Paru en 1973 (c'est d'ailleurs le seul ouvrage vraiment réputé de cet auteur), l'enchâssement est une véritable réussite, le genre d'ouvrage d'une densité et d'une complexité comme on n'en rencontre plus aujourd'hui. Il fait partie de ses ouvrages qui paraissaient dans les années 1970 et qui boulversaient à chaque fois les schémas classiques de la SF, comportant une idée toutes les 2 pages...
Pour le genre, c'est un mix entre ethnologique-fiction, étude du langage, métaphysique, politique et rencontres du troisième type... Ici, trois histoires se déroulent en parallèle - pour bien sûr se retrouver sur la fin.
L'enchâssement (ou langage enchâssé) est, pour ceux que ça intéresse, un langage inventé par l'auteur français
Raymond Roussel dans son ouvrage "premières
Impressions d'Afrique", ouvrage entièrement écrit de façon enchâssée (
Ian Watson nous donne un exemple de phrase enchâssée :
- phrase normale : le chien a mordu le chat qui a chassé le rat qui a mangé le riz
- phrase enchâssée : ((((le chien le chat le rat le riz )a mordu ) qui a chassé ) qui a mangé )
Le but de ce langage est d'arriver à capter plus facilement la réalité, notamment en ce qui concerne le temps (un autre exemple donné par Watson est celui-ci : "je suis en train de parler". Cette phrase, nous explique-t-il, est grammaticalement correcte mais fausse car le temps de la prononcer, l'action soit-disant présente que l'on cherche à décrire est déjà passée ; le langage enchâssé doit permettre de lutter contre cela).
Un roman d'une richesse incroyable, le genre de roman dont les auteurs actuels devraient selon moins plus souvent s'inspirer... un véritable réussite.