ils sont peut-être en bout de course.
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  • Par le-mange-livres, le 13 décembre 2011

    J'allai de nouveau observer les trois marques de brûlures : je me rendis soudain compte qu'elles étaient semblables aux cicatrices que Rod portait au visage et aux mains. Comme si la maison se couvrait de ses propres cicatrices, peut-être en réponse à sa tristesse et à sa colère - ou bien à celles de Caroline ou de sa mère -, en réponse aux chagrins et désillusions de toutes la famille. Cette pensée était horrible. Je compris soudain ce que Caroline voulait exprimer quand elle disait que les marques sur les murs et les meubles lui faisaient froid dans le dos
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Bande annonce du film "Fingersmith" adapté du roman de Sarah Waters.








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